Luc 10 : blessé en chemin, les blessures que personne ne voit

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Introduction

« Il y a des fois des sourires sur nos visages, mais en réalité ils cachent bien des souffrances. » Lors d'une réunion d'évangélisation à l'Assemblée de Dieu de Nice Ariane, Vincent Toderoiu apporte un message au titre parlant : « Blessé en chemin, ces blessures que personne ne voit ».

Chacun est venu à l'église par son propre chemin, en voiture, en scooter ou à pied. Dans la vie aussi, il y a des chemins de joie, de tristesse, d'inquiétude, et des chemins de brouillard où l'on ne voit plus rien. Même en tant que chrétien, on peut être blessé en chemin, et ces blessures-là ne se voient pas toujours.

Le prédicateur s'appuie sur une histoire que tout le monde connaît, la parabole du bon samaritain (Luc 10:25-37). Il y trouve « tout le programme pour notre vie », tout le plan du salut : Jésus qui s'arrête, soigne, porte, conduit à l'hôtellerie et promet de revenir. Et une parole qui s'adresse à toi : « Va, et toi, fais de même. »

Plan du message

1. Blessé en chemin, même avec un sourire

  • Dans le brouillard, les pilotes d'avion parlent de « mur blanc » : ils ne voient rien devant eux et se fient à leurs instruments. Nous aussi, nous sommes appelés à marcher par la foi et non par la vue (2 Corinthiens 5:7). La foi est « une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas » (Hébreux 11:1).
  • On pense souvent que les blessures sont physiques, qu'elles doivent se voir. Mais on peut sourire, rigoler devant les autres et souffrir au-dedans. C'est parfois une manière de cacher sa souffrance.
  • Le prédicateur raconte une scène vécue avec sa femme à une station essence : une dame âgée, le visage en sang, venait de recevoir une pierre lancée par des jeunes qui s'amusaient. Sa femme a appelé les pompiers ; les jeunes, eux, s'étaient déjà enfuis. Rendre service ainsi, c'est être un bon samaritain, et « parfois même les non-chrétiens le font mieux que nous ».
  • Dieu ne regarde pas l'apparence, il regarde le cœur. « Au milieu même du rire le cœur peut être affligé » (Proverbes 14:13). « Un cœur joyeux rend le visage serein ; mais quand le cœur est triste, l'esprit est abattu » (Proverbes 15:13). Dieu veut faire une œuvre intérieure.

2. Les blessures que personne ne voit, et ce que Dieu veut en faire

  • Pour s'en souvenir, le prédicateur propose un moyen mnémotechnique : TRAHI. Les blessures de la trahison, du rejet, de l'abandon, de l'humiliation et de l'injustice.
  • Le rejet, c'est le sentiment de n'être aimé par personne, de ne pas être accepté tel qu'on est. L'abandon, c'est la peur d'être oublié, la peur que ceux qu'on aime nous quittent, la difficulté à supporter la solitude. La trahison, c'est avoir été déçu par quelqu'un. L'humiliation, c'est avoir été rabaissé ou ridiculisé par des paroles.
  • La liste pourrait être longue : le manque d'amour, le deuil, la perte, les paroles, l'échec, la culpabilité. Même la foi peut être blessée : « Seigneur, tu es où dans cette histoire ? Seigneur, pourquoi tu le permets ? »
  • La souffrance n'est pas un moyen de nous détruire. Elle est parfois le moment où l'on commence à écouter Dieu (Job 36:15). Pour le prédicateur, c'est la souffrance qui l'a tourné vers Dieu : il était arrivé au bout, dans une « ruelle sans issue ». Une route peut continuer encore un kilomètre, mais où mène ton chemin ?
  • Le plus dur, c'est d'être seul dans sa souffrance. Mais « l'Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé » (Psaume 34:19). Il est près de toi dans tes doutes et tes difficultés.
  • « Penser au changement ou changer le pansement. » On voudrait juste mettre un pansement sur nos plaies, ou une anesthésie : l'alcool, la drogue, parfois une relation où l'on cherche seulement quelqu'un pour ne pas être seul. On ne sent plus la douleur, mais la plaie reste ouverte. Dieu, lui, veut s'arrêter, prendre le temps et guérir.
  • La guérison peut être progressive ou instantanée, comme pour la femme atteinte d'une perte de sang (Luc 8:43-48). Chez le dentiste, on traite une dent abîmée en enlevant la cause, puis on la restaure avec une couronne ou un implant. Dieu veut faire les deux : un traitement et une restauration complète.

