Introduction
« Qui s'assemble se ressemble. » C'est un vieil adage, et Christian Robichaud, pasteur de l'Église Évangélique Paris Métropole, commence par y mettre un point d'interrogation. Mais il prévient : « Vous allez voir qu'en fait, c'est vrai. Plus on s'assemble avec certaines personnes, plus on finit par leur ressembler. »
Ce message s'inscrit dans une série consacrée au rassemblement. Le pasteur part d'une réalité que beaucoup de croyants connaissent : la paix intérieure que Dieu met dans le cœur. Tu l'as reçue gratuitement, par grâce. Et tu as peut-être déjà vécu le moment où, après une désobéissance, cette paix est partie. Rien au monde ne la vaut, ni une paix politique, ni une sécurité économique, ni même la santé.
Or cette paix peut se perdre par ce que la Bible appelle le compromis. Pour le montrer, Christian Robichaud ouvre deux portes : l'apôtre Paul, qui a tout perdu pour gagner Christ, et le roi Josaphat, un homme au cœur bon qui s'est allié à la mauvaise personne.
Plan du message
1. La paix de Dieu, ton bien le plus précieux
- Il vient un moment, dans la marche avec Dieu, où tu ne veux plus perdre pour rien au monde la paix qu'il t'a donnée. Paul l'exprime en une petite phrase : « N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu » (Éphésiens 4:30).
- Cette paix, on ne la marchande pas, on ne la négocie pas, on ne l'échange pas. Elle devient « la possession la plus chère, la plus précieuse » de toute ta vie.
- Le croyant qui l'a goûtée est prêt à tout perdre, « mais pas cette paix ».
2. Paul, l'homme qui a tout perdu pour gagner Christ
- Dans toute l'Écriture, Dieu suscite des modèles, des « types ». Paul est, malgré lui, un type extrêmement puissant de cette vérité.
- Sur le Sinaï, Dieu avait donné à Moïse non seulement son nom, mais sa définition : un Dieu de grâce et de miséricorde, riche en fidélité, « comme dans une alliance de mariage » (Exode 34:6). Ce même Dieu apparaît à Saul sur le chemin de Damas. Il aurait pu le pulvériser, il lui dit : « Pourquoi me persécutes-tu ? »
- De cette rencontre, Paul reçoit la vie qui émane du Christ, « esprit vivifiant » (1 Corinthiens 15:45). Il goûte la grâce, la miséricorde, il sera même enlevé jusqu'au ciel.
- Pourtant, depuis sa prison, il écrit aux Philippiens qu'il a « renoncé à tout » pour Christ (Philippiens 3:7-9). Ce n'était pas contre sa volonté : il s'est laissé dépouiller. « Dieu n'ira jamais contre toi. »
- Après sa conversion, Paul se retire trois ans en Arabie (Galates 1:17-18). Il revoit toute sa théologie. Pharisien parmi les pharisiens, peut-être membre du sanhédrin, que le pasteur compare à la Cour suprême des États-Unis, il était au sommet de sa carrière. Il mesure le prix : ses amis pharisiens, son argent, sans doute l'héritage familial. Le pasteur ajoute, en précisant qu'il entre dans la spéculation, que Paul a peut-être aussi perdu une épouse.
- Paul emploie des mots d'économie, presque de banque : gain et perte. Continuer avec Jésus est pour lui extrêmement rentable, mais il sait qu'il y a un prix. « Pour gagner, il faut perdre. »
- Il a d'abord perdu sa religiosité, tout un système de croyances et de rituels. Puis il va plus loin : comparé à l'excellence de la connaissance de Christ, il regarde tout le reste « comme de la boue ».
3. Josaphat et Achab : un bon cœur ne suffit pas
- Le pasteur annonce l'exemple le plus clair, selon les théologiens, de celui avec qui il ne faut pas s'associer : 2 Chroniques 18. Le royaume est divisé : Israël au nord, Juda au sud.
- Au nord règne Achab. À sa table mangent, selon le pasteur, 400 prophètes de Baal et 400 prophètes d'Astarté, « des sorciers devenus ministres ». Sa femme est Jézabel. Contre lui, Dieu suscite Élie, le prophète qui fait descendre le feu du ciel, puis Élisée.
