Introduction
La semaine précédente, l'Église St Thomas' North Sydney avait entendu Hébreux 12:1-2 : rejeter tout fardeau et courir avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte. Ben Radloff, l'un des pasteurs assistants, reprend la suite de la série avec Hébreux 12:3-17. La course est longue, le terrain accidenté, et les jambes finissent par devenir lourdes. Parfois, faire le pas suivant semble impossible.
Il ne parle pas de loin. Deux jours plus tôt, il a appris la mort de son grand-père. Il rend grâce à Dieu parce que celui-ci est devenu chrétien dans ses dernières années, et il en garde une grande joie et une grande espérance, mais il ressent encore l'amertume de la mort. « Pour un croyant, faire confiance à Dieu est difficile. Continuer chaque jour, continuer à courir : c'est une longue course. »
Avec sa femme, il s'est mis à la course à pied depuis quelques mois, après leur arrivée à North Sydney. Sur les longues distances, il a découvert un secret : on a le droit de manger en courant, et rien ne redonne autant d'énergie que du sucre pur. D'où son image : ce passage est un « coup de sucre » au milieu d'une longue course. Dieu ne se contente pas de fixer le but et de dire « maintenant, débrouille-toi ». Il continue de te donner chaque jour ce qu'il te faut pour arriver au bout, et sa Parole en fait partie.
Plan du message
1. Pourquoi parler de « fils »
- Le message tient en deux points : comme fils, regarde au Fils ; comme fils, tiens jusqu'au bout.
- Ben Radloff demande aux femmes de ne pas décrocher. Il emploie le mot « fils » à dessein, pour son poids théologique : être appelé fils de Dieu, c'est être celui qui hérite de ce qui appartient à Dieu.
- De même que nous sommes tous, hommes et femmes, fils de Dieu, nous sommes tous, hommes et femmes, l'épouse du Christ.
2. Regarde à Jésus plutôt que de serrer les dents
- Verset 3 : « Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l'âme découragée. » Verset 4 : « Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang, en luttant contre le péché. »
- Le prédicateur avoue qu'à la première lecture, ce texte lui a semblé moins un coup de sucre qu'un coup de poing. Tu connais ton péché, tes chutes répétées dans les mêmes domaines. Alors, quand le texte semble te dire de faire plus d'efforts, tu te demandes : « Jusqu'où puis-je en faire plus ? »
- Regarde ce que le texte dit vraiment. La consigne n'est pas « serrez les dents », ni « faites plus d'efforts pour ne pas vous lasser ». La consigne est : considérez-le.
- Les titres de section de nos Bibles sont utiles, mais ils ne sont pas la Parole de Dieu. Ici, le titre peut faire croire que l'auteur change de sujet au verset 3. En réalité, il poursuit les versets 1 et 2. « Celui » dont il parle, c'est Jésus, le chef et le consommateur de la foi, assis à la droite de Dieu. Il a franchi la ligne d'arrivée.
3. Le Fils qui a souffert sur le chemin de la gloire
- Comment le fait de penser à Jésus peut-il relever un cœur découragé ? Ben Radloff évoque le détenteur du record du monde du marathon, qui court deux fois plus vite que lui et deux fois plus loin. Si, au moment où tu ralentis, quelqu'un te glissait à l'oreille le temps de ce champion, tu n'en serais pas encouragé.
- La différence, c'est que l'épître aux Hébreux forme un tout, et que tout le livre parle de l'identité du Fils : celui par qui Dieu a parlé en ces derniers temps, le seul digne de s'asseoir sur le trône, celui qui est devenu semblable à ses frères en toutes choses, sans péché, celui qui conduit beaucoup de fils à la gloire.
- Comment l'a-t-il fait ? Hébreux 2:10 : il convenait que Dieu élève à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut. « Dans ta souffrance, considère-le. Considère le Fils qui a souffert, le Fils que le Père aimait. »
- Le prédicateur raconte que John Woodhouse, qui prêchait la semaine précédente, lui a proposé de commencer au verset 3. Sur le moment, il s'est demandé si le verset 3 n'allait pas mieux avec les versets 1 et 2. Il est reconnaissant de cette sagesse : sans ce lien avec Jésus, le passage devient tout autre chose, un texte qu'on aborde avec toutes sortes de questions en oubliant que toute la Bible parle du Fils.
