Introduction
Depuis des semaines, un mot résonnait dans l'esprit de Sarah Marvane : victoire. Elle n'imaginait pas le prêcher dans les circonstances que traverse le pays au moment de ce message. Mais elle le dit simplement : ce que Dieu fait est parfait, et la direction de son Saint-Esprit l'est toujours.
Pour parler de victoire, elle choisit une histoire que tout le monde connaît, même ceux qui viennent à l'église pour la première fois : David et Goliath, en 1 Samuel 17. Elle encourage chacun à relire le chapitre en entier en rentrant chez soi, « parce que chaque détail compte ».
De ce récit, elle tire trois clés qui permettent à l'enfant de Dieu de marcher dans une vie victorieuse : connaître Dieu dans le secret, se tenir dans la position de celui pour qui tout est accompli, et courir vers le champ de bataille. Le point de départ est clair : nous avons la victoire en Jésus.
Plan du message
1. Quitter les champs tranquilles pour aller voir ses frères
- Goliath pose le défi : si un homme d'Israël le tue, les Philistins seront esclaves ; s'il l'emporte, Israël servira les Philistins. Saül et tout Israël entendent ces paroles et sont saisis d'une grande frayeur (1 Samuel 17:9-11).
- Pendant quarante jours, matin et soir, le géant revient lancer le même défi. David n'est pas là : il fait paître le troupeau de son père Isaï, loin du champ de bataille. Ses trois frères aînés, eux, ont rejoint les troupes de Saül.
- David arrive pour une seule raison : prendre des nouvelles de ses frères et leur apporter à manger. Il passe des champs tranquilles au front, là où l'armée pousse des cris de guerre. C'est ainsi qu'il découvre le scénario que Goliath joue depuis des semaines.
- Sarah Marvane s'arrête en passant sur une question pour la famille de Dieu : est-ce que j'obéis au Père qui m'envoie prendre des nouvelles de quelqu'un qui est peut-être sur un champ de bataille ? Suis-je seulement au courant de ce que traverse mon frère ou ma sœur ?
- David n'avait pas de réseaux sociaux. Seule l'obéissance à son père lui a permis de découvrir ce qui se passait. Notre confort doit parfois s'échanger contre le champ de bataille, et le résultat en vaut la peine : David n'a pas seulement aidé ses trois frères, c'est tout le peuple qui a été sauvé.
- « Tu ne sais pas ce que ton arrivée sur le champ de bataille, comme frère ou comme sœur, peut produire. » Elle appelle l'Église à aimer et à prendre soin de ceux qui sont dans la détresse.
2. Un peuple pétrifié devant le géant
- Au verset 23, Goliath sort des rangs et répète ses paroles. David les entend. Les Israélites, eux, fuient devant lui, saisis de frayeur (1 Samuel 17:23-24). Deux attitudes s'opposent dans ce récit.
- La première est celle du peuple : paralysé, figé par ce qu'il voit. Et le problème est réel. Goliath mesure 2,92 mètres. Il porte un casque, une cuirasse qui pèse à elle seule 57 kilos, des jambières, un javelot entre les épaules et une lance dont le fer pèse plus de 6 kilos. « Le constat est indéniable : ils étaient face à un géant. »
- Goliath vient aux moments stratégiques. Le matin, pour que la peur envahisse les pensées et fige les soldats toute la journée. Le soir, pour hanter leurs rêves. Il n'a même pas besoin de sortir ses armes : un peuple pétrifié est déjà immobilisé.
- L'ennemi de nos âmes agit de la même manière : il cherche à nous remplir de peurs pour nous immobiliser. Qui vient te défier matin et soir ? Peut-être les événements de la veille, ou les images qu'on regarde en boucle sur les chaînes d'information.
- Sarah Marvane nomme les géants : le rejet, la peur, l'addiction, la pornographie, le péché, la comparaison, la violence, le refus de pardonner, la maladie. Le champ de bataille est peut-être ton corps, ta santé, ton couple, des enfants rebelles.
