Introduction
Qui n'a jamais été inquiet ? David Pothier, pasteur de la Chapelle, poursuit sa série sur le Sermon sur la montagne, « le plus grand discours du monde », avec un passage qui, dit-il, « concerne tout le monde » : Matthieu 6:25-34. Le titre du message : ne vous inquiétez pas.
On s'inquiète pour ses enfants, ses finances, son travail, sa santé. Les célibataires s'inquiètent de ne pas trouver de conjoint, les gens mariés s'inquiètent parce qu'ils en ont trouvé un. Les pauvres ont peur de manquer d'argent, les riches ont peur de le perdre. Les pasteurs aussi : « Quand je n'arrive pas à dormir à 2 ou 3 heures du matin, ce n'est pas parce que j'ai trop de joie, c'est parce que je suis inquiet. » Nous sommes tous, dit-il en souriant, des inquiets professionnels : certains ont un baccalauréat en inquiétude, d'autres une maîtrise, d'autres un doctorat.
Le problème, c'est qu'on a fini par s'y résigner : on se dit que cela fait partie de la vie. Jésus, lui, dit trois fois dans ce texte : ne vous inquiétez pas. Et il ne se contente pas de le dire, il montre comment.
Plan du message
1. Le contexte : on ne peut servir Dieu et Mammon
- Le passage commence par « C'est pourquoi ». Quand on rencontre ce mot dans la Bible, il renvoie à ce qui précède. Au verset 24, Jésus vient de dire : « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. »
- Mammon, c'est l'argent. L'argent et les biens sont une grande source d'inquiétude, au temps de Jésus où les gens étaient très pauvres comme aujourd'hui.
- Le paradoxe : nous sommes plus riches que jamais, et nous devrions donc moins nous inquiéter. Ce n'est pas le cas. Parmi les plus grandes inquiétudes des gens qui ont de l'argent, il y a l'argent. Le pasteur imite celui qui ne sait plus où entreposer son bateau ou qui se demande ce que vaut encore sa Tesla : « Plus d'argent, plus de soucis. »
- Dans le passage, Jésus nomme ce qui nous inquiète : l'argent, la nourriture, le corps, les vêtements, le lendemain. Sans compter l'anxiété sociale, l'anxiété de statut, l'anxiété de performance, l'écoanxiété.
2. Ne t'inquiète pas, tu as de la valeur pour Dieu
- « Regardez les oiseaux du ciel » (verset 26) : le mot invite à considérer, à réfléchir. Les oiseaux ne se réveillent pas à 3 heures du matin en se demandant s'il y aura une pénurie de vers de terre. Ils ne s'inquiètent pas, et Dieu les nourrit.
- Une précision : les oiseaux ne s'inquiètent pas, mais ils travaillent. Certains disent qu'ils ne s'inquiètent pas de trouver un emploi, mais ils n'en cherchent pas. « Dieu pourvoit, mais il faut travailler. »
- Si Dieu prend soin des oiseaux, il prendra soin de toi, parce que tu vaux beaucoup plus qu'eux. L'être humain est la seule créature créée à l'image de Dieu, et les porteurs de son image ont une grande valeur, même ceux qui ne la reflètent pas bien.
- Le pasteur raconte, avec humour, l'histoire de sa chienne golden retriever, une visite chez le vétérinaire à 1 000 dollars et une opération envisagée à 3 000 dollars, finalement évitée grâce au courage de sa femme. Son point : nous aimons nos chiens, nos chats, nos oiseaux. Dieu t'aime et prend soin de toi bien davantage.
3. Ne t'inquiète pas, cela ne sert à rien
- « Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? » (verset 27). Y a-t-il une seule situation que l'inquiétude a améliorée ? Quelqu'un a-t-il vécu un jour de plus parce qu'il s'est inquiété ? Non.
- C'est même le contraire. L'inquiétude entraîne des ulcères, de l'hypertension, des problèmes cardiaques, des maux de tête, des douleurs au cou et au dos.
- Elle abîme la santé mentale, la santé physique et, pire encore, la santé spirituelle.
- Le pasteur dit le voir tout le temps : quand on ne gère pas bien ses inquiétudes, elles se transforment parfois en anxiété, et l'anxiété, quand on ne sait plus quoi en faire, se transforme souvent en dépression.