3. Que ferais-tu si tu voyais ton pire ennemi souffrir ?

  • La question est posée à l'assemblée. Puis elle se retourne : et si c'était toi, l'ennemi de Dieu ? Te souviens-tu du temps où tu l'étais ? On ne peut servir deux maîtres (Matthieu 6:24), et l'amitié du monde est inimitié contre Dieu (Jacques 4:4).
  • « Moi, j'ai été ennemi de Dieu. Je vivais dans le péché en étant jeune. » Mais Jésus, tel un bon samaritain, était là, à le regarder et à le comprendre dans sa souffrance. « Quand vous arrivez à la fin de vous-même, c'est là que Dieu commence. »
  • « N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde » (1 Jean 2:15). Pardonner sans l'amour de Dieu est compliqué, parfois impossible. Mais l'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit (Romains 5:5).
  • On voudrait laisser de côté l'échec, la trahison, l'humiliation, l'abandon. L'Esprit de Dieu insiste pour faire entrer l'amour de Dieu dans le cœur. C'est tout un cheminement : je commence à aimer Dieu, puis j'apprends à aimer mon prochain comme moi-même. Cet amour fait tomber les barrières, et la compassion qu'il donne pousse à l'action.

4. Un homme sur la route de Jéricho

  • Le contexte : les soixante-dix disciples reviennent en disant que même les démons leur sont soumis. Jésus leur dit de se réjouir plutôt de ce que leurs noms sont inscrits dans les cieux (Luc 10:17-20). Ce qui importe, c'est le salut.
  • Un docteur de la loi, qui a passé des années à étudier la Torah, veut éprouver Jésus : « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Jésus répond par une question : « Qu'est-il écrit dans la loi ? Qu'y lis-tu ? » Ce qui est écrit ne change pas, mais la manière dont tu le lis et ce que tu en fais pour ta vie peuvent changer.
  • Cet homme n'était pas sincère, contrairement peut-être au jeune homme riche. Il voulait savoir ce qu'il faut faire pour l'au-delà. Mais Jésus est venu apporter la grâce : ce n'est plus nous qui faisons des choses pour atteindre Dieu, c'est lui qui vient nous atteindre, comme le samaritain rejoint le blessé.
  • Quel est ton chemin ? Peut-être un chemin difficile avec ta famille, ou avec une personne qui t'a blessé, un père, une mère que tu n'as pas pardonné. Tu pensais avoir pardonné, mais « ça revient, ça revient ». Le péché met une séparation entre nous et Dieu (Ésaïe 59:2).
  • Jérusalem, avec son temple, symbolise la présence de Dieu. Jéricho rappelle une ville qui a connu le jugement. Entre les deux, une descente d'environ mille mètres de dénivelé sur 27 à 30 kilomètres, avec des grottes et des recoins où les brigands se cachaient.
  • Le texte ne dit rien de cet homme, ni son âge ni son origine. Il représente chacun de nous, ou notre prochain. Le voleur vient pour dérober, égorger et détruire (Jean 10:10) : la paix, la joie, ta relation avec Dieu. Laissé à demi-mort, l'homme est incapable de se sauver lui-même.

