Genèse 1-2 : travailler et se reposer à l'image de Dieu

13 min de lecture

Introduction

« La Bible commence par une semaine de travail. » Andrew Wilson pose ce constat en lançant, à King's Church London, une nouvelle série intitulée « Good Work » (« Du bon travail »). L'Église la vit en même temps le dimanche et dans des dizaines de petits groupes, avec un livret de huit semaines de questions pour la discussion et la réflexion personnelle.

Le but de la série est simple : que notre travail soit bon, qu'il soit motivé par l'amour du prochain et par la gloire de Dieu. Que ce travail soit physique ou intellectuel, payé ou bénévole, ennuyeux, passionnant ou épuisant, à la maison ou à l'extérieur, Dieu en parle dans sa Parole.

À partir de Genèse 1:26 à 2:3 et de Genèse 2:4-15, le prédicateur corrige trois idées fausses très répandues : tout travail serait payé, le travail serait mauvais en soi, et le travail servirait à justifier notre existence.

Plan du message

1. La Bible commence par une semaine de travail

  • L'histoire de la Bible aurait pu commencer de bien des manières. Elle commence par une semaine de travail, avant toute autre chose. Dieu travaille : il crée, il organise, il conçoit, il bâtit, il guide, il délègue.
  • Le premier jour, Dieu met de l'ordre dans le chaos et place les choses ici et là. Le deuxième, il sépare. Le troisième, il fait pousser les plantes comme un agriculteur. Le quatrième, il organise le calendrier comme un administrateur. Le cinquième, il remplit le monde de créativité, de vie et d'abondance.
  • Le sixième jour, il crée des êtres à son image, des humains comme nous, et il nous charge de poursuivre sa mission : cultiver la création, lui donner ordre, forme, vie et fécondité. Il nous confie le travail comme lui-même a travaillé. Le septième jour, il se repose.
  • Le travail compte pour Dieu : c'est la première chose qu'il fait. Il compte aussi pour nous, parce que nous y passons la plus grande partie de notre temps. Pour beaucoup, sinon pour la plupart, c'est la manière principale d'adorer Dieu, de servir et d'aimer son prochain. Pas forcément ce que l'on fait à l'église et par elle, aussi beau que ce soit (« et je l'aime ! »), mais à travers son travail.
  • Relier la foi et le travail n'est pas toujours facile : ambition, ennui, créativité, discipline, éthique, frustration. Andrew Wilson confie que, depuis quinze ans, son travail non payé de père et d'aidant est, la plupart des semaines, plus difficile que son travail rémunéré, en partie parce qu'il aime son métier, mais aussi parce que ses enfants et sa situation familiale ont été éprouvants.
  • Son Église rassemble des maçons, des banquiers, des comptables, des nounous, des chefs d'entreprise, des biochimistes, des boxeurs, des avocats, des boulangers, des chauffeurs de bus. Chacun a un travail important à accomplir.

2. Première idée fausse : tout travail serait payé, alors que cinq personnages travaillent sans salaire

  • Beaucoup, dans la salle comme dans la ville, pensent que le travail est ce que l'on fait pour être payé. Le langage mélange sans cesse travail et argent.
  • Quand sa femme élevait deux enfants d'âge préscolaire ayant des besoins particuliers, on lui demandait : « Pourquoi tu ne travailles pas ? » Elle était trop gentille pour répondre : « Je travaille sans doute plus dur que toi. Si on échangeait nos places, tu trouverais mon travail plus exigeant et je trouverais le tien plus facile. »
  • On entend : « Je cherche du travail », « J'ai arrêté de travailler », « Je travaille deux jours par semaine ». Les responsables politiques parlent de la classe ouvrière ou de créer du travail, et ils pensent à des emplois rémunérés. Le prédicateur reconnaît utiliser lui aussi ce langage.
  • Le danger : on finit par croire que la valeur du travail se mesure à l'argent qu'il rapporte. Alors ce que la Parole de Dieu dit du travail ne concernerait pas l'aidant ou le bénévole d'une banque alimentaire. Ou bien, si personne ne me paie, je n'aurais aucune raison de travailler. « Non, non, non, non, non. »
  • Le travail fait partie de ce qui donne sa dignité à l'être humain. C'est l'une des manières d'exprimer l'image de Dieu. Parfois, la santé empêche de travailler, mais pour une vie humaine épanouie, le travail est très important, sans être forcément un emploi payé.
  • À l'idée que tout travail est payé, Genèse 1 et 2 répond : « Absurde ! » Il y a cinq personnages dans ces chapitres, et tous travaillent sans être payés : le Père, le Fils, le Saint-Esprit, Adam et Ève.
  • Dieu crée par sa Parole, par son Esprit qui se meut au-dessus des eaux. « Que la lumière soit ! » Le Père, le Fils et l'Esprit travaillent six jours, puis se reposent, pour donner un modèle à son peuple.
  • Adam et Ève reçoivent tout de suite un travail sans salaire : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez. » En Genèse 2:15, l'Éternel Dieu place l'homme dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder.
  • La femme reçoit un travail si dur qu'on l'appelle encore aujourd'hui « le travail » de l'accouchement, un travail qu'elle seule peut accomplir.
  • Le seul personnage des trois premiers chapitres de la Genèse qui ne travaille pas, c'est Satan. « Cela devrait nous dire quelque chose. »