- Au sud, Josaphat est un homme de Dieu, et ses actes le prouvent. « On peut dire beaucoup de choses pour Jésus, mais ce sont nos actes qui démontrent qui nous sommes. »
- Achab finit par se repentir, dans le sac et la cendre. Dieu voit que c'est sincère et lui pardonne (1 Rois 21:27-29). Josaphat apprend qu'Achab va mieux et se rapproche de lui, au point de marier leurs enfants (2 Chroniques 18:1). Les deux rois s'assoient côte à côte sur leurs trônes : « le plus grand barbecue de l'histoire d'Israël ».
- Pendant la fête, Achab parle de Ramoth en Galaad, une ville lévitique qu'il a perdue, et propose d'aller la reprendre ensemble. Josaphat répond : « Moi comme toi, et mon peuple comme ton peuple » (2 Chroniques 18:3). Mais il demande d'abord de consulter l'Éternel. « C'est ce qu'on faisait dans l'Ancien Testament, c'est ce que toi et moi devrions faire » avant une décision importante.
- Arrivent les prophètes de Baal, l'un après l'autre, avec leur spectacle. Josaphat se sent mal à l'aise : « Je disais qu'on était pareils, mais pas vraiment. » Il demande s'il n'y a pas un vrai prophète de l'Éternel.
- Achab répond qu'il en reste un, Michée, « mais je le hais, car il ne me prophétise que du mal » (2 Chroniques 18:7). Le pasteur relève que Michée ne participait pas à la fête : il ne s'était pas associé à tout cela.
- Le messager lui conseille de dire ce que le roi veut entendre. Michée répond qu'il dira ce que Dieu lui dira (18:13). Il voit Israël dispersé comme des brebis sans berger.
- Le lendemain, Josaphat part quand même à la guerre. « Voilà ce que la Bible appelle le compromis. » Achab meurt, Josaphat rentre chez lui en paix.
4. Côtoyer n'est pas s'allier
- Sur le chemin du retour, un prophète vient à la rencontre de Josaphat : « Doit-on aider le méchant, et aimer ceux qui haïssent l'Éternel ? À cause de cela, l'Éternel est irrité contre toi » (2 Chroniques 19:2). Selon le pasteur, Josaphat se repent, et Dieu le bénit de nouveau.
- Pourquoi Dieu s'irrite-t-il contre un homme bien intentionné ? Parce qu'il y a une différence entre être autour des gens et former des alliances, se réjouir avec eux. L'erreur de Josaphat a été de se réjouir, de s'allier, de s'associer à quelqu'un qui brise le cœur de Dieu.
- Un jour, sur une terrasse, un ami pasteur lui disait que certaines ambiguïtés dans l'Église n'étaient « pas si graves ». Christian Robichaud lui a répondu : si ta femme mange avec des amis qui se moquent de toi, le strict minimum serait qu'elle se lève et qu'elle parte. « C'est ce qu'on appelle la loyauté. »
- « Nous sommes appelés à aimer tout le monde, mais nous ne sommes pas appelés à nous réjouir avec tout le monde. »
- Il raconte un repas, il y a des années, où quelqu'un s'est mis à parler contre un serviteur de Dieu intègre. Il a arrêté de rire et a dit : « Désolé, je ne suis pas d'accord. » Il a senti la pression sociale. Toi aussi, tu la rencontreras : à la machine à café, dans des blagues sur la sexualité, dans des conversations qui dénigrent les autorités, alors que la Bible demande de prier pour elles. Parfois, il suffit de dire « Je n'entre pas dans les commérages » et de partir.
- Le pasteur affiche cette phrase : « Seul celui qui considère comme une plus grande perte d'attrister Dieu et comme un plus grand gain de gagner Christ mesure la valeur de cette vérité. »
- Il y aura des moments où tu ne pourras pas tout avoir : soit l'approbation des hommes et la perte de l'approbation de Dieu, soit la perte de l'approbation des hommes et la faveur de Dieu. Chaque jour, des chrétiens perdent leur travail, vont en prison ou sont séparés de leur famille parce qu'ils ont choisi le côté de Christ.
5. Ce que la Bible n'interdit pas
- Le pasteur a vu des extrêmes. Un frère lui a affirmé un jour qu'on ne devait jamais signer un prêt immobilier avec un banquier, parce que les banquiers seraient des serviteurs de Mammon. « Mais non. » Toute lecture qui ferait de la Bible une condamnation générale de toute forme de partenariat avec des non-chrétiens va au-delà des textes. Dieu t'attend sur tes valeurs morales et sur ton adoration.
