Introduction
Comment finirais-tu cette phrase : « Je serai heureux si… » ? Un travail plus épanouissant, une stabilité financière, moins de stress, une voiture électrique, un conjoint, un mariage plus paisible. Craig Palmer, pasteur à Mount Pleasant Baptist Church, ouvre ainsi son message de la série « Vivre une vie centrée sur l'Évangile ».
Enfant, il feuilletait le catalogue d'un magasin de jouets en cochant tout ce qu'il voulait, surtout les boîtes de LEGO : « Un jour, ce LEGO impressionnant sera à moi, et je serai heureux. » Adulte, les publicités pour le loto continuent de nous promettre une vie meilleure. Ces messages peuvent semer le mécontentement dans nos âmes.
À partir de Philippiens 4:1-13, le prédicateur relève trois situations de mécontentement et quatre conseils de Paul, durement acquis, pour entrer dans une vie de contentement.
Plan du message
1. L'herbe est toujours plus verte ailleurs
- L'expression est connue : l'herbe est plus verte de l'autre côté de la clôture. On finit par accorder plus de valeur à ce qu'on n'a pas qu'à ce qu'on a.
- Certains ont ajouté une mise en garde : si l'herbe est plus verte chez le voisin, sa facture d'eau est sûrement plus élevée. Et même plus verte, il faut quand même la tondre.
- Le but du message : chercher la sagesse qui mène au contentement aujourd'hui, à l'écoute des conseils de Paul à l'Église de Philippes.
2. Retrouver ton centre dans le Seigneur
- Première situation : le désaccord entre deux femmes respectées de la communauté, Evodie et Syntyche. On ne sait pas sur quoi porte leur différend, mais Paul l'aborde dans une lettre lue devant toute l'assemblée. « Tu imagines la gêne ? »
- La clé est dans une expression répétée : « dans le Seigneur ». Demeurez fermes dans le Seigneur, soyez d'un même sentiment dans le Seigneur, réjouissez-vous toujours dans le Seigneur.
- « Seigneur » veut dire maître. C'est lui qui décide, lui qui conduit leur vie, lui qui fixe la manière de traiter leur mécontentement.
- Dans sa jeunesse, en Australie-Occidentale, Craig Palmer jouait au football australien. L'entraîneur répétait : « Joue le ballon, pas l'homme. » Quand on se laisse distraire par l'adversaire, on oublie ce qui compte vraiment.
- À la fin du chapitre 3, Paul a rappelé que les disciples du Christ ont leur cité dans les cieux. Ce que tu vis maintenant n'est pas tout. « Ne mets pas tous tes espoirs, ton bonheur et ta sécurité dans le panier de ce seul conflit. »
- Il cite un pasteur qui parlait du mariage comme d'un triangle : Dieu, le mari et la femme. Quand le lien entre les époux se brise, le lien avec Dieu peut demeurer. En se tournant vers lui, le couple peut se tenir épaule contre épaule plutôt que face à face devant le problème.
- Aux célibataires qui désirent se marier, il conseille de donner la priorité à un conjoint qui suit Jésus : avoir Jésus, « celui qui est content », comme troisième partie du mariage est une bouée de sauvetage.
3. Déposer tes inquiétudes devant Dieu
- Deuxième situation : le mécontentement qui prend la forme de l'anxiété, une tension face à une menace future, réelle ou supposée, qui nous échappe.
- Dans la société occidentale, c'est presque devenu une valeur : si tu n'es pas stressé, tu ne fais pas les choses comme il faut. La publicité en joue, et les jeunes parents sont bombardés de peurs sur l'alimentation, l'hygiène, l'éducation.
- L'antidote de Paul : « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. » Prier, c'est chercher activement le règne de Dieu dans sa vie, en croyant qu'il s'intéresse à toi.
- Prier à voix haute peut aider, au lieu de ruminer dans ses pensées. Les psaumes de lamentation en donnent les mots : « Je m'épuise à force de gémir ; chaque nuit ma couche est baignée de mes larmes. » Paul parle aussi de confesser « de ta bouche » (Romains 10:9), et Jésus demande à l'aveugle Bartimée : « Que veux-tu que je te fasse ? »
- Écrire son journal, puis arracher la page et la jeter : un homme qu'il accompagnait a trouvé cela très libérant.
