Introduction
« Dans toute l'histoire de l'humanité, il n'y aura jamais plus un 4 octobre 2026. Ce moment est historique et il ne se reproduira pas. » Matthieu Perraud prêche ce message à l'Église Momentum sans thème annoncé à l'avance, au sortir d'une semaine de jeûne et de prière et d'un week-end où tous les sites de l'Église se sont rassemblés pour contempler ce que Dieu a fait.
Il commence par un constat : Dieu fait encore aujourd'hui de grandes choses. L'église de Bruxelles a quatre ans et environ 800 personnes la fréquentent. Celle de Paris a deux ans et réunit environ 350 personnes. Le lieu où il prêche a été construit avec une centaine de personnes, et plus de 2000 le fréquentent aujourd'hui. Mais il fait un second constat : le temps passe vite.
Le titre de son message tient en une phrase : pour que chaque jour compte. À partir de la prière de Moïse dans le Psaume 90 et de l'appel de Paul à racheter le temps, il invite chacun à appliquer son cœur à la sagesse et à vivre avec la perspective de Dieu.
Plan du message
1. Le temps passe vite : la prière de Moïse
- Le prédicateur plaisante : il n'y a pas si longtemps, il avait des cheveux. Plus sérieusement, quand il est devenu papa, des frères et sœurs de l'Église venaient lui dire : « Profite, parce que le temps passe vite. » Il trouvait alors que c'était « un discours de vieux ». Quelques années plus tard, c'est lui qui le dit aux jeunes parents.
- Depuis toujours, les journées font 24 heures, les semaines sept jours et les années 52 semaines. Rien n'a changé de ce côté-là.
- Ce qui a changé, c'est qu'il n'y a jamais eu autant de voleurs de temps : les réseaux sociaux, les films, le scroll infini, les replays.
- D'où l'appel de Moïse dans le Psaume 90 : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse. » Le prédicateur invite chacun à dire à son voisin : « Chaque jour compte. »
- On peut faire confiance à Moïse sur ce sujet : la Bible le décrit comme un homme patient plus qu'aucun autre sur la terre (Nombres 12:3).
- Pendant quarante ans, il a dirigé un peuple qui tournait en rond au désert à cause de sa désobéissance et de son incrédulité face au pays promis. S'il y a quelqu'un qui a dû se dire que chaque jour compte, c'est lui.
- Un des moyens pour que chaque jour compte, pour appliquer son cœur à la sagesse, c'est de racheter le temps.
2. Racheter le temps, c'est investir
- Paul écrit aux Éphésiens : « Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages ; rachetez le temps, car les jours sont mauvais » (Éphésiens 5:15-16). Il place cet appel dans le cadre très concret des relations familiales et fraternelles.
- Pendant longtemps, ce texte a poussé le prédicateur à l'activisme : « Il faut pas perdre son temps, donc je fais, je fais, je fais. » Il précise que la pensée n'est pas du tout celle-là.
- Racheter le temps, c'est littéralement faire la bonne transaction, faire de chaque moment une opportunité. Il y a d'abord la notion d'investissement : quand tu es papa ou maman, c'est investir ton temps dans la vie de tes enfants. Dans l'Église, c'est investir dans la vie de quelqu'un d'autre.
- Paul a investi dans la vie de Timothée, qui a suivi de près son enseignement, sa conduite et ses combats (2 Timothée 3:10). Paul ne pouvait pas rester pasteur d'Éphèse, mais parce qu'il avait investi en Timothée, il a pu le placer à la tête de cette Église. Il y a toujours une part de risque, mais il y a aussi un retour sur investissement.
- « Si nous sommes là, c'est parce qu'il y a des gens qui ont investi de leur temps » : quelqu'un a décidé que, dans sa journée de 24 heures, il pouvait être bon de passer dix minutes à te dire que Jésus peut te donner la paix, pardonner tes péchés et te sortir de tes addictions.
3. Redevenir leader du temps qui s'écoule
- Racheter le temps, c'est redevenir leader de son temps. La question devient : comment est-ce que je gère les 24 heures qui s'écoulent chaque jour dans ma vie ?
- Le prédicateur propose un exercice à faire à la maison : écrire sur une feuille à quoi ressemble une journée type. Le téléphone peut aussi indiquer le temps passé sur les écrans, « et ça fait peur ».
- Pendant le confinement du Covid, tout le monde disait : « Maintenant que j'ai le temps, je fais mon pain, je fais un jogging, je joue à des jeux de société avec mes enfants. » En réalité, on avait toujours eu le temps : les journées ne s'étaient pas rallongées de trois heures. Certaines choses s'étaient simplement arrêtées, offrant la possibilité de devenir leader de son temps.