- « La vie n'est pas un long fleuve tranquille », et la Parole ne l'a jamais promis. Elle promet que, sur les champs de bataille, Dieu reste fidèle : il est le même hier, aujourd'hui et éternellement (Hébreux 13:8). C'est là que Dieu nous éprouve, nous élargit et fait en nous une œuvre qu'il ne peut pas faire dans les champs de brebis.
3. David connaît son Dieu dans le secret
- La seconde attitude est celle de David. Dès qu'il entend l'insulte faite à son Dieu, il bondit intérieurement : « Qui est donc ce Philistin, cet incirconcis, pour insulter l'armée du Dieu vivant ? » (1 Samuel 17:26). Il ne voit ni la taille, ni l'armure, ni la grosse voix.
- La différence entre le peuple et David, c'est que David connaît Dieu. Connaître Dieu fait voir au-delà des circonstances, au-delà du champ de bataille, là où la victoire est déjà assurée.
- Avant Goliath, David avait déjà tué seul un lion et un ours pour protéger les brebis (1 Samuel 17:34-36). « Les victoires que tu remportes dans le secret sont des victoires publiques que Dieu utilisera un jour pour se glorifier. » Dieu ne forme pas sous les projecteurs, il forme en tête à tête.
- L'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur (1 Samuel 16:7). Sarah Marvane témoigne qu'il existe aussi des champs de bataille secrets, que personne n'imagine, mais où Dieu reste fidèle, bon et juste.
- Les Israélites étaient des soldats armés jusqu'aux dents, et ils se sont laissé vaincre par la peur. Sommes-nous conscients du Dieu tout-puissant qui vit en nous ? Pour en prendre conscience, il faut le connaître personnellement et intimement. Or « la foi fast-food n'existe pas » : celui qui veut tout, tout de suite, et briller sous les projecteurs ne connaîtra pas Dieu ainsi.
- Elle revient de Paris, où elle a passé le week-end avec des frères et sœurs persécutés dans le monde. Un survivant y a parlé de deux persécutions : la rouge, où l'on verse son sang pour la foi, et la blanche, celle de l'Église occidentale qui se contente de ce qu'elle est. Elle la croit pire, car nous ne sommes plus conscients du Dieu qui vit en nous.
- Celui qui craint l'Éternel possède un appui ferme (Proverbes 14:26). Face à la difficulté, cours-tu vers le lieu secret de ton Dieu, ou vers ton répertoire pour que tout le monde sache que tu vas mal ? David ne cherchait pas à être un héros, mais un berger humble et un fils obéissant. Connaître Dieu, c'est chercher l'humilité : ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi (Galates 2:20).
4. Se tenir face au combat, pas dans le combat
- David dit à Saül : « Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin ! Ton serviteur ira se battre contre lui » (1 Samuel 17:32). Il ne prend pas d'abord un temps de jeûne et de prière : l'insulte suffit à le faire bondir.
- Le jeûne et la prière sont nécessaires, précise Sarah Marvane, mais il y a une spiritualité qui n'a pas sa place quand l'ennemi nous attaque. Il faut se positionner comme vainqueur en Christ et regarder le géant dans les yeux : « Qui es-tu pour m'intimider ? Qui es-tu pour détruire ma famille, ma santé ? Qui es-tu, dépression, cancer, adultère ? »
- Dieu n'avait pas besoin d'un jeune garçon avec une fronde. Mais il fallait un homme qui se lève avec audace. Peu importe la taille du géant ou son nom : la question est de savoir comment tu te positionnes.
- Trop de chrétiens se placent dans le combat au lieu de se tenir face au combat. Dans le combat, on lutte contre quelque chose. Face au combat, on regarde au-delà des circonstances et on déclare la victoire. L'Éternel combattra pour vous, et vous, gardez le silence (Exode 14:14) ; ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu (2 Chroniques 20:15).
