Introduction
« Le royaume des cieux est encore semblable à un trésor caché dans un champ. » Lors du culte d'enseignement de 16 h à Kensington Temple, à Londres, Michelle Bennett poursuit la série « Texts That Linger » (des textes qui restent en mémoire) avec deux toutes petites paraboles de Matthieu 13:44-46 : le trésor caché dans un champ et la perle de grand prix.
Elle replace ces récits dans leur contexte. Deux semaines plus tôt, l'Église a médité la parabole de l'ivraie, puis celle du grain de sénevé et du levain. Jésus quitte ensuite la foule, entre dans la maison et parle à ses disciples. C'est à eux, ceux qui l'ont déjà suivi, qu'il raconte ces deux paraboles liées l'une à l'autre.
Michelle Bennett précise d'emblée ce dont elle ne parlera pas : la question de savoir qui trouve le trésor, autrement dit la prédestination. Elle s'arrête sur l'homme qui, ayant trouvé le trésor, réagit avec joie. Et elle pose la question à chacun : quand tu vois le royaume, est-ce qu'il te remplit d'une joie telle que tu lâches tout le reste ?
Plan du message
1. Un trésor dans un champ : un rêve à la portée de tous
- Du temps de Jésus, il y avait des banquiers, mais pour changer et prêter de l'argent. Pas de coffre-fort, pas de salle forte, sinon peut-être au temple. Les maisons n'étaient guère protégées, alors on enterrait son trésor dans un endroit où l'on pourrait le retrouver.
- Les deux raisons les plus probables pour enterrer un trésor : une invasion imminente ou un long voyage. Deux situations dont on risquait de ne pas revenir. D'où les nombreuses histoires de famille sur un trésor retrouvé, du genre « l'oncle de l'amie de ma mère a trouvé un trésor qui valait quarante bœufs ».
- L'homme de la parabole est dans l'incertitude. Le trésor est dans le champ d'un autre. S'il le prend, on peut l'accuser de vol. S'il est employé, son patron peut le revendiquer. La seule façon d'en être sûr, c'est d'acheter le champ, et pour cela il doit vendre tout ce qu'il a. Il n'est donc probablement pas riche.
- Il ne vend pas parce qu'on l'y oblige, mais parce que la joie de posséder ce trésor dépasse tout ce qu'il a. Acheter le champ n'est pas payer un droit d'entrée dans le royaume : Jésus souligne la valeur du trésor, qui vaut plus que tout sacrifice consenti pour l'avoir.
2. Des gens inattendus qui ont saisi le royaume
- L'Ancien Testament raconte l'histoire de personnes inattendues qui rencontrent le royaume. Rahab voit l'immense armée de l'autre côté du Jourdain et comprend que Dieu agit. Elle dit en quelque sorte : « Je veux ça », et elle abandonne toute sa vie pour rejoindre ce que Dieu fait avec Josué.
- Ruth, la Moabite, adoratrice de dieux païens, s'attache à sa belle-mère et au Dieu d'Israël. Rahab et Ruth figurent toutes deux dans la généalogie de Jésus.
- Obed-Édom, de Gath, est un Philistin, du peuple que David combattait une vingtaine d'années plus tôt. Quand l'arche est ramenée à Jérusalem sur un char et que celui qui la touche meurt, on la laisse dans sa maison (2 Samuel 6). Il reconnaît la valeur de ce qu'il a reçu, et la suite de son histoire le montre intégré parmi les Lévites, comme portier.
- Jésus rejoint ainsi l'histoire spirituelle d'Israël et les rêves de ses auditeurs.
3. La perle sans défaut : un royaume hors de l'ordinaire
- Jésus dit « encore » : ce qu'il ajoute s'appuie sur ce qu'il vient de dire. Les deux paraboles contrastent, mais elles vont ensemble et forment un seul tableau.
- Le mot grec pour le marchand, emporos, a donné le mot « emporium », une boutique remplie d'objets venus d'autres pays. Ce n'est pas un commerçant local, mais un négociant international, sans doute riche, grand voyageur et respecté, qui a passé sa vie à acheter des perles.
- Aujourd'hui, les perles de culture se produisent par centaines. À l'époque, elles étaient considérées comme plus précieuses que les diamants. Il fallait plonger des centaines de fois pour trouver une huître avec une perle, et peut-être une perle parfaite sur cent. Celle-ci est sans défaut, ronde, lisse, sans la moindre rayure : il faudrait plusieurs vies pour en voir une.
- Michelle Bennett raconte qu'il y a environ vingt-cinq ans, Kensington Temple a voulu acheter un bâtiment à North Acton. L'agent est revenu dire : « Peu importe combien vous offrez, l'autre acheteur paiera n'importe quel prix, parce qu'il le veut pour des raisons personnelles. Vous le voulez pour des raisons pratiques. » Le marchand est comme cet acheteur.
