Introduction
« Tu es aujourd'hui à l'église, mais demain tu sors. » Le pasteur Roger, de la Toulouse International Church, poursuit une série sur une question pratique : comment rejoindre nos quartiers, nos lieux de travail et nos écoles ?
Il prévient d'emblée : les passages lus ce matin-là sont connus. Son espoir est que le Saint-Esprit « allume l'interrupteur » pour que tu les regardes autrement, mis bout à bout. Leur fil conducteur : Jésus a fait de grandes choses dans la synagogue, mais beaucoup de ses miracles ont eu lieu dehors, dans les maisons, les fêtes, les lieux publics et au travail.
Le point de départ est 2 Corinthiens 5 : si tu es en Christ, tu es une nouvelle création, et tu es ambassadeur de Christ. Le message se termine par une démarche simple pour bénir les autres et une prière pour les portes ouvertes.
Plan du message
1. Une nouvelle création, envoyée comme ambassadeur
- Tout commence avec Abraham en Genèse 12 : béni pour être une bénédiction. En Christ, tu es béni de ce qu'il a fait de toi pour devenir à ton tour une bénédiction. Ton identité ne vient pas de ce que tu as fait : « tout vient de lui ».
- « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5:17). Le pasteur témoigne : « Je sais qui j'étais, et je sais qui Christ m'a appelé à être. »
- Dieu nous a réconciliés avec lui et nous a confié le ministère de la réconciliation. « Nous faisons donc les fonctions d'ambassadeurs pour Christ » (2 Corinthiens 5:20). Il demande : combien d'entre vous savent qu'ils sont ambassadeurs de Christ ? Combien aimeraient être de meilleurs ambassadeurs ?
- Enfant, il n'aimait pas du tout l'église. Des personnes de l'église ont vécu Jésus devant lui, avec joie, amour et enthousiasme, et il a vu à quoi Jésus ressemblait. Depuis, la vie d'église l'a construit, même si elle n'a jamais été parfaite. Il demande pardon à ceux qui ont été blessés dans une église : « Ce n'est pas qui Dieu est. »
- L'église peut être un refuge, mais ce n'est pas un endroit pour s'échapper. On s'y rassemble pour être fortifié par la présence de Dieu, les frères et sœurs et la Parole, puis envoyé. Presque personne dans l'assemblée n'est payé par l'église : chacun retourne à son travail ou à son école, comme représentant de Christ.
2. Les miracles de Jésus hors des murs
- Jésus aimait la synagogue et le temple, il y a enseigné et fait des miracles, comme la guérison de l'homme à la main sèche. Mais il n'a pas seulement agi dans le bâtiment.
- Son premier miracle, à Cana (Jean 2), a lieu à un mariage, pendant la réception. Sa mère lui demande d'agir ; il le fait, par amour pour elle. Et c'est là que ses disciples croient en lui : « Ce n'était pas un sermon suivi d'un appel à l'autel. »
- En sortant de la synagogue, Jésus va chez Simon et André, et guérit la belle-mère de Simon (Marc 1:29-34). Le soir, toute la ville se rassemble à la porte, « pas de l'église, mais de la maison », et il guérit beaucoup de malades.
- Le jeudi précédent, le groupe biblique étudiait la résurrection de Lazare, survenue non pas dans une synagogue mais à Béthanie, le village de Marthe et Marie. « S'il peut faire des miracles dans les maisons, peut-il en faire dans ta maison ? Peut-il se manifester sur ton lieu de travail ? Oui, il le peut. »
3. La Samaritaine : un détour voulu
- En Jean 4, Jésus quitte la Judée pour la Galilée et « il fallait qu'il passe par la Samarie ». Pour le pasteur, ce n'était pas sur le chemin : c'est comme si, pour aller de Toulouse à Paris en voiture, tu devais passer par Bordeaux.
- Jésus fait ce détour exprès, pour une seule femme. Il savait qu'en changeant sa vie, elle irait témoigner et que son village serait touché. Fatigué, il s'assoit près du puits de Jacob vers midi et lui demande à boire. Il est vrai avec elle, plein de soin, et lui dit qui elle est vraiment.
