Introduction
L'Assemblée Évangélique de Strasbourg poursuit sa lecture du prophète Ésaïe. Ce dimanche, Thierry J. s'arrête sur trois versets seulement, Ésaïe 50:1-3, un texte court qu'il lit deux fois « pour essayer de s'en imprégner un peu plus ».
Il part d'un étonnement : pendant des siècles, Israël s'est opposé à Dieu, et pourtant Dieu ne l'a pas mis de côté de manière définitive. « Nous, on dirait bon, maintenant ça suffit. » Dieu, lui, ne réagit pas ainsi. Son amour est « tenace », « un amour qui ne se décourage pas ».
Le message qu'il tire de ce passage tient en une phrase : il est encore temps. Cherche l'Éternel pendant qu'il se trouve. Trois raisons en découlent : l'amour de Dieu subsiste encore, il est temps de réagir, il est temps de lui faire confiance.
Plan du message
1. Une parole pour un peuple qui se croit oublié
- Comme beaucoup de prophètes, Ésaïe annonce des événements avant qu'ils arrivent. Mais Dieu prophétise aussi la réaction de son peuple face à ce moment difficile.
- Le royaume de David et de Salomon a été divisé. Le royaume du Nord a été déporté depuis plus d'un siècle. Il reste Juda et Jérusalem, qui seront à leur tour déportés à Babylone.
- C'est dans ce contexte, au moment de la première déportation de Juda, que Dieu fait dire à Jérémie : « Je t'aime d'un amour éternel, c'est pourquoi je te conserve ma bonté » (Jérémie 31:3). « C'est pas juste des beaux mots », souligne le prédicateur : la parole est dite au cœur même du jugement.
- La réaction du peuple est rapportée en Ésaïe 49:14 : « L'Éternel m'abandonne, le Seigneur m'oublie. » Maison détruite, terres perdues, langue et coutumes étrangères, morts dans les familles : on comprend ce cri.
- Ce sentiment, nous pouvons l'avoir aussi dans notre quotidien. Ésaïe 50 y répond, et le message est celui d'Ésaïe 55 : « Cherchez l'Éternel pendant qu'il se trouve ; invoquez-le, tandis qu'il est près » (Ésaïe 55:6). Nous sommes dans un temps de grâce, mais viendra le moment où Dieu dira stop.
2. L'amour de Dieu subsiste encore
- Thierry J. intitule ce point « Dieu n'a pas changé d'avis », tout en avouant ne pas être content de ce titre. Il le reformule : l'amour de Dieu subsiste encore.
- « Où est la lettre de divorce par laquelle j'ai répudié votre mère ? » On pourrait y lire seulement un reproche, et c'en est un. Mais le prédicateur y voit surtout l'amour de Dieu qui demeure.
- Au royaume du Nord, Dieu avait donné sa lettre de divorce (Jérémie 3:8). À Juda, il pose la question : où est-elle ? La réponse est évidente : il n'y en a pas. « En tout cas, pas encore. »
- Souvent, on cherche la raison de notre situation chez Dieu et pas de notre côté : « Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour que tu agisses comme ça ? » On pense que Dieu ne nous aime plus, qu'il a changé d'attitude. « Mais il n'en est rien. »
3. Ni vendu ni abandonné : la cause est ailleurs
- Deuxième question de Dieu : « Auquel de mes créanciers vous ai-je vendus ? » À l'époque, un créancier pouvait prendre la femme et les enfants, parfois le mari, comme esclaves pour solder une dette.
- Dieu n'a pas de dettes. La déportation n'est pas le fruit d'une négociation avec le roi de Babylone. « Il n'y a pas eu un deal là dans le ciel où vous étiez l'enjeu. »
- La réponse est donnée dans le verset : « C'est à cause de vos iniquités que vous avez été vendus. » Le Nouveau Testament dit la même chose : « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi » (Galates 6:7).
- Ce texte, qui ressemble de prime abord à un reproche, le prédicateur le trouve encourageant. Tu subis les conséquences de tes actes, « c'est normal, c'est juste », mais l'amour de Dieu à ton égard n'a pas changé. Dieu n'a pas renoncé à restaurer son peuple.
