À l'école de l'amour : prendre soin des tiens

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Introduction

Ce dimanche, Gilles BONNEVEAU devait terminer la série sur le combat spirituel. Mais le Seigneur a changé les plans. Il a mis sur son cœur un sujet qui touche directement ta vie de chaque jour : prendre soin des tiens. Un sujet immense, vaste, profond, que même une année de séminaire ne suffirait pas à épuiser.

Pourquoi ? Parce que nous touchons ici le cœur de l'humanité, sa nature, ses problèmes, et les solutions que Dieu met à ta portée à travers sa Parole. Le verset de référence, celui qui va guider tout ce partage, se trouve dans 1 Timothée 5:8 : « Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu'un infidèle. »

Un verset dur ? Oui. Mais un verset libérateur, parce qu'il te remet devant une évidence que le monde a tendance à oublier : après ta relation avec Dieu, la priorité des priorités, ce sont les tiens.

Plan du message

1. L'humanité et ses problèmes : le contexte de ton appel à aimer

Regarde autour de toi. Chaque génération porte ses fardeaux, et pourtant les problèmes se ressemblent tous, qu'on soit jeune, adulte ou personne âgée. Gilles BONNEVEAU les a listés sans détour :

  • Problèmes affectifs : solitude, anxiété, culpabilité, colère, dépression, faible estime de soi, deuil, suicide.
  • Problèmes relationnels : l'amour, le choix du conjoint, le célibat, la pression des groupes, le rejet, le harcèlement, le racisme.
  • Problèmes familiaux : parents surprotecteurs, parents indifférents, divorce, monoparentalité, familles recomposées, rivalités fraternelles, rébellion, fugues.
  • Problèmes sexuels : convoitise, pornographie, grossesse imprévue, avortement, MST.
  • Abus, dépendances : alcool, drogue, jeux, prostitution.
  • Troubles, calamités : anorexie, boulimie, tics, TOC, handicap, longues maladies.
  • Problèmes d'orientation : connaître la volonté de Dieu, choisir un métier, un ministère, un mariage.

Et le Seigneur Jésus a parlé de tous ces sujets. Si tu lis vraiment les évangiles, tu verras qu'il a abordé le mariage, les relations familiales, les libertés des hommes et des femmes, la sexualité, l'angoisse, la peur, la solitude, le doute, l'orgueil, le péché, le découragement. Il est la source par excellence d'une vie équilibrée.

Dieu est amour (1 Jean 4:16) et vérité. Son amour le pousse à te révéler la vérité, car la vérité t'affranchit lorsque tu y crois (Jean 8:31-32).

2. Le plan de Dieu pour toi : trois épanouissements

Le plan de Dieu pour ton salut se situe à trois niveaux. Retiens-les, parce qu'ils changent la manière dont tu vas te regarder toi-même :

a) L'épanouissement spirituel. C'est ta maturité chrétienne. L'apôtre Paul écrit dans Colossiens 1:28 combien il lui est cher de voir chaque croyant « parvenir à la stature parfaite de Christ ». Tu ne peux pas servir Dieu efficacement si tu ne grandis pas. Tu resteras un enfant, encore au lait, alors qu'il te faut de la nourriture solide. Et pour mastiquer la nourriture solide, il faut des dents. Les dents, c'est l'image de ta maturité spirituelle.

b) L'épanouissement psychique. Tous tes problèmes affectifs (dépression, crainte, peur, timidité, culpabilité), sont liés à un sous-développement de l'image de Dieu dans ton âme. L'épanouissement psychique se trouve dans le développement de l'image de Dieu en toi. Regarde ceux qui commencent leur journée avec un cantique, la prière, en remettant tout au Seigneur : ils sont blindés, fortifiés. Là où l'autre tremble et claque des dents dans la circonstance, eux restent dans le calme, parce que le Dieu qui les habite prend corps et fait face.

c) L'épanouissement relationnel. Dieu ne t'a pas créé pour vivre en autarcie. Beaucoup de problèmes relationnels traduisent des souffrances, des traumatismes, et trouvent leur origine dans des relations malsaines, toxiques ou rompues, notamment avec la famille, avec les parents. Les plus importantes de toutes tes relations, ce sont celles avec tes parents. Priorité : restaurer d'abord ta relation avec Dieu, puis avec ta famille, puis avec les autres.

