Le Roi est là : faire du royaume de Dieu ta priorité

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Introduction

« Nous sommes rassemblés pour le royaume de Dieu. » Malcolm Duncan, pasteur de Kensington Temple, à Londres, ouvre ainsi une semaine de conférence intitulée « Pour le royaume de Dieu ». Il prévient d'emblée : l'Église ne cherche pas une semaine d'enthousiasme religieux, ni seulement une belle prédication ou une louange puissante. Elle demande à Dieu bien plus que de « décorer nos vies de quelques moments spirituels ».

La vraie question n'est pas le succès de la conférence. « La question est de savoir si, à la fin de cette semaine, Jésus-Christ aura davantage de droits sur ta vie et sur la mienne. » Car le royaume de Dieu n'est pas « un département religieux à l'intérieur d'une vie qui reste dirigée par soi-même ».

Fait rare pour lui, le prédicateur s'adresse d'abord aux croyants. Il pose une seule question : comment faire du royaume la priorité dans tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons ? Il y répond à travers quatre regards : contempler le Roi, rechercher son règne, devenir utile au maître et accepter sa mission.

Plan du message

1. « Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent »

  • Avant de prêcher, Malcolm Duncan revient sur un verset lu pendant le culte, 2 Timothée 2:19. Il l'a lu pour la première fois le soir de sa conversion, le premier dimanche soir de février 1986, à Belfast. Ce soir-là, Dieu l'a sauvé et l'a aussi appelé : il savait qu'il deviendrait prédicateur.
  • Le lendemain, à 16 ans, il achète un Nouveau Testament grec et un Ancien Testament hébreu, très anciens car il a peu d'argent. Au libraire qui lui demande comment il sait qu'il sera prédicateur, il répond : « Dieu me l'a dit hier soir. » Il sourit : « Personne ne m'avait encore appris que Dieu ne parle plus comme avant. » Dans la Bible hébraïque, plus que centenaire, quelqu'un avait noté 2 Timothée 2:19.
  • Le soir même, sa grand-tante, qui avait prié pour sa conversion avec son oncle, lui offre une concordance Strong. Sur la page de garde, de sa main : 2 Timothée 2:19. Elle la lui avait achetée le jour de sa naissance, en 1970, parce que Dieu lui avait dit : « Cet homme est mis à part pour mes desseins », et elle avait prié pour lui chaque jour.
  • « J'ai souvent douté de moi. J'ai douté de ma fidélité. » Mais jamais de son appel. Quand tout semble mal aller, il rouvre ces deux vieux livres pour se rappeler que « Dieu achève toujours ce qu'il commence ».
  • Il est convaincu que Dieu appelle encore des hommes et des femmes : « Il n'a pas besoin de ton argent, de ta maison ou de ta voiture. Il a besoin de ton cœur. Il a besoin de ton oui. »

2. Le royaume confronte toutes les souverainetés rivales

  • « Le royaume de Dieu, cette semaine, va confronter les souverainetés rivales dans ton cœur. » Il confronte la souveraineté du moi, la domination du péché, la puissance de la mort et tout ce qui te dégrade et te fait te sentir moins qu'humain.
  • Il confronte aussi le leadership sans esprit de service, la vision sans sainteté et le pouvoir sans redevabilité. Il annonce qu'une autre autorité est entrée dans l'histoire : au nom de Jésus, tout genou fléchira et toute langue confessera qu'il est Seigneur (Philippiens 2:10-11).
  • « La première confession chrétienne n'était pas : Jésus, aide-moi. La première confession de l'Église, c'était : Jésus est Seigneur. » Et si Jésus est Seigneur, César ne l'est pas, ni l'État, ni le marché, ni mes appétits, et ma peur ne gouverne pas mon avenir. « Si Jésus est Seigneur, le Roi est là. »
  • Il rappelle le chant de Phil Wickham repris à Kensington Temple, « The King Is in the Room » : les chaînes doivent se briser et la peur doit partir, parce que le Roi est là. « Je n'ai pas besoin de le crier. Je le déclare avec l'autorité de Christ. »
  • Personne ne peut confesser à ta place que Jésus est Seigneur. Mais dans cette maison, personne ne dirigera sans l'avoir confessé, « pas il y a 50 ans, pas il y a cinq ans, mais cette semaine », dans tes choix quotidiens.

