Introduction : la tentation qui guette tout croyant
Nous connaissons tous des chrétiens qui ont un temps suivi le Seigneur, puis qui ont lâché sa main. Certains étaient investis dans des services, certains étaient même des modèles pour les autres, et pourtant ils sont retournés à leurs occupations d'avant leur conversion. Peut-être qu'à toi aussi, cette pensée est déjà venue : abandonner, repartir en arrière, parce que tu étais usé, malade, découragé par l'attitude d'un frère ou d'une sœur, ou parce que Dieu n'a pas répondu à tes prières comme tu l'espérais.
Ce dimanche, Jean-Marc Botteron ouvre la Parole en Jérémie 2.13 : « Mon peuple a commis un double péché. Ils m'ont abandonné, moi qui suis une source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l'eau. » Quels sont les pièges que Satan place sur ta route pour te faire abandonner Dieu ? Il te faut être vigilant et persévérer jusqu'au bout : « Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé » (Matthieu 24.13).
Le plan
1. L'œuvre du tentateur : comment Satan travaille
2. Ce que les croyants finissent par abandonner
3. Les raisons de l'abandon
1. L'œuvre du tentateur : comment Satan travaille
Paul nous avertit : « Afin de ne pas laisser à Satan l'avantage sur nous, car nous n'ignorons pas ses desseins » (2 Corinthiens 2.10-11). Notre adversaire agit 7 jours sur 7, 24h sur 24, pour nuire aux enfants de Dieu.
Il s'approche. Beaucoup de chrétiens pensent que, maintenant qu'ils sont convertis, le diable va les laisser tranquilles. Pourtant le récit de la tentation dit que le diable s'est approché de Jésus (Matthieu 4.1-11). S'il l'a fait pour Jésus, il essaiera de le faire pour chacun de nous. Il vient semer des pensées de doute, d'incrédulité, des pensées qui nous éloignent de Dieu. Il l'a fait pour Pierre, quand il lui a soufflé de retenir Jésus au moment où celui-ci annonçait sa croix.
Il te fait regretter le passé. « Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas propre au royaume de Dieu » (Luc 9.62). Quand tu conduis, tu regardes parfois dans le rétroviseur, mais tu ne conduis pas en fixant le rétroviseur, sinon tu prends tous les murs. C'est ce qui est arrivé au peuple d'Israël au désert : ils regrettaient les poissons, les concombres, les melons, les poireaux et les oignons d'Égypte, « de quoi faire une bonne soupe ». Mais ils oubliaient qu'en Égypte, ils étaient esclaves sous le joug de pharaon. Mieux vaut une situation difficile avec Dieu qu'une situation d'abondance sans Dieu. Sans Dieu, aucun concombre, aucun melon ne comblera ton cœur.
Il te fait miroiter un avenir meilleur en dehors du chemin de Dieu. Il l'a fait avec Ève : « Vous serez comme des dieux » (Genèse 3.5). Il l'a proposé à Jésus : « Si tu te prosternes et m'adores, je te donnerai toutes ces choses », les richesses, la gloire, les royaumes. Mais le diable ne donne jamais rien gratuitement : il y a toujours une contrepartie. Il est menteur et père du mensonge. Jésus l'a rejeté : « Retire-toi, Satan ! » (Matthieu 4.10). C'est la position de l'enfant de Dieu : pas de compromis avec les promesses du diable.
Il te dévalorise. Il te dira que tu n'en vaux pas la peine, que personne ne s'intéresse à toi, que Dieu ne t'écoute pas. Il arrive même à faire croire à certains que leur vie n'a aucune valeur et qu'ils seraient plus en paix s'ils mouraient. Ce sont des mensonges. Jésus dit : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? » (Matthieu 6.26). Les scientifiques ont voulu réduire l'homme à un animal évolué ; Jésus dit le contraire : tu vaux beaucoup plus. Dieu n'a pas envoyé son Fils mourir pour les animaux ni pour les anges, mais pour les êtres humains, parce que tu as une grande valeur à ses yeux.
2. Ce que les croyants finissent par abandonner
Abandonner Dieu lui-même. En Jérémie 2.13, le peuple commet un double péché : il abandonne Dieu, la seule source d'eau vive, et il se creuse des citernes crevassées qui ne retiennent pas l'eau. Il n'y a que Dieu qui puisse te désaltérer dans le désert de ce monde. Le monde déverse en permanence une eau souillée pour abreuver les âmes, et la plupart n'ont que cela. Mais quand tu creuses ta propre citerne pour chercher ton eau ailleurs, elle fuit et ne t'étanche jamais. Et il y a une conséquence : « Cela ne t'arrive-t-il pas parce que tu as abandonné l'Éternel ton Dieu lorsqu'il te dirigeait dans la bonne voie ? » (Jérémie 2.17). Un relâchement peut s'introduire avec le temps, c'est arrivé à l'église d'Éphèse (Apocalypse 2.1-7), qui avait abandonné son premier amour, s'était refroidie spirituellement et renfermée sur elle-même.