- Il ne s'agit pas de reprendre le contrôle de sa vie : « C'est Jésus qui a le contrôle sur notre vie. C'est lui le Seigneur. » Il s'agit de reprendre le contrôle de la manière dont on occupe et investit son temps.
4. Pratiquer le bien, car les jours sont mauvais
- L'expression « les jours sont mauvais » vient du prophète Amos (Amos 5:13). Il y dénonce les injustices dans la société, les autorités religieuses qui se servent du peuple au lieu de le servir, et les injustices au sein des familles.
- Amos appelle à rechercher le bien (Amos 5:14-15). Quand nous pratiquons le bien autour de nous, nous rachetons le temps. C'est pourquoi Paul applique aussitôt cet appel aux relations dans l'Église et dans les familles.
- Le prédicateur encourage à faire la liste de ses 24 heures, à gommer ce qui ne compte pas vraiment et à le remplacer par ce qui compte vraiment. Il précise qu'il parle d'abord pour lui-même : il entendra son message quatre fois ce jour-là.
- C'était le cœur du message de Jésus : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matthieu 6:33). Quand tu investis ton temps dans ce qui est le cœur de Jésus, tu as un retour sur investissement.
- Ce ne sera jamais une perte de temps de venir à une soirée Logos ou de consacrer deux heures par semaine à un groupe de croissance pour étudier la Bible et porter les fardeaux les uns des autres. Le jour où tu traverseras des difficultés, tu ne chercheras pas à t'isoler : cette famille plus petite priera et combattra avec toi.
5. Voir sa vie avec la perspective de Dieu
- Moïse écrit dans le même psaume : « Mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d'hier » (Psaume 90:4). Pierre reprend cette pensée pour encourager des chrétiens dispersés et éprouvés : pour le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour (2 Pierre 3:8).
- Nous comptons le délai de réponse de Dieu dans nos journées de 24 heures, lui compte avec l'éternité. Ce que tu attends depuis des années n'est peut-être, dans l'éternité de Dieu, qu'un clin d'œil.
- « On va pas faire de maths ce matin, mais on va faire un peu de physique. » Assis dans le train, il est immobile si le train est son référentiel. Pour la vache qui le regarde passer, il va à 300 km/h. C'est la même personne, mais tout dépend du référentiel.
- Dans le référentiel humain, certaines situations n'ont ni solution, ni issue, ni espoir. Placées dans le référentiel divin, les mêmes situations ouvrent des options, des opportunités et des miracles possibles.
- La patience est une donnée très variable. Les mêmes enfants qui attendent de longues minutes pour une photo avec la Reine des neiges ne peuvent pas attendre trois secondes pour un bonbon. Nous aussi, nous oublions que Dieu est patient avec nous, mais nous nous impatientons dès que la bénédiction ne tombe pas juste après la prière.
6. Vivre dans l'attente du retour de Jésus
- « Jésus revient. C'est la Bible qui le dit. On ne sait pas le jour ni l'heure, il faut être prêt » (Matthieu 24:36). Le prédicateur sourit : « Voilà, mon cours d'eschatologie est terminé. »
- On lui a souvent présenté le retour de Jésus à travers les catastrophes, ou avec le verset d'Amos affiché au-dessus du bureau d'un pasteur : « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu » (Amos 4:12). Mais il y a une autre réalité : la bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, alors viendra la fin (Matthieu 24:14). Si Jésus n'est pas encore revenu, la grâce, le pardon, la restauration et la guérison sont encore possibles.
- En Actes 8, après la mort d'Étienne, une grande persécution disperse l'Église de Jérusalem. « Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole » (Actes 8:4). Ce n'étaient pas des apôtres, on ne connaît même pas leurs prénoms.
- En Jean 21, le bruit court parmi les disciples que Jean ne mourra pas avant le retour de Jésus. Tant que Jean vivait, ce retour semblait proche, et plus il vieillissait, plus les disciples se hâtaient d'annoncer la bonne nouvelle. Dans le référentiel terrestre, la persécution reste la persécution. Dans le référentiel divin, elle devient évangélisation : ceux qui voulaient éteindre le feu l'ont propagé partout.
- Pendant le Covid, l'Église ne pouvait plus se rassembler, mais cela ne l'empêchait pas d'être l'Église. Les circonstances peuvent t'empêcher de faire des choses, elles ne peuvent pas t'empêcher d'être une lumière dans les ténèbres. Si ta lumière s'est éteinte, tu peux faire en sorte que ce jour compte et te remettre à briller.
