Luc 22 : la cène du Seigneur, s'examiner avant de communier

11 min de lecture

Introduction

« Nous n'avons pas sept sacrements, mais nous avons deux ordonnances. » Tino Di Domenico, pasteur de l'Église chrétienne évangélique pentecôtiste de Seriate, près de Bergame, ouvre ainsi une étude biblique consacrée à la cène du Seigneur, à quelques jours du dimanche 18 où l'Église la célébrera.

Le contexte est concret : huit personnes viennent d'être baptisées et vont prendre la cène pour la première fois. Le pasteur veut que chacun sache ce qu'il fait quand le petit gobelet arrive devant lui. Il part de Luc 22:14-20, passe par la Pâque de l'Ancien Testament, puis s'arrête longuement sur 1 Corinthiens 10 et 11.

Son message tient en une idée : la cène n'appartient ni à l'Église ni à toi, elle est « du Seigneur ». On s'y présente comme un invité, après s'être examiné soi-même.

Plan du message

1. Deux ordonnances laissées à l'Église

  • La première ordonnance est le baptême : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19). La seconde est la cène : « Faites ceci en mémoire de moi. »
  • Tout change vite, et une modernisation excessive laisse perplexe. Mais il y a des points d'ancrage, des choses infranchissables qu'on ne peut en aucun cas dépasser. Le pasteur raconte avoir vu au Brésil une sainte cène célébrée avec du Coca-Cola.
  • Le baptême est unique : on se fait baptiser une seule fois, en pleine conscience, dans la saine doctrine. La cène, elle, se répète.
  • « Le baptême est une explosion de joie, la cène du Seigneur est quelque chose de plus intime, de plus intérieur. »

2. « J'ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous »

  • Quelques jours plus tôt, Jésus était entré à Jérusalem sous les « Hosanna ». Il savait que ceux qui criaient « Hosanna » crieraient bientôt « Crucifie-le ».
  • Quand l'heure est venue, il se met à table avec les apôtres et leur dit : « J'ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir » (Luc 22:15). C'est la dernière fois qu'il mange avec eux, et ce qu'on fait pour la dernière fois prend une importance extraordinaire.
  • La Pâque rappelait la libération d'Égypte. Toutes les fêtes trouvent leur accomplissement en Christ. Le pasteur met en garde contre ceux qui se disent modernes et retournent pourtant aux traditions.
  • « Je ne la mangerai plus » : Jésus est monté au ciel avec son corps, et il reviendra de la même manière (Actes 1:11).
  • Jésus prend une coupe et dit : « Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous » (Luc 22:17). Puis, après le souper, il donne une autre coupe : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. » Il ne fixe pas des modalités, calice, petits gobelets ou plateaux : il dit ce que cela signifie.
  • Quand l'Église est passée du calice commun aux petits gobelets, le pasteur a reçu beaucoup de critiques. Une expérience l'avait pourtant convaincu : à son arrivée, alors que sa femme était enceinte, il a rendu visite à un jeune homme en fin de vie dont personne ne lui avait dit la maladie. Ils ont pris la cène avec lui à la même coupe, et, selon l'usage d'alors, le pasteur et sa femme ont bu en dernier. Après le décès, il a appris que ce jeune homme souffrait de maladies graves. Il s'est demandé ce qu'il répondrait à des fidèles qui lui reprocheraient de les avoir fait boire à la même coupe en connaissance de cause. « La Bible dit aussi de ne pas tenter Dieu. » Quand on sait qu'un risque existe, il faut être prudent : cette fermeté traditionnelle, conclut-il, n'a rien à voir avec la Parole.
  • « Bien souvent, à force de discuter des modalités, nous oublions la signification puissante et profonde de la coupe de la nouvelle alliance. »

3. Un repas qui appartient au Seigneur

  • « Lors donc que vous vous réunissez, ce n'est pas pour manger le repas du Seigneur » (1 Corinthiens 11:20). De qui est ce repas ? Du Seigneur. L'Église n'en est pas propriétaire, elle ne peut pas en disposer comme elle veut.
  • C'est lui qui l'a organisé, qui nous y invite et qui y a mis les ingrédients essentiels : le pain et le vin, le corps et le sang de Jésus. On s'y présente non comme quelqu'un qui le mérite, mais comme un invité.
  • Prendre la cène seul chez soi revient d'une certaine manière à se détacher du corps. Pour celui qui est alité, l'Église apporte la cène à la maison, et elle l'a fait bien des fois pour des malades.
  • En Actes 2:42, les trois mille convertis n'avaient ni pasteurs, ni diacres, ni bâtiment. Ils se réunissaient dans les maisons, « persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain ». Ils ne s'évitaient pas, ils se cherchaient : c'était la koinonia.
  • Le pasteur met en garde contre un courant qui affirme que l'Église doit se réunir seulement dans les maisons. Les premiers croyants le faisaient parce qu'il n'y avait pas encore de lieu de culte.

