Introduction
T'es-tu déjà posé cette question : pourquoi Jésus n'est-il pas ici avec nous, en ce moment ? Pourquoi ne marche-t-il pas à nos côtés pour nous parler directement, comme il le faisait avec ses disciples dans les Évangiles ? Il est ressuscité, mais il est monté auprès du Père au lieu de rester sur la terre. Nous a-t-il abandonnés ?
Finn, pasteur en formation à Charlotte Chapel, à Édimbourg, ouvre ainsi sa prédication sur Jean 14:15-31. Si tu t'es déjà posé ce genre de question, tu n'es pas seul : les disciples se la posaient aussi. « Seigneur, où vas-tu ? Pourquoi ne pouvons-nous pas te suivre ? Que ferons-nous sans toi ? » Après trois ans passés avec lui, au moment où ils pensent que le royaume va s'installer à Jérusalem, Jésus leur parle de partir et même de mourir.
Alors, la veille de sa mort, Jésus les rassemble pour un repas. Il veut les consoler, les rassurer et leur donner du courage. Et son message ne se résume pas à « tenez bon, je reviens ». Il leur dit : je ne vous abandonne pas, je vous donne un autre consolateur.
Plan du message
1. Un autre consolateur, appelé à tes côtés
- Au verset 16, Jésus promet que le Père donnera « un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous ». Il s'en va, mais il envoie quelqu'un comme lui à sa place : l'Esprit de vérité.
- Le mot peut se traduire de plusieurs façons : aide, consolateur, conseiller, avocat. Il signifie littéralement « celui qui est appelé à côté ». Quelqu'un qui vient se tenir près de toi pour t'aider, te consoler, te conseiller, plaider pour toi.
- Cet autre consolateur, c'est le Saint-Esprit, la troisième personne de la Trinité, Dieu lui-même.
- Peut-être as-tu beaucoup entendu parler du Père et du Fils, et moins de l'Esprit. Dans ce passage, Jésus veut justement diriger notre attention vers l'œuvre de l'Esprit en ceux qui croient. Finn relève trois choses que l'Esprit rend possibles.
2. Avec l'Esprit, tu peux obéir à sa parole
- « Si vous m'aimez, gardez mes commandements » (verset 15). Quand l'enseignant quitte la classe et que les enfants restent seuls, raconte Finn, « c'est le carnage » : les règles passent par la fenêtre. Jésus veut que ses disciples se souviennent que, même quand il sera parti, aimer Jésus, c'est lui obéir.
- Il le répète tout au long du passage : verset 21, verset 23, et l'inverse au verset 24 : « Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. »
- Simple ? Pas vraiment. « Je n'ai pas toujours fait tout ce que Jésus m'a dit de faire », reconnaît le prédicateur. Ce qui rend l'obéissance difficile, c'est notre propre cœur pécheur et rebelle.
- Ces versets semblent poser des conditions : obéir, puis recevoir l'Esprit, être aimé du Père, voir Dieu venir à nous. Jésus dirait-il que Dieu ne nous aime que si nous l'aimons d'abord ? Bien sûr que non. Toute la Bible le dit : nous l'aimons parce qu'il nous a aimés le premier (1 Jean 4:19).
- Le grec dit littéralement : « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements. » Ce n'est pas tant un ordre qu'une réalité. « Ce n'est pas la condition pour devenir chrétien, c'est la définition d'un chrétien. »
- Si nous obéissons, c'est uniquement parce que l'Esprit est en nous. L'obéissance ne dépend pas de nos efforts ni de notre force morale naturelle. Dieu l'avait promis en Ézéchiel 36:26-27 : « Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau [...] Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances. »
- Et c'est encore l'Esprit qui nous apprend ce que Jésus demande : il « vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (verset 26). Il enseigne, puis il donne la force d'obéir.
- « Dieu n'est pas un examinateur sévère qui prépare l'épreuve la plus difficile possible pour nous faire échouer. Il veut que nous réussissions. » Il donne les réponses et la force de les mettre en pratique. Notre obéissance ne sera pas parfaite, mais elle sera possible. Ce n'est ni un fardeau, ni un moyen de gagner l'amour de Dieu : elle déborde de son amour pour nous et de notre amour pour lui.
3. Avec l'Esprit, tu peux goûter sa présence
- C'est le cœur du passage. La grande crainte des disciples, c'est d'être coupés de Jésus. Or l'Esprit demeurera avec eux « éternellement » (verset 16).
- Mieux encore, au verset 17 : « il demeure avec vous, et il sera en vous ». L'Esprit était déjà avec les disciples, puisque Jésus, rempli de l'Esprit, vivait avec eux. Mais il n'était pas encore en eux. « C'est meilleur que l'Esprit de Dieu soit en toi, et pas seulement avec toi. »
- Plus fort encore : c'est le Dieu trinitaire, Père, Fils et Esprit, qui est présent en toi. « En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous » (verset 20). « D'une manière que je ne comprends pas vraiment », confie Finn.
- Au verset 22, Jude (pas Judas l'Iscariot, Jean tient à le préciser) pose sa question. Elle porte davantage sur le « comment » : comment Jésus va-t-il se montrer aux disciples et non au monde ? Les disciples attendaient un Messie conquérant, visible de tous, devant qui le monde entier plierait le genou.
