Jean 21 : tu n'es pas cuit, laisse-le cuisiner

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Introduction

« Parfois, le miracle dont tu as besoin n'est qu'à un pas. » C'est par cette phrase que Steven Furtick ouvre sa prédication. Il ajoute aussitôt : « Tu dis : c'est fini pour moi. Dieu dit : ce n'est pas fini, tu as juste besoin d'une correction. »

Le titre anglais du message tient en un mot : Cooked. En anglais familier, ce mot a deux sens opposés. Quand on dit à quelqu'un « You cooked today », on lui fait un compliment : tu as assuré, tu as tout donné. Mais « You're cooked » veut dire tout autre chose : tu es fichu, c'est fini pour toi. En français, on dirait « je suis cuit ». « Même mot, deux sens », résume le pasteur. Il donne un exemple simple : tu as un examen dans une heure, tu n'as rien révisé, tu te dis que tu es cuit. Et il plaisante : prier à ce moment-là ne remplacera pas les révisions.

Puis il passe à des situations plus lourdes, celles où l'on se dit vraiment que c'est trop tard : « Trop tard pour me libérer de cette dépendance, mon père l'avait, mon grand-père aussi, et j'ai repoussé ceux qui m'avaient aidé la première fois. » Ou encore : « J'ai 63 ans, c'est trop tard, j'ai passé la limite. » Ou bien : « C'est leur faute, c'est ma faute, peu importe : comment est-ce que j'avance par la foi maintenant ? »

Avant d'entrer dans le texte, Steven Furtick dit sa joie d'être de retour en chaire et sa reconnaissance pour la diversité de l'Église rassemblée ce jour-là : certains traversent la vallée la plus profonde, d'autres vivent un sommet, certains grisonnent comme lui, et une centaine d'étudiants dansaient pendant la louange. C'est à tous ceux-là qu'il lit Jean 21, l'histoire d'un homme qui se croyait cuit, et d'un Seigneur qui avait déjà allumé le feu.

Plan du message

1. Désorientés, mais ensemble : Pierre retourne pêcher

  • Le texte s'ouvre sur une liste de noms : « Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble » (Jean 21:2). Le pasteur s'amuse au passage du surnom de Thomas, puis décrit le groupe : désorientés, déchirés, en pleine transition, mais ensemble.
  • Pierre annonce : « Je vais pêcher » (Jean 21:3). Pour Steven Furtick, celui que Jésus avait appelé Pierre redevient Simon. Il retourne à son ancien métier, à ce qu'il sait faire.
  • Le paradoxe est fort : la résurrection a déjà eu lieu, le tombeau est vide, et pourtant, pour Pierre, il n'y a pas encore de solution. Son avenir est flou, il a ruiné sa réputation en reniant Jésus, et il semble même avoir perdu la main comme pêcheur, puisqu'il pêche toute la nuit sans rien prendre.
  • Il retourne sur la même mer de Galilée, là où Jésus l'avait trouvé la première fois. En Luc 5, Jésus avait enseigné la foule depuis la barque de Simon, puis lui avait dit : « Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher » (Luc 5:4).
  • Cette nuit-là, ils ne prennent rien. Au matin, Jésus se tient sur le rivage. Ils ne le reconnaissent pas. Il les appelle : « Enfants » (Jean 21:5).

2. Désorienté, mais appelé

  • Le premier point de Steven Furtick tient dans une phrase qu'il fait répéter : « Je suis désorienté, mais je suis appelé. C'est compliqué, mais je suis appelé. »
  • Il parle du premier amour et de « la joie de ton salut », en écho à la prière de David : « Rends-moi la joie de ton salut » (Psaume 51:14).
  • Il raconte ce qu'il a dit à de jeunes musiciens qui partaient en tournée : souvenez-vous de la prière que vous faisiez enfants, quand vous demandiez à Dieu de vous utiliser pour conduire des gens à l'adorer. Car viendront la fatigue, la résistance, et les pieds qui sentent dans le bus. Ce jour-là, il faudra se rappeler pourquoi on est parti.
  • Sa conviction : la persévérance repose sur l'appel, et l'appel repose sur la grâce. « Comment est-ce que je continue quand je suis cuit ? Parce que je suis appelé. »
  • Quand Dieu a appelé Pierre, il a aussi appelé Simon. Il savait tout de lui, ses élans et ses faiblesses. Quand Jésus l'a appelé le Roc, il savait déjà ce qui allait arriver. « Pierre a été choqué par son reniement. Christ, non. »