- Prier avec d'autres et recevoir la prière : un réseau d'une vingtaine de personnes soutient le ministère des jeunes adultes, et le pasteur peut se reposer sur leur intercession.
- La promesse : « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. » Souvent, on ne la reconnaît qu'après coup. Le prédicateur raconte qu'il sentait la colère monter rien qu'en voyant la voiture d'une certaine personne. En présentant sa demande, « Dieu, enlève-moi cela », il a vécu un changement de cœur surnaturel.
- 1 Pierre 5:6-7 invite à se décharger sur Dieu de tous ses soucis, car il prend soin de nous. Les paroles du Notre Père (« Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin ») permettent de présenter ses demandes avant même que l'anxiété ne monte : une frappe préventive.
4. Remplir ta vie de ce qui est bon
- Après avoir vidé ce qui pèse, que va-t-on mettre dans le vase ? Paul donne une liste de huit choses, une sorte de « thérapie de remplacement » : tout ce qui est vrai, honorable, juste, pur, aimable, digne d'approbation, vertueux et digne de louange.
- Avec sa femme, Craig Palmer aime faire du kayak sur la rivière près de chez eux. Ils participent au recensement national des oiseaux, une application à la main. Il cite cette réflexion entendue récemment : dans un monde en rébellion, les oiseaux font la volonté créatrice de Dieu. Ils font simplement ce pour quoi ils ont été créés, un aperçu du ciel.
- Le kayak n'est peut-être pas pour toi. Tu peux lire le livre d'un chrétien inspirant et désintéressé, écouter un témoignage, ou partager au dîner ce pour quoi tu es reconnaissant aujourd'hui. Cela devient de la nourriture pour l'âme.
- Pense à une ou deux choses qui te viennent à l'esprit : « Ce serait exactement ce qu'il me faut cette semaine. »
5. Suivre l'exemple de ceux qui vivent bien
- Paul ajoute un dernier « tout ce que » : « Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le. »
- Si tu manques d'idées, demande à quelqu'un comment il nourrit son âme. Cette personne est peut-être assise juste à côté de toi, une génération ou plusieurs avant toi.
- Si elle répond seulement « prier et lire la Bible », demande à quelqu'un d'autre, ou demande-lui : « Que pries-tu ? Que lis-tu ? » C'est plus profond que cela, quand c'est vraiment vécu.
- Bien des leçons de vie s'attrapent plus qu'elles ne s'enseignent. L'exemple de ceux que tu admires influencera tes décisions et, au bout du compte, ton contentement.
- Lors d'une journée avec de jeunes adultes, l'équipe leur a fait rencontrer des hommes et des femmes qui ont bien suivi Jésus : des experts en finance, une jeune maman, des personnes revenues de mission. En les écoutant, ils voyaient une vie unifiée et peu anxieuse.
- « Et le Dieu de paix sera avec vous. » Quand tu mets ces principes en pratique, Dieu t'encourage et confirme dans ton cœur que tu fais des choix sages.
6. Puiser dans la force de Dieu
- Troisième situation : le don financier des Philippiens pour les besoins de Paul. Il ne dit même pas merci, et l'on pourrait le croire ingrat. En réalité, Paul tenait à être aussi indépendant que possible pour ne pas être une charge et ne pas être accusé de mauvaises motivations. Il travaillait, notamment en fabriquant des tentes.
- Il ne méprise pas le don : il témoigne que son rapport à l'argent, à la nourriture et à tout ce dont il a besoin a été transformé. « J'ai appris à être content de l'état où je me trouve. »
- « Pourrais-tu dire la même chose ? Pourrais-je dire la même chose ? » Paul ne dit pas que la vie est facile. Le mot « appris » évoque une initiation : ce n'était pas automatique à sa conversion, il y a grandi par l'expérience.
- La réponse simple : « Je puis tout par celui qui me fortifie. » Une indépendance unie à une dépendance, une force insufflée par Dieu. Et ce « tout », c'est être content dans le peu comme dans l'abondance.
