Introduction
« Sur quoi suis-je en train de bâtir ? » C'est la question qui ouvre Foundations, une série en quatre épisodes de Christian Fellowship Church consacrée au sermon sur la montagne. Chaque épisode reprend un passage où Jésus parle des fondations sur lesquelles nous bâtissons notre vie.
Ce premier épisode n'est pas une prédication classique mais une conversation. Ryan l'anime avec Charlotte, qui l'accompagnera dans toute la série. Leur invité est Carl, pasteur d'une église et ami de longue date des deux. Le texte de départ est Matthieu 7:24-27, la parabole des deux bâtisseurs, l'un sur le roc, l'autre sur le sable.
Ryan le reconnaît : c'est une histoire d'école du dimanche, celle que son fils chante avant de s'endormir. Mais elle arrive à la fin du sermon sur la montagne et en résume tout l'enseignement. Sa portée, dit-il, est « énorme ».
Plan du message
1. Deux maisons identiques, deux fondations différentes
- Ryan relève d'abord que Jésus nous présente comme des bâtisseurs. Mettre en pratique ce qu'il dit est une démarche active : nous construisons quelque chose.
- Les deux maisons sont pareilles. Rien ne les distingue à l'œil nu. Les deux bâtisseurs entendent les paroles de Jésus ; l'un les met en pratique, l'autre non.
- La différence ne tient pas à la maison mais aux fondations. Et elle n'apparaît qu'au moment où la tempête arrive.
- « La tempête semble révéler sur quoi nos vies sont bâties », dit Ryan : avons-nous mis en pratique ce que Jésus a dit, oui ou non ?
2. Nous avons tous une part de responsabilité
- Charlotte rappelle que cette parabole vient clore un enseignement très difficile. À force de le lire, il nous glisse dessus. Mais pris au sérieux, il est « très confrontant » et à contre-courant de notre façon de vivre.
- Tout le monde bâtit, que l'on connaisse Jésus ou non. Nous avons une capacité d'agir. Depuis le début de l'histoire, Dieu a remis des choses entre les mains de l'humanité et lui a confié une gestion.
- Dieu nous donne l'essentiel de la vie, puis nous choisissons ce que nous faisons des morceaux reçus : « comme si on nous tendait une brique ici, du mortier là, et que nous décidions ce que nous allons faire avec ces briques ».
- Cela ne veut pas dire que Dieu est absent du chantier ou qu'il s'en désintéresse. Mais nos choix sont réels, et ils comptent vraiment.
3. Entendre ne suffit pas : le sens du mot shema
- Tout le monde entend les paroles de Jésus. Personne ne peut dire qu'il ne savait pas. Mais il y a une différence entre entendre et écouter.
- Dans les Écritures hébraïques, le mot shema veut dire entendre et faire. « Écoute, Israël » (Deutéronome 6:4) ne parle pas d'une simple perception auditive.
- « Tu n'as pas vraiment entendu tant que tu n'as pas fait ce que tu as entendu. » Cette idée est profondément ancrée dans les Écritures.
- Beaucoup entendent les mêmes choses, mais seuls quelques-uns les reçoivent vraiment. Ce sont ceux qui, face à un enseignement difficile, décident que Christ est le rocher solide et que ses paroles valent la peine qu'on bâtisse dessus, même quand ils ne comprennent pas tout et même quand ce chemin paraît plus dur.
4. Les foules et les disciples
- Charlotte remarque que le sermon sur la montagne s'ouvre et se ferme sur une indication de public. Au début, Jésus voit les foules, monte sur la montagne, et ses disciples s'approchent pour qu'il les enseigne (Matthieu 5:1-2).
- À la fin, pourtant, « la foule fut frappée de sa doctrine » (Matthieu 7:28). Jésus n'a donc pas emmené ses disciples à l'écart : tout le monde entendait.
- Mais Jésus savait qu'il n'enseignait vraiment que ses disciples. Beaucoup dans la foule allaient l'entendre sans être enseignés, parce qu'ils n'allaient pas être changés. Ce jour-là, foules et disciples formaient une image vivante de la parabole.
- Tous entendent Jésus dire : il faut pardonner à tes ennemis, prier pour ceux qui te persécutent, ne pas juger les autres. Certains en sont émerveillés puis, au moment de vérité, font ce qu'ils veulent.