- « On prête parfois à Dieu des intentions et des manières d'agir humaines, mais il n'en est rien. »
4. Il est temps de réagir
- « Je suis venu : pourquoi n'y avait-il personne ? J'ai appelé : pourquoi personne n'a-t-il répondu ? » Dieu fait probablement référence aux prophètes envoyés pendant des siècles pour reprendre son peuple. Personne n'a tenu compte de ce qu'ils disaient.
- Il y a un étonnement de Dieu dans ce passage. Jésus exprime le même étonnement à propos de Jérusalem : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! » (Matthieu 23:37).
- Aujourd'hui, Dieu t'a envoyé des personnes qui t'ont parlé. Tu entends des messages, une phrase d'un livre t'interpelle, un cantique saisit ton âme, un témoignage de baptême ou de la fête de la reconnaissance ressemble à ton histoire. « Tu t'en rends compte, mais tu ne réagis pas. »
- Dieu ne cherche pas à te juger ni à te condamner : il cherche à t'élever, à te donner une vie meilleure, à ce que tu progresses spirituellement.
- « Il faut pas juste acquiescer intellectuellement, mais il faut réagir. » Si quelque chose t'a interpellé ce dimanche, ou même dimanche dernier, c'est le moment. Il est encore temps, mais un jour, peut-être, il sera trop tard.
5. Il est temps de lui faire confiance
- « Ma main est-elle trop courte pour racheter ? N'ai-je pas assez de force pour délivrer ? » Babylone est alors la puissance militaire qui domine toute la région. Personne ne peut rivaliser. Le peuple peut penser que rien ne changera.
- Nous aussi, nous pouvons le penser : un trait de caractère qui t'empêche d'être plus proche de Dieu, de mauvaises pensées dont tu n'arrives pas à te débattre. « Mon grand-père était colérique, mon père était colérique et moi je suis colérique. » Comme une fatalité : « Il va falloir que je fasse avec. »
- Intellectuellement, parce qu'on est chrétien, on dira que Dieu est tout-puissant. Mais dans ma vie, dans ma situation, cette toute-puissance va-t-elle agir ? « Et là, on peut en douter. »
- Dieu répond comme souvent dans Ésaïe : il rappelle qui il est et ce qu'il a fait. La mer desséchée, c'est la traversée de la mer Rouge. Les fleuves réduits en désert, très probablement le Jourdain traversé à sec avec Josué. Les poissons qui meurent, les plaies d'Égypte dans le Nil. L'obscurité, les ténèbres sur toute l'Égypte, alors qu'il y avait de la lumière là où habitait le peuple de Dieu.
- Ces faits se transmettaient de génération en génération, et même les peuples voisins les connaissaient. « Dieu a la capacité de changer ce qui à nos yeux est impensable. »
6. Se souvenir de ce que Dieu a déjà fait
- Dieu dit : « Rappelle-toi ce que j'ai fait dans ta vie, dans telle situation où tu n'avais pas de solution. » Puis quelque chose s'est débloqué. « Parce qu'on l'oublie vite. »
- Dans Marc 8:17-21, juste après les deux multiplications des pains, les disciples s'inquiètent de ne pas avoir acheté de pain. Jésus leur demande combien de paniers ils ont ramassés : douze, puis sept. « Ne comprenez-vous pas encore ? » Ce n'était pas il y a dix ans, mais il y a quinze jours, trois semaines, un ou deux mois. « Mais je peux le faire encore, c'est pas un problème. »
- L'apôtre Paul va dans le même sens (2 Corinthiens 1:10, cité dans la version Parole Vivante) : « C'est lui qui nous a arrachés à une mort imminente et terrible. C'est de lui aussi que nous attendons toute délivrance à l'avenir. Il est notre espoir, il nous sauvera encore. » Paul a été lapidé, il n'aurait pas dû en sortir vivant. Il envisage l'avenir parce que Dieu le lui a prouvé.