4. Ne t'inquiète pas, fais confiance à Dieu
- Les lis des champs ne travaillent ni ne filent, et Salomon dans toute sa gloire n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, ne le fera-t-il pas à plus forte raison pour vous, « gens de peu de foi » (verset 30) ?
- David Pothier ne l'aurait pas osé, mais c'est Jésus qui le dit. Et il pense que Jésus le dit avec compassion, avec douceur.
- Quand nous nous inquiétons, nous disons en réalité à Dieu : « Je ne te fais pas confiance. Tes plans, ta provision, ta fidélité, ta bonté, je n'y crois pas. »
- Le pasteur précise : il ne dit pas que tu as des problèmes parce que tu manques de foi. Il dit que nos inquiétudes révèlent notre manque de foi. La bonne nouvelle, c'est que Jésus ne parle pas à des gens sans foi, mais à des gens de « peu de foi ». Il accueille nos inquiétudes et veut nous apprendre à grandir dans la confiance.
- Ce qui t'inquiète le plus révèle le domaine où tu fais le moins confiance à Dieu : les finances, le célibat, les enfants, la santé, le couple, le travail, l'entreprise, la retraite.
- Il cite le pasteur Ed Dobson, atteint de la maladie de Charcot (SLA), qui a vécu quinze ans avec cette maladie et a continué à prêcher tandis que ses muscles l'abandonnaient un à un, jusqu'à finir sa vie sous respirateur. Ed Dobson disait que l'inquiétude révèle notre manque de confiance en Dieu. Certains jours, il faisait confiance à Dieu ; d'autres jours, il s'inquiétait du matin au soir. Dans ces moments, il récitait « L'Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien », sans en croire un mot, et il le répétait jusqu'à commencer à le croire. À la fin, il ne pouvait plus le dire avec sa bouche, il le criait dans son âme.
- Faire confiance à Dieu ne veut pas dire croire que tout se passera comme on le veut. C'est dire : « Peu importe comment les choses tournent, que je sorte de ce lit d'hôpital ou non, je vais faire confiance à Dieu. »
- Sa mère lui répétait sans cesse : « David, confie-toi dans le Seigneur. » Enfant puis jeune adulte, cela l'agaçait : n'avait-elle pas une autre réponse ? Aujourd'hui, elle a 92 ans, vit en résidence, ne peut presque plus marcher ni lire sa Bible, et le frère du pasteur lui écrit des versets en gros caractères. « Elle a tout perdu, mais elle n'a pas perdu sa confiance en Dieu. » Et le pasteur conclut : sa mère avait raison.
5. Ne t'inquiète pas, ton Père céleste sait ce dont tu as besoin
- « Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin » (verset 32). Les païens, ce sont les gens qui ne cherchent pas Dieu.
- Jésus ne parlait pas à des gens au réfrigérateur plein, ni à des gens qui ouvrent le robinet pour avoir de l'eau propre, ni à des gens qui donnent des vêtements à la friperie tous les trois mois. Il parlait à des gens qui peinaient à trouver leur prochain repas, de l'eau potable, et dont les seuls biens étaient ce qu'ils portaient sur le dos.
- Pour vivre une vie avec moins d'inquiétude, il faut accepter que beaucoup de nos désirs ne sont pas des besoins.
- Dieu veut pourvoir à tes besoins, pas à tous tes désirs : « S'il te donnait tout ce que tu veux, tu te détruirais avec. »
6. La solution : mettre Dieu en premier
- Jésus ne dit pas seulement d'arrêter de s'inquiéter, il dit comment : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (verset 33). Toutes ces choses, c'est la nourriture, la boisson, les vêtements, les besoins de la vie.
- C'est le cœur du message : « La grande majorité de nos inquiétudes viennent de priorités mal ordonnées. » Nous plaçons des choses au-dessus de Dieu, et ce ne sont pas forcément de mauvaises choses. Mais ce que tu mets au-dessus de Dieu, tu vas t'en inquiéter.
- Dieu est-il premier dans ta journée, dans tes pensées, dans tes finances, dans tes relations ? Le pasteur reconnaît que, pour lui, c'était souvent le succès qui passait en premier, alors qu'il croyait que c'était Dieu.