- « Jésus ne cherche pas à rassembler une foule. Il cherche à former des disciples. » C'est aussi le travail de l'Église. Chaque dimanche, il y a une foule, et des disciples dans cette foule.
- L'émerveillement n'est pas l'action. Charlotte va plus loin : c'est même dangereux, car tu n'es plus ignorant. Tu ne peux plus dire « je ne savais pas ». Tu peux seulement dire « je ne l'ai pas fait ». Être vraiment enseigné, c'est être changé.
5. Dire « Seigneur » ou le suivre vraiment
- Ryan souligne une tension : c'est Jésus qui nous sauve et l'Esprit qui donne la vie, et pourtant il y a quelque chose à faire. Que vas-tu faire de ce que tu as entendu ?
- Pour Charlotte, sans mise en pratique, on ne le suit pas. Juste avant la parabole, Jésus dit : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux » (Matthieu 7:21).
- On peut dire « Seigneur, Seigneur » jusqu'à en perdre le souffle : il n'est pas ton Seigneur s'il ne décide pas de ce que tu fais.
- Si nous ne lui obéissons que lorsque nous sommes déjà d'accord, ce n'est pas de l'obéissance. « Il se trouve juste que je marchais dans la même direction que Jésus ce jour-là. Ce n'est pas le suivre. »
- Le suivre, c'est quand Jésus va d'un côté, que toi tu veux aller de l'autre, vers le sable, et que tu choisis malgré tout sa direction parce qu'il est le rocher et que c'est la seule façon de bâtir une vie solide.
6. Bâtir sur le roc demande plus d'efforts
- Ryan note que ce passage regarde vers l'avenir : la tempête n'est pas encore là. Il serait facile de se dire que cela ne nous concerne pas maintenant.
- Charlotte constate que beaucoup ne sont pas préparés à la difficulté de la marche chrétienne. Creuser des fondations dans le sable va vite. Les creuser dans le roc est un travail pénible.
- Quand tu peines sur le roc et que tu vois un ami bâtir sur le sable, la tentation est forte. Lui aussi a une maison, une belle vie. Personne ne dit le contraire.
- Mais pour Charlotte, la tempête ne désigne pas seulement les épreuves de la vie. À la fin de toutes choses, il y a une tempête ultime qui éprouve tout ce que nous avons bâti. Tout passe par le feu, y compris ce que nous disions faire pour Jésus (voir 1 Corinthiens 3:13).
- Seul tient ce qui était une véritable obéissance : « Il l'a dit, je l'ai fait. » Et on ne le sait qu'à la fin.
- Au milieu du chantier, quand la sueur coule et que les doigts sont abîmés, l'option facile attire. Mais à quoi bon construire une maison qui ne tiendra pas ? « Comme chrétien, tu dois toujours garder les yeux sur la victoire à long terme. »
7. Évaluer ses fondations : pratiques spirituelles et amitié spirituelle
- Carl résume ce qu'il désire : choisir toujours la direction que Jésus indique, marcher au même pas que lui.
- Au quotidien, cela passe d'abord par la connaissance des Écritures. Si la Parole n'est pas cachée dans notre cœur, il est bien plus difficile de discerner les pas que le Seigneur nous demande de faire. Il ne nous demandera rien de contraire aux valeurs du royaume que l'Écriture expose.
- Ensuite, écouter la voix du Seigneur aussi souvent que possible et répondre à ce qu'il demande. Parfois c'est facile, parfois tout semble silencieux. Carl y voit un moment de formation : le Seigneur l'a enseigné encore et encore, et il lui laisse maintenant une part de liberté pour choisir ce qui l'honore.
- Il parle d'une tension réelle : vivre une vie de sacrifice pour Jésus sans négliger les bonnes choses que Dieu a données et qu'il veut que nous goûtions. « Honnêtement, je le découvre au jour le jour. »
- Pour évaluer ses fondations, Carl insiste sur les pratiques spirituelles. Il préfère le mot « pratique » à « discipline », parce que beaucoup de choses ne nous viennent pas naturellement : elles se travaillent, comme un muscle qui se renforce.
- Après la lecture des Écritures, la pratique qui l'a le plus formé est le silence et la solitude. Il y demande au Seigneur comment marcher avec lui cette semaine et où il s'est écarté. Pendant une saison, c'étaient des marches avec le Seigneur. Aujourd'hui, plus facilement distrait dehors, il range son salon et s'y assoit avec lui pour écouter.
