Introduction
« Qu'as-tu fait de la vie que je t'ai donnée ? » Jean-Blaise Amougou invite l'Église Évangélique Vie Nouvelle à imaginer ce moment : il n'y a plus de prédication, plus de réunion, plus de possibilité de revenir à zéro. Il n'y a plus d'apparence, plus de fonction, plus de titre, plus de réputation. Il ne reste que toi et Jésus.
Le Seigneur ne demandera pas combien d'argent tu as gagné, combien de maisons tu as possédées ni combien de personnes te connaissaient quand tu prêchais ou prophétisais. Il demandera ce que tu as fait pour son royaume. « Cette question est terrible pour celui qui a vécu pour lui-même. Mais elle est glorieuse pour celui qui a vécu pour Jésus-Christ. »
Le message s'appuie sur Matthieu 25, en particulier le jugement des nations à partir du verset 31, sur Éphésiens 2:8-10 et sur Apocalypse 22:12 : « Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu'est son œuvre. » Le culte devant finir plus tôt, le prédicateur condense son message et annonce qu'il traitera les points 11 et 12 une prochaine fois.
Plan du message
1. Personne ne mérite le salut
- Première vérité fondamentale : nous ne gagnons pas le royaume de Dieu par nos œuvres. Ce n'est pas parce que tu apportes un million d'euros à l'église, que tu invites le pasteur chez toi avec sa femme et ses enfants ou que tu bénis un frère ou une sœur que tu mérites le ciel.
- Éphésiens 2:8 le dit : c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Le salut, la croix, le pardon et la vie éternelle sont des grâces. Sur la croix, Jésus a dit : « Père, pardonne-leur » (Luc 23:34).
- « Nous ne travaillons pas pour être sauvés. Nous servons parce que nous avons été sauvés. »
- Nous sommes son ouvrage (Éphésiens 2:10). Dieu est le grand potier qui nous façonne pour que nous lui soyons semblables. Celui qui est créé en Jésus lui appartient, il devient sa propriété privée, et Satan voit le sang de Jésus sur lui.
- Voici l'équilibre biblique : « Les œuvres ne produisent pas le salut. Le salut produit des œuvres. »
2. Pourquoi Jésus parle-t-il de récompense ?
- La grâce ne signifie pas que notre vie n'a aucune importance. Dans Matthieu 25, le roi dit à ceux qui sont à sa droite : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. » Puis il parle de ce qu'ils ont fait.
- L'amour de Dieu doit demeurer dans nos cœurs à chaque instant, les uns envers les autres. La haine, les jalousies, les querelles, les murmures et les envies n'y ont pas de place.
- Le prédicateur imagine un Jésus rancunier envers Pierre qui l'a renié. Or ce sont Jean et Pierre qui ont couru au tombeau, et le message est : « Appelez mes disciples, mais appelez Pierre aussi » (voir Marc 16:7). « La haine ne fait pas partie des enfants de Dieu. »
- « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites » (Matthieu 25:40). Ce que nous faisons pour les autres par amour pour Jésus-Christ, Jésus le considère comme fait pour lui.
- Un jour, dans la rue, absorbé par son téléphone, le prédicateur croise un homme sale qui n'a pas mangé depuis deux jours. Une pensée le saisit : « Et si c'était Jésus ? » Il lui donne ce qu'il a. L'homme se met à pleurer et lui dit qu'il est camerounais, comme lui. Le prédicateur reste une heure à parler avec lui, à lui témoigner de la bonté de Dieu, « parce que la compassion de Dieu m'a rempli ». Sa conclusion : ne fermons jamais notre cœur devant celui qui crie à l'aide.
3. Qu'as-tu fait de ce que Dieu t'a confié ?
- Notre génération demande : « Qu'est-ce que Dieu peut faire pour moi ? » L'Évangile apprend à demander : « Seigneur, qu'est-ce que tu veux faire à travers moi ? »
- Nous avons beaucoup d'idées et nous voulons y associer Dieu. « C'est pas biblique. » C'est Dieu qui choisit et c'est Dieu qui établit, comme il l'a fait pour Paul sur le chemin de Damas (Actes 9).