- Pour d'autres, c'est le travail ou la famille. Les enfants sont un cadeau de Dieu, mais notre époque en fait des dieux et met sur eux une pression qu'ils ne peuvent pas porter : « Si ton enfant est ton dieu, il sera anxieux. Et ce sera un mauvais dieu. » On fait aussi des dieux de l'argent, des biens, de la santé, du corps, de l'image, de la popularité, de la sexualité. Quand ce dieu-là nous est enlevé, on s'effondre.
- Une seule chose ne peut pas t'être enlevée : Dieu et son royaume. Le pasteur aime sa famille et son ministère, mais un jour il ne sera plus pasteur. Si le ministère passe en premier, que lui restera-t-il ? Si c'est Dieu et sa mission, faire des disciples et amener des gens à Jésus, cette mission ne s'achève qu'au lit de mort.
- Quand Dieu est premier, les inquiétudes se règlent d'elles-mêmes, et tu peux vivre aujourd'hui sans être sans cesse dans demain.
7. Un temps de remise à Dieu
- À la fin du message, David Pothier invite ceux qui sont inquiets à lever la main devant Dieu, comme pour lui offrir leurs inquiétudes, leurs priorités et leurs idoles, sans les reprendre ensuite.
- Il prie aussi pour lui-même, nommant ses propres idoles : le succès, la réussite, l'activisme.
- Il remet à Dieu les enfants, la famille, l'emploi menacé, la situation financière et les factures à payer.
- Il lance ensuite une seconde invitation à ceux qui sont loin de Dieu, chargés de culpabilité et de leurs fautes, à donner leur vie à Jésus et à le mettre en premier.
Points à retenir
- Tu as plus de valeur aux yeux de Dieu que les oiseaux qu'il nourrit : tu es créé à son image.
- L'inquiétude n'ajoute rien à ta vie ; elle abîme ta santé mentale, physique et spirituelle.
- Ce qui t'inquiète le plus révèle le domaine où tu fais le moins confiance à Dieu, et Jésus accueille même une petite foi.
- Dieu pourvoit à tes besoins, pas à tous tes désirs.
- La plupart de nos inquiétudes viennent de priorités mal ordonnées : chercher premièrement le royaume de Dieu est le remède.
Application personnelle
- Quelle est la chose qui t'inquiète le plus en ce moment, et que révèle-t-elle de ta confiance en Dieu ?
- Y a-t-il un domaine où tu dis « je ne m'inquiète pas » alors que tu ne fais pas ta part du travail ?
- Parmi tes désirs actuels, lesquels sont des besoins et lesquels n'en sont pas ?
- Qu'est-ce qui passe avant Dieu dans ta vie : le succès, les enfants, l'argent, la santé, l'image ?
- Quel verset peux-tu te répéter cette semaine, comme Ed Dobson avec le Psaume 23, jusqu'à commencer à le croire ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que dit Jésus sur l'inquiétude dans Matthieu 6 ?
Dans Matthieu 6:25-34, Jésus répète trois fois « Ne vous inquiétez pas ». David Pothier en tire cinq raisons : tu as de la valeur pour Dieu, l'inquiétude ne sert à rien, tu peux faire confiance à Dieu, ton Père céleste sait ce dont tu as besoin, et la solution est de chercher premièrement le royaume et la justice de Dieu.
S'inquiéter, est-ce manquer de foi ?
David Pothier précise qu'il ne dit pas que tu as des problèmes parce que tu manques de foi. Il dit que nos inquiétudes révèlent notre manque de confiance en Dieu. Jésus ne parle pas à des gens sans foi mais à des « gens de peu de foi », avec compassion : on peut avoir une petite foi et apprendre à grandir dans la confiance.
Pourquoi chercher Dieu en premier est-il le remède à l'inquiétude ?
Selon David Pothier, la grande majorité de nos inquiétudes viennent de priorités mal ordonnées. Quand on place une bonne chose (les enfants, l'argent, la santé, le succès) au-dessus de Dieu, on s'inquiète pour elle. Si Dieu et son royaume passent en premier, on possède ce que personne ne peut nous enlever.