3. Travailler, c'est servir

  • Andrew Wilson le répète volontairement : nous ne sommes pas forcément payés pour notre travail. Le travail n'est pas gagner de l'argent en échange d'une tâche.
  • Sa définition : le travail, c'est utiliser notre temps et nos capacités pour servir les autres et contribuer à l'épanouissement de l'humanité.
  • Le verbe hébreu traduit par « cultiver » en Genèse 2:15 est souvent traduit par « servir ». Le travail est un service. Ce n'est pas de la paresse, mais ce n'est pas forcément un emploi payé.
  • À ceux qui pensent : « Une série sur le travail ! Je ne travaille pas en ce moment », il répond : « Ce n'est pas de cela que nous parlons. Nous parlons de servir les autres, que ce soit payé ou bénévole, pour la gloire de Dieu et l'amour du prochain. Le travail n'est pas seulement un emploi. »

4. Deuxième idée fausse : le travail serait mauvais en soi

  • Autre malentendu courant : voir le travail comme une malédiction, un fléau, une conséquence du péché et de la chute. Si le monde était entièrement renouvelé, il n'existerait plus.
  • Pour être honnête, l'image du travail a été abîmée par la chute (ce sera le sujet de la semaine suivante). Le travail peut être frustrant, épuisant, pénible, très répétitif. Mais beaucoup en concluent que le travail est négatif en lui-même, qu'il faut en faire le moins possible et que le vrai bonheur se trouve dans le repos, les vacances et les loisirs.
  • Le prédicateur note un étrange point commun entre les responsables politiques d'extrême gauche, les grandes entreprises et les experts de l'intelligence artificielle : moins il y a de travail humain, mieux on se porte. Les grandes entreprises trouvent cela « génial ». Les politiques d'extrême gauche disent : « Personne n'est obligé de travailler. Allez à la plage, faites du surf. » Tu répondras peut-être : au bout d'un moment, cela devient ennuyeux.
  • L'être humain ne s'épanouit pas quand il ne travaille pas pendant de longues périodes. Pas quand il n'a pas d'emploi payé, mais quand il n'utilise pas ses dons et ses capacités pour servir les autres.
  • Il rappelle le chômage partiel pendant la pandémie, qu'il a lui-même connu un temps. Ceux qui en ont profité pour apprendre, créer ou faire un vrai travail au service des autres en gardent un bon souvenir. Ceux qui ne l'ont passé qu'en loisirs et en inactivité l'ont trouvé très ennuyeux au bout d'un moment.
  • En écrivant son livre sur le bonheur, il a appris que les gens se croient plus heureux à se détendre chez eux qu'à accomplir une tâche au travail. Statistiquement, c'est souvent l'inverse, surtout quand la tâche correspond à leurs compétences : bien faire un travail rend plus heureux que rester assis devant son téléphone.
  • « Le travail est une bénédiction, pas une malédiction. C'est un don de Dieu. » Dieu ne subit pas une malédiction : il travaille et il dit que c'est bon. Il nous crée à son image et dit que c'est très bon.

