Introduction
Où sont les hommes ? Pas les héros de cinéma qu'on invoque une fois pour sauver la mise, mais les hommes fidèles, présents, solides, dont une épouse, des enfants et une Église ont réellement besoin. Ce dimanche de Fête des Pères 2024 à la Porte Ouverte Chrétienne, Samuel Peterschmitt part d'un constat lucide et douloureux : la société et l'Église manquent cruellement d'hommes à l'image de Dieu. Son message n'est pas un procès des hommes, c'est un appel. Un appel à reprendre l'identité que Dieu nous a donnée, à comprendre que le chef biblique n'est pas un tyran mais un serviteur, et à devenir, dans nos foyers, ces repères stables que nos familles attendent.
Plan du message
1. Un constat : la société et l'Église manquent d'hommes à l'image de Dieu
- Le sermon s'ouvre sur la devise des Marines (« Semper Fidelis, toujours fidèle »), et sur cette phrase qui fait mal : « Héros, on peut l'être une fois par hasard. Homme fidèle, il faut l'être toujours. » Albert Einstein disait : « N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès, essayez de devenir un homme qui a de la valeur. »
- Samuel Peterschmitt cite longuement les paroles de la chanson « Papaoutai » de Stromae (« Dites-moi d'où il vient, enfin je saurai où je vais »), pour montrer combien la disparition des pères a marqué toute une génération. Ces paroles sont violentes parce qu'elles reflètent l'état réel de notre société.
- Le constat ne s'arrête pas au monde. « L'Église elle-même manque cruellement d'hommes à l'image de Dieu. » Le prédicateur s'adresse d'abord aux hommes de l'Église, aux couples, aux familles de l'Église, avant de faire la morale à qui que ce soit d'autre.
- Le rappel de Genèse : « Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu » (Genèse 1:27). Être créé à l'image de quelqu'un, c'est être là pour l'imager. Que voient nos enfants, notre épouse, la société, lorsqu'ils nous regardent ?
2. Créés à son image, physiologiquement et psychologiquement
- Dieu ne s'est pas trompé. Il nous a créés physiologiquement (homme ou femme), et notre physiologie correspond à notre psychologie. « Il n'a pas mis le mauvais contenant dans le mauvais récipient. »
- Samuel Peterschmitt aborde la question de la dysphorie de genre avec compassion et fermeté : oui, il y a des cœurs brisés, des hommes et des femmes qui ont souffert pour différentes raisons et qui ne trouvent plus leurs repères. Mais Dieu ne demande pas de mutiler le corps pour l'aligner sur une âme blessée : « Dieu vient guérir l'âme pour qu'elle soit à nouveau en accord avec le corps qu'il a créé. »
- La solution biblique, c'est l'harmonie de l'esprit, de l'âme et du corps dont parle l'apôtre Paul. Quand ces trois sont alignés, « l'homme est heureux d'être un homme, la femme est heureuse d'être une femme », et ils s'épanouissent dans la complémentarité, pas dans la rivalité ni dans une simple question d'égalité.
- Avec David tu peux dire : « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse » (Psaume 139:14). Cette réconciliation avec ce que tu es change ta relation à toi-même, à ton conjoint, à ta place dans la famille.
3. Le chef selon Dieu n'est pas celui qui domine, c'est celui qui sert
- « Le chef de tout homme, c'est le Christ ; le chef de la femme, c'est l'homme ; et le chef du Christ, c'est Dieu » (1 Corinthiens 11:3). Ce n'est pas nous qui avons établi qu'il y ait un chef, c'est Dieu.
- Mais Jésus a réglé le débat : « Le plus grand d'entre vous sera votre serviteur » (Matthieu 23:11). Le chef selon l'Écriture n'est pas celui qui domine, c'est celui qui sert. La confusion vient de là : on a longtemps confondu le chef selon la chair (le nabab sur son trône à qui on enlève les chaussures), avec le chef selon Dieu.
- Samuel Peterschmitt témoigne de son père, un homme d'onction qui a dirigé sa maison mais qui a été un des maris les plus doux et les plus serviteurs qu'il ait connus. Il faisait les courses au Super U, connaissait tous les prix, veillait à ce que rien ne manque. Sa femme, aujourd'hui 92 ans, en témoigne encore.
- Le machisme est le parfait opposé de l'homme d'onction. Le machiste domine par la chair, la force physique, la force morale. Il a fait souffrir des générations de femmes et de jeunes filles. L'homme d'onction, lui, n'a pas besoin d'imposer son autorité : elle est présente sans qu'il ait à la revendiquer.
4. Jésus, le modèle de l'homme selon Dieu
- Loin de l'image efféminée qu'en donnent certains tableaux, Jésus était un homme vrai. Charpentier (c'est-à-dire bâtisseur de maisons à son époque), solide physiquement, mais qui n'a jamais fait appel à la violence (sauf pour tresser un fouet et remettre de l'ordre dans le temple).