- La réponse de Jésus au verset 23 : « nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui ». Au moment où tu crois en Jésus et reçois l'Esprit, le Dieu trinitaire fait sa demeure en toi.
- Au début du chapitre, Jésus disait partir pour préparer une place dans la maison du Père. En attendant que les disciples aillent vivre chez Dieu, Dieu vient habiter chez eux. « Nous vivons déjà avec Dieu. »
- Il est facile de réduire la vie chrétienne à l'attente : Jésus est parti, il reviendra, il faut tenir bon. La demeure future avec Dieu dans la nouvelle création sera la meilleure. Mais tu peux goûter sa présence dès maintenant, et il est étrange de ne pas le faire.
4. Ne passe pas devant la cuisine sans t'arrêter
- Finn propose une image. Tu es étudiant et ton meilleur ami, très riche, partage ton appartement. Il t'invite à passer tout le mois d'été, après les examens, dans la maison de vacances de sa famille sur une île grecque. Au lieu de réviser, tu ne penses qu'à ce moment où tu descendras de l'avion dans la chaleur à 30 degrés pour plonger dans la mer bleue.
- Imagine maintenant que, pendant tous les mois qui précèdent, tu ignores complètement cet ami qui vit avec toi. Tu passes devant la cuisine pour prendre ton repas et tu retournes dans ta chambre. Tu ne t'assieds jamais pour discuter. Tu finis par oublier qu'il habite là.
- « Ce serait tragique de passer tout ce temps à penser aux vacances, et aucun temps à connaître celui qui te connaît et t'aime le mieux. » Combien plus tragique si c'est ta relation avec Dieu, qui a emménagé chez toi.
- Jésus ne dit pas cela pour que les disciples soient bien informés en théologie, mais pour les consoler. Il ne s'agit pas de dire un rapide « merci Dieu d'être avec nous » puis de passer à autre chose : il veut que tu te réjouisses de sa présence.
- Finn met en garde contre l'excès d'accent sur les émotions, mais cite Jean Calvin sur le verset 23 : l'amour de Dieu n'est pas placé au second rang, comme si notre piété en était la cause, mais les croyants peuvent être assurés que l'obéissance à l'Évangile plaît à Dieu et attendre de lui sans cesse de nouveaux dons, sentir sa grâce habiter en eux et grandir de jour en jour.
- Dieu ne t'aime pas davantage selon que tu l'aimes plus ou moins. Mais plus tu cherches à l'aimer et à lui obéir, plus tu fais l'expérience de son amour. « Approchez-vous de Dieu, et il s'approchera de vous » (Jacques 4:8).
- Le chant Abide, chanté pendant le culte, s'inspire de Jean 15 : demeurer dans son amour, dépendre de lui. Ce n'est pas passif. C'est pour cela que les chrétiens aiment les moyens de grâce : la Parole, la prière, le repas du Seigneur. Ils ne changent rien au fait que Dieu habite en toi, mais ils changent sans doute combien tu jouis de cette communion.
- C'est vrai aussi pour l'Église : nous ne chantons pas vers un Dieu lointain en espérant qu'il entende. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Corinthiens 3:16).
5. Avec l'Esprit, tu peux connaître sa paix
- Au verset 27, Jésus décrit le don de l'Esprit comme un don de paix : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. » C'est le consolateur qui apporte la paix de Jésus dans nos cœurs.
- Le monde peut parler de paix, mais il ne peut pas la donner. Il passe beaucoup de temps à essayer de mettre fin aux guerres, et elles ne finissent pas. Notre pays essaie de réparer la politique et l'économie, et de rendre les gens heureux : ce n'est pas encore arrivé.
- Et toi, où cherches-tu la paix ? Dans la liste de tâches enfin cochée et le vendredi soir devant la télévision ? Dans la place que tu vises dans ta carrière ? Dans la retraite, quand tu pourras enfin en avoir fini ? « Comment ça se passe pour toi ? »
- « Que votre cœur ne se trouble point, et ne s'alarme point. » Dit par n'importe qui à un disciple anxieux, ce serait peu utile. Mais c'est Jésus qui parle à ceux qu'il aime et à qui il a donné l'Esprit. S'il a pu calmer la tempête et les vagues par sa parole, il peut faire de même pour nous.
- Dans Ésaïe 44, lu pendant le culte, Dieu dit à son peuple : « Ne crains rien », et la raison donnée est : « Je répandrai mon esprit sur ta race, et ma bénédiction sur tes rejetons » (Ésaïe 44:2-3). La paix de Dieu nous est donnée par l'Esprit.
6. Une paix acquise à la croix
- Au verset 28, Jésus dit que si ses disciples l'aimaient vraiment et comprenaient ce qu'il allait faire, ils ne seraient pas terrifiés : ils se réjouiraient, « car le Père est plus grand que moi ».
- Il ne dit pas qu'il n'est pas l'égal du Père : il a déjà dit « Moi et le Père nous sommes un » (Jean 10:30). Il parle du plan éternel de Dieu : par l'incarnation, l'humiliation, la mort à la croix pour des pécheurs, la résurrection et l'ascension, Dieu reçoit une plus grande gloire.