- Beaucoup de Samaritains croient, non pas dans un lieu de culte mais sur la place publique. Et l'histoire continue au verset 41 : « Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole. »
- « Jésus ne va pas aller à ton travail demain. Par la puissance du Saint-Esprit, oui, mais il ne sera pas en chair avec toi. C'est pour ça qu'il t'envoie. »
4. Matthieu : appelé sur son lieu de travail
- Jésus voit Matthieu assis au bureau des péages et lui dit : « Suis-moi » (Matthieu 9:9). Peu après, il mange chez Matthieu avec beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie.
- Jésus parle à Matthieu sur son lieu de travail. Le pasteur croit qu'il veut te parler au tien, et parler à tes collègues. Es-tu à l'écoute ? Y es-tu ouvert ?
- La première chose que fait Matthieu est de rassembler ceux qui l'entourent : « Vous devez voir celui qui a changé ma vie. » Si tu es sportif, amène d'autres sportifs à Jésus. Si tu travailles dans l'aéronautique, amène tes collègues de l'aéronautique.
- Beaucoup attendent que leur but arrive. « Non, ton but, c'est maintenant. » Dieu t'a placé là où tu es pour faire une différence : sois fidèle dans les petites choses.
- Dans une église internationale, beaucoup ne restent que quelques mois ou un an. Certains ont suivi leur conjoint sans vouloir être là. Le pasteur ne leur demande pas de faire semblant, mais de ne pas s'installer dans la tristesse : « Je ne veux pas être ici, mais je sais que c'est bien pour mon conjoint. Qu'as-tu pour moi ? Je ne veux pas gaspiller ce temps. Puis-je porter du fruit là où je suis ? »
- Combien prient en entrant dans leur bureau ? Combien pourraient prier davantage ? Le pasteur suggère, sur le trajet en voiture ou en transports, d'enlever ses écouteurs ou de couper la musique : « Dieu, je vais dans ce lieu où tu m'as placé aujourd'hui. Utilise-moi. »
- Il propose même d'arriver en avance, avec humour : « Je sais que vous vivez à Toulouse et que vous ne savez pas ce que veut dire en avance. » Puis passer de bureau en bureau pour prier sur les chaises de ses collègues, et dans le couloir : « Dieu, que ton règne vienne ici. Utilise-moi comme ambassadeur. »
- Pour voir du fruit, il faut prier et faire quelque chose de différent de ce que tu fais maintenant. Demande-toi : est-ce que je veux voir un impact là où je suis ?
5. Un arbre ne mange pas son propre fruit
- « Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit » (Jean 15:5). Notre appel est de porter le fruit de l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, douceur, maîtrise de soi.
- « Il ne s'agit pas d'essayer plus fort. Il s'agit d'être plus connecté. » Quand tu es relié au vrai cep, le fruit vient par la puissance de Christ.
- Qui mange le fruit d'un pommier ou d'un oranger ? Tout le monde sauf l'arbre, à moins d'être en Terre du Milieu. Un arbre ne mange pas le fruit qu'il porte. Il en va de même pour nous : le fruit de nos vies est pour les autres.
- Beaucoup gardent ce fruit pour eux, s'en gavent, et finissent « enflés », comme le dit Paul. Ton travail est peut-être important et tu as de belles réussites, tant mieux. Mais ta vraie vocation est de porter du fruit et d'être ambassadeur de Christ, « parce qu'il en vaut la peine ».
6. BLESS : cinq manières de bénir les autres
- Le pasteur résume un livre intitulé Bless, dont chaque lettre donne une étape (en anglais).
- B, commencer par la prière. Sans lui, nous ne pouvons rien faire qui ait une portée éternelle. Prier, c'est aussi écouter Dieu, pour qu'il nous dirige vers les portes qu'il ouvre. On se frustre quand on essaie de les ouvrir soi-même.
- L, écouter attentivement. Parle moins, pose des questions. Bien écouter t'aide à savoir par où commencer l'Évangile. À quelqu'un de blessé par la religion, il ne commencerait pas par l'enfer, un sujet qu'il faudra pourtant aborder un jour, mais par la réconciliation et l'amour de Dieu. À quelqu'un qui a toujours eu une vie facile, il rappellerait que « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » et qu'« il n'y a point de juste, pas même un seul ».
- E, manger ensemble. « Ça ne veut pas dire les manger. » Souvent, on ne ralentit que pour manger : propose un déjeuner. Il remarque que les églises servent du café pour la même raison et que les pubs, les bars et les cafés offrent ce prétexte : tenir une boisson donne une certaine sécurité et une excuse pour rester longtemps à discuter.