4. Ce que sont le pain et le vin

  • « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas la communion au sang de Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion au corps de Christ ? » (1 Corinthiens 10:16). Paul ne dit pas « ceci est le sang », il dit « ceci est la communion ».
  • Le pasteur passe en revue les doctrines : la transsubstantiation, formulée dès les temps anciens puis réaffirmée au concile de Trente contre la doctrine protestante, selon laquelle le pain et le vin disparaissent pour devenir le corps et le sang de Jésus ; la consubstantiation de Luther, où le corps et le sang s'ajoutent au pain et au vin ; la présence spirituelle chez Calvin. Il les rejette toutes.
  • Le pain reste du pain et le vin reste du vin. Avec humour, il fait remarquer les quintes de toux après la cène : beaucoup sont allergiques aux sulfites.
  • « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi » (Jean 6:56). Quand Jésus dit « je suis la porte » ou « je suis le chemin », il ne parle pas d'une porte ou d'une route physiques : ce sont des images pour nous aider à comprendre.
  • « Les cieux ne me contiennent pas. Comment voudrions-nous mettre Jésus dans un petit gobelet ? » La cène est un mémorial : « Faites ceci en mémoire de moi. »
  • Les symboles sont importants, mais il ne faut pas les idolâtrer. Ils portent un souvenir qui touche le cœur, les émotions, l'intelligence et la volonté.

5. Les coupes de la Pâque

  • En Égypte, c'est le sang de l'agneau sur les poteaux des portes qui a sauvé les maisons d'Israël (Exode 12:26-27). Le mot Pâque vient de « passer par-dessus » : l'exterminateur passait quand il voyait le sang. Au Sinaï, Moïse asperge le peuple et dit : « Voici le sang de l'alliance » (Exode 24:8).
  • Dans le repas pascal juif, il n'y avait pas une coupe, mais cinq. La première, la coupe de la sanctification, était remplie à ras bord en signe de bénédiction. On se lavait les mains et l'on buvait couché sur le côté gauche, en hommes libres, alors qu'en Égypte on avait mangé debout, les reins ceints.
  • La deuxième, la coupe de la proclamation : le plus jeune demandait « Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres ? », et le père racontait la fidélité de Dieu, en versant une goutte pour chacune des dix plaies.
  • Le pasteur distingue souvenir et commémoration : le souvenir laisse spectateur d'un fait lointain, la commémoration fait participer au présent à un fait passé.
  • La troisième, la coupe de la bénédiction, venait après le repas et l'agneau. C'est celle que Jésus a prise et donnée aux siens. La quatrième, la coupe de la louange, accompagnait les Psaumes 115 à 118. La cinquième, la coupe d'Élie, n'était pas bue : on ouvrait la porte dans l'attente symbolique du messager qui annonce le Messie.
  • « Cette coupe remplace celle d'avant. » Le pasteur met en garde contre ceux qui remplacent la cène par ces rites et recommencent à judaïser : dans l'histoire et la culture, cela va ; dans la célébration, c'est mélanger les choses.

6. Que chacun s'examine soi-même

  • À Corinthe, une ville divisée entre riches et dockers du port, les riches mangeaient et s'enivraient sans attendre les plus pauvres, qui arrivaient affamés. Paul écrit : « Je ne vous loue point » (1 Corinthiens 11:17-22).
  • Il les ramène à la chambre haute (1 Corinthiens 11:23-26). La cène regarde le passé, règle le présent et annonce l'avenir : « Vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. »
  • Certains croyants, fâchés avec quelqu'un, décident de ne pas venir à l'Église le dimanche de la cène. « Ce n'est pas l'absence à la cène qui te sauve. »
  • « Celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur » (1 Corinthiens 11:27). Le pasteur dit qu'il faudrait mettre sur les plateaux le signe « danger de mort ».
  • Le verset 28 ne dit pas « que chacun examine les frères », mais « que chacun s'éprouve soi-même ». Quand tu commences à t'examiner, à penser à tes fautes et aux promesses que tu n'as pas tenues, il ne reste plus de place pour examiner les autres.
  • Quand le gobelet s'approche, demande-toi : « Est-ce que je prends du poison ou est-ce que je prends la vie ? » Le problème n'est pas dans le liquide, il est dans le cœur. Si tu dis « Seigneur, je suis indigne, mais tu me fais grâce », mange et bois. Si tu te crois meilleur que les autres, tu provoques Dieu.
  • « C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de malades, et qu'un grand nombre sont morts » (1 Corinthiens 11:30). Toutes les maladies ne viennent pas de là, précise le pasteur, mais certains maux viennent d'une mauvaise gestion de sa vie spirituelle. Et l'on peut mourir de bien des manières : dans son ministère, sa vocation, ses dons.
  • Le remède : « Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés » (1 Corinthiens 11:31). Quand Dieu nous corrige, « les susceptibles s'offensent, les saints remercient Dieu ».
  • Le corps du Seigneur, c'est l'Église, pleine de défauts « parce que tu y es et que j'y suis ». Le pasteur met en garde contre la « foi casanière » de ceux qui prient seulement à la maison.