3. Contempler le Roi

  • Le fondateur de l'Église, George Jeffreys, achète le bâtiment en 1930 et l'ouvre en 1931 ; son frère Stephen y avait déjà tenu des campagnes de miracles. Après des années difficiles, l'Église repart en 1965 sous la conduite d'Eldin Corsie. « L'histoire de cette maison n'est pas celle d'un homme ou d'un pasteur. C'est celle d'un Dieu fidèle. »
  • George Jeffreys arrêtait parfois le culte, montait sur une chaise et disait : « Attendez une minute. Le maître est là. » Malcolm Duncan monte à son tour sur une chaise : « Calme-toi. Apaise ton esprit, car le maître est là. »
  • Marc 1:14-15 : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. » Le royaume ne vient pas comme une idée abstraite, il vient en Jésus-Christ, « le porteur du royaume ». Pour savoir comment le royaume traite les brisés, regarde comment Jésus les traite : il s'agenouille dans la poussière, il relève, il pardonne, il rend la dignité que l'ennemi ou la religion ont volée.
  • Tout commence dans un paysage politique sombre : Jean est en prison, Hérode semble tenir le pouvoir, Rome occupe le pays. Jésus lit Ésaïe dans la synagogue de Nazareth (Luc 4:18-19). Il n'attend pas la permission d'Hérode, ni l'aval de Rome, ni un sondage d'opinion. Ses actes de compassion « sont des signes que le Roi est dans la pièce ».
  • Son gendre, conducteur de louange, a vécu une grande conférence où certains regardaient leur montre parce que la louange n'était pas à leur goût. Il a partagé une vision : le Roi est entré, s'est arrêté au milieu de l'estrade, a regardé chaque personne, puis est ressorti. « Est-ce que l'un de vous l'a remarqué ? » Le prédicateur pose la même question.
  • Lui-même jeûne et prie toute la semaine de ces conférences pour venir attentif. « Ne me regarde pas. Regarde-le. » Dieu demande à Jérémie : « Que vois-tu ? » (Jérémie 1:11, 1:13 et 24:3), et pose la même question à Amos (Amos 7:8 et 8:2). « Nos programmes, nos stratégies et nos idées ne suffisent pas. Nous avons besoin de regarder le Roi. »

4. Rechercher son règne et se soumettre à son autorité

  • « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu » (Matthieu 6:33). Ne manque pas le mot « premièrement ». Chacun organise sa vie autour d'une idée de la vie réussie : ce qui donnera sécurité, identité et importance. Pour certains, la réussite ; pour d'autres, le confort, la reconnaissance, la richesse, l'influence ou le contrôle.
  • Quand Jésus nous appelle dans son royaume, il n'améliore pas notre vision : il nous en donne une nouvelle. « Que ton règne vienne » (Matthieu 6:10) est une prière dangereuse. « Que ton règne vienne, mais ne touche pas à mon ministère » n'a aucun sens.
  • Il cite une phrase lue dans un livre : « Le plan du ciel est le modèle de la terre. » Quand Londres nous regarde, elle devrait voir en nous « un avant-goût de l'avenir ».
  • Colossiens 3:23-24, texte central de la conférence : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur. » « Tout ce que vous faites » ne laisse aucune place à un discipulat divisé. La voix qui critique ton frère est la même qui loue le Seigneur.
  • L'enseignant, l'infirmière, l'entrepreneur, l'artiste, le technicien, l'accueillant, l'investisseur : « C'est une œuvre sainte. » Les appels sérieux de Dieu ne sont pas seulement ceux de l'estrade. L'Église doit former des disciples capables d'entrer dans l'éducation, les affaires, le gouvernement, la santé, les arts, les médias, les sciences et la technologie.
  • « Nous n'avons pas besoin d'une autre célébrité chrétienne sur une autre estrade. » Il honore trois femmes de l'Église, les trois premières à avoir été ordonnées au ministère dans l'Église pentecôtiste Elim, dans les années 1990 : après leur ordination, elles ont continué à déplacer des chaises et à servir le thé et le café. Le royaume n'avance pas « par la grandeur de nos noms, mais par la fidélité de notre obéissance ».

5. Devenir utile au maître

  • En 2 Timothée 2:14-26, Paul écrit à un jeune responsable dans une saison difficile, entre faux enseignements et disputes. Il ne lui apprend pas à agrandir sa plateforme, il lui apprend à garder sa vie. Dans une grande maison, celui qui se garde pur devient un vase « utile à son maître » (versets 20-21).
  • « Utile au maître. C'est ça, l'enjeu. Pas impressionnant pour un public, pas envié par les autres, pas célébré sur une estrade. » Nous ne possédons pas la maison, nous sommes des vases dans la maison. Le maître détermine notre but, prépare notre caractère et dirige notre service.
  • La crise du leadership dans l'Église vient rarement d'un manque de talent, bien plus souvent d'un manque d'obéissance. On confond le don avec la piété. « La pire chose qui puisse arriver à quelqu'un, c'est d'être placé trop tôt sur l'estrade. » Le talent rassemble une foule, mais il ne porte pas le poids d'une responsabilité spirituelle durable. Le charisme ouvre une porte, la sainteté seule décide quand la franchir.
  • Paul demande à Timothée de fuir certaines choses (verset 22). Le prédicateur appelle son Église à fuir l'apathie et le vieux cycle du « regardez ce qui s'est passé la dernière fois ». Comme Néhémie face à ceux qui lui criaient de descendre (Néhémie 6:3), il redit ce qu'il avait déclaré à son arrivée : « Dieu m'a appelé sur cette muraille. Je n'en descendrai pas. »
  • « Il ne faut pas qu'un serviteur du Seigneur ait des querelles » (verset 24). « Combien de ministères ont été perdus sur l'autel de ce qui n'a pas d'importance ? » Il précise que l'Église ne traverse pas de crise, au contraire : on prêche ces choses pour rester fidèle le jour où ce sera difficile.
  • Une méga-église ne devient pas une famille spirituelle par une foule hebdomadaire. Les cellules sont le lieu où l'on est connu et où les disciples sont formés. Chacune doit garder une imagination missionnaire : qui n'est pas encore à table ? Qui est isolé ? Où la douleur est-elle cachée ? Le but n'est pas de produire des consommateurs, mais un peuple du royaume.