3. Pas la mauvaise mer, le mauvais côté

  • Jésus dit aux disciples : « Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez » (Jean 21:6). Ils ne peuvent plus le retirer tant il est plein. Le verset 11 précise : cent cinquante-trois grands poissons.
  • Entre le verset 5 et le verset 6, le résultat change du tout au tout, et pourtant la différence tient à un détail minuscule. « Parfois, le miracle dont tu as besoin n'est qu'à un ajustement. »
  • Le pasteur souligne ce que Jésus n'a pas dit. Il n'a pas dit : « Vous êtes sur la mauvaise mer, il n'y a pas de poisson ici. » Il a dit : jetez de l'autre côté. Des filets vides aux filets pleins, sans changer de lac.
  • « Notre problème, c'est que nous voulons la pêche sans la correction. » Tu n'es pas cuit, mais tu vas avoir besoin d'une correction : faire autrement, ajuster ton attitude, reconnaître simplement « j'aurais pu mieux le dire ».
  • Sa formule : « Ce n'est pas la mer, c'est le côté d'où je pêchais qui a vidé mes filets. »

4. Laisse-le cuisiner

  • Steven Furtick annonce que ce troisième point est le cœur de sa prédication. Les disciples arrivent avec la barque, derrière Pierre, qu'il décrit avec humour comme un leader qui ne sait pas où il va.
  • Sur le rivage, une surprise : « ils virent là des charbons allumés, du poisson dessus, et du pain » (Jean 21:9). « Ce qu'ils avaient essayé d'attraper toute la nuit, Jésus l'avait déjà cuit. »
  • C'est ici que le jeu de mots du titre prend tout son sens. Les disciples se croyaient cuits, mais c'est Jésus qui cuisinait. « Toi, tu es enthousiaste pour la pêche. Moi, je suis enthousiaste pour le cuisinier. Je ne suis pas ici parce que je suis un bon pêcheur, mais parce qu'il est un bon cuisinier. Mon message en résumé : laisse-le cuisiner. » Dans ta vie, dans ta famille, dans ta situation.
  • Il avoue : « J'étais tellement absorbé par le poisson dans le filet que je n'ai pas vu le poisson sur le feu. » Le poids des filets peut nous empêcher de voir ce que Dieu a déjà préparé.
  • Il déroule alors une litanie de reconnaissance : il a cuisiné quand nous ne pouvions pas, quand les factures s'accumulaient, quand le médecin disait qu'il n'y avait pas d'issue, quand j'étais seul, quand mes amis m'ont laissé tomber. Il proclame aussi, en reprenant librement la promesse d'Ésaïe 54:17 et en l'appliquant à sa famille : « Aucune arme forgée contre ma famille ne réussira. »

5. « Apportez des poissons que vous venez de prendre »

  • Jésus dit : « Apportez des poissons que vous venez de prendre » (Jean 21:10). Il n'en a pas besoin, le poisson est déjà sur le feu. Mais il est bon et généreux : il leur accorde du mérite, il leur fait honneur.
  • Le pasteur compare cela à un parent devant le dessin de son enfant : il n'en a pas besoin, mais il l'accroche fièrement sur le frigo.
  • Il t'a appelé ami, il t'a appris à pêcher, il t'a montré où étaient les poissons. Il t'a aidé à trouver cette personne, à saisir cette occasion, à traverser cette transition. « Je ne suis pas là à cause de ce que j'ai pêché. » Il n'a pas besoin de ce que nous lui apportons : il veut simplement tout ce que nous sommes.
  • Le but de ce passage, selon lui : te libérer du stress et de la honte, et remettre entre les mains de Jésus tes attentes pour l'avenir.
  • Puis vient l'invitation : « Venez, mangez. » Et « aucun des disciples n'osait lui demander : Qui es-tu ? sachant que c'était le Seigneur » (Jean 21:12).