5. Ce que la religion n'a pas pu faire

  • Deux hommes religieux passent : le sacrificateur, qui avait un certain rang dans le temple, « comme un pasteur », et le Lévite, qui assistait, comme ceux qui servent aujourd'hui à la louange ou à l'accueil. Aucun ne s'arrête.
  • Ils connaissaient pourtant la Torah : aimer Dieu et son prochain. Le premier n'a sans doute pas voulu toucher un homme qui semblait mort : selon la loi, il serait devenu impur et aurait dû accomplir tout un rituel. L'autre non plus ne s'arrête pas. Ils ont seulement regardé.
  • « Imaginez ma femme : elle aurait juste regardé de loin, depuis sa voiture, et se serait dit : elle va se débrouiller. » Il y a une urgence autour de nous. Un jour, en passant sur l'avenue Jean-Médecin, à Nice, le prédicateur a été saisi de compassion au point de vouloir pleurer pour ces gens qui passent et vivent leur vie loin du salut. « Et nous, qu'est-ce qu'on fait pour notre prochain ? »
  • « Le Seigneur, l'Éternel, m'a donné une langue exercée, pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu » (Ésaïe 50:4). Parfois, ton soutien, c'est simplement une parole inspirée par Dieu pour apaiser quelqu'un qui souffre.
  • Certains ont été déçus par des hommes religieux qui n'ont rien pu faire pour eux. La religion ne peut rien faire. « Mais nous, on a une solution, c'est tout simplement Jésus. »

6. Jésus, le bon samaritain qui s'arrête et porte

  • Le samaritain est « ému de compassion » : remué jusque dans ses entrailles. Jésus était ainsi pour les foules, « languissantes et abattues, comme des brebis qui n'ont point de berger » (Matthieu 9:36). Sa compassion le poussait à l'action. Avoir de la compassion est une chose, la mettre en action en est une autre.
  • Pour un Juif, un samaritain était un étranger, quelqu'un avec qui on ne voulait pas de contact. Ce samaritain, c'est Jésus, « méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance » (Ésaïe 53:3). Il a traversé son ciel de gloire pour venir à notre rencontre et s'arrêter sur l'état de notre cœur. Il ne fait pas que voir notre souffrance, il agit. Le salaire du péché, c'est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle (Romains 6:23).
  • L'huile et le vin servaient à désinfecter et à apaiser, « un peu comme la Biafine pour nous aujourd'hui ». Normalement, on mettrait d'abord le vin pour désinfecter. Or le verset 34 dit : « de l'huile et du vin ». L'huile, image du Saint-Esprit, convainc de péché, de justice et de jugement (Jean 16:8) et conduit à la croix. Le vin rappelle le sang de Christ versé pour nous.
  • « Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1:7). « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner » (1 Jean 1:9). L'une des blessures, c'est quand le diable te met « le pied sur la gorge » pour te dire que tu ne peux plus revenir à Dieu. Ce n'est pas cautionner le péché : c'est demander à Dieu d'intervenir en profondeur et de donner la victoire.
  • Le samaritain met le blessé sur sa propre monture et marche peut-être à côté. Cela rappelle que Christ a porté nos souffrances et s'est chargé de nos douleurs, et que le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui (Ésaïe 53:4-5).

