Noel Le Glorieux Depouillement De Jesus

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Noel Le Glorieux Depouillement De Jesus

Introduction

Le message de Noël, c'est celui d'un roi qui vient au monde par un chemin qu'on n'imagine pas : celui du dépouillement. Jean-Luc Menchon nous entraîne dans une méditation à trois temps. Christ s'est vidé de sa gloire pour venir jusqu'à nous. Deux figures de l'Ancien Testament, Abraham et Moïse, avaient déjà annoncé ce chemin par leur propre dépouillement. Aujourd'hui, c'est à notre tour de nous laisser dépouiller de notre vieil homme pour marcher à sa suite.

Plan du message

1. Jésus, notre modèle de dépouillement

  • Les Juifs attendaient un libérateur puissant, un guerrier bien charpenté qui viendrait renverser l'occupation romaine. Dieu leur donne un bébé posé dans une mangeoire. Le signe casse toutes les attentes humaines.
  • Le même contraste revient en Apocalypse 5:5 : on annonce le lion de la tribu de Juda, et quand le rideau s'ouvre, on voit un agneau qui a été immolé. Notre héros est mort sur une croix.
  • « La prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent » (1 Corinthiens 1:18). Ce n'est pas une folie pour nous qui sommes sauvés : c'est un dépouillement.
  • Philippiens 2:6-7 (version Bible du Semeur) : « Lui qui, dès l'origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l'égalité avec Dieu, mais il s'est dépouillé lui-même et a pris la condition de serviteur. » Christ n'a rien perdu par faiblesse : il a choisi de se dépouiller par amour. Il ne s'est pas accroché à ses droits, pourtant éternels et divins. Il s'est rendu disponible pour nous.

2. Abraham et Moïse, les précurseurs du dépouillement

  • Abraham, précurseur de l'œuvre du Père. Le sacrifice d'Isaac (Genèse 22) préfigure l'amour du Père qui donne son Fils. Sept parallèles se dessinent : Isaac est le fils unique et bien-aimé (Genèse 22:2), comme Jésus est le Fils unique et bien-aimé (Jean 3:16, Matthieu 3:17). Abraham accepte de donner son fils par la foi (Genèse 22:8), Dieu le Père donne son Fils librement (Romains 8:32). Un bélier est pourvu comme substitut pour Isaac, mais Jésus n'a pas de remplaçant : il est lui-même l'Agneau de Dieu (Jean 1:29). Le sacrifice a lieu au mont Morija, région qui deviendra Jérusalem, là où Jésus est crucifié au Golgotha. Abraham croyait que Dieu pouvait ressusciter les morts (Hébreux 11:19). Et par cette descendance, toutes les nations sont bénies (Genèse 22:18), promesse accomplie en Jésus.
  • Moïse, précurseur de l'œuvre de Christ. Six raisons pour lesquelles Dieu l'a choisi. Il était homme de compassion : « Il lui vint au cœur de visiter ses frères, les fils d'Israël » (Actes 7:23). Il était prêt à tout perdre pour les autres : il a refusé d'être appelé fils de la fille de Pharaon, il a estimé l'opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Égypte (Hébreux 11:24-26). Il était courageux et persévérant, même dans la fuite : il a défendu les filles du sacrificateur de Madian face aux bergers (Exode 2:16-17). Il était patient dans l'épreuve : quarante ans dans le désert pour sortir de l'école égyptienne et entrer dans l'école de Dieu. Il était respectueux de Dieu et obéissant : au buisson ardent (Exode 3:4-6), il se cache le visage. Et enfin, Dieu lui-même l'a choisi et l'a préparé.
  • Le revivaliste D.L. Moody résumait la vie de Moïse en trois périodes : quarante ans où il apprend ce qu'il peut faire ; quarante ans où il apprend qu'il ne peut rien faire ; quarante ans où Dieu peut faire à travers lui. Chacun de nous a besoin de traverser ces trois temps pour devenir utile à Dieu.
  • Les parallèles entre Moïse et Jésus sont innombrables : nés sous un roi inique, échappant à un massacre d'enfants, exilés, éprouvés quarante jours ou quarante ans au désert, ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, proclamant la loi ou les commandements depuis une montagne, donnant la manne ou le pain de vie, libérant de l'esclavage : d'Égypte pour l'un, du péché pour l'autre.