Abandonner Jésus. C'est arrivé aux disciples eux-mêmes : « Alors tous les disciples l'abandonnèrent et prirent la fuite » (Matthieu 26.56). Trois ans avec le Seigneur, ses enseignements, sa grâce, ses miracles, sa gloire, et pourtant, quand Jésus a été arrêté à Gethsémané, tous l'ont abandonné. Ils n'ont pas compris que Jésus livrait sa vie pour le salut du monde ; ils ont vu une défaite. Il y a dans ta vie chrétienne des passages que tu ne comprendras pas : « Pourquoi, Seigneur, cette épreuve ? Pourquoi n'as-tu pas répondu ? » Ne lâche pas la main du Seigneur, même quand tu ne comprends pas. C'est une détermination.
Abandonner le service. « Démas m'a abandonné, par amour pour le siècle présent, et il est parti pour Thessalonique » (2 Timothée 4.10). Démas n'était pas un chrétien lambda : il était compagnon de Paul, responsable spirituel, engagé dans le service. Mais le service exige des sacrifices, et il y a un prix à payer. À un moment, ce prix lui a paru trop lourd : l'amour du monde a repris le dessus. On ne sait plus ce qu'il est devenu. Quand l'amour du monde devient plus fort que l'amour de Dieu, on lâche l'œuvre. Le jeune homme riche a fait de même : il voulait suivre Jésus, mais son amour de l'argent (cette idole du cœur que Jésus appelle Mammon), était plus fort. Ce n'est pas la richesse qui l'a empêché, c'est son attachement.
Abandonner l'assemblée. « N'abandonnons pas notre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour » (Hébreux 10.25). Ce n'est pas nouveau : dès la première Église, certains prenaient du large et préféraient se tenir à distance. Aujourd'hui les cultes en ligne sont pratiques quand tu es malade, mais Jésus a voulu que nous nous rassemblions physiquement, et non que nous restions derrière des écrans. Le mot grec ekklèsia signifie « appelés hors [du monde] » pour se rassembler dans un même lieu. Dans l'Église, on côtoie des caractères différents ; on y exerce la patience, la maîtrise de soi. On sera parfois déçu par un frère ou une sœur (c'est inévitable), mais on peut passer par-dessus les différences. C'est le commandement de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13.34). Ce n'est pas un conseil, c'est un ordre.
Abandonner la foi. « L'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons » (1 Timothée 4.1). La foi est comme un feu qu'il faut entretenir. Si tu ne veilles pas, elle baisse, et Paul dit ailleurs que certains ont fait naufrage par rapport à la foi. Ceux qui abandonnent finissent attachés à d'autres doctrines : derrière l'athéisme se cachent des esprits séducteurs qui poussent les gens à ne croire en rien. « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin » (1 Jean 5.19). Étienne, lui, était « plein de foi et d'Esprit-Saint » (Actes 6.5). Voilà l'appel.
3. Les raisons de l'abandon
Les épreuves de la vie. « Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n'ont point de racine, ils croient pour un temps, et ils succombent au moment de la tentation » (Luc 8.13). Recevoir la Parole est la première étape ; ce n'est pas assez. Il te faut des racines, une solidité spirituelle, être fondé en Christ, avoir creusé dans la Parole. Sans racines, tu succomberas aux tribulations et aux persécutions.
Les échecs. Rien ne décourage plus qu'un échec. Un père a amené aux disciples son fils tourmenté par un esprit qui le jetait tantôt dans le feu, tantôt dans l'eau (Marc 9.14-29). Les disciples n'ont pas pu le délivrer. Jésus a chassé l'esprit et l'enfant a été libéré ; il a expliqué à ses disciples que c'était à cause de leur incrédulité, et que « cette espèce ne peut sortir que par la prière et par le jeûne ». Le père, lui, n'a pas abandonné. Un bébé qui apprend à marcher chute des dizaines de fois avant de tenir debout, on ne le condamne pas, on le relève. Les échecs ne sont pas la fin, ils sont un tremplin.