- Charlotte admire sa capacité à ne pas rester coincé dans une pratique simplement parce qu'elle a toujours marché : le Seigneur fait des choses nouvelles. Elle-même a commencé depuis un mois une confession de dix minutes chaque soir, parce qu'elle a senti le Seigneur l'y inviter. Elle s'endort en paix.
- Carl ajoute la marche en communauté. Depuis une dizaine d'années, il voit un directeur spirituel qui lui demande simplement comment vont les choses entre lui et Jésus, et à quoi Jésus l'invite. « Je ne vais pas comprendre tout ça tout seul. »
- Charlotte distingue l'amitié entre chrétiens de l'amitié spirituelle, où Jésus n'est pas en marge de la conversation mais en est le cœur. Si tu n'en as pas, demande au Seigneur de transformer tes amitiés chrétiennes en amitiés spirituelles, ou de te donner des personnes qui cherchent la même profondeur.
- Carl sent aujourd'hui le Seigneur déplacer son attention vers ces amitiés, ce qui le rend un peu nerveux : il aime ses tête-à-tête avec le Seigneur. « Mais si c'est ce que tu veux, Seigneur, c'est de l'obéissance. »
- Charlotte conclut : Jésus est le fondement, la principale pierre de l'angle (Éphésiens 2:20), mais il est aussi l'architecte en chef. Si nous le voulons, il nous dira comment bâtir et nous mettra en main le bon outil, plutôt qu'un marteau quand il faut un tournevis. « On ne bâtit pas seul. Tu ne bâtis pas seulement sur lui, tu bâtis avec lui. »
Points à retenir
- Tout le monde bâtit. Les maisons se ressemblent ; seule la tempête révèle les fondations.
- Entendre Jésus, au sens biblique, c'est faire ce qu'il dit. L'émerveillement sans action laisse sans excuse.
- Jésus n'est pas ton Seigneur s'il ne décide que lorsque tu es déjà d'accord avec lui.
- Bâtir sur le roc coûte plus cher sur le moment, mais c'est la seule construction qui tiendra quand tout sera éprouvé.
- Les pratiques spirituelles et l'amitié spirituelle permettent d'examiner ses fondations avant la tempête, avec Jésus comme architecte.
Application personnelle
- Dans quel domaine entends-tu les paroles de Jésus sans les mettre en pratique ?
- Quand Jésus va dans une direction et toi dans une autre, que choisis-tu en général ?
- Quelle option « plus facile » te tente en ce moment, celle qui ressemble à bâtir sur le sable ?
- Quelle pratique spirituelle le Seigneur t'invite-t-il à commencer ou à changer : silence et solitude, lecture des Écritures, confession du soir ?
- Avec qui peux-tu parler de ta relation avec Jésus, pas seulement en marge mais au cœur de la conversation ?
Versets cités
- Matthieu 7:24-27
- Matthieu 5:1-2
- Matthieu 7:28
- Matthieu 7:21
- Deutéronome 6:4
- Matthieu 5:44
- Matthieu 7:1
- 1 Corinthiens 3:13
- Éphésiens 2:20
Questions fréquentes
Que signifie la parabole des deux bâtisseurs dans Matthieu 7 ?
Les deux bâtisseurs entendent les paroles de Jésus et leurs maisons se ressemblent. La différence se trouve dans les fondations : l'un met en pratique ce qu'il a entendu, l'autre non. Seule la tempête révèle sur quoi chacun a bâti. Cette parabole conclut tout le sermon sur la montagne.
Quelle différence y a-t-il entre entendre et écouter dans la Bible ?
Dans les Écritures hébraïques, le mot shema veut dire entendre et faire. « Écoute, Israël » ne vise pas seulement l'oreille. Selon Charlotte, on n'a pas vraiment entendu tant qu'on n'a pas fait ce qu'on a entendu. Les foules entendaient Jésus, mais seuls ceux qui se laissaient changer étaient vraiment enseignés.
Comment évaluer les fondations de sa vie avant la tempête ?
Carl parle de pratiques spirituelles : connaître et lire les Écritures, se réserver des temps de silence et de solitude pour écouter le Seigneur, et marcher en communauté. Charlotte a ajouté une confession de dix minutes chaque soir. Tous deux insistent sur l'amitié spirituelle : on ne bâtit pas seul.
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