6. Deux feux de braises : l'échec et l'avenir

  • Steven Furtick revient à la nuit du procès de Jésus, en Jean 18. Dans la cour, la servante demande à Pierre : « Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet homme ? » Il répond : « Je n'en suis point » (Jean 18:17).
  • Il fait froid, et les serviteurs ont allumé un feu pour se chauffer. Pierre se tient avec eux (Jean 18:18).
  • Le pasteur relève que le mot grec anthrakia, le feu de braises, n'apparaît que deux fois dans l'Évangile de Jean : en Jean 18:18 et en Jean 21:9. La Louis Segond le traduit d'abord par « brasier », puis par « charbons allumés ».
  • Le premier feu représente l'échec de Pierre. Le second porte du poisson et représente son avenir. Dieu veut changer le regard que tu portes sur ce feu : sur ce que tu as traversé, sur ce que tu as fait et que tu ne peux pas défaire.
  • Le message de Jésus à Pierre, que le pasteur répète plusieurs fois : « Je n'en ai pas fini avec toi. Tu es plus qu'un pêcheur raté. »

Points à retenir

  • Tu peux te sentir cuit, fichu, et pourtant ce n'est pas fini : Dieu parle d'une correction, pas d'une fin.
  • Ta persévérance ne repose pas sur tes performances mais sur ton appel, et ton appel repose sur la grâce.
  • Quand Jésus a appelé Pierre, il connaissait déjà Simon. Ton échec surprend peut-être, mais il ne surprend pas Christ.
  • Le problème n'est pas toujours la mer, c'est parfois le côté d'où l'on pêche. Un petit ajustement peut tout changer.
  • Avant même que les disciples arrivent, le poisson était sur le feu. Jésus a déjà préparé ce dont tu as besoin.
  • Le feu de ton échec n'est pas le dernier feu de ton histoire. Jésus peut allumer celui de ton avenir.

Application personnelle

  1. Identifie le domaine où tu te dis « je suis cuit ». Nomme-le devant Dieu, simplement, sans te justifier.
  2. Rappelle-toi ton appel. Repense à la prière que tu faisais au début de ta marche avec Dieu, et demande-lui de te rendre la joie de son salut.
  3. Cherche la correction plutôt que le changement de décor. Quelle attitude, quelle parole, quelle habitude Dieu t'invite-t-il à ajuster ?
  4. Prends un moment pour dresser ta propre liste : quand a-t-il cuisiné pour toi alors que tu ne pouvais rien faire ? Remercie-le pour chaque souvenir.
  5. Accepte l'invitation « Venez, mangez ». Dépose la honte de ton passé et confie-lui tes attentes pour l'avenir.

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire le titre « Cooked » de cette prédication ?

En anglais familier, « You cooked » est un compliment (tu as assuré), alors que « You're cooked » signifie que tu es fichu, un peu comme notre « je suis cuit ». Steven Furtick joue sur les deux sens : tu crois être cuit, mais en Jean 21 c'est Jésus qui cuisine pour toi.

Pourquoi Pierre retourne-t-il pêcher en Jean 21 ?

Après son reniement, Pierre ne sait plus où il en est. La résurrection a eu lieu, mais lui n'a pas encore trouvé de solution pour sa propre vie. Il revient alors à ce qu'il sait faire, sur la mer de Galilée, là où Jésus l'avait appelé la première fois.

Quel lien y a-t-il entre le feu de Jean 18 et celui de Jean 21 ?

Le mot grec traduit par feu de braises n'apparaît que deux fois dans l'Évangile de Jean. Le premier feu est celui de la cour où Pierre renie Jésus. Le second est celui du rivage où Jésus lui prépare à manger. Pour Steven Furtick, le premier représente l'échec de Pierre, le second son avenir.

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