- Le champ et la perle sont la matière des rêves : le royaume dépasse l'ordinaire. On ne le trouve pas tous les jours. Beaucoup venaient à Jésus pour être guéris ou pour l'écouter, mais peu sont devenus des disciples engagés, parce que peu ont vu le royaume.
4. La joie, moteur du renoncement
- Les deux hommes éprouvent de la joie rien qu'en voyant le trésor. Savoir qu'il existe les remplit de joie. C'est cette joie qui les pousse à vendre, et vendre tout n'est pas une épreuve pour eux.
- Michelle Bennett cite Hébreux 12:1-2 : Jésus, « en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l'ignominie ».
- Pour Jésus, le trésor, ce qui lui apporterait une grande joie, c'était de nous avoir dans son royaume. Cela valait la peine de tout donner, de supporter la douleur, l'humiliation et la mort.
5. Le royaume est ouvert à tous
- Les deux hommes ne pourraient pas être plus différents : un riche marchand indépendant, un ouvrier sans doute employé et peu aisé. Le royaume n'est pas réservé à ceux pour qui les portes s'ouvrent facilement, ni à ceux qui ont du temps libre.
- Dans les Évangiles, l'aveugle Bartimée suit Jésus, et le riche Joseph d'Arimathée aussi. Joseph cache sa foi jusqu'à la croix ; là, il se lève et demande le corps de Jésus pour l'ensevelir. Une femme pas forcément riche, mais avec un vase d'albâtre d'une grande valeur, le répand sur Jésus pour la seule joie de le voir sur lui, pas pour obtenir quelque chose en échange.
- Il ne faut pas supposer que les riches ne s'intéressent pas au royaume, ni que les pauvres en ont davantage besoin. « Dieu peut enterrer le trésor juste devant eux », au Parlement, dans les palais des rois ou dans les bureaux d'aide aux chômeurs.
- L'un cherche, l'autre tombe sur le trésor par hasard. À ceux qui cherchent, Dieu promet de se laisser trouver : Jérémie 29:13 (« si vous me cherchez de tout votre cœur ») et Deutéronome 4:29. Paul, lui, croyait bien faire en persécutant les disciples, jusqu'au chemin de Damas. Il voit le royaume et, aussitôt, prêche dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu (Actes 9:20).
6. Dieu voit ce que tu laisses, mais tous n'aiment pas le royaume
- Jésus comprend ce que ses disciples ont quitté. Pierre, André, Jacques et Jean ont laissé aussitôt leurs filets (Matthieu 4:18-22). Quand beaucoup se détournent, Pierre répond : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6:68). Dieu n'est pas aveugle à ce que tu abandonnes pour le suivre.
- Tu ne vends peut-être pas tout en termes d'argent, mais combien laisses-tu derrière toi avec joie ? Au dernier week-end de rencontre des femmes, Michelle Bennett a vu des femmes lâcher des choses avec joie, parce qu'elles avaient entrevu plus clairement le royaume.
- Zachée veut voir la célébrité qui passe en ville et grimpe dans un arbre. Jésus lui dit qu'il vient demeurer chez lui (Luc 19). Zachée comprend aussitôt et donne la moitié de ses biens aux pauvres, et rend le quadruple à ceux qu'il a lésés.
- Le jeune homme riche, lui, veut « avoir » le royaume. Le verbe employé évoque quelque chose qu'on porte, comme un ornement ajouté à sa vie. Pour le champ et la perle, Jésus emploie le verbe « acheter », lié à la place du marché, le même qui sert à dire que Jésus nous a rachetés. Devant le prix, le jeune homme s'en va triste : il ne voit pas la valeur du royaume.
- Ce n'est pas à nous de juger qui est Zachée et qui est le jeune homme riche. Comme dans la parabole de l'ivraie, Dieu s'occupera lui-même, au bon moment, de ceux qui font semblant. Continue d'aimer le royaume et de chercher Dieu.
7. Le centuple : une vie de joie où tout est possible
- Jésus promet en Matthieu 19:29 que quiconque a quitté maisons, frères, sœurs, père, mère, enfants ou terres à cause de son nom recevra le centuple et héritera la vie éternelle. Le mot traduit par « quiconque » ne laisse personne de côté.
- Dieu ne compte pas en sommes d'argent. Michelle Bennett plaisante : si elle quittait un emploi à 30 000 livres par an, faudrait-il qu'elle en retrouve un à 3 millions ? Le centuple, c'est d'abord la joie du royaume.
- Imagine le marchand : chaque matin, il regarde sa perle et elle lui apporte de la joie. Il doit reconstruire son affaire, mais il ne grogne pas, car il peut contempler chaque jour quelque chose de très beau.