3. Que veut dire « prendre soin » ? L'étymologie t'aide à comprendre

Le mot « soin » vient du latin médiéval sonare, issu de sonium, qui signifiait au 7e siècle « attention portée à un autre ». La même racine se retrouve en grec dans le mot pronoéô, qui veut dire « apercevoir avant, prévoir, pourvoir, penser d'avance, penser à quelqu'un, prendre soin de lui ».

C'est ce mot pronoéô que tu retrouves dans Romains 12:17 et 2 Corinthiens 8:21, et surtout dans 1 Timothée 5:8 : « Si quelqu'un n'a pas soin des siens… »

Le dictionnaire, lui, définit le soin comme « être attentif, bienveillant à ». C'est être à l'écoute des besoins de l'autre sur tous les plans, mental, émotionnel, physique. C'est aussi ce mot qu'utilise le monde médical pour la prise en charge d'un patient : au-delà des gestes techniques, c'est l'intention de porter une attention particulière à la personne, de la soulager, de favoriser son autonomie et son confort. Prendre soin, philosophiquement, c'est repenser ton rapport à l'autre.

Quant au mot « sien », c'est un adjectif possessif : il désigne ce qui appartient à quelqu'un, ce qui est propre à une personne, ce qui se réfère à sa famille. Notion d'appartenance, de responsabilité personnelle, d'identité familiale.

4. 1 Timothée 5:8 : un verset qui te tient debout

« Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et surtout des membres de sa propre famille, il a renié la foi, il est pire qu'un incroyant. »

Interpellation. Injonction. Jugement. Ce verset décrit une personne qui n'a pas de part au royaume de Dieu, un infidèle qui a renié la foi. Renier la foi, c'est abandonner, renoncer, déclarer contre la vérité qu'on ne connaît pas une personne ou une chose. Lorsque Pierre renie Jésus, il dit qu'il ne le connaît pas. Et l'apôtre Paul dit que celui qui abandonne les siens fait la même chose.

On peut renier Jésus de plusieurs manières : par des paroles malveillantes, des mensonges, des méchancetés. Mais ici, précisément, on peut le renier en fuyant les responsabilités de la vie et en recherchant des plaisirs coupables. Aux yeux de Dieu, la famille est primordiale, et y faillir est un péché. Comme dit l'apôtre Jacques : « Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché » (Jacques 4:17).

5. Tes priorités : ce que la Bible met dans l'ordre

Si tu devais hiérarchiser tes priorités :

  1. D'abord ta relation avec Dieu. Deutéronome 6:4-9 : « Écoute, Israël ! L'Éternel notre Dieu est le seul Éternel. Tu aimeras l'Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » Et ces commandements, tu les inculqueras à ta famille et à tes enfants.
  2. Ensuite ton prochain, comme toi-même. Et ton prochain le plus près, c'est ta famille : ta femme, ton mari, tes enfants, ta parenté proche. C'est eux d'abord.
  3. Puis l'église et les autres.

Voilà l'ordre biblique. Un enseignement majeur pour tous les chrétiens de tous les temps, et pour tout homme qui veut être accompli en Christ.

6. Le contexte de 1 Timothée 5:8 : les veuves et l'église

1 Timothée et 2 Timothée sont ce qu'on appelle des « lettres pastorales » (avec Tite). Paul y adresse à son jeune disciple Timothée des directives pour qu'il devienne, comme lui, un modèle pour les croyants. C'est une pépite d'or que tout responsable ou serviteur de Dieu devrait lire.