6. Accepter sa mission

  • L'Esprit nous envoie vers les brisés et les exclus. Malcolm Duncan avoue ne pas aimer voyager ni prendre l'avion, mais il accepte de parcourir le monde parce que Dieu lui a donné un cœur pour la mission mondiale. Au Brésil, au Congo ou au Togo, il a vu l'Esprit tomber encore et encore.
  • Son défi : partir en voyage missionnaire dans les 18 prochains mois. « Si tu peux te payer un repas chinois chaque semaine, tu peux te payer un voyage missionnaire. Ce n'est pas une question de moyens, c'est une question de priorité. »
  • Londres n'est pas seulement le lieu de l'Église, elle fait partie de sa mission. C'est sa ville préférée, mais une ville profondément inégale : la richesse et la pauvreté s'y côtoient à quelques rues, des millions de gens y vivent proches et pourtant seuls. « Les nations se rassemblent ici, et les blessures des nations aussi. » On ne peut pas aimer Londres et le monde en théorie.
  • La vision de l'Église : 50 000 cellules d'ici 2040, 10 000 sur chaque continent, environ trois millions de personnes nées de nouveau. « Seul Dieu peut faire cela. Mais Dieu peut le faire. »
  • Il rappelle le 28 août 1963 : Martin Luther King perdait la foule jusqu'à ce que Mahalia Jackson lui lance : « Parle-leur du rêve, Martin. » « Je ne suis pas Martin Luther King. Je suis un petit garçon de Belfast, mais j'ai une vision. » Une Église qui refuse d'être enfermée entre quatre murs, des cellules dans les salons, les cafés et les universités, un cœur missionnaire au-delà de Londres, une Église en feu par le Saint-Esprit et une génération qui se lève « jusqu'à ce que le monde sache que Jésus-Christ est Seigneur ».

Points à retenir

  • Le royaume de Dieu n'est pas un département religieux de ta vie : il vient en Jésus-Christ et confronte toutes les souverainetés rivales de ton cœur.
  • La première confession de l'Église est « Jésus est Seigneur ». Si Jésus est Seigneur, le Roi est là, et rien d'autre ne gouverne ton avenir.
  • Chercher premièrement le royaume, c'est laisser Dieu réorganiser toute ta vie : il n'y a pas de domaine sacré et de domaine profane, tout travail fait pour le Seigneur est une œuvre sainte.
  • Dieu cherche des vases utiles plus que des talents impressionnants : la sainteté et l'obéissance comptent plus que le charisme.
  • La vision de Dieu produit la mission : elle nous envoie vers notre ville et vers les nations.

Application personnelle

  1. Quelle souveraineté rivale règne encore dans ton cœur : le moi, une peur, un appétit, l'argent ?
  2. As-tu déjà prié « Que ton règne vienne, mais ne touche pas à… » ? Quel domaine gardes-tu pour toi ?
  3. Cette semaine, où vas-tu poser ton regard sur Jésus plutôt que sur l'orateur, le programme ou tes habitudes ?
  4. Dans ton travail, ta famille ou ton service, qu'est-ce qui te rendrait plus « utile au maître » que simplement visible ?
  5. Qui n'est pas encore à table autour de toi, et quel pas concret de mission peux-tu faire dans les 18 prochains mois ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire Malcolm Duncan par « le Roi est là » ?

Le royaume de Dieu ne vient pas comme une idée abstraite : il vient en la personne de Jésus-Christ. Là où Jésus est présent par son Esprit, les pécheurs sont pardonnés, les brisés relevés, les exclus accueillis. Pour le prédicateur, la première confession de l'Église est « Jésus est Seigneur » : si Jésus est Seigneur, le Roi est là.

Pourquoi « Que ton règne vienne » est-elle une prière dangereuse ?

Parce qu'on ne peut pas demander sincèrement la venue du règne de Dieu tout en protégeant les domaines où l'on veut garder sa propre volonté. Dire « que ton règne vienne, mais ne touche pas à mon ministère » n'a pas de sens. Chercher premièrement le royaume (Matthieu 6:33), c'est laisser Dieu réorganiser toute sa vie.

Que signifie être « utile à son maître » en 2 Timothée 2 ?

Dans une grande maison, il y a toutes sortes de vases. Celui qui se garde pur devient un vase utile à son maître (2 Timothée 2:21). Pour Malcolm Duncan, l'enjeu n'est pas d'impressionner un public mais d'obéir : nous ne possédons pas la maison, nous sommes des vases dans la maison, et le maître forme notre caractère avant de diriger notre service.

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