3. Dépouillons notre vieil homme

  • Colossiens 3:9-10 (version Semeur) : « Vous êtes dépouillés de l'homme que vous étiez autrefois avec tous ses agissements et vous vous êtes revêtus de l'homme nouveau. » Le texte enchaîne en Colossiens 3:12-14 sur le revêtement : ardente bonté, bienveillance, humilité, douceur, patience, pardon mutuel, et par-dessus tout, l'amour.
  • Christ nous a montré la voie. Il s'est dépouillé de son ciel pour venir jusqu'à nous, puis il s'est dépouillé de son humanité à la croix. C'est maintenant à notre tour de nous laisser dépouiller par lui.
  • Romains 13:14 : « Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et n'ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises. » Philippiens 3:7-8 : Paul considère toute chose comme une perte à cause de la valeur suprême de la connaissance de Christ.
  • Nous ne sommes pas tous appelés à devenir Hudson Taylor, qui partait en Chine pour quatre à six mois de bateau (jusqu'à huit en cas de tempête) et qui, retourné en Europe pour son épouse malade, est reparti servir en sachant qu'il ne la reverrait jamais. Nous ne sommes pas tous appelés à tout quitter à plus de soixante-dix ans pour repartir servir sur un autre continent. Mais tout le monde peut commencer par de petits pas concrets : venir au culte plutôt que de le suivre confortablement depuis la maison, accueillir un groupe de vie chez soi au risque d'une tache sur le tapis, visiter un frère ou une sœur qui se sent seul, pardonner à quelqu'un qui nous a blessé au lieu de s'accrocher à son orgueil, choisir un service moins visible plutôt que celui qui met en valeur.

Points à retenir

  • Jésus n'a rien perdu par faiblesse : il a choisi de se dépouiller par amour, et ce choix commence à Noël, dans la mangeoire.
  • Le lion attendu s'est révélé être un Agneau immolé. Notre héros est mort sur une croix, et c'est cela qui nous sauve.
  • Abraham et Moïse ont préfiguré le dépouillement de Christ, l'un en offrant son fils par la foi, l'autre en refusant les richesses de l'Égypte.
  • La vie utile à Dieu passe souvent par un désert où l'on apprend qu'on est un « serviteur inutile » (Luc 17:10). C'est quand cette leçon est apprise que Dieu peut agir à travers nous.
  • Le dépouillement ne se joue pas d'abord dans les grands sacrifices spectaculaires, mais dans les petits choix quotidiens : venir au culte, accueillir, visiter, pardonner, servir sans chercher à être vu.

Application personnelle

  1. À quoi est-ce que je m'accroche encore par peur de le perdre ?
  2. Quelle condition ou quel droit Dieu me demanderait-il de déposer pour aimer davantage ?
  3. Où puis-je choisir le service caché plutôt que l'affirmation de moi-même ?
  4. Est-ce que Jésus est réellement mon Seigneur, ou seulement mon Sauveur ? Est-ce que je le laisse agir dans ma vie dans la pleine mesure qu'il voudrait ?
  5. Dans lequel des trois temps de Moïse suis-je aujourd'hui : « ce que je peux faire », « je ne peux rien faire », ou « ce que Dieu peut faire » à travers moi ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie le mot « dépouillement » quand on parle de Jésus à Noël ?

Le mot vient directement de Philippiens 2:7, où l'apôtre Paul écrit que le Christ « s'est dépouillé lui-même » pour prendre la condition de serviteur. Jean-Luc Menchon insiste : Christ n'a rien perdu par faiblesse, il a choisi de se dépouiller par amour. À Noël, cela veut dire qu'il a laissé de côté la gloire du ciel pour venir jusqu'à nous dans une mangeoire. Ce n'est pas une diminution imposée, c'est un renoncement volontaire à ses droits divins pour se rendre disponible.

Pourquoi Abraham et Moïse sont-ils appelés des « précurseurs » ?

Parce que leur vie a préfiguré l'œuvre que Dieu allait accomplir en Jésus. Abraham, en acceptant d'offrir son fils Isaac au mont Morija, préfigure l'amour du Père qui donne son Fils unique à Jérusalem. Moïse, en refusant les trésors de l'Égypte, en libérant son peuple de l'esclavage, en jeûnant quarante jours au Sinaï, préfigure Christ qui libère l'humanité de l'esclavage du péché. Menchon souligne que ces deux hommes se sont dépouillés eux-mêmes pour la gloire de l'Éternel, avant même que le Christ ne vienne se dépouiller pour nous.

Comment se dépouiller concrètement dans la vie de tous les jours ?

Menchon donne des exemples très concrets. Choisir de venir au culte plutôt que de le suivre depuis chez soi quand on n'est pas malade. Accueillir un groupe de vie à la maison, quitte à voir son tapis taché. Rendre visite à un frère ou à une sœur qui se sent seul, même quand on n'en a pas envie. Pardonner à quelqu'un qui nous a blessé plutôt que de rester accroché à son orgueil. Choisir un service moins visible plutôt que celui qui met en avant. Il rappelle qu'« il faut perdre d'un côté pour gagner en Christ », et que ce qu'on gagne est toujours infiniment plus grand que ce qu'on a perdu.

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