Le contexte précis du verset, c'est le cas des veuves. Paul recommande que ce soient les familles concernées qui assistent leurs veuves, afin de laisser à l'église la charge de celles qui n'ont personne. Rappelle-toi Actes 6:1-6 : les hellénistes murmuraient contre les Hébreux parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution quotidienne. C'est ainsi que le diaconat est né. Le besoin de prendre soin des personnes présentes et de corriger une inégalité a fait surgir une solution donnée par le Seigneur lui-même.

Souviens-toi aussi de Tabitha (Dorcas), dans Actes 9:36-42, cette couturière de Joppé qui faisait des tuniques pour les veuves. Devant le Seigneur, la vraie religion, c'est de visiter les veuves et les orphelins.

7. Ce que la loi française confirme (le Code civil aussi le dit)

Tu peux vérifier : le Code civil français est sans équivoque.

Article 205 : « Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin. » La loi impose donc à l'enfant l'assistance à ses parents âgés, et cela marche aussi dans l'autre sens.

Article 371-2 : « Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. »

Ne va pas croire que c'est du folklore juridique : quand un chrétien néglige un enfant qu'il a eu avant sa conversion, l'Écriture et la loi disent la même chose. Il faut donner la pension alimentaire. Il faut pourvoir aux besoins de l'enfant. Il faut prendre ses responsabilités.

8. L'avertissement de Jésus : le piège du « Corban »

Jésus réprimande les pharisiens qui incitaient les enfants à déclarer Corban (Marc 7:11-12). Ce mot signifiait : « ce que j'aurais pu te donner, à toi mon père, à toi ma mère, est offrande consacrée à Dieu ». Concrètement : au lieu de donner l'argent aux parents qui avaient besoin de médicaments ou de nourriture, on l'offrait au temple pour se donner bonne conscience.

Jésus dit clairement : ce n'est pas juste. On ne remplace pas l'assistance à ses parents par une offrande « spirituelle ». C'est un piège spirituel. Beaucoup de croyants aujourd'hui font pareil sans s'en rendre compte : ils servent l'église à fond et négligent leur propre foyer.

9. Un cri du prédicateur : équilibre entre ministère et famille

Gilles BONNEVEAU l'a dit avec émotion. Il a vu des reportages sur des hommes de Dieu où tous les enfants étaient en conflit avec les parents. Papa est toujours à l'église, papa est toujours en itinérance, papa prie, papa sauve les autres, mais ses propres enfants grandissent dans l'indifférence.

Tu as un cœur pour l'église ? C'est bien. Tu as un cœur pour le service, pour le salut des âmes ? Tant mieux. Mais si ta famille est négligée, tu as un problème d'équilibre. Le prédicateur a prié : « Seigneur, donne-nous une adéquation entre notre vie de ministère et notre vie de famille équilibrée. »

Ton fils veut que tu viennes à son match de football. C'est son anniversaire. Papa doit être là. Maman doit être là. Ta présence rassure, aide à grandir. Et ce sont ces petites présences qui construisent la relation à long terme.

10. Prendre soin, dans les frateries, dans l'héritage, dans les foyers

Dans les fratries, quand les parents vieillissent, la charge retombe souvent sur un ou deux enfants, les autres n'ont jamais le temps, jamais l'argent. Gilles BONNEVEAU, qui a travaillé en maison de retraite quand il était étudiant, se rappelle : les filles venaient beaucoup plus que les fils. Une jeune femme est même venue lui demander d'aller voir si son père allait bien, parce qu'elle l'appelait sans réponse depuis plusieurs jours.

Il y a aussi la question de l'héritage. Jésus lui-même en parle dans Luc 12:13-20, quand un homme lui demande : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi l'héritage que notre père nous a laissé. » Combien de fratries sont en rupture pour cette raison ? Combien ne se parlent plus toute la vie parce qu'un frère ou une sœur a tout gardé pour lui ? Prendre soin des autres, c'est aussi faire les choses avec justice dans la fratrie.