4. La discipline, un entraînement d'amour
- Versets 5 à 7 : « Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, et ne perds pas courage lorsqu'il te reprend ; car le Seigneur châtie celui qu'il aime. » C'est comme des fils que Dieu vous traite : quel est le fils qu'un père ne châtie pas ?
- Le mot « discipline » ne résonne pas pareil pour tous. Ben Radloff a remarqué que les plus de 21 ans y entendent souvent la punition reçue enfant ; lui pense aux fessées. Les plus jeunes, rencontrés au culte de 17 heures, y voient quelque chose de positif, proche de la culture de la salle de sport ou de la maîtrise de soi qui renonce à la deuxième part de gâteau au chocolat.
- Dans ce texte, la discipline est un entraînement : celui qu'un père donne à son fils pour qu'il devienne la personne qu'il doit être, celui dont parle tout le livre des Proverbes, pour que l'enfant ne s'écarte pas du bon chemin.
- Les difficultés de ta course, l'opposition des autres, les épreuves de chaque jour ne sont pas le signe que tout a mal tourné ni que Dieu t'a abandonné. Tu les traverses parce que Dieu t'aime comme son fils.
- La discipline de Dieu n'arrive pas seulement quand tu fautes. Jésus n'a jamais péché, et il a pourtant souffert dans ce monde : il a appris l'obéissance par ce qu'il a souffert (Hébreux 5:8), et il a ouvert le chemin sur lequel nous marchons derrière lui.
- Quand tu souffres, quand tu fais face à l'opposition d'un monde hostile à Dieu, ou quand tu vois d'autres souffrir, ne conclus pas automatiquement à une punition. « Dieu ne vous a pas abandonnés dans vos heures les plus sombres. Il ne vous a pas plus abandonnés comme fils qu'il n'a abandonné son Fils Jésus, qui est mort pour vous. »
5. Pourquoi Dieu nous discipline
- Dieu n'aurait-il pas pu rendre le chemin facile ? Versets 9 et 10 : nos pères selon la chair nous ont châtiés pour peu de jours, comme ils le trouvaient bon, « mais Dieu nous châtie pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté ».
- Comme Créateur et Père, il sait ce qui est bon pour nous. C'est douloureux à court terme, profitable à long terme. Il nous fait participer à ce à quoi nous n'avons aucun droit par nous-mêmes.
- Verset 11 : tout châtiment semble d'abord un sujet de tristesse, mais il produit plus tard un fruit paisible de justice. Sainteté, justice, paix : nous ne les avons pas en nous-mêmes, mais Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l'aiment.
- Ces qualités sont essentielles, car le verset 14 dit que sans la sanctification, personne ne verra le Seigneur. Dieu ne s'est pas contenté de fixer le but, Jésus ne s'est pas contenté de tracer le parcours : le Père continue de nous entraîner pour être sûr que nous arrivions au dernier jour.
6. Relève-toi et veille sur tes frères et sœurs
- Versets 12 et 13 : « Fortifiez donc vos mains languissantes et vos genoux affaiblis ; et suivez avec vos pieds des voies droites. » Ce n'est pas le moment d'abandonner ni de lever le drapeau blanc. Relève les yeux, ne dévie ni à droite ni à gauche. Jésus est passé devant toi comme Fils.
- Une fois encouragé toi-même, tu as la responsabilité d'emmener tes frères et sœurs avec toi. Verset 15 : veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu, à ce qu'aucune racine d'amertume ne produise du trouble et que plusieurs n'en soient infectés.
- Le prédicateur parle franchement : si tu as un grief contre quelqu'un de l'Église, un membre de l'équipe ou l'Église elle-même, ne le laisse pas s'envenimer. Ne te tais pas : mets-le en lumière et cherche la réconciliation. Ne le laisse pas se répandre comme la gangrène.
- Ne vis pas la vie chrétienne en solitaire, en te disant : « Moi, ça va », pendant que d'autres tombent en chemin. Exhortez-vous les uns les autres chaque jour. Le diable essaiera de convaincre quelqu'un qu'on ne peut pas faire confiance à Dieu, que ce qui va mal dans sa vie en est la preuve. Ne laisse pas ce mensonge sans réponse : dis la vérité dans l'amour.