- « Le prince du monde vient » (verset 30) : Satan, l'accusateur, regarde la croix en espérant y remporter une grande victoire. Mais c'est le Fils parfaitement obéissant, un meilleur Adam, qui se livre à notre place. « Il n'a rien en moi » : l'accusateur n'a aucune accusation à porter contre lui. Par sa mort, Jésus remporte la victoire.
- Le résultat : « afin que le monde sache que j'aime le Père, et que j'agis selon l'ordre que le Père m'a donné » (verset 31). La gloire de Dieu et l'amour du Père, du Fils et de l'Esprit sont montrés au monde.
- Pour nous, cela veut dire la vie. « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous » (verset 18). Finn y voit la résurrection, quand Jésus se montre vivant aux disciples : « parce que je vis, et que vous vivrez aussi » (verset 19).
- Cela veut dire aussi la paix : en nous-mêmes, les uns avec les autres, mais d'abord la paix avec Dieu, quand tu viens à Jésus par la foi.
7. Si ce n'est pas encore vrai pour toi
- Le prédicateur le dit avec franchise : si tu n'es pas venu à Jésus par la foi, rien de ce passage n'est vrai pour toi. Tu ne peux pas obéir à sa parole, goûter sa présence ni connaître sa paix, parce que l'Esprit de Dieu n'est pas encore en toi.
- Mais tout cela peut devenir vrai et le deviendra au moment où tu mets ta confiance en Jésus. Il suffit de venir à lui et de lui demander son pardon, sa vie et son Esprit. « Il viendra à toi. Il fera sa demeure en toi. »
- Pour les frères et sœurs en Christ, Finn conclut : Jésus ne nous a pas abandonnés, il est avec nous par l'Esprit. Cette vérité est là pour ta consolation et pour ta joie, en attendant son retour et la demeure future avec lui.
Points à retenir
- Jésus n'a pas abandonné ses disciples : il leur a donné un autre consolateur, l'Esprit, « celui qui est appelé à côté ».
- « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements » n'est pas la condition pour devenir chrétien, c'est la définition d'un chrétien. L'Esprit enseigne la parole de Jésus et donne la force de l'accomplir.
- Le Père, le Fils et l'Esprit font leur demeure en celui qui croit. Tu peux goûter la présence de Dieu dès maintenant, pas seulement l'attendre.
- La paix de Jésus ne ressemble pas à celle du monde : elle est donnée par l'Esprit et acquise à la croix, où l'accusateur n'avait aucune prise sur lui.
- Parce que Jésus vit, ceux qui lui appartiennent vivront aussi.
Application personnelle
- Te sens-tu parfois seul ou abandonné par Dieu ? Que change pour toi le fait que l'Esprit soit « appelé à côté » de toi, et même en toi ?
- Vis-tu l'obéissance comme un examen à réussir pour être aimé, ou comme le fruit de l'amour de Dieu et de l'œuvre de l'Esprit en toi ?
- Ressembles-tu à l'étudiant qui passe devant la cuisine sans s'arrêter ? Quel moment concret peux-tu prendre cette semaine pour t'approcher de Dieu par la Parole, la prière ou le repas du Seigneur ?
- Où cherches-tu la paix en ce moment : dans ta liste de tâches, ta carrière, la retraite ? Qu'est-ce qui t'empêche de recevoir la paix que Jésus donne ?
- As-tu déjà mis ta confiance en Jésus et demandé son pardon, sa vie et son Esprit ?
Versets cités
- Jean 14:15-31
- Jean 14:2-3
- 1 Jean 4:19
- Ézéchiel 36:26-27
- Jacques 4:8
- Jean 15
- 1 Corinthiens 3:16
- Ésaïe 44:1-5
- Jean 10:30
Questions fréquentes
Pourquoi Jésus n'est-il plus physiquement avec nous ?
Dans Jean 14, Jésus explique à ses disciples qu'il s'en va, mais qu'il ne les abandonne pas. Il prie le Père de leur donner un autre consolateur, l'Esprit de vérité, qui demeure avec eux éternellement et qui sera en eux. Pour Finn, c'est même meilleur : Dieu ne se contente pas d'être avec nous, il vit en nous.
« Si vous m'aimez, gardez mes commandements » : est-ce une condition pour être aimé de Dieu ?
Non. Nous ne pouvons jamais gagner l'amour de Dieu : nous l'aimons parce qu'il nous a aimés le premier. Le prédicateur souligne que le grec dit littéralement « vous garderez mes commandements ». Ce n'est pas la condition pour devenir chrétien, c'est la définition d'un chrétien, et c'est l'Esprit qui rend cette obéissance possible.
Quelle est la paix que Jésus donne dans Jean 14:27 ?
C'est une paix que le monde ne peut pas donner : le monde peut en parler, mais pas la donner. Cette paix est apportée par l'Esprit et rendue possible par la mort et la résurrection de Jésus. C'est d'abord la paix avec Dieu, puis la paix en nous-mêmes et les uns avec les autres.