- Il n'avait pas peur de défendre les causes difficiles. Face à la femme adultère, il prend position pour elle au risque de sa réputation : « Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre » (Jean 8:7). Un homme d'onction défend ce qui est juste, quitte à ce qu'on dise du mal de lui.
- Il savait qui il était. Devant ceux qui viennent l'arrêter : « Jésus leur dit : c'est moi. À ces mots ils reculèrent et tombèrent à terre » (Jean 18:6). Son identité était claire. Sais-tu qui tu es, ce à quoi Dieu t'appelle, la fonction qu'il t'a donnée ?
- Il était fidèle jusqu'au bout. « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'au bout » (Jean 13:1). Fidèle à son Père, fidèle à ses disciples, fidèle à nous jusqu'à la croix. Aujourd'hui, trop d'hommes sont devenus « des roseaux cassés » sur lesquels on ne peut pas s'appuyer sans être blessé.
- Il était humble mais recevait la reconnaissance sans fausse humilité. Quand la foule loue Dieu à son entrée à Jérusalem et que les pharisiens lui demandent de faire taire ses disciples, il répond : « Je vous le dis, s'ils se taisent, les pierres crieront » (Luc 19:40). Il ne cherchait pas la reconnaissance, mais il ne la fuyait pas non plus quand elle venait naturellement.
5. Un homme d'onction est un homme de courage
- La fidélité en hébreu vient du terme aman, tenir solidement, être digne de confiance. Elle demande du courage. Et « le courage, ce n'est pas de ne pas avoir peur, c'est de surmonter sa peur » et de prendre les bonnes décisions au bon moment pour ceux qui te sont confiés.
- Le courage de fuir la tentation. Joseph a fait preuve de courage en s'enfuyant de la femme de Potiphar (Genèse 39). Parfois, il faut plus de courage pour partir que pour rester. Mieux vaut passer pour une mauviette que de finir dans un lit qui n'est pas le tien. Samuel raconte comment, jeune marié, il s'est dégagé d'une collègue qui l'avait acculé et est parti, sans négocier.
- Le courage de tenir sur la Parole. Chadrac, Méchac et Abed-Nego refusent d'adorer la statue (Daniel 3), Daniel continue de prier malgré le décret (Daniel 6). « Nous sommes aujourd'hui dans un pays où il va falloir avoir le courage de continuer à proclamer ce que dit la Bible, quelles que soient les lois. »
- Le courage d'éduquer ses enfants. Il faut du courage pour les élever autrement que la société ne l'impose, pour résister à la pression des réseaux sociaux, pour parfois corriger selon l'Écriture. Samuel Peterschmitt raconte quelques épisodes savoureux avec son fils Josué, entre une file d'attente à la cafétéria et une question posée à brûle-pourpoint devant le président des Familles Protestantes de France.
- Le courage de dire non, y compris à sa femme quand un enfant a raison. Il y a des mauvaises paix, celles qui coûtent leur équilibre aux enfants et où la colère reste enfouie faute d'avoir osé parler. « Veillez à ce que jamais vos enfants ne payent le prix de votre paix. »
- Le courage de prendre position pour son épouse, y compris face à sa propre mère quand il le faut.
6. Rester un exemple, même dans les tempêtes du couple
- Ce courage naît dans la foi et dans la communion avec Dieu. « Vous ne serez jamais plus que ce que vous êtes dans votre communion avec Dieu. C'est là que vous allez puiser l'essentiel. »
- Samuel Peterschmitt témoigne : il a traversé avec Dominique des moments de crise si profonds que ses propres adolescents lui disaient « Papa, il vaudrait mieux que tu divorces. » Il a fallu du courage pour continuer à croire que Dieu pouvait rendre l'impossible possible.
- Dans ces heures sombres, son père venait prier. Un jour, à bout, Samuel lui a dit : « Si ta prière c'est pour que je reste encore avec cette bonne femme là pendant 40 ans, tu gardes ta prière et tu rentres chez toi. » Son père n'a pas été découragé. Il a continué à prier. Il a toujours dit : « Samuel, tu as fait une alliance, maintenant bats-toi pour ton alliance. » Il n'a jamais soutenu son fils contre sa belle-fille. Et Dieu a fait le miracle : aujourd'hui Samuel dit qu'il ne peut plus imaginer sa vie avec une autre femme que la sienne.
- Rester un exemple de foi, de prière, d'amour de la Parole. Enfant, chaque matin, Samuel voyait son père devant le canapé en train d'intercéder pour l'Église, la Bible ouverte sur la table. Il n'a jamais eu besoin de lui dire « Sami, lis la Bible, Sami, prie. » Il était l'exemple.