- Dieu l'a prouvé dans les Écritures, et peut-être déjà dans ta vie ou dans la vie des autres. « Alors fais-lui confiance. »
7. Même sous la correction, l'amour ne change pas
- Pour conclure, Thierry J. reprend ses trois points. Même si tu subis le jugement de Dieu parce que tu as désobéi, cela ne veut pas dire que Dieu ne t'aime plus.
- Il s'adresse aux parents qui ont un jour donné une fessée à leur enfant : ils étaient en colère, pas contents du tout. Leur amour avait-il changé pour autant ? « Non. Il n'avait pas changé. C'est toujours le même. »
- Une chose à retenir, insiste-t-il : « Il est temps de réagir. Pas juste d'écouter. » Faire vraiment le pas, sans se chercher d'excuses.
- Il termine par une prière : que cette parole ne rentre pas par une oreille pour ressortir tout de suite, et que l'Esprit, qui convainc de péché, de justice et de jugement (Jean 16:8), vienne au secours de notre volonté.
- À la suite du message, un frère de l'église relit Ésaïe 50:2 et invite chacun, cette semaine, à se focaliser sur la main de Dieu : combien de fois, dans notre vie, « c'était le bras long, c'était pas la main qui était trop courte ».
Points à retenir
- Dieu n'a pas donné de lettre de divorce à son peuple : même au cœur de la correction, son amour subsiste encore.
- La cause de nos difficultés n'est pas à chercher d'abord chez Dieu. Nous récoltons ce que nous avons semé, mais Dieu ne renonce pas à restaurer.
- Dieu continue de parler par des personnes, des messages, des cantiques, des témoignages. Il ne suffit pas d'acquiescer : il est temps de réagir.
- Sa main n'est pas trop courte. Ce qui semble une fatalité dans ta vie n'est pas hors de portée de sa puissance.
- Se souvenir de ce que Dieu a déjà fait nourrit la confiance pour l'avenir : il nous sauvera encore.
Application personnelle
- Dans quelle situation as-tu pensé, ou dit, « l'Éternel m'abandonne, le Seigneur m'oublie » ?
- Quand les choses vont mal, cherches-tu la cause chez Dieu ou acceptes-tu de regarder aussi de ton côté ?
- Qu'est-ce qui t'a interpellé ces dernières semaines (un message, un livre, un cantique, un témoignage) et auquel tu n'as pas encore répondu ?
- Quel trait de caractère ou quelle habitude considères-tu comme une fatalité, avec laquelle « il va falloir faire avec » ?
- Quelle intervention de Dieu dans ta vie peux-tu te rappeler cette semaine pour nourrir ta confiance aujourd'hui ?
Versets cités
- Ésaïe 50:1-3
- Jérémie 31:3
- Ésaïe 49:14
- Ésaïe 55:6
- Jérémie 3:8
- Galates 6:7
- Matthieu 23:37
- Exode 14
- Josué 3
- Exode 7:20-21
- Exode 10:21-23
- Marc 8:17-21
- 2 Corinthiens 1:10
- Jean 16:8
Questions fréquentes
Que signifie la lettre de divorce dans Ésaïe 50:1 ?
Dieu avait donné sa lettre de divorce au royaume du Nord (Jérémie 3:8). En demandant à Juda « Où est la lettre de divorce ? », il fait comprendre que cette lettre n'existe pas : il n'a pas répudié son peuple. Pour Thierry J., derrière le reproche, ce verset montre que l'amour de Dieu subsiste encore.
Pourquoi Dieu demande-t-il à quel créancier il a vendu son peuple ?
À cette époque, un créancier pouvait prendre la femme et les enfants de son débiteur comme esclaves pour solder une dette. Dieu n'a pas de dettes et n'a passé aucun marché avec Babylone. Le peuple a été vendu à cause de ses iniquités, pas parce que Dieu l'aurait abandonné.
Que veut dire « Ma main est-elle trop courte pour racheter ? » ?
Face à la puissance de Babylone, le peuple pouvait penser que rien ne changerait. Dieu rappelle ce qu'il a fait : la mer Rouge, le Jourdain, les plaies d'Égypte. Thierry J. en tire un appel : Dieu est capable de changer ce qui paraît impensable, il est temps de lui faire confiance.