- Il a connu un chrétien parti en Chine avec des associés français non croyants pour un investissement. Plus il approchait du contrat, moins il avait de paix. Dans sa chambre d'hôtel, la paix de Dieu était totalement partie. Le lendemain, en réunion, il a refusé de signer, sous une énorme pression et même des insultes. Dès qu'il a quitté la salle, la paix est revenue. Trois semaines plus tard, le projet s'effondrait. « Si la paix avec Dieu est ta priorité, Dieu est fidèle. »
- La Bible n'interdit pas non plus de manger avec des pécheurs : Jésus l'a fait. Il faut distinguer la présence missionnaire de l'engagement de loyauté. Si un voisin qui ne vit pas selon tes valeurs t'invite à prendre un café, « vas-y, mon frère ».
- Quand il était pasteur de jeunesse au Canada, des parents se plaignaient de trouver de la drogue dans les toilettes de l'église et des mégots devant la porte. Le pasteur principal a répondu que c'était la meilleure chose qui pouvait leur arriver : des jeunes convaincus par le Saint-Esprit qui vont jeter leur drogue aux toilettes, ou qui jettent leurs cigarettes en sortant de l'église.
- L'Église n'est pas appelée à vivre en autarcie. Jésus a prié : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal » (Jean 17:15).
- « Mon prochain n'est pas un simple objet de conversion. » Tu peux l'aimer, lui ouvrir ta porte, pratiquer l'hospitalité envers lui et la recevoir de lui.
- Jean 3:16 dit que Dieu a tant aimé le monde, Jacques 4:4 et 1 Jean 2:15 disent de ne pas aimer le monde. Contradiction ? Non : « Dieu aime les âmes, mais pas les valeurs du monde. Nous aimons les gens, nous n'aimons pas le mal qu'ils font. »
6. Ce que tu regardes, ce que tu dis, l'Église où tu es
- Tu n'as peut-être aucune relation avec quelqu'un qui fait le mal. Mais quand tu prends ta tablette et que tu fais défiler, qu'est-ce que Dieu pense de ce que tu regardes ? Tu es le temple du Saint-Esprit, et les yeux sont la porte de l'âme : les valeurs de ce que tu regardes entrent en toi.
- David disait : « Je ne mettrai rien de mauvais devant mes yeux » (Psaume 101:3).
- Le pasteur parle « comme un père spirituel », comme un grand frère ou un petit frère dans le Seigneur. Si tu te nourris des vidéos de violence de rue, les algorithmes t'en proposent une deuxième, puis une troisième. En cinq minutes, la violence entre dans ton âme et tu finis par haïr la jeunesse. Or Jésus veut sauver ces jeunes, et leur seul espoir, dit l'ancien pasteur de jeunesse, c'est de rencontrer Jésus-Christ, plus que de meilleurs lycées.
- Deux questions pour tes écrans et ta bouche : Jésus pourrait-il s'asseoir sur ton canapé et regarder ce film, cette série ? Pourrait-il s'asseoir à ta table pendant que tu parles contre quelqu'un ?
- Il va plus loin, en précisant qu'il ne l'a jamais vu dans son Église en neuf ans : certains reviennent dimanche après dimanche dans une Église qu'ils combattent. « Tu vas perdre, parce que c'est l'épouse de Christ. » Mieux vaut se mettre d'accord ou trouver une Église plus proche de ce que tu vois. L'unité des premiers chrétiens était précieuse : « un seul cœur et une seule âme » (Actes 4:32).
7. Marcher, s'arrêter, s'asseoir
- Le Psaume 1 décrit une progression : « Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s'arrête pas sur la voie des pécheurs, et qui ne s'assied pas en compagnie des moqueurs. » On marche, et on finit assis. Ce qui attriste le cœur de Dieu, c'est que nous unissions notre cœur à ceux qui l'attristent.
- « Qui se ressemble s'assemble. » Si tu accompagnes quelqu'un pour l'amener à Christ, tu espères qu'il deviendra comme toi. Mais si tu t'assois avec les moqueurs, ils finiront par t'avoir.
- Dieu dit à Israël de ne pas faire alliance avec les peuples qui servent d'autres dieux (Exode 23:32). Le pasteur dit aimer les personnes de toutes les religions, mais il a refusé une invitation à prier avec des gens qui ne prient pas le même Dieu. Il a perdu des amis, ceux qui venaient faire des barbecues dans son jardin, quand leurs chemins se sont séparés. Ce fut l'erreur grave de Josaphat : prier avec n'importe qui.
- Il appelle à la sagesse : ne raye personne de ton répertoire en sortant du culte. Prends du recul, réfléchis, prie, place-toi devant Dieu. Mais à un moment, tu auras des décisions à prendre.
