Luc 10 : l'appel missionnaire commence par le cœur

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Introduction

« Je ne crois pas aux dimanches jetables. » Kevin Vandeput, prédicateur à Kingdom Faith Church, au Royaume-Uni, inscrit ce message dans une série consacrée à ce que signifie « être Église ». Les semaines précédentes ont parlé du cœur de Dieu pour toutes les nations et de l'amour pour ceux qui nous entourent. Chaque dimanche, dit-il, est une pierre de plus sur le chemin où Dieu conduit son Église, avec un but : grandir ensemble spirituellement, relationnellement et missionnellement.

Ce jour-là, le thème est l'appel missionnaire de l'Église. Pour l'illustrer, le prédicateur ne choisit pas un texte de stratégie, mais une histoire que beaucoup connaissent par cœur : la parabole du bon Samaritain, en Luc 10.

Derrière le récit bien connu, il pose une question qui dérange : à côté de qui passes-tu sans même lever les yeux ? Et il conclut que tout commence par une seule chose : la transformation du cœur.

Plan du message

1. Une Église appelée à la mission

  • Kevin Vandeput part de la grande mission : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:19-20).
  • Il fait reprendre trois fois à l'assemblée le premier mot du verset dans sa version anglaise (« Therefore », c'est-à-dire « Donc »). Cette mission, le Père l'a confiée à son Église, et chacun est appelé à y prendre part.
  • La question devient alors pratique : à quoi ressemble cette mission au quotidien ? Pour y répondre, il propose de relire ensemble Luc 10:25-37, que l'on connaisse le texte depuis toujours ou qu'on le découvre.

2. Une question piège, une réponse de salut

  • Un docteur de la loi se lève pour éprouver Jésus : « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Ce n'est pas un juriste au sens moderne, précise le prédicateur, mais un expert de la loi religieuse, et ses intentions ne sont pas bonnes.
  • Jésus saisit pourtant l'occasion d'enseigner. La réponse est dans la loi : aimer le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force et de toute sa pensée, et son prochain comme soi-même.
  • « Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? » La parabole qui suit répond donc à une question de salut. Kevin Vandeput y voit aussi une leçon d'évangélisation personnelle : Jésus parle seul à seul avec cet homme.

3. Le prêtre et le Lévite : de bonnes excuses

  • Un homme descend de Jérusalem à Jéricho. Des brigands le dépouillent, le rouent de coups et le laissent à demi mort. Il ne peut en aucun cas se sauver lui-même.
  • Passent un prêtre, puis un Lévite. Pourquoi ces deux-là ? Parce que, dans l'esprit de tous, ce sont les plus susceptibles de s'arrêter. Ils connaissent la loi, qui parle d'aider celui qui est dans le besoin, d'aimer Dieu et d'aimer les autres. Ils devraient être des gens de compassion. Pourtant, ils passent de l'autre côté.
  • On pourrait plaider leur cause : seuls, que pouvaient-ils faire ? La route était connue pour sa violence, s'arrêter c'était risquer sa vie. Il y avait aussi les règles de pureté rituelle, le manque de temps, la peur d'une embuscade, ou l'idée que quelqu'un d'autre s'en chargerait.
  • Le texte ne dit pas pourquoi ils ne se sont pas arrêtés : ce ne sont que des suppositions. L'essentiel, c'est qu'ils auraient dû s'arrêter et ne l'ont pas fait. « Si nous ne faisons pas attention, nous pouvons vite devenir comme eux » : voir celui qui est brisé, incapable de se sauver, et passer son chemin avec une excuse raisonnable.

4. Le Samaritain : redéfinir qui est mon prochain

  • Entre alors en scène celui dont personne n'attend rien de bon. Juifs et Samaritains ont une lourde histoire : les habitants de Samarie s'étaient mariés avec des étrangers et avaient adopté des pratiques idolâtres. Les Samaritains étaient méprisés.
  • Le docteur de la loi ne demandait pas « comment mieux aimer ? », mais « où s'arrête ma responsabilité ? ». Jésus retourne la question : de qui as-tu été le prochain ? À qui peux-tu montrer un amour sacrificiel, qui va au-delà de l'attendu ?
  • Le prédicateur s'applique d'abord la question à lui-même : où est-ce que je trace, subtilement, des limites autour de ceux qui méritent mon amour ? « Ils devraient savoir », « ce n'est pas ma responsabilité », « il m'a blessé par le passé »... Il est facile de n'aimer que ceux qu'on aime naturellement.
  • Jésus avait déjà repoussé ces frontières quelques chapitres plus tôt : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent » (Luc 6:27-28).