7. L'hôtellerie : l'Église, jusqu'au retour de Christ

  • Il y a deux temps dans les soins. Le premier, c'est la conversion. Le prédicateur en témoigne : convaincu de péché, il s'est tourné vers la croix, a demandé pardon et a été restauré. Jésus a fait de ses plaies des cicatrices. « Les cicatrices, ça ne fait que témoigner de ce que tu as vécu. » Est-ce que tu as des plaies ou des cicatrices ?
  • Le second temps, c'est l'hôtellerie, image de l'Église. Les soins continuent après la conversion. Des blessures de l'enfance, des traumatismes ont parfois façonné notre caractère : « Pourquoi je fonctionne comme ça ? » Jésus peut guérir aussi ces aspects-là, progressivement.
  • Prendre soin de son prochain a un coût, en argent ou en temps. Le samaritain donne deux deniers, environ deux jours de travail, et promet : « ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour ». Cela parle du retour de Christ, qui revient chercher ceux qui lui appartiennent (Jean 14:3). Ce message n'est pas là pour faire peur, mais pour annoncer l'Évangile.
  • Dans l'Église, « vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors, mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu » (Éphésiens 2:19). On y porte les fardeaux les uns des autres (Galates 6:2).
  • Le samaritain, c'est aussi toi. Comme lui, tu as reçu l'huile et le vin : la puissance du Saint-Esprit pour être témoin (Actes 1:8) et le message de la croix. L'hôtellerie peut aussi être ta maison : quand tu reçois quelqu'un et que Dieu te met à cœur de lui parler de Jésus, vas-tu prendre le temps ?
  • Le docteur de la loi n'ose même pas dire « le samaritain » : il répond « celui qui a exercé la miséricorde ». Jésus conclut : « Va, et toi, fais de même. » A-t-il obéi ? On ne le sait pas. Ce que toi tu feras, tu peux le savoir.

Points à retenir

  • Un sourire peut cacher de vraies blessures : trahison, rejet, abandon, humiliation, injustice. Dieu regarde le cœur et il est près de ceux qui ont le cœur brisé.
  • Dieu ne se contente pas d'un pansement ou d'une anesthésie : il veut traiter la cause et restaurer complètement.
  • La religion n'a rien pu faire pour l'homme blessé. Jésus, le bon samaritain, s'est arrêté, l'a soigné avec l'huile et le vin et l'a porté.
  • Les soins continuent à l'hôtellerie, dans l'Église, jusqu'au retour de Christ. Jésus fait de nos plaies des cicatrices qui témoignent de lui.
  • « Va, et toi, fais de même » : avec l'Esprit et le message de la croix, tu as ce qu'il faut pour t'arrêter près de celui qui souffre.

Application personnelle

  1. Quelle blessure caches-tu derrière ton sourire, et l'as-tu déjà déposée devant le Seigneur ?
  2. Sur quoi poses-tu un pansement ou une anesthésie, au lieu de laisser Dieu traiter la cause ?
  3. Y a-t-il une personne, peut-être un père ou une mère, que tu pensais avoir pardonnée et dont le souvenir « revient, revient » ?
  4. As-tu des plaies ou des cicatrices ? À qui pourrais-tu raconter ce que Jésus a fait dans ta vie ?
  5. Sur ton chemin de cette semaine, en famille, avec tes amis ou au travail, qui a besoin que tu prennes le temps de t'arrêter ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que représente le bon samaritain dans Luc 10 ?

Pour Vincent Toderoiu, le samaritain se lit de deux façons. C'est d'abord Jésus, qui a traversé son ciel de gloire pour venir jusqu'à nous, s'arrêter sur notre souffrance et nous soigner. C'est aussi le chrétien, appelé à être un bon samaritain pour son prochain : « Va, et toi, fais de même. »

Pourquoi le samaritain verse-t-il de l'huile et du vin ?

À l'époque, l'huile et le vin servaient à désinfecter et à apaiser une plaie. Le prédicateur remarque que le texte cite l'huile avant le vin. Il y voit l'image du Saint-Esprit, qui convainc de péché, de justice et de jugement, puis du sang de Christ versé à la croix, qui purifie de tout péché.

Que représente l'hôtellerie dans la parabole du bon samaritain ?

Le blessé n'est pas seulement soigné sur la route, il est conduit à l'hôtellerie. Pour Vincent Toderoiu, c'est l'image de l'Église : un lieu où les soins continuent après la conversion, où l'on porte les fardeaux les uns des autres (Galates 6:2). Les deux deniers et la promesse de payer au retour annoncent le retour de Christ.

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