5. Le rythme du travail et du repos

  • Dieu travaille, puis il se repose. Nous travaillons, nous voyons que c'est bon, puis nous nous reposons. C'est le cycle de la création.
  • D'après Genèse 2:3, il n'y a pas de vrai repos sans travail. « La paresse est possible. Traîner est possible. Tuer le temps en se laissant distraire est possible. » Mais le repos au sens biblique ne vient qu'après avoir travaillé. Dieu se repose parce que son œuvre est achevée.
  • Tu connais la différence : rester assis sans rien faire pendant des semaines, des jours ou même des heures, ou bien t'asseoir après avoir terminé une tâche, ouvrir une bière, regarder le coucher du soleil, regarder tes enfants jouer dans le jardin. L'un est un repos, l'autre n'est que de la léthargie ou du luxe. Cela peut se comprendre un temps, nous ne sommes pas tous faits pour courir sans arrêt, mais il y a dans le travail suivi du repos une grâce que l'on ne trouve pas à rester assis sans rien faire.
  • Le travail précède la chute. Dans le jardin, il y a du travail et du repos, et même six fois plus de travail que de repos.
  • Jésus travaille tout le temps : « Mon Père agit jusqu'à présent ; moi aussi, j'agis » (Jean 5:17). Dieu est toujours à l'œuvre dans le monde. Et dans la nouvelle création, les humains continueront de travailler, sans ennui ni frustration (un autre message de la série y reviendra).
  • Créés à l'image de Dieu, nous ne nous épanouissons pas si notre vie n'est que travail sans repos, ni si elle n'est que repos sans travail. Nous sommes faits pour vivre au rythme des deux.

6. Troisième idée fausse : le travail justifierait ton existence

  • Si l'on a tendance à sous-estimer le travail, beaucoup le surestiment au point d'en faire la justification de leur vie.
  • Andrew Wilson a vu trois fois la comédie musicale Hamilton, et le film en plus. À la fin, Eliza Hamilton chante : « Quand mon heure viendra, en aurai-je fait assez ? Racontera-t-on mon histoire ? » Beaucoup de gens dans la ville pensent ainsi : ai-je justifié ma place dans le monde par mon travail ?
  • Dans le film Les Chariots de feu, deux coureurs ont une vision opposée du lien entre travail et identité. Harold Abrahams dit à un ami : « C'est ton secret, le contentement. J'ai 24 ans et je ne l'ai jamais connu. Je suis toujours en quête, et je ne sais même pas de quoi. Dans une heure, je serai de nouveau là-bas. Je lèverai les yeux vers ce couloir de quatre pieds de large, avec dix secondes solitaires pour justifier mon existence. Mais y arriverai-je ? »
  • Le sprinteur a dix secondes, le footballeur quatre-vingt-dix minutes, le boxeur douze ou quinze rounds, le consultant cinquante-cinq heures cette semaine, ou quarante ans de carrière. Dans tous les cas, c'est le travail qui doit justifier l'existence.
  • Eric Liddell, chrétien qui refusait de courir le dimanche et deviendra missionnaire en Chine, dit au contraire : « Je crois que Dieu m'a créé dans un but, mais il m'a aussi fait rapide. Et quand je cours, je sens son plaisir. » Pour Abrahams, l'identité vient de la performance. Pour Liddell, la performance vient de l'identité.
  • Tim Keller le résume ainsi : « Abrahams travaille même quand il se repose. Liddell se repose même quand il travaille. » Si tu es doué pour les chiffres, pour la technologie, ou pour enseigner à des enfants de quatre ans, tu peux sentir le plaisir de Dieu dans ce que tu fais. Alors même ton travail ressemble à du repos.