7. Une seule table, la communion et la réconciliation

  • « Puisqu'il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps » (1 Corinthiens 10:17). Ce qui nous met en communion, ce n'est ni la culture, ni la couleur de peau, ni le dialecte, mais le pain. Se soustraire à la communion des frères, c'est mépriser le corps de Christ.
  • « Vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la table des démons » (1 Corinthiens 10:21). La cène dit : j'appartiens à Christ et à Christ seul. Elle est à la fois inclusive et séparatrice.
  • On ne retire pas le plateau des mains de quelqu'un. L'Église proclame, puis chacun porte sa responsabilité. Elle recommande cependant à ceux qui vivent dans une situation indigne, comme la cohabitation hors mariage, de ne pas la prendre.
  • Comme les trois mille d'Actes 2, qui ont été baptisés avant de rompre le pain, l'Église donne la cène à ceux qui ont été baptisés d'eau à l'âge adulte et qui comprennent ce qu'elle signifie.
  • En reprenant Matthieu 5:23-24, le pasteur dit : si, au moment de prendre ton gobelet, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, pose-le et va te réconcilier. Les pionniers allaient chez les frères brouillés avec du pain et du vin, et ne repartaient pas sans avoir pris la cène ensemble.
  • Sur la fréquence, la Bible laisse de la liberté : chaque jour dans les maisons (Actes 2:46), le premier jour de la semaine à Troas (Actes 20:7), « lorsque vous vous réunissez ». L'important est de savoir ce que l'on va faire.

Points à retenir

  • La cène est « du Seigneur » : il l'a organisée, il en a fourni les éléments, et nous y venons comme des invités.
  • Le pain reste du pain et le vin reste du vin. La cène est une communion et un mémorial, pas une transformation des éléments.
  • La coupe de la nouvelle alliance remplace les coupes de la Pâque : inutile de revenir aux anciens rites.
  • « Que chacun s'éprouve soi-même » : regarder d'abord à l'intérieur, avant de regarder autour de soi.
  • On ne prend pas la cène fâché avec un frère : la réconciliation passe avant l'offrande.

Application personnelle

  1. Quand le gobelet s'approche de toi, sais-tu ce que tu prends, et dans quel état de cœur tu le prends ?
  2. Y a-t-il quelqu'un avec qui tu es fâché et que tu dois aller voir avant la prochaine cène, pour demander pardon ou pour pardonner ?
  3. Te surprends-tu à examiner les autres plus que toi-même ? Qu'est-ce que le Seigneur te montre quand tu te places devant lui ?
  4. Comment reçois-tu la correction de Dieu : en te vexant ou en le remerciant ?
  5. Ta foi est-elle devenue « casanière », ou cherches-tu la communion avec tes frères et sœurs malgré leurs défauts ?

Versets cités

Questions fréquentes

Le pain et le vin deviennent-ils le corps et le sang de Jésus ?

Non, selon Tino Di Domenico. Le pain reste du pain et le vin reste du vin. En 1 Corinthiens 10:16, Paul parle de « communion » avec le corps et le sang de Christ. Comme lorsque Jésus dit « je suis la porte », ce sont des images pour nous aider à comprendre. La cène est un mémorial : « Faites ceci en mémoire de moi. »

Que signifie prendre la cène « indignement » ?

C'est s'approcher de la table en se croyant meilleur que les autres, en restant fâché avec un frère ou avec de l'amertume dans le cœur. Le remède, dit le pasteur, est de s'examiner soi-même (1 Corinthiens 11:28-31) : reconnaître ses fautes et demander grâce au Seigneur, dont le sang purifie de tout péché.

Qui peut participer à la cène du Seigneur ?

Dans son Église, Tino Di Domenico donne la cène à ceux qui ont été baptisés d'eau à l'âge adulte et qui comprennent ce qu'elle signifie, comme les trois mille d'Actes 2. Il ne retire jamais le plateau à quelqu'un, mais il recommande à celui qui vit dans une situation indigne de s'abstenir.

Rejoins le canal WhatsApp

Le boost du jour, des prières et les nouveaux enseignements, directement sur WhatsApp.

Rejoindre le canal

Gratuit, sans inscription. Ton numéro reste invisible pour les autres membres du canal.

Toutes les prédications sur « Église »

Ne rate aucune prédication de Chiesa Cristiana Evangelica Pentecostale di Seriate

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Personnages de la Bible dans ce message

Ressources sur ce thème

Sur le même thème

Message publié par Chiesa Cristiana Evangelica Pentecostale di Seriate. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Luc 22 : la cène du Seigneur, s'examiner avant de communier | Efficient Church