Le disciple, sa famille et la famille de Dieu (2)

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Introduction

Le pasteur Célestin YAO continue sa prédication sur un sujet que peu de disciples osent regarder en face : le lien entre notre appel à suivre Jésus et notre famille biologique. La patrie, la maison de nos pères, les liens de sang, les traditions, tout cela vient nous chercher au plus profond. Quitter son pays est déjà difficile ; quitter sa patrie, un peu plus ; mais quitter la maison de ses pères, comme Dieu l'a demandé à Abraham, va toucher notre point le plus sensible. Et pourtant, c'est exactement là que Jésus veut t'amener. Dans ce message, tu vas découvrir que Dieu a un projet de bénédiction pour ta famille, que le disciple a des exigences particulières face à ses proches, et que la famille de Dieu appelle un engagement encore plus grand que celui du sang.

Plan du message

1. Dieu et la famille dans un rapport d'alliance

  • Le point de départ, c'est l'appel d'Abraham : « Va de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; toutes les familles de la terre seront bénies en toi » (Genèse 12.1-3).
  • Ce n'est pas un pasteur qui le dit. C'est Dieu qui le dit. Dans la pensée de Dieu, dès Genèse, toutes les familles de la terre sont bénies en Abraham. Ta famille en fait partie. Ma famille en fait partie.
  • Le projet que Dieu a pour ta maison n'est pas un projet de désolation. C'est un projet de paix et non de malheur. N'accuse pas Dieu. Il a déjà béni ta famille en Abraham.
  • Deuxième conviction du pasteur : dans chaque famille, Dieu a toujours prévu au moins un homme ou une femme qu'il distingue de façon particulière, pour que par lui les besoins de la famille soient comblés.
  • Le problème, c'est que la plupart du temps la famille ne reconnaît pas celui-là. Elle combat celui qui a une étoile qui brille, alors qu'il devait devenir la porte de bénédiction de la maison. Parfois, sans faire exprès, on tue le Joseph de sa propre famille, et après, on accuse Dieu d'être injuste.
  • Joseph n'avait rien fait de mal. Il avait 17 ans, l'innocence d'un jeune, et un rêve. Ses frères l'ont haï à cause de ses songes et de ses paroles (Genèse 37.5-8). Mais Dieu s'est servi de leur méchanceté pour accomplir son projet. Joseph pouvait dire plus tard : « Vous aviez médité de me faire du mal ; Dieu l'a changé en bien, pour l'accomplissement de ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux » (Genèse 50.20).
  • Dieu a prévu un Joseph dans ta famille, et il prie que ce soit toi, l'instrument de faveur pour tes proches. Ne regarde pas ta taille. Ne regarde pas ta condition actuelle. Regarde au rêve que Dieu te donne.
  • Quand tu es sérieux avec Dieu, il y a des malédictions familiales qui n'ont plus d'effet sur toi au nom de Jésus-Christ. À cause de l'œuvre achevée de Christ, tout est transformé. La malédiction reste là, et ce qui vient sur toi et sur ta postérité, c'est faveur, bénédiction, distinction.