- Ce n'est ni une pensée positive ni une ignorance de la souffrance, mais l'expérience concrète de la créature reliée à son Créateur. Le psalmiste mécontent du Psaume 73 le dit : « Ma chair et mon cœur peuvent se consumer : Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage. »
- Craig Palmer vit son dernier mois dans l'équipe pastorale. Il ne sait pas ce qui vient, beaucoup ou peu, mais il est en paix.
- En 2004, il était ingénieur en mécanique, sa femme professeure de mathématiques. Il a senti l'appel à un essai de deux ans comme pasteur de jeunesse à temps partiel à Riverton Baptist. Au même moment naissait leur premier fils : ils sont passés de 1,8 revenu à temps plein à 0,4. Ils avaient économisé 20 000 dollars pour tenir.
- Ils ont déposé leurs questions (« Est-ce qu'on va s'en sortir ? »), demandé à Dieu de garder leur cœur de la jalousie, été encouragés par des amis missionnaires partis au Mozambique avec cinq enfants. Dieu les a fortifiés : son ancien employeur l'a invité à revenir travailler, avec une augmentation, à titre occasionnel. Au bout de dix-huit mois, la conviction était là.
- Paul aurait pu finir la phrase « Je serai heureux si… » par : si je sortais de prison, si j'avais une femme, si j'avais assez de soutiens, si on arrêtait de me battre. Mais il est heureux et content grâce à la force spirituelle qui vient de son Père, par son Esprit.
Points à retenir
- Le contentement s'apprend : Paul y a été initié par l'expérience, il ne l'a pas reçu automatiquement.
- Retrouver ton centre « dans le Seigneur » remet tes conflits à leur juste place : ils ne sont pas toute ta vie.
- Présente tes inquiétudes à Dieu, à voix haute, par écrit ou avec d'autres, et sa paix gardera ton cœur et tes pensées.
- Remplace ce que tu as déposé par ce qui est vrai, juste, pur et aimable, et cherche des exemples à imiter.
- Le secret tient dans la force que Dieu donne : « Je puis tout par celui qui me fortifie. »
Application personnelle
- Comment finirais-tu aujourd'hui la phrase « Je serai heureux si… » ?
- Y a-t-il un conflit dans ta vie où tu as besoin de « jouer le ballon, pas l'homme » et de retrouver ton centre dans le Seigneur ?
- Quelle inquiétude rumines-tu sans jamais la présenter vraiment à Dieu ? Peux-tu la lui dire à voix haute cette semaine ?
- Quelle chose bonne, vraie ou aimable peux-tu laisser entrer dans ta vie cette semaine ?
- Qui, autour de toi, vit ce contentement, et que pourrais-tu lui demander sur sa manière de nourrir son âme ?
Versets cités
- Philippiens 4:1-13
- Philippiens 3:20
- Psaume 6:7
- Romains 10:9
- Marc 10:51
- 1 Pierre 5:6-7
- Matthieu 6:13
- Actes 18:3
- Psaume 73:26
Questions fréquentes
Quel est le secret du contentement selon Paul dans Philippiens 4 ?
Paul dit qu'il a appris à être content en toute situation, dans l'abondance comme dans la disette. Pour Craig Palmer, ce secret ne tombe pas du ciel le jour de la conversion : Paul y a été initié par l'expérience. La réponse tient dans le verset 13 : « Je puis tout par celui qui me fortifie. » C'est une force reçue de Dieu.
Comment présenter ses inquiétudes à Dieu selon Philippiens 4:6 ?
Craig Palmer propose plusieurs pistes concrètes : prier à voix haute au lieu de ruminer, s'inspirer des psaumes de lamentation, écrire son journal puis jeter la page, prier avec d'autres et recevoir la prière d'autres croyants. La promesse est que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera ton cœur et tes pensées en Jésus-Christ.
Que veut dire « Je puis tout par celui qui me fortifie » ?
Dans son contexte, ce « tout » désigne le fait d'être content dans le peu comme dans l'abondance. Craig Palmer y voit une indépendance unie à une dépendance : une force que Dieu insuffle. Ce n'est ni une pensée positive ni un déni de la souffrance, mais l'expérience concrète de la créature reliée à son Créateur.