5. Il vit, il fut ému, il agit

  • D'abord, le Samaritain remarque. Sur cette route étroite entre deux villes, le prêtre et le Lévite l'avaient vu aussi. Mais lui ne s'arrête pas là.
  • Il est « ému de compassion » (Luc 10:33). « C'est une chose de remarquer quelque chose. C'en est une autre de le laisser nous toucher. »
  • Kevin Vandeput reprend la définition du dictionnaire : la compassion est un profond sentiment de sympathie pour quelqu'un qui souffre, accompagné d'une forte envie d'agir pour l'aider. C'est cette compassion qui met le Samaritain en mouvement.
  • Il bande les plaies en y versant de l'huile et du vin, le meilleur remède qu'il connaissait. Il donne ce qu'il a sur lui.

6. Ce que la compassion lui a coûté

  • Il met l'homme sur sa propre monture, ce qui veut dire qu'il fait le reste du chemin à pied : le confort passe par la fenêtre. Il le conduit à une hôtellerie, prend soin de lui, puis donne deux deniers à l'hôte pour qu'il continue jusqu'à la guérison complète.
  • Le prédicateur précise qu'il ne l'a pas vérifié lui-même, mais il a lu que deux deniers pouvaient couvrir environ deux mois à l'auberge. Le Samaritain ne paie pas une nuit, il prévoit la durée.
  • Le bilan est clair : cette décision lui a coûté du temps, ses biens, son confort et son argent. Il a risqué de devenir lui-même une victime en restant sur place. Et tout cela pour un inconnu, très probablement un Juif, donc un ennemi.
  • « N'est-ce pas ce que Dieu nous appelle à faire ? » L'amour pour le brisé, pour celui qui est sans secours, pour celui qui est perdu.

7. Jésus, le vrai bon Samaritain, et l'Église comme hôtellerie

  • « Toi et moi, nous étions autrefois sans espoir, nous aussi. » Nous étions ceux qui ne pouvaient ni s'aider ni se sauver. Celui qui a incarné cet amour et donné sa vie pour que nous vivions, c'est Jésus. Il a pansé nos plaies, il nous a restaurés.
  • Kevin Vandeput cite Charles Spurgeon : « Dans son amour infini, il ne nous a pas abandonnés, mais il nous a amenés dans l'Église, où nous nous reposons comme dans une hôtellerie, nourris de ce que sa bonté a pourvu. C'est un amour merveilleux qui a ému le cœur du Sauveur : quand il nous a trouvés dans notre misère, il s'est penché sur nous pour nous en relever, tout en sachant que nous étions ses ennemis. »
  • C'est Jésus qui sauve, par son Esprit. Mais il conduit ensuite les blessés et ceux qui se relèvent dans son Église. Nous voilà dans le rôle de l'hôte : il nous les confie.
  • « Nous ne sommes pas des convertis, ni des habitués de l'église, ni simplement des gens religieux. Nous sommes appelés à être des disciples. » Un disciple calque sa vie sur celui qui le forme, et Jésus a donné sa vie pour que nous ayons la vie.
  • Le prédicateur reconnaît que le message le bouscule autant que l'assemblée : combien de personnes croise-t-il sans demander au Saint-Esprit ce qui se passe autour de lui ? L'Église est le moyen que Dieu a établi pour que son royaume grandisse sur la terre. « Ne laisse pas la grande mission devenir la grande omission. »

8. Du message à la rue : la conversation commence par le cœur

  • Ce n'est pas quelque chose que l'on fait par ses propres forces. L'Esprit qui habite en nous est un Esprit d'amour, et c'est lui qui produit cet amour à travers nous.
  • L'Église utilise un outil appelé « Jésus à la porte » : une carte simple qui aide à partager l'Évangile de façon claire et compréhensible, pour que les gens puissent répondre. « Les responsables passent en premier » : ces dernières semaines, le prédicateur est sorti avec cette carte pour engager des conversations.
  • Il a alors découvert que la parabole devenait très concrète. On croise rarement quelqu'un à demi mort au bord de la route, mais beaucoup de gens ont été « battus par la vie ». On entend des histoires, des blessures, des questions, et quelque chose bouge à l'intérieur : c'est l'Esprit qui veut les voir sauvés et restaurés. « Ce n'est pas la fin. C'est le début du retournement. »
  • Cela ne se limite pas à la rue : amis, collègues, voisins, caissiers, salle de sport, coiffeur... Tout commence par une simple conversation. « Mais avant la conversation, il faut une transformation du cœur. Sinon, je continuerai à passer à côté des gens sans même remarquer ce qui se passe. »