- Dieu t'a donné du temps, des forces, des dons, une famille, des capacités, des ressources, des occasions, une influence, une bouche pour témoigner de lui et des mains pour servir. La question sera : « Qu'as-tu fait avec ce que je t'ai confié ? »
- Témoigner, prier, jeûner sont des actes, mais ce n'est pas cela qui nous amène au ciel : c'est faire la volonté de Dieu et marcher dans l'obéissance par la foi.
- Le temps est l'une des choses que Dieu nous donne et que nous ne pouvons jamais récupérer. « Nous pouvons perdre de l'argent et en regagner. Nous pouvons perdre une maison et en reconstruire une, mais une journée passée ne revient jamais. »
- Combien de temps pour prier, méditer la Parole, être avec ta famille, servir, évangéliser ? Nous trouvons du temps pour un match de foot, un film ou une visite, mais pour témoigner de celui qui nous a libérés de la mort, combien de temps ?
4. Qu'as-tu fait des âmes placées autour de toi ?
- « L'église qui n'évangélise pas meurt. » Pour le prédicateur, « nous sommes tous évangélistes » : la première mission du disciple de Jésus est de dire qui il est et ce qu'il fait dans nos vies. Il appelle l'Église à s'humilier et à demander pardon à Dieu parce que nous n'évangélisons plus.
- Un jeune de l'église a amené sa maîtresse d'école primaire au culte : « Je lui ai parlé de Jésus à l'école et elle est venue. » Combien en font encore autant avec leur directeur ou leurs collègues ?
- Le prédicateur travaille dans une entreprise où environ 98 % de ses collègues sont musulmans. Tous savent qui il est, la direction aussi. Il témoigne sans s'arrêter, « pas pour Jean-Blaise mais pour celui qui vit en moi ».
- Témoigner à sa famille, car « mon peuple périt faute de connaissance » (Osée 4:6). Témoigner à ses voisins, à ses amis, aux personnes découragées que l'on croise dans le métro et dans le quartier.
- Un voisin, croisé alors qu'il marchait péniblement avec des béquilles après un AVC, a reçu un simple sourire. Aujourd'hui, chaque fois qu'il voit le prédicateur, il lui dit qu'il a donné sa vie à Jésus et qu'il va à l'église.
- Nous témoignons de ce que nous avons vu et vécu (Jean 3:11-14). « Ne crachez pas sur les musulmans, ne crachez pas sur les témoins de Jéhovah », mais reflétons Jésus là où ils sont.
- Nous voulons une grande mission. Dieu répond : commence par la personne que j'ai déjà placée à côté de toi. « Commence déjà par une et après on verra. » Philippe a été conduit dans le désert vers une seule âme (Actes 8:26-40).
5. Qu'as-tu fait pour les plus petits ?
- « Matthieu 25 est bouleversant », du premier au dernier verset. Jésus parle de ceux qui avaient faim, soif, qui étaient étrangers, malades ou en prison, et il dit : c'est à moi que vous l'avez fait.
- Le royaume ne se mesure pas uniquement à nos paroles spirituelles. « Notre foi doit devenir visible dans notre amour. » Tu peux prêcher sur l'amour, mais est-ce que tu aimes ? Parler du pardon, mais pardonnes-tu ? Parler de compassion, mais t'arrêtes-tu devant celui qui souffre ?
- N'attendons pas d'être mille membres pour servir ni d'être nommé responsable. Le service commence quand on est une, deux ou trois personnes.
- Qu'est-ce que tu sais faire et que tu ne fais pas dans la maison de Dieu ? Ranger les instruments, dire à un frère ou une sœur « je t'aime », ouvrir ta maison à celui qui n'en a pas.