7. L'Esprit répandu et l'exemple de Jésus
- Pierre reprend à la Pentecôte la prophétie de Joël : « Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes » (Actes 2:17). Oui, des choses vont devenir plus compliquées, mais jamais il n'y a eu autant de conversions et de personnes touchées par le Saint-Esprit.
- Juste après « rachetez le temps », Paul écrit : « Ne vous enivrez pas de vin, mais soyez, au contraire, remplis de l'Esprit » (Éphésiens 5:18). Il y a un lien de cause à effet entre racheter le temps, vivre dans la perspective de Dieu et être continuellement rempli du Saint-Esprit.
- Cette perspective change la prière : le ciel devient plus réel que la terre, la guérison plus réelle que la maladie, la délivrance plus réelle que les liens, la promesse plus réelle que le problème, l'autre rive plus réelle que la tempête.
- Le bâtiment où l'Église se réunit existe parce que des personnes y ont consacré des samedis, des semaines et parfois leurs congés, à respirer la poussière du ciment et du plâtre. Ce n'était pas une perte de temps.
- Jésus a été très intentionnel. Sur environ 33 ans de vie, il a eu trois ans de ministère. Il ne s'est pas éparpillé : il a investi dans douze personnes, avec une part de risque, puisque l'un l'a trahi. Il n'y a qu'un seul nom par lequel nous pouvons être sauvés (Actes 4:12), et c'est le nom de Jésus.
Points à retenir
- Le temps n'a pas changé, mais les voleurs de temps se sont multipliés. Bien compter tes jours est un appel à la sagesse.
- Racheter le temps, ce n'est pas faire toujours plus : c'est investir ton temps dans ce qui compte vraiment, à commencer par la vie des autres.
- Pratiquer le bien et chercher premièrement le royaume de Dieu, c'est racheter le temps. Ce temps investi n'est jamais perdu.
- Tout dépend du référentiel. Dans la perspective de Dieu, une situation sans issue devient une opportunité.
- Jésus revient. Tant qu'il n'est pas revenu, la grâce est encore possible et chacun peut être une lumière, quelles que soient les circonstances.
Application personnelle
- Si tu écris ta journée type sur une feuille, quelles sont les choses qui ne comptent pas vraiment et que tu pourrais gommer ?
- Dans la vie de qui investis-tu ton temps en ce moment : tes enfants, un frère ou une sœur de l'Église, une personne qui ne connaît pas Jésus ?
- Quelle situation de ta vie regardes-tu uniquement dans le référentiel humain ? Qu'est-ce qui change si tu la places dans la perspective de Dieu ?
- Où en est ta patience envers Dieu quand la réponse à ta prière tarde ?
- Que peux-tu faire aujourd'hui pour que ce jour compte vraiment, et qu'il y ait un avant et un après ?
Versets cités
- Psaume 90:4
- Psaume 90:12
- Nombres 12:3
- Éphésiens 5:15-18
- 2 Timothée 3:10
- Amos 5:13-15
- Amos 4:12
- Matthieu 6:33
- 2 Pierre 3:8
- Matthieu 24:14
- Matthieu 24:36
- Actes 8:1-4
- Jean 21:18-23
- Actes 2:17-18
- Actes 4:12
Questions fréquentes
Que veut dire « racheter le temps » dans Éphésiens 5 ?
Pour Matthieu Perraud, ce n'est pas un appel à l'activisme ni à s'épuiser à faire toujours plus. Racheter le temps, c'est faire la bonne transaction : investir son temps et faire de chaque moment une opportunité. C'est redevenir leader du temps qui s'écoule, sans reprendre le contrôle de sa vie, qui appartient à Jésus.
Pourquoi Moïse est-il un bon guide pour apprendre à bien compter nos jours ?
Moïse prie le Psaume 90 : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse. » La Bible le décrit comme un homme patient plus qu'aucun autre sur la terre, et il a conduit pendant quarante ans un peuple qui tournait en rond au désert. S'il y a quelqu'un qui a dû veiller à ce que chaque jour compte, c'est lui.
Qu'est-ce que la perspective divine change dans nos vies ?
Tout dépend du référentiel. Dans le référentiel humain, une situation peut sembler sans issue. Placée dans le référentiel divin, la même situation ouvre des options, des solutions et des miracles possibles. Pour la première Église, la persécution est ainsi devenue évangélisation, parce qu'elle vivait dans l'attente du retour de Jésus.