- Colossiens 2:15 : Jésus a dépouillé les dominations et les autorités et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix. Le verbe grec désignait le cortège où un général victorieux exhibait ses ennemis. La croix n'est pas une défaite : c'est le lieu du triomphe.
- Sur la croix, Jésus a dit « Tout est accompli » (Jean 19:30). C'est un état permanent, il n'y a rien à ajouter. Sarah Marvane invite à adopter la « position tetelestai » et à entrer dans le repos de la foi. Dieu l'avait annoncé : la postérité de la femme écrasera la tête du serpent (Genèse 3:15).
- Elle repense aux martyrs dont les noms ont été lus pendant le week-end : « On peut nous décapiter, mais personne ne peut enchaîner notre foi. » L'ennemi peut toucher le corps, jamais l'esprit ni l'âme de celui qui est en Christ.
- Grâces soient rendues à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ (1 Corinthiens 15:57). C'est une grâce, un don gratuit. « Ce ne sont pas les clous qui ont retenu Jésus sur la croix », c'est son amour. Et si une allumette suffit à percer l'obscurité d'une salle, combien plus le Roi de gloire, le soleil de justice, peut dissiper les ténèbres que tu affrontes.
5. Ce que tu vois n'est pas la réalité de la foi
- Dieu donne à ses anges l'ordre de nous garder (Psaume 91:11). Nous ne sommes plus seuls.
- Goliath est pris à son propre jeu. Il méprise David : « Suis-je un chien, pour que tu viennes à moi avec des bâtons ? » (1 Samuel 17:43). Il voit un jeune homme de 15 à 19 ans, beau et blond. Parce qu'il a cru ce qu'il voyait, il a eu la tête tranchée.
- « Ce que tu vois de tes yeux n'est pas la réalité dans la foi. » Ce que Dieu dit dans sa Parole n'est pas soumis à tes émotions. Christ a tout accompli pour chacun de nous.
- Il ne s'agit pas de se battre contre l'ennemi, mais de lui rappeler qui il est. Les petites pierres et la fronde dont tu as besoin se trouvent dans la Parole de Dieu. C'est pourquoi il faut d'abord connaître Dieu avant de pouvoir se positionner dans la foi.
6. Courir vers le champ de bataille
- David répond à Goliath : « Tu marches contre moi avec l'épée, la lance et le javelot ; et moi, je marche contre toi au nom de l'Éternel des armées, du Dieu de l'armée d'Israël, que tu as insultée » (1 Samuel 17:45-47).
- Dès que le Philistin s'avance, David court sur le champ de bataille à sa rencontre (1 Samuel 17:48). C'est le dernier point : quand tu connais Dieu, tu ne regardes pas le géant de loin, tu ne contournes pas le champ de bataille, tu cours.
- Quand tu cours, tu ne regardes ni à droite ni à gauche. Tu es concentré sur l'essentiel. David ne laisse aucune place au doute : « Aujourd'hui l'Éternel te livrera entre mes mains. » Aujourd'hui, pas la semaine prochaine quand on aura eu le temps de réunir un groupe d'intercesseurs.
- « Je ne suis pas seul sur le champ de bataille. » Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde (1 Jean 4:4).
- Pour courir, il faut déposer l'armure. Saül avait revêtu David de la sienne, mais elle était disproportionnée et David ne pouvait pas avancer (1 Samuel 17:38-39). Beaucoup se sont construit une armure de surprotection pour ne plus souffrir. Il faut se débarrasser de nos concepts et de nos sécurités : la foi d'un enfant suffit pour vaincre l'ennemi.
7. Une armée de David
- Ce qui fascine Sarah Marvane dans ce texte : toute une armée de soldats n'a même pas pensé qu'ensemble, avec courage et audace, elle pouvait abattre ce géant.