- Une grande erreur consiste à dire : quand j'aurai beaucoup, je donnerai ; quand j'aurai du temps, je servirai ; quand je serai plus âgé, je m'engagerai ; quand mes problèmes seront réglés, je travaillerai pour Dieu.
- « Dieu ne demande pas ce que tu n'as pas. Il te demande ce que tu as. » Moïse avait un bâton, David une fronde, la veuve deux petites pièces, le garçon cinq pains et deux poissons qui ont nourri cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants. « Entre les mains de Dieu, ce qui semble petit peut devenir extraordinaire. »
6. Dieu examinera l'œuvre et la motivation
- « L'œuvre de chacun sera manifestée ; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révélera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun » (1 Corinthiens 3:13). « Soit tu résistes, soit tu brûles. »
- Dieu ne regarde pas seulement ce que nous avons fait, mais pourquoi nous l'avons fait. « Nous pouvons faire une bonne chose pour une mauvaise raison. »
- On peut servir pour être applaudi, prêcher pour être reconnu, donner pour être admiré, travailler pour une position. Paul et les apôtres, eux, ont été battus et jetés en prison parce qu'ils disaient la vérité.
- Jésus a enseigné que ta main gauche ne doit pas savoir ce que fait ta droite (Matthieu 6:3). « La gloire revient à Jésus. » Nous n'avons rien et nous ne partirons avec rien.
- « Dieu ne mesure pas seulement l'action, mais il regarde la motivation. » Qu'est-ce qui te motive ?
7. Travailler pour Dieu sans vivre avec Dieu
- « Le danger : avoir travaillé pour Dieu sans avoir vécu avec Dieu. » Dans Matthieu 7:22-23, certains diront : n'avons-nous pas prophétisé en ton nom ? Et Jésus répondra : je ne vous ai jamais connus.
- Le prédicateur fait parler Jésus : « Tu es venu à l'église sans me connaître. Tu as chanté sans me connaître. Tu as prêché sans me connaître. » Pour lui, c'est l'une des paroles les plus sérieuses de Jésus.
- Quel Jésus adorons-nous ? Celui qui est mort à la croix et ressuscité, qui a dit « tout est accompli » (Jean 19:30), pour qui il n'y a plus de condamnation (Romains 8:1), qui a brisé les liens de la servitude ? Ou un autre Jésus, recherché dans des lieux où il n'est pas ?
- « Quelle tragédie ! Faire des choses pour Jésus sans appartenir véritablement à Jésus. »
- Si tu connais Jésus, tu vis dans l'humilité, dans l'amour et dans la crainte de Dieu. Tu fuis les œuvres de la chair, l'impudicité et l'adultère, comme Joseph (Genèse 39). Tu fais attention à ce que tu dis et à ce que tu fais. Jésus demande une repentance authentique et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur (Hébreux 12:14).
- La première question n'est donc pas « qu'est-ce que je fais pour toi ? », mais : « Seigneur, est-ce que je te connais comme toi tu me connais ? »
8. Le royaume, un héritage pour ceux qui appartiennent au roi
- « Le royaume n'est pas une récompense pour les performants. C'est un héritage pour ceux qui appartiennent au roi. »
- Matthieu 25:34 parle d'un royaume « préparé » : il n'est pas une invention humaine, il est préparé par Dieu. Notre espérance repose d'abord sur sa grâce en Jésus-Christ.
- Cette grâce transforme notre manière de vivre : nous sommes transformés de gloire en gloire à l'image de Christ (2 Corinthiens 3:18). Celui qui a rencontré Jésus ne peut pas dire : puisque je suis sauvé par grâce, je peux vivre comme je veux. Paul répondrait : loin de là (Romains 6:1-2). Le prédicateur renvoie à Galates 5.