2. Les exigences du disciple face à sa famille biologique

  • Notre lieu de faiblesse, c'est toujours l'environnement familial : les liens de sang, l'attachement de l'âme. Nous avons une sensibilité particulière quand ça touche à notre famille, et c'est justement là que nous ne prenons plus le temps de sonder Dieu.
  • Souvent, on prend pour acquis : « C'est mon frère, c'est ma sœur, c'est ma mère, il faut que j'y aille. » On ne prie même plus. On agit sans consulter Dieu, et c'est là que le disciple perd du terrain.
  • En Luc 9.59-62, trois hommes veulent suivre Jésus. Au premier qui promet de le suivre partout, Jésus répond : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. » Pas de garantie de confort.
  • Au deuxième, qui demande d'aller d'abord ensevelir son père, Jésus répond : « Laisse les morts ensevelir leurs morts ; toi, va, et annonce le royaume de Dieu. » Ce n'est pas un homme qui vient de perdre son père, c'est un homme qui met Jésus dans un plan à venir. Jésus refuse d'être secondaire.
  • Au troisième, qui veut d'abord aller dire au revoir aux siens, Jésus répond que quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas propre au royaume de Dieu. Le pasteur le dit franchement : dans cette réunion de famille, la probabilité qu'il ne suive plus Jésus est à 99 %. Les proches vont persuader, mettre la pression, retenir.
  • Bénissons Dieu pour les hommes et les femmes dont la famille les a laissés aller pour servir Jésus. Ce n'est pas anodin. Il y a des parents qui ont d'autres projets sur ta vie. Aller à l'église est une chose ; être consacré au ministère en est une autre, et c'est souvent vécu comme un déchirement.
  • Autre sensibilité : par rapport à notre famille, nous sommes toujours en position de faiblesse pour annoncer l'Évangile. Jésus lui-même, arrivé à Nazareth, entend ses proches dire : « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Josès, de Jude et de Simon ? » (Marc 6.3-4). Il ne put y faire aucun miracle. Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison.
  • Le milieu familial limite souvent notre foi et la foi qu'on nous accorde. Sois conscient que par rapport à ta propre famille, il y aura toujours une certaine résistance. Mais si tu persévères, tu deviendras une source extraordinaire de bénédiction pour eux.

3. Un engagement plus grand que la famille biologique

  • Jésus va poser une exigence qui choque au premier abord : « Si quelqu'un vient à moi, sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Luc 14.26).
  • Jésus n'appelle pas à mépriser tes parents. Il utilise la façon sémitique de prendre un mot fort pour marquer un contraste absolu : l'amour que tu dois avoir pour lui doit être à un niveau tel que, comparé à l'amour pour ta famille, cet autre amour paraîtrait de la haine.
  • Pourquoi ? Parce qu'il y a des situations où Jésus va te demander de choisir. Si tu ne l'aimes pas plus que papa et maman, tu ne pourras pas le suivre. Quand il te dira « vas-y », tu obéiras, et lui-même prendra soin de tes parents.
  • Dans ta famille biologique, tu as aimé papa, maman, frères et sœurs. Mais quand tu entres dans la famille de Dieu, tu aimes toujours les tiens, et tu aimes Jésus par-dessus tout.
  • La considération de Jésus pour la famille de Dieu est très haute. En Marc 3.32-35, on lui dit : « Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent. » Il répond : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, portant les regards sur ceux qui étaient assis autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. »
  • Ce n'est pas du mépris. C'est l'ordre des priorités. Jésus doit voir les choses selon la mission qui lui a été donnée pour le salut d'une multitude.
  • Ses parents l'ont compris. Au pied de la croix, il regarde Marie et lui dit : « Femme, voici ton fils », puis à Jean : « Voici ta mère. » Et Jean la prit chez lui. Jésus prend soin, mais il est venu pour une mission plus grande que les liens du sang.
  • Le plus beau cadeau que tu puisses faire à ta famille, ce n'est pas 100 ans de présence. C'est qu'elle soit sauvée. Ta préoccupation n'est plus les petites affaires : c'est qu'elle passe l'éternité avec toi.
  • Ne mets jamais ta famille biologique dans la même balance que la famille spirituelle. Dieu voit une multitude qu'il veut sauver, et ta famille en fait partie. Il veut se révéler comme Père d'une multitude, « L'Éternel est papa, le Dieu tout-puissant est papa. »
  • Au départ, les frères et sœurs de Jésus ne croyaient pas en lui. Mais après la croix, Marie était au pied de la croix, et le jour de la Pentecôte, elle était dans la chambre haute avec les disciples qui reçurent le Saint-Esprit (Actes 1.14 ; Actes 2). La persévérance du disciple finit par ouvrir la porte du salut pour les siens.

Points à retenir

  • Dieu a un projet de bénédiction pour ta famille, pas de désolation. Toutes les familles de la terre sont bénies en Abraham.
  • Dans chaque famille, Dieu suscite un homme ou une femme qu'il distingue pour être une porte de salut. Il veut que ce soit toi.
  • Ton lieu de plus grande sensibilité (la famille), est aussi ton lieu de plus grande faiblesse spirituelle. Redouble de prière avant d'agir sur ce qui la touche.
  • Suivre Jésus ne veut pas dire mépriser les tiens. Cela veut dire l'aimer d'un amour tellement plus grand que ta famille reste en second dans l'ordre des priorités.
  • Le plus beau cadeau à ta famille n'est pas ta présence physique éternelle. C'est son salut. C'est ta persévérance dans l'alliance.