7. Travailler à partir de l'œuvre accomplie du Christ

  • Certains cherchent à se justifier par l'argent, d'autres par la reconnaissance, le pouvoir, l'influence ou la simple satisfaction professionnelle. La mauvaise nouvelle : ce n'est jamais assez.
  • La bonne nouvelle : il n'est pas nécessaire qu'il en soit ainsi, parce que la plus grande œuvre de Dieu s'est accomplie en Jésus-Christ. Nous sommes justifiés par son œuvre achevée, pas par la nôtre.
  • Pas par nos dix secondes, nos heures ou nos quarante ans de réussite, mais par les six heures où Jésus est resté suspendu à la croix. Son œuvre accomplie nous est donnée comme un cadeau. Nous travaillons à partir de ce qu'il a fait pour nous, et non pour l'obtenir.
  • La croix est la grande œuvre justifiante qui supprime le besoin de toutes nos petites œuvres d'autojustification. Dieu nous sauve de nos mauvaises œuvres, mais aussi de nos bonnes œuvres faites pour nous justifier devant nos amis, notre famille, la société et nous-mêmes.
  • Paul l'écrit en Éphésiens 2:8-10 : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. [...] Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. »
  • Les œuvres qui te sont confiées sont un cadeau du Dieu qui t'aime. Elles te sont données après que tu as été déclaré juste en Christ. Elles ne garantissent pas ta place devant Dieu, elles en découlent. « C'est la meilleure nouvelle du monde. »
  • Le message se termine par une prière avant la sainte cène : renoncer à se justifier par ses œuvres et recevoir de nouveau la grâce de Dieu manifestée dans l'œuvre accomplie du Christ.

Points à retenir

  • La Bible commence par une semaine de travail : le travail compte pour Dieu, c'est la première chose qu'il fait.
  • Le travail n'est pas d'abord un salaire : c'est utiliser ton temps et tes capacités pour servir les autres, que ce soit payé ou bénévole.
  • Le travail précède la chute. Il a été abîmé, mais il reste un don de Dieu et non une malédiction.
  • Il n'y a pas de vrai repos sans travail, ni de vie épanouie sans repos : tu es fait pour le rythme des deux.
  • Ton travail ne justifie pas ton existence. Tu travailles à partir de l'œuvre accomplie par Jésus à la croix, pas pour gagner ta place devant Dieu.

Application personnelle

  1. Quel travail non payé fais-tu aujourd'hui (parent, aidant, bénévole, étudiant, retraité) que tu n'osais pas appeler « travail » ?
  2. Vois-tu ton travail comme une malédiction à réduire au minimum, ou comme un don de Dieu pour servir les autres ?
  3. Ton repos ressemble-t-il au repos de Dieu après une œuvre achevée, ou à de la léthargie devant ton téléphone ?
  4. Es-tu plutôt comme Harold Abrahams, qui travaille même quand il se repose, ou comme Eric Liddell, qui se repose même quand il travaille ?
  5. Par quoi cherches-tu à te justifier : l'argent, la reconnaissance, l'influence ? Que change pour toi le fait d'être déjà justifié par l'œuvre de Jésus ?

Versets cités

Questions fréquentes

Le travail, c'est seulement un emploi rémunéré ?

Non. Andrew Wilson relève que dans Genèse 1 et 2, cinq personnages travaillent sans être payés : le Père, le Fils, le Saint-Esprit, Adam et Ève. Il définit le travail comme l'usage de notre temps et de nos capacités pour servir les autres et contribuer à l'épanouissement humain, que ce soit payé ou bénévole.

Le travail est-il une conséquence de la chute ?

Non. Le travail existe avant la chute : Dieu travaille et dit que c'est bon, puis il place l'homme dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder (Genèse 2:15). La chute a abîmé le travail, qui peut être pénible et frustrant, mais le travail lui-même est un don de Dieu et non une malédiction.

Que veut dire « Abrahams travaille même quand il se repose » ?

Andrew Wilson cite Tim Keller à propos du film Les Chariots de feu. Harold Abrahams court pour justifier son existence : son identité dépend de sa performance, et il ne se repose jamais vraiment. Eric Liddell court parce que Dieu l'a fait rapide : sa performance découle de son identité. En Christ, tu travailles à partir de l'œuvre accomplie par Jésus, et non pour te justifier.

Rejoins le canal WhatsApp

Le boost du jour, des prières et les nouveaux enseignements, directement sur WhatsApp.

Rejoindre le canal

Gratuit, sans inscription. Ton numéro reste invisible pour les autres membres du canal.

Toutes les prédications sur « Priorités »

Ne rate aucune prédication de King's Church London

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Personnages de la Bible dans ce message

Prier pour cette situation

Ressources sur ce thème

Sur le même thème

Message publié par King's Church London. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Genèse 1-2 : travailler et se reposer à l'image de Dieu | Efficient Church