L'impression que Dieu ne répond pas. On a prié, et on n'a pas reçu la réponse attendue. Mais peut-être que ta prière n'était pas conforme à sa volonté, Dieu exauce les prières inspirées. Peut-être aussi que la réponse est différée : tu ne vois rien, puis à un moment donné elle vient. C'est apprendre la patience et la foi, ce qui n'est pas notre qualité première à une époque où tout va très vite. Dieu a fait de Moïse l'homme le plus patient de la terre. Et parfois, Dieu ne répond pas parce que ce n'est pas bon pour toi. Il faut aussi l'accepter : Dieu est le Créateur du ciel et de la terre, nous sommes à son école.
Points à retenir
- Satan agit sans relâche : il s'approche, sème des pensées, dévalorise, fait miroiter mieux ailleurs. Sois vigilant, tu n'ignores pas ses desseins (2 Cor 2.11).
- La seule source d'eau vive, c'est Dieu. Toutes les autres citernes sont crevassées et ne comblent pas ton âme (Jér 2.13).
- Regarder en arrière (comme Israël regrettant les poissons et les oignons d'Égypte), te ramène toujours vers l'esclavage.
- Les disciples ont abandonné Jésus faute de comprendre la croix. Ne lâche pas sa main quand tu ne comprends pas.
- Démas et le jeune homme riche ont préféré l'amour du monde. Refuse que l'amour du monde devienne plus fort que l'amour de Dieu.
- Ne néglige pas l'assemblée : Jésus a voulu que nous soyons rassemblés physiquement, et non isolés derrière des écrans (Héb 10.25).
- Sans racines, on succombe. Travaille tes racines dans la Parole pour tenir dans l'épreuve (Luc 8.13).
- « Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé » (Matt 24.13).
Application personnelle
- Quelle « citerne crevassée » es-tu tenté de creuser en ce moment pour désaltérer ton âme, au lieu de revenir à la source d'eau vive ?
- Y a-t-il un passé (spirituel ou matériel), que tu regrettes, au point que Dieu doit te rappeler que tu y étais esclave ?
- Où l'ennemi te dévalorise-t-il aujourd'hui ? Quelles paroles de Jésus veux-tu opposer à ces mensonges ?
- Comme Démas, y a-t-il un « amour pour le siècle présent » qui commence à peser plus lourd dans ton cœur que ton amour pour Dieu ?
- Sur quoi reposent tes racines spirituelles ? Ta foi tient-elle sur du roc, ou seulement sur l'émotion d'une parole reçue ?
- Quelle prière non exaucée nourrit ta tentation d'abandonner ? Peux-tu accepter le silence ou le délai comme une école de patience ?
Versets cités
- Jérémie 2.13
- Jérémie 2.17
- Matthieu 4.1-11
- Matthieu 6.26
- Matthieu 24.13
- Matthieu 26.56
- Marc 9.14-29
- Luc 8.13
- Luc 9.62
- Jean 13.34
- Actes 6.5
- 2 Corinthiens 2.10-11
- 1 Timothée 4.1
- 2 Timothée 4.10
- Hébreux 10.25
- 1 Jean 5.19
- Apocalypse 2.1-7
FAQ
Que signifient les « citernes crevassées » de Jérémie 2.13 ?
Dieu reproche à son peuple un double péché : l'avoir abandonné, lui qui est la seule source d'eau vive, et s'être creusé des citernes qui ne retiennent pas l'eau. La citerne, c'est tout ce que tu cherches en dehors de Dieu pour désaltérer ton âme : distractions, plaisirs, sécurités du monde. Ces citernes fuient toujours : elles ne comblent jamais. Seule la source divine étanche vraiment la soif spirituelle.
Peut-on vraiment perdre la foi après avoir suivi le Seigneur ?
Paul, en 1 Timothée 4.1, dit explicitement que « quelques-uns abandonneront la foi ». Il parle aussi ailleurs de croyants qui ont fait naufrage par rapport à la foi. La foi est comparable à un feu à entretenir ; sans vigilance, elle baisse. Démas, compagnon de service de Paul, a lâché par amour pour le siècle présent. D'où l'appel de Jésus : « Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé » (Matthieu 24.13).
Est-ce grave de ne plus se rendre à l'assemblée si je regarde le culte en ligne ?
Hébreux 10.25 exhorte à ne pas abandonner l'assemblée, « comme c'est la coutume de quelques-uns ». Le mot grec ekklèsia désigne des personnes appelées à se rassembler dans un même lieu. Les cultes en ligne sont utiles quand tu es malade, mais Jésus a voulu une Église incarnée, où tu côtoies des frères et sœurs, où tu exerces la patience et la maîtrise de soi, où tu apprends à aimer malgré les différences. L'écran ne remplace pas la communion réelle.
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