9. Ne sois ni le prêtre ni le Lévite

  • Première réponse : ne pas être le prêtre ou le Lévite. Cela veut dire que chacun a la responsabilité de remarquer et d'avoir compassion. Les excuses raisonnables doivent être apportées au Seigneur : « Peut-être que je ne suis pas si occupé. Peut-être que je peux trouver une demi-heure, ou appeler cet ami d'il y a dix ans. »
  • « Le prêtre et le Lévite avaient été proches de Dieu, mais ils ne lui ressemblaient pas. » On peut venir chaque semaine, prier, lire sa Bible, et ne jamais porter le cœur de Dieu.
  • Il faut donc calculer le prix : la mission confiée n'est ni bon marché ni facile. Mais notre réponse peut être : « Seigneur, quel qu'en soit le prix, je suis prêt. » Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu (Luc 19:10) : « Seigneur, fais de moi quelqu'un qui cherche. Montre-moi ceux qui sont brisés. »
  • Et voici la chute : « Dieu donne toujours la grâce pour ce qu'il nous demande. » La grâce ne se limite pas au pardon, elle rend capable et propulse dans les desseins de Dieu. Le prédicateur cite l'évangéliste Reinhard Bonnke : « Pillons l'enfer et peuplons le ciel, pour l'amour du Calvaire. »
  • Le Saint-Esprit ne nous a pas été donné pour passer un bon moment à l'église, mais pour imposer les mains aux malades, chasser les démons, voir des gens libérés, sauvés et formés comme disciples. Jérusalem, la Judée, la Samarie (Actes 1:8) : « Ta Jérusalem est juste derrière cette porte. »
  • Dans la prière finale, il refuse un amour abstrait : « J'aime ma nation, j'aime mon quartier », non. Aimes-tu ton voisin qui ne se gare jamais correctement ? Celui qui t'a éconduit la semaine dernière quand tu lui as parlé de Jésus ? Il prie pour que l'Église soit forte et courageuse, comme Josué (Josué 1:9), et pour un baptême d'amour renouvelé.
  • Il termine par une invitation : Jésus frappe à la porte du cœur (Apocalypse 3:20), lui qui a payé le prix pour ceux qui ne pouvaient pas se sauver eux-mêmes. Et il conclut : « Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel » (Josué 24:15).

Points à retenir

  • La parabole du bon Samaritain répond à une question de salut : aimer Dieu de tout son être et son prochain comme soi-même.
  • On peut être proche de Dieu sans lui ressembler. Les bonnes excuses du prêtre et du Lévite sont aussi les nôtres.
  • La compassion va plus loin que voir : elle se laisse toucher et passe à l'action, au prix du temps, du confort et de l'argent.
  • Jésus est le vrai bon Samaritain : il nous a relevés alors que nous étions sans secours, et il confie ceux qu'il sauve à son Église.
  • Avant la conversation, il faut la transformation du cœur. Et Dieu donne toujours la grâce pour ce qu'il demande.

Application personnelle

  1. Autour de qui as-tu tracé, sans le dire, une limite à ton amour : « ce n'est pas ma responsabilité », « il devrait savoir » ?
  2. Quelle excuse raisonnable te fait passer à côté des autres en ce moment : le temps, la peur, l'agenda ?
  3. Qui, dans ton entourage (collègue, voisin, ami perdu de vue), a été « battu par la vie » et attend peut-être une simple conversation ?
  4. Quel prix concret es-tu prêt à payer cette semaine : une demi-heure, un appel, un repas, un geste ?
  5. Oses-tu prier : « Seigneur, change mon cœur, ouvre mes yeux et montre-moi ceux qui ont besoin de toi » ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi Jésus met-il en scène un prêtre et un Lévite dans la parabole du bon Samaritain ?

Parce que, aux yeux de tous à l'époque, c'étaient les personnes les plus susceptibles de s'arrêter. Elles connaissaient la loi, qui parle d'aimer Dieu, d'aimer les autres et d'aider celui qui est dans le besoin. Pourtant, elles passent outre. Pour Kevin Vandeput, leur drame est d'avoir été proches de Dieu sans lui ressembler.

Qu'est-ce que la compassion selon la parabole du bon Samaritain ?

Le Samaritain ne se contente pas de voir l'homme blessé : il est ému de compassion (Luc 10:33). Kevin Vandeput reprend la définition du dictionnaire : un profond sentiment de sympathie pour celui qui souffre, accompagné d'une forte envie d'agir pour l'aider. Remarquer est une chose, se laisser toucher en est une autre.

Quel lien entre le bon Samaritain et la grande mission de Matthieu 28 ?

La question du docteur de la loi porte sur le salut, et Jésus y répond par une histoire d'amour concret. Pour le prédicateur, la grande mission (Matthieu 28:19-20) se vit de la même façon : remarquer ceux qui souffrent, se laisser émouvoir et accepter le prix, en comptant sur le Saint-Esprit qui donne la grâce de faire ce que Dieu demande.

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