- Le message se conclut par la lecture d'un hommage écrit par Josué à son père : « Merci pour l'homme que tu es, qui a fait de moi l'homme que je suis… tu m'as transmis la plus grande des richesses, celle que je ne peux que souhaiter à chacun : tu m'as transmis ta foi, ton amour pour Jésus, ton respect de son nom, ton amour pour son royaume et ton acharnement pour le servir. »
Points à retenir
- Ne cherche pas à être un homme qui a du succès. Cherche à être un homme qui a de la valeur, c'est-à-dire un homme fidèle, présent, sur lequel les siens peuvent s'appuyer sans être blessés.
- Tu as été créé à l'image de Dieu. Ton corps et ton âme sont accordés par le Créateur. Réconcilie-toi avec ce que tu es avant de vouloir corriger ce que Dieu a fait.
- Le chef selon Dieu n'est pas celui qui domine, c'est celui qui sert. Un mari qui aime sa femme la sert. Un père qui aime ses enfants les protège, les corrige avec douceur, ne les écrase jamais.
- Le courage n'est pas l'absence de peur, c'est la capacité de prendre la bonne décision malgré la peur, que ce soit pour fuir une tentation, tenir sur la Parole, éduquer un enfant, ou dire non quand il le faut.
- Ton foyer se joue d'abord dans ta communion avec Dieu. Tu ne seras jamais plus dehors que ce que tu es dans le secret avec Lui.
Application personnelle
- Si ton épouse, tes enfants ou tes collègues te définissaient en trois mots aujourd'hui, quels seraient-ils ? Ces mots reflètent-ils un homme fidèle, ou un homme qui fuit ses responsabilités ?
- Où en es-tu de la réconciliation avec ton identité d'homme ou de femme telle que Dieu te l'a donnée ? Peux-tu dire honnêtement avec David : « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse » ?
- Dans ton foyer, es-tu un chef qui sert, ou un chef qui se fait servir ? Quel geste concret pourrais-tu poser cette semaine pour servir concrètement ton conjoint ou tes enfants ?
- Y a-t-il une tentation, une relation, un abonnement, un écran, dont le courage te demanderait aujourd'hui non pas d'affronter mais de fuir ? Que retardes-tu à couper ?
- Y a-t-il une mauvaise paix dans ton foyer, un silence qui protège ton confort mais qui blesse ceux que tu aimes ? Quelle conversation courageuse Dieu te demande-t-il d'avoir ?
Versets cités
- Genèse 1:27 · Dieu créa l'homme à son image
- Psaume 139:14 · Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse
- 1 Corinthiens 11:3 · Le chef de tout homme, c'est le Christ
- Matthieu 23:11 · Le plus grand d'entre vous sera votre serviteur
- Ésaïe 53:2 · Il n'avait ni beauté ni éclat pour attirer nos regards
- Jean 8:7 · Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre
- Jean 13:1 · Ayant aimé les siens, il les aima jusqu'au bout
- Jean 18:5-6 · À ces mots, ils reculèrent et tombèrent à terre
- Luc 19:40 · S'ils se taisent, les pierres crieront
- Genèse 39 · Joseph fuit la femme de Potiphar
- Daniel 3 · Chadrac, Méchac et Abed-Nego devant la statue
- Daniel 6 · Daniel dans la fosse aux lions
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un « homme selon Dieu » d'après Samuel Peterschmitt ?
C'est un homme qui accepte d'avoir été créé à l'image de Dieu et qui cherche à imager son Créateur dans son foyer, dans l'Église et dans la société. Concrètement, c'est un homme fidèle à ses engagements, courageux dans ses décisions, serviteur de sa femme et de ses enfants, humble mais capable de tenir sur la Parole, un homme sur lequel les siens peuvent s'appuyer sans être blessés. Ce n'est pas un héros de cinéma. C'est un père et un mari présent, jour après jour.
Être « chef de famille » selon la Bible, est-ce dominer sa femme ?
Non. L'Écriture affirme bien que « le chef de la femme, c'est l'homme » (1 Corinthiens 11:3), mais Jésus a renversé la définition du chef : « Le plus grand d'entre vous sera votre serviteur » (Matthieu 23:11). Le chef biblique n'est pas celui qui domine par la force ou l'autorité imposée, c'est celui qui aime, qui protège, qui sert et qui bénit. Le machisme est le parfait opposé de l'homme d'onction. Un homme d'onction n'a même pas besoin d'imposer son autorité : elle rayonne sans qu'il ait à la revendiquer.
Que dit ce message à un homme qui a déjà échoué dans son rôle de père ou de mari ?
Il rappelle deux choses : que Dieu peut restaurer, et que ta communion avec Lui est le lieu où tu retrouveras la force de recommencer. Samuel Peterschmitt témoigne ouvertement que son propre couple a traversé des moments où le divorce semblait inévitable, où ses adolescents lui disaient de partir. Ce n'est pas la volonté humaine qui a tenu, c'est la foi, la prière fidèle de son père, et la conviction que Dieu peut rendre l'impossible possible. Ne lâche rien. Dans ta faiblesse, sa grâce se glorifie.
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