- C'est une image de l'Église. Si Goliath n'a pas tenu devant un petit David, qu'est-ce qui pourrait se dresser devant une armée de David ? Elle prie pour que la foi se réveille et croit qu'unis, les croyants verront la France transformée.
- Ce qu'elle a vu la veille lui a brisé le cœur, mais elle n'y voit qu'un géant de plus. En Jésus-Christ, on peut libérer l'amour, la grâce et l'espérance dans les rues.
- Elle appelle à être des soldats courageux, humbles et déterminés, qui savent qu'ils ne sont rien sans lui. Ce que Goliath n'a pas vu en regardant le jeune David, c'est la multitude d'anges et l'armée de l'Éternel autour de lui.
- Elle termine en donnant sa manière de prier à la maison : « Moi, Sarah, je marche contre toi au nom de l'Éternel des armées. Aujourd'hui l'Éternel te livrera entre mes mains. » Parle à ton géant, rappelle-lui qui tu es.
Points à retenir
- L'obéissance peut te faire quitter ton confort pour rejoindre un frère ou une sœur sur son champ de bataille, et ton arrivée peut tout changer.
- L'ennemi cherche à te pétrifier par la peur, matin et soir. Connaître Dieu te fait voir au-delà de la taille du géant.
- Les victoires remportées dans le secret préparent les victoires publiques. Dieu forme en tête à tête, pas sous les projecteurs.
- À la croix, tout est accompli : tu n'es pas appelé à lutter toute ta vie, mais à te tenir face au combat et à déclarer la victoire dans le repos de la foi.
- Pour courir vers le champ de bataille, dépose l'armure de surprotection : la foi d'un enfant suffit.
Application personnelle
- Quel frère ou quelle sœur traverse en ce moment un champ de bataille, et comment Dieu t'envoie-t-il prendre de ses nouvelles ?
- Quel Goliath vient te défier matin et soir ? Peux-tu le nommer devant Dieu ?
- Face à la difficulté, vers qui cours-tu en premier : le lieu secret avec ton Dieu, ou ton répertoire téléphonique ?
- Te tiens-tu dans le combat, à lutter, ou face au combat, à déclarer ce que Christ a déjà accompli ?
- Quelle armure de protection t'empêche aujourd'hui de courir vers le champ de bataille ?
Versets cités
- 1 Samuel 17
- 1 Samuel 16:7
- Hébreux 13:8
- Proverbes 14:26
- Galates 2:20
- Exode 14:14
- 2 Chroniques 20:15
- Colossiens 2:15
- Jean 19:30
- Genèse 3:15
- 1 Corinthiens 15:57
- Psaume 91:11
- 1 Jean 4:4
Questions fréquentes
Pourquoi Goliath venait-il défier Israël matin et soir ?
Pour Sarah Marvane, ce rythme était stratégique : le matin, la peur envahissait les pensées et figeait les soldats toute la journée ; le soir, elle venait hanter leurs rêves. Goliath n'avait même pas besoin de sortir ses armes : un peuple pétrifié est déjà immobilisé. L'ennemi de nos âmes agit encore ainsi pour nous immobiliser.
Pourquoi David n'a-t-il pas eu peur de Goliath ?
Parce qu'il connaissait son Dieu personnellement. Avant d'affronter Goliath, il avait déjà vaincu un lion et un ours, seul, pour protéger les brebis. Ces victoires secrètes l'avaient préparé. Connaître Dieu permet de voir au-delà des circonstances, au-delà de la taille du géant.
Que veut dire se positionner face au combat plutôt que dans le combat ?
Celui qui est dans le combat lutte encore contre quelque chose. Celui qui se tient face au combat regarde au-delà des circonstances et déclare la victoire. Selon Colossiens 2:15, Jésus a dépouillé les dominations et les autorités à la croix : tout est accompli, et le croyant est appelé à vivre dans le repos de la foi.