- À l'époque, on enterrait les trésors dans des jarres, comme les manuscrits de la mer Morte, cachés dans des grottes et retrouvés vers 1948. Paul parle d'un trésor dans des vases de terre (2 Corinthiens 4:7). L'homme du champ n'a vu que des jarres, sans savoir tout ce qu'elles contenaient. Une fois le trésor déterré, il ne se demande pas comment il va vivre : il travaillera son champ. La joie devient l'inspiration de toute sa vie.
- Michelle Bennett témoigne : jeune, elle travaillait dans la finance et gagnait très bien sa vie. Elle a vu Dieu à l'œuvre dans le centre-ville de Birmingham et a pris deux années de pause pour y servir, auprès des enfants de la ville. Fauchée tout le temps, elle a pourtant aimé ce temps presque sans réserve. Ensuite, chaque emploi dans la finance lui a paru d'un ennui mortel. Elle a fini par servir Dieu dans quatre domaines différents et a vécu « des choses que l'argent ne peut pas acheter ».
- Dans le royaume, c'est comme si Dieu disait : « Le monde est ton huître. Quelles perles vais-je apporter dans ta vie ? » Elle l'a vu dans les week-ends de rencontre, avec les jeunes et à l'école biblique, où des personnes très inattendues ont été diplômées et font des choses étonnantes.
- L'homme au trésor ne peut pas perdre, le marchand non plus. Le royaume est un royaume de joie, au-delà de ton imagination, meilleur que toutes les biographies chrétiennes que tu as lues. Pourquoi ta vie ne pourrait-elle pas être aussi belle ? Sur un porte-clés reçu lors du week-end, elle a lu : « La foi ne rend rien facile, mais elle rend tout possible. »
Points à retenir
- Le trésor et la perle valent plus que tout sacrifice consenti pour les posséder. On n'achète pas le royaume : on le reçoit avec joie.
- C'est la joie, pas la contrainte, qui pousse les deux hommes à tout vendre. Pour Jésus aussi, la croix a été endurée « en vue de la joie ».
- Le royaume est ouvert à tous : riches ou modestes, chercheurs ou surpris, Dieu peut enterrer le trésor juste devant chacun.
- Dieu voit ce que tu laisses pour lui. Mais tous ceux qui voient le royaume ne l'aiment pas, et ce n'est pas à toi de juger.
- Le centuple promis n'est pas un calcul financier : c'est une vie de joie où tout devient possible avec Dieu.
Application personnelle
- À quoi ressemblent, dans ta vie, la perle et le trésor dans ton champ ?
- Quand tu vois le royaume, est-ce qu'il te remplit d'une joie telle que tu lâches le reste, ou te contentes-tu de le porter comme un ornement ?
- Qu'as-tu déjà laissé derrière toi pour suivre Jésus, et crois-tu que Dieu l'a vu ?
- Y a-t-il des personnes autour de toi que tu juges trop riches, trop occupées ou trop loin pour voir le royaume ?
- Si tu te sens fatigué, prendras-tu le temps de dire : « Seigneur, montre-moi ton royaume, révèle-le-moi davantage » ?
Versets cités
- Matthieu 13:44-46
- 2 Samuel 6
- Hébreux 12:1-2
- Jérémie 29:13
- Deutéronome 4:29
- Actes 9:20
- Matthieu 4:18-22
- Jean 6:67-69
- Luc 19:1-10
- Matthieu 19:16-22
- Matthieu 19:29
- 2 Corinthiens 4:7
Questions fréquentes
Que signifie la parabole du trésor caché dans un champ ?
Pour Michelle Bennett, cette parabole ne décrit pas un droit d'entrée payé pour le royaume. Jésus souligne la valeur du trésor, qui dépasse tout sacrifice consenti pour le posséder. C'est la joie de l'avoir trouvé qui pousse l'homme à tout vendre, pas un calcul ni une obligation.
Pourquoi Jésus raconte-t-il deux paraboles, le trésor et la perle ?
Le mot « encore » relie les deux récits : le second s'appuie sur le premier. Un ouvrier modeste tombe par hasard sur un trésor, un riche marchand trouve la perle qu'il cherchait depuis toujours. Ensemble, ils montrent que le royaume est offert à tous, quel que soit le statut, et à ceux qui cherchent comme à ceux qui ne cherchaient pas.
Que promet Dieu à ceux qui quittent tout pour le royaume ?
Jésus promet en Matthieu 19:29 le centuple et la vie éternelle à quiconque a quitté quelque chose à cause de son nom. Michelle Bennett précise que Dieu ne compte pas en sommes d'argent : le centuple, c'est d'abord la joie du royaume et une vie où tout devient possible avec Dieu.