Et puis il y a les enfants rejetés, abandonnés, qui ne connaissent même pas leur père ou leur mère, qui cherchent leur identité toute leur vie. Le péché nous amène à ces situations. La Parole nous appelle à en sortir : « Tu dois prendre soin des tiens. »

11. Prendre soin les uns des autres dans l'église

Dans l'église aussi, tu as des « tiens » : les membres du corps de Christ. Prendre les nouvelles (« Comment vas-tu ma sœur ? Comment vas-tu mon frère ? »), partager les joies et les peines, considérer les intérêts les uns des autres, c'est ça, prendre soin. Nous nous voyons tous les dimanches, parfois plus que nos familles de sang.

Points à retenir

  1. Après Dieu, ta famille passe avant tout le reste. C'est l'ordre biblique de Deutéronome 6, de Jésus, de Paul.
  2. Prendre soin des tiens n'est pas facultatif. 1 Timothée 5:8 en fait une question de foi : y faillir, c'est renier la foi.
  3. Tu n'as pas à choisir entre servir Dieu et t'occuper de ta famille. Dieu est un Dieu d'ordre et d'équilibre. Il te donnera la sagesse pour concilier les deux.
  4. Le vrai « spirituel » ne fuit pas les responsabilités concrètes. L'offrande au temple ne remplace jamais le devoir envers les parents (Marc 7:11-12).
  5. Tu peux restaurer. Même si tu as manqué, il n'est pas trop tard. Le père de la parabole du fils prodigue (Luc 15) espérait, attendait, guettait. Dieu peut te donner une nouvelle relation avec les tiens.

Application personnelle

Prends un moment devant Dieu et demande-toi honnêtement :

  1. Est-ce que je rends heureux ma femme, mon mari, mes enfants, mes parents ? Ai-je le courage de leur poser la question ?
  2. Y a-t-il une personne de ma famille que je néglige, que je laisse à la charge des autres ? Que puis-je faire concrètement cette semaine ?
  3. Est-ce que mon investissement dans l'église ou le ministère se fait au détriment de mon foyer ? Où en suis-je vraiment ?
  4. Dans ma fratrie, y a-t-il des tensions autour de l'héritage, du soin des parents âgés, d'une injustice à réparer ?
  5. Ai-je demandé à Dieu la sagesse, l'écoute, la bonne attitude, la capacité d'encourager plutôt que de blâmer les miens ?

Versets cités

FAQ

Que veut dire concrètement « prendre soin des siens » dans 1 Timothée 5:8 ?

Cela veut dire assurer une présence, une assistance matérielle, affective et spirituelle envers les membres de ta famille proche, conjoint, enfants, parents, parenté proche. Le verbe grec pronoéô signifie « prévoir, penser d'avance, pourvoir » : c'est anticiper les besoins de tes proches et y répondre concrètement, pas seulement en paroles.

Est-ce grave de servir beaucoup à l'église si ma famille en souffre ?

Oui, c'est grave. Le principe biblique met ta famille juste après ta relation avec Dieu, et avant l'église et les autres. Servir à l'église au prix de la négligence de ton foyer, c'est le piège du « Corban » que Jésus dénonce dans Marc 7:11-12. Demande à Dieu la sagesse pour trouver un équilibre : Dieu est un Dieu d'ordre.

Comment restaurer une relation familiale abîmée quand mes enfants sont déjà grands ?

Il n'est jamais trop tard. Regarde le père de la parabole du fils prodigue dans Luc 15 : il a attendu, espéré, guetté. Reconnaître devant tes proches que tu n'as pas été présent comme il fallait, demander pardon, prier le Seigneur qu'il t'aide à développer une nouvelle relation, c'est le premier pas. Dieu est un Dieu de restauration.

pour prendre des notes et poser une question.

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