- Son témoignage pour finir : jeune marié, de retour d'une mission de plusieurs mois en Haïti, il dormait au sous-sol chez ses parents, sans appartement ni travail, en poursuivant ses cours de théologie. Un ami gagnait très bien sa vie dans un secteur en plein essor et lui proposait de le former. Problème : cet ami volait son entreprise. Dès qu'il a décroché le téléphone pour accepter, il a perdu la paix de Dieu. Il n'avait pas la force de se retirer, mais Dieu a été fidèle : l'ami l'a rappelé pour lui dire qu'il ne voulait pas travailler avec quelqu'un d'intègre qui verrait ses combines. Le pasteur a fini dans un emploi au salaire minimum, très dur, à gagner cinq fois moins. « Mais j'avais la paix de Dieu. »
- Sa prière reprend Amos 3:3 : « Deux hommes marchent-ils ensemble, sans en être convenus ? » Que Dieu donne la force de ne plus rire avec ceux qui l'attristent, et celle de rester proche des pécheurs pour les aimer.
Points à retenir
- La paix que Dieu met dans ton cœur est ton bien le plus précieux, et le compromis est ce qui la menace.
- Comme Paul, tu peux tout perdre et y gagner : « Pour gagner, il faut perdre. »
- Josaphat avait un bon cœur, mais il s'est allié à Achab. Côtoyer les gens n'est pas s'allier avec eux ni se réjouir de ce qui attriste Dieu.
- La Bible n'interdit ni les contrats avec des non-chrétiens, ni les repas avec des pécheurs : la présence missionnaire n'est pas l'engagement de loyauté.
- Si la paix avec Dieu est ta priorité, Dieu est fidèle dans tes décisions.
Application personnelle
- As-tu déjà senti la paix de Dieu partir au moment d'une décision ? Qu'en as-tu fait ?
- Dans tes relations, où passes-tu de la présence à l'alliance : de la conversation à la complicité, du repas partagé au rire avec ce qui attriste Dieu ?
- Jésus pourrait-il s'asseoir sur ton canapé devant ce que tu regardes cette semaine, ou à ta table quand tu parles des autres ?
- Quelle approbation des hommes as-tu peur de perdre si tu choisis le côté de Christ ?
- Quelle décision dois-tu porter dans la prière, avec sagesse et sans précipitation, avant de la prendre ?
Versets cités
- Philippiens 3:7-9
- Éphésiens 4:30
- Exode 34:6
- 1 Corinthiens 15:45
- Galates 1:17-18
- 2 Chroniques 18
- 2 Chroniques 19:1-3
- 1 Rois 21:27-29
- Jean 17:15
- Jean 3:16
- Jacques 4:4
- 1 Jean 2:15
- Psaume 101:3
- Actes 4:32
- Psaume 1
- Exode 23:32
- Amos 3:3
Questions fréquentes
Pourquoi Dieu s'est-il irrité contre Josaphat alors qu'il avait de bonnes intentions ?
Josaphat aimait Dieu et voulait reprendre Ramoth en Galaad. Mais il s'est allié à Achab, il a fait la fête avec lui et il est parti en guerre malgré la parole du prophète Michée. Le prophète Jéhu lui demande alors : « Doit-on aider le méchant, et aimer ceux qui haïssent l'Éternel ? » Pour Christian Robichaud, il y a une différence entre côtoyer les gens et s'allier ou se réjouir avec ce qui brise le cœur de Dieu.
La Bible interdit-elle d'avoir des amis ou des partenaires qui ne sont pas chrétiens ?
Non. Le pasteur rappelle que la Bible ne condamne pas toute forme de partenariat avec des non-chrétiens, ni le fait de manger avec des pécheurs : Jésus l'a fait. Il distingue la présence missionnaire de l'engagement de loyauté. Tu peux aimer ton prochain, pratiquer l'hospitalité et la recevoir. Ce que Dieu attend, c'est que tu ne t'allies pas aux valeurs qui l'attristent.
Comment concilier « Dieu a tant aimé le monde » et « n'aimez point le monde » ?
Jean 3:16 dit que Dieu a tant aimé le monde, et 1 Jean 2:15 dit de ne pas aimer le monde. Pour Christian Robichaud, les deux versets ne se contredisent pas : Dieu aime les âmes, mais il n'aime pas les valeurs du monde. Nous aimons les gens, nous n'aimons pas le mal qu'ils font.