7. Ne brade pas ton héritage comme Ésaü
- Versets 16 et 17 : que personne ne soit impudique ou profane comme Ésaü, qui pour un mets vendit son droit d'aînesse, et qui fut ensuite rejeté lorsqu'il voulut obtenir la bénédiction, bien qu'il la sollicitât avec larmes.
- Ben Radloff voit dans « impudique ou profane » une image de l'Ancien Testament, où le peuple de Dieu traite son Dieu comme un époux trahi. Le texte a des implications pour la morale sexuelle, que la suite de l'épître, notamment le chapitre 13, développera sans doute davantage. Mais ce qui est souligné ici, c'est la folie de l'apostasie : tourner le dos à Dieu, le trahir.
- Ésaü, fils aîné d'Isaac, devait hériter de la promesse faite à son grand-père Abraham. De retour de la chasse, il avait si faim qu'il a échangé toutes ces promesses contre un plat de lentilles. « Folie. Ne fais pas cet échange. »
- Tes choix, grands et petits, révèlent où tu mets ton espérance : ton temps, ton argent, les relations que tu recherches, tes objectifs, tes ambitions, tes critères de réussite. Fais-tu chaque jour de petits échanges qui montrent que tu ne tiens pas vraiment à cet héritage ?
- Et quand tu vois l'un de tes frères ou sœurs faire cet échange insensé, avertis-le avant qu'il ne soit trop tard.
Points à retenir
- La consigne d'Hébreux 12:3 n'est pas « fais plus d'efforts » mais « considère Jésus », le Fils qui a franchi la ligne d'arrivée.
- La discipline de Dieu est un entraînement d'amour, celui d'un père pour son fils, et non une preuve qu'il t'a abandonné.
- La souffrance n'est pas automatiquement une punition : Jésus, sans péché, a souffert sur le chemin de la gloire.
- Dieu nous discipline pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté et que nous le voyions au dernier jour.
- Persévérer se vit ensemble : veille à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu et ne brade son héritage.
Application personnelle
- Face à tes luttes contre le péché, cherches-tu d'abord à serrer les dents, ou à considérer Jésus ?
- Quelle épreuve que tu traverses lis-tu comme une punition, alors qu'elle pourrait être l'entraînement d'un Père qui t'aime ?
- Y a-t-il un grief contre quelqu'un de ton Église que tu laisses s'envenimer en silence ? Quel premier pas de réconciliation peux-tu faire ?
- Quel frère ou quelle sœur autour de toi semble se lasser, et comment peux-tu l'encourager cette semaine ?
- Ton emploi du temps, ton argent et tes ambitions révèlent-ils que tu tiens à ton héritage, ou que tu l'échanges contre un plat de lentilles ?
Versets cités
- Hébreux 12:1-17
- Hébreux 2:10
- Hébreux 5:8
- Hébreux 3:13
- Proverbes 3:11-12
- Romains 8:28
- Éphésiens 4:15
- Genèse 25:29-34
Questions fréquentes
Que signifie la discipline de Dieu dans Hébreux 12 ?
Pour Ben Radloff, la discipline dont parle Hébreux 12 est d'abord un entraînement : celui qu'un père donne à son fils pour qu'il devienne la personne qu'il doit être. Les difficultés, l'opposition et les épreuves ne sont pas le signe que Dieu t'a abandonné. Il te traite comme un fils qu'il aime, pour ton bien, afin que tu participes à sa sainteté.
Mes souffrances sont-elles une punition de Dieu ?
Pas nécessairement. Le prédicateur rappelle que Jésus n'a jamais péché et qu'il a pourtant souffert : il a appris l'obéissance par ce qu'il a souffert. Quand tu souffres, ou quand tu vois un autre souffrir, ne conclus pas automatiquement que Dieu punit. Ce que tu traverses est l'entraînement aimant d'un Père qui t'apprend à dépendre de lui.
Que représente Ésaü dans Hébreux 12:16-17 ?
Ésaü, fils aîné d'Isaac, devait hériter de la promesse faite à Abraham. De retour de la chasse, affamé, il a échangé son droit d'aînesse contre un plat de lentilles. Ben Radloff y voit la folie de l'apostasie : abandonner l'héritage promis aux fils de Dieu pour une satisfaction immédiate. N'accepte pas cet échange, et avertis ceux qui sont tentés de le faire.