Application personnelle

  • Reconnais-tu que Dieu a un projet de bénédiction pour ta famille, ou l'as-tu accusé pour ce que ta lignée a traversé ? Que veux-tu déposer devant lui aujourd'hui ?
  • Es-tu prêt à te lever comme le « Joseph » de ta maison, quels que soient les combats, les moqueries ou les incompréhensions qui viendront ?
  • Quand une situation familiale surgit (décès, urgence, réunion), prends-tu vraiment le temps de sonder Dieu avant d'agir ? Ou pars-tu d'office « parce que c'est la famille » ?
  • Y a-t-il une exigence de Jésus que tu repousses parce qu'elle te met en conflit avec tes proches ? Que se passerait-il si tu obéissais à Jésus d'abord ?
  • Tes paroles envers la famille de Dieu (frères et sœurs dans l'église) ont-elles le même niveau de considération que celles envers ta famille biologique ? Où as-tu besoin d'ajuster ?

Versets cités

  • Genèse 12.1-3 · l'appel d'Abraham et la bénédiction de toutes les familles de la terre
  • Genèse 37.5-8 · le songe de Joseph et la haine de ses frères
  • Genèse 50.20 · « Vous aviez médité de me faire du mal, Dieu l'a changé en bien »
  • Éphésiens 1.3 · bénis de toutes sortes de bénédictions dans les lieux célestes en Christ
  • Luc 9.59-62 · les trois candidats-disciples
  • Marc 6.3-4 · un prophète n'est méprisé que dans sa patrie
  • Luc 14.26 · préférer Jésus à sa propre famille
  • Marc 3.32-35 · « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »
  • Actes 16.31 · « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille »
  • 1 Timothée 2.4 · Dieu veut que tous les hommes soient sauvés
  • Jean 3.16 · « Dieu a tant aimé le monde »

Questions fréquentes

Que veut dire Jésus quand il demande de « haïr » son père et sa mère (Luc 14.26) ?

Jésus n'appelle pas au mépris de tes parents. Il utilise une tournure sémitique qui prend un mot fort pour marquer un contraste : l'amour que tu dois avoir pour lui doit être à un niveau tel que, comparé à l'amour pour ta famille, cet autre amour paraîtrait de la haine. C'est un ordre de priorité, pas un rejet. Tu continues à honorer tes parents. Mais quand Jésus te demande quelque chose, tu obéis à Jésus d'abord, et lui-même prendra soin des tiens.

Comment être une source de bénédiction pour ma famille selon ce message ?

Dieu a prévu dans chaque famille au moins un homme ou une femme qu'il distingue pour bénir toute la maison. C'est le principe du Joseph : Dieu suscite quelqu'un qui deviendra une porte de salut, de faveur et de bénédiction pour ses proches. Si tu prends au sérieux ta marche avec Dieu, si tu persévères malgré les moqueries et les combats, tes prières et ton alliance avec Dieu vont couvrir ta famille. Ton frère, ta sœur, tes parents vivront des grâces qu'ils n'expliqueront pas, mais qui viennent de ta consécration.

Comment Jésus réagit-il quand quelqu'un veut le suivre mais met sa famille avant lui ?

En Luc 9.59-62, trois hommes viennent voir Jésus. Le premier n'accepte pas les conditions matérielles du disciple. Le deuxième demande d'aller ensevelir son père d'abord, Jésus répond : « Laisse les morts ensevelir leurs morts. » Le troisième veut d'abord dire au revoir aux siens, Jésus répond que quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas propre au royaume. Le message : quand Jésus appelle, la famille ne peut pas être l'excuse qui te fait reculer. Il te demande de le préférer, et il prend l'engagement de bénir ta famille à travers ton obéissance.

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