- S, servir. Si tu as écouté attentivement, tu sauras comment servir la personne de façon concrète.
- S, partager ton histoire. Comme l'aveugle-né de Jean 9 : « Je sais une chose, c'est que j'étais aveugle et que maintenant je vois. » Tu connais ton histoire ; entraîne-toi à la raconter clairement. « On ne commence pas par son histoire, mais on la partage. »
7. Chercher les portes que Dieu ouvre
- Paul reste à Éphèse jusqu'à la Pentecôte, « car une porte grande et d'un accès efficace m'est ouverte » (1 Corinthiens 16:8-9).
- Il arrive qu'on frappe à une porte fermée à clé. En Luc 10, Jésus envoie les soixante-dix disciples (soixante-douze selon d'autres versions) : entrez, dites « Que la paix soit sur cette maison ». S'il s'y trouve un enfant de paix, restez ; sinon, secouez la poussière et allez à la maison suivante.
- Parfois, nous parlons tellement que nous ne voyons pas la porte ouverte. « Il faut parfois fermer nos petites bouches », arrêter de forcer les choses, prier et regarder comment Dieu ouvre des portes dans la vie des gens qu'il a déjà préparés.
- Deux prières pour la semaine : demander au Saint-Esprit des yeux et des oreilles pour voir où Jésus te dirige, puis : « Seigneur, quand je vois une porte ouverte, donne-moi la force d'y entrer et rends-moi obéissant là où l'Esprit me conduit. » Le tout pour le nom et la gloire de Jésus-Christ.
Points à retenir
- En Christ, tu es une nouvelle création et un ambassadeur : tu représentes Jésus partout où tu vas, pas seulement le dimanche.
- Jésus a fait beaucoup de ses miracles hors de la synagogue : à un mariage, dans des maisons, près d'un puits, chez un collecteur d'impôts.
- Ton but n'est pas pour plus tard : Dieu t'a placé là où tu es maintenant, même pour quelques mois.
- Le fruit vient en restant connecté au cep, et il est fait pour être goûté par les autres.
- Prie, écoute, partage un repas, sers, puis raconte ton histoire, en cherchant les portes que Dieu a déjà ouvertes.
Application personnelle
- Te considères-tu comme un ambassadeur de Christ dans ton travail, ton école ou ton quartier, ou seulement comme un membre d'église le dimanche ?
- Attends-tu que ton but arrive plus tard, ou cherches-tu ce que Dieu veut faire à travers toi là où tu es maintenant ?
- Comment pourrais-tu prier cette semaine sur le chemin du travail, et pour tes collègues, en coupant la musique quelques minutes ?
- Le fruit que Dieu produit dans ta vie, le gardes-tu pour toi ou laisses-tu les autres en profiter ?
- Avec quelle personne pourrais-tu partager un repas cette semaine pour l'écouter vraiment ?
Versets cités
- 2 Corinthiens 5:17-20
- Genèse 12:2
- Jean 2:1-11
- Marc 1:29-34
- Jean 11
- Jean 4:3-42
- Matthieu 9:9-10
- Jean 15:5
- Galates 5:22-23
- Romains 3:10
- Romains 3:23
- Jean 9:25
- 1 Corinthiens 16:8-9
- Luc 10:5-11
Questions fréquentes
Que veut dire être ambassadeur de Christ selon 2 Corinthiens 5 ?
Si tu es en Christ, tu es une nouvelle création, et Dieu t'a confié le ministère de la réconciliation. Le pasteur Roger en tire une conséquence simple : tu le représentes partout où tu vas. Jésus ne sera pas en chair à ton travail demain, c'est pour cela qu'il t'envoie.
Pourquoi Jésus a-t-il fait tant de miracles hors de la synagogue ?
Jésus aimait la synagogue et le temple, mais son premier miracle a eu lieu à un mariage, il a guéri la belle-mère de Simon dans une maison, rencontré la Samaritaine près d'un puits et appelé Matthieu à son bureau de péage. Le pasteur Roger y voit un modèle : Dieu veut agir là où tu vis et travailles.
Qu'est-ce que la démarche BLESS pour témoigner ?
Reprise d'un livre intitulé Bless, elle suit les lettres du mot : commencer par la prière, écouter attentivement, manger ensemble, servir de façon concrète, puis partager son histoire. Pour le pasteur Roger, on ne commence pas par son histoire, mais on la partage.