- « La grâce qui sauve est aussi la grâce qui transforme. »
- Tout ce que nous possédons restera derrière nous : maison, voiture, argent, travail, vêtements, titres. Une seule chose aura une valeur éternelle : ce que nous aurons fait pour Jésus-Christ et dans l'obéissance à Jésus-Christ.
- Cette question n'est pas posée pour nous condamner, mais pour nous réveiller. Quelqu'un doit recommencer à servir, reprendre la prière, retrouver la passion des âmes, demander pardon, pardonner, se consacrer à nouveau et dire : « Seigneur, me voici. Je ne veux plus gaspiller le temps que tu m'as donné. »
Points à retenir
- Personne ne mérite le salut : il est une grâce. Nous ne travaillons pas pour être sauvés, nous servons parce que nous avons été sauvés.
- Ce que tu fais pour l'un des plus petits par amour pour Jésus, il le considère comme fait pour lui.
- Ton temps, tes dons et les âmes placées autour de toi te sont confiés. Une journée passée ne revient jamais.
- Dieu ne te demande pas ce que tu n'as pas, mais ce que tu as. Il regarde aussi la motivation de ton cœur.
- Le plus grand danger est de travailler pour Dieu sans vivre avec lui. Le royaume est un héritage pour ceux qui appartiennent au roi.
Application personnelle
- Si Jésus te demandait aujourd'hui « qu'as-tu fait de la vie que je t'ai donnée ? », que lui répondrais-tu ?
- Combien de temps as-tu donné cette semaine à la prière, à la Parole et au témoignage, comparé à tes loisirs ?
- Quelle personne Dieu a-t-il déjà placée à côté de toi, au travail, dans ta famille ou dans ton quartier, pour que tu lui parles de Jésus ?
- Qu'as-tu dans les mains, aujourd'hui, que Dieu pourrait utiliser dans sa maison ?
- Sers-tu Dieu en le connaissant vraiment, ou fais-tu des choses pour lui sans vivre avec lui ?
Versets cités
- Matthieu 25:31-46
- Éphésiens 2:8-10
- Apocalypse 22:12
- Jean 3:16
- Luc 23:34
- Marc 16:7
- Actes 9:1-19
- Osée 4:6
- Jean 3:11-14
- Actes 8:26-40
- Marc 12:41-44
- Matthieu 14:21
- 1 Corinthiens 3:13
- Matthieu 6:3
- Matthieu 7:22-23
- Jean 19:30
- Romains 8:1
- Genèse 39
- Hébreux 12:14
- 2 Corinthiens 3:18
- Romains 6:1-2
- Galates 5
Questions fréquentes
Peut-on mériter le royaume de Dieu par ses œuvres ?
Non. Jean-Blaise Amougou est très clair : personne ne mérite le salut. Selon Éphésiens 2:8-9, c'est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi, et c'est le don de Dieu. Nous ne travaillons pas pour être sauvés, nous servons parce que nous avons été sauvés. Les œuvres ne produisent pas le salut, c'est le salut qui produit des œuvres.
Que signifie « c'est à moi que vous les avez faites » dans Matthieu 25 ?
Dans Matthieu 25:40, Jésus déclare que tout ce qui a été fait à l'un de ses plus petits frères lui a été fait à lui. Pour le prédicateur, c'est une grande révélation : ce que nous faisons pour les autres par amour pour Jésus-Christ, Jésus le considère comme fait pour lui. Notre foi doit devenir visible dans notre amour.
Pourquoi Jésus dit-il « je ne vous ai jamais connus » à ceux qui ont prophétisé en son nom ?
En Matthieu 7:22-23, certains ont prophétisé et accompli des miracles au nom de Jésus sans lui appartenir. Jean-Blaise Amougou y voit le danger d'avoir travaillé pour Dieu sans avoir vécu avec Dieu. La première question n'est donc pas « qu'est-ce que je fais pour Dieu ? », mais « Seigneur, est-ce que je te connais comme toi tu me connais ? ».