Introduction
« Qu'est-ce qui donne sa valeur à l'être humain ? » C'est la question qu'Eric Lehrmann pose à l'Église Protestante Évangélique de Paris Beaugrenelle dans son message du 20 septembre 2026. Nous vivons, dit-il, dans une époque où l'être humain n'a jamais eu autant de moyens pour se définir.
Quand on te demande qui tu es, tu réponds souvent par ton métier : étudiant, enseignant, soignante, retraitée. Ou par ta situation familiale : marié, célibataire, père, mère, grand-parent. Ou encore par tes réussites, tes possessions, ton quartier, ton niveau social. À Paris, comme dans toutes les grandes villes, on est entouré de personnes qui courent, travaillent, construisent, achètent, vendent, étudient et cherchent leur place.
Pour répondre, le prédicateur fait lire Genèse 1 et le début de Genèse 2, puis s'arrête sur le sixième et le septième jour de la création (Genèse 1:26 à 2:3). Il avance en onze étapes, qui conduisent à trois réalités : tu es créé à l'image de Dieu, tu es appelé à le servir dans sa création, et tu es invité à te reposer en lui. « Et lorsque nous vivons ces trois réalités ensemble, notre vie prend une autre direction. »
Plan du message
1. « Faisons l'homme à notre image »
- Dieu ne dit pas simplement « faisons encore une créature ». Il dit : « Faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance » (Genèse 1:26). L'être humain possède donc une dignité particulière.
- Cela concerne ceux qui sont dans l'église, mais aussi ceux qui ne connaissent pas encore Dieu : le voisin croisé dans l'escalier, la personne rencontrée dans le métro, le collègue avec qui tu as du mal à travailler, le commerçant du quartier, la personne âgée isolée, le jeune qui cherche son chemin, celui qui pense très différemment de toi, et même le sans-abri qu'on évite parce qu'il nous incommode.
- Dans une grande ville, on transforme facilement les personnes en fonctions : le chauffeur de bus devient « le chauffeur », le caissier devient « le caissier », le voisin devient « le voisin ». Dieu ne voit jamais cela. Il voit des personnes, et derrière chacune il y a cette déclaration : « créé à mon image ».
- Avant même que tu aies fait quoi que ce soit pour Dieu, il t'a donné sa dignité. Avant ta conversion, tes succès, ton ministère, tes dons et tes œuvres, tu es une créature voulue par Dieu. Et pour le chrétien, il y a plus encore : il est appelé à être restauré à l'image de Christ.
- « Le monde dit souvent : “Tu as de la valeur si tu réussis.” Dieu dit : “Tu as de la valeur parce que je t'ai créé.” Le monde dit : “Prouve ta valeur.” Dieu dit : “Je t'ai voulu.” Le monde dit : “Compare-toi aux autres.” Dieu dit : “Regarde à moi.” »
2. Être à l'image de Dieu, c'est recevoir une responsabilité
- Le verset continue : « qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre ». Être créé à l'image de Dieu n'est donc pas seulement une question de dignité, c'est une question de vocation.
- Nous sommes créés pour recevoir, cultiver, organiser, protéger et développer ce que Dieu nous confie. Le chrétien n'est pas appelé à fuir le monde. Il est appelé à y vivre pleinement comme un serviteur de Dieu, y compris dans une ville comme Paris.
- On peut avoir l'impression que la vie spirituelle se déroule à l'église et que la vraie vie commence ailleurs, comme si le travail, la famille, les études, le quartier et les responsabilités étaient de simples choses ordinaires. Genèse 1 montre exactement le contraire : Dieu place l'être humain dans sa création et lui confie une mission.
- Ton travail, ta famille, ton immeuble, ton quartier, l'association à laquelle tu participes, ton entreprise et ton engagement auprès des autres peuvent devenir des lieux de témoignage. « Nous ne sommes pas seulement chrétiens dans l'église. Nous sommes appelés à être les témoins de Christ dans la ville. »
3. « C'était très bon », mais l'homme n'est pas Dieu
- « Dieu regarda tout ce qu'il avait fait et il constata que c'était très bon » (Genèse 1:31). La création matérielle n'est pas mauvaise. Le travail, la matière, le corps, la nourriture, la famille, la beauté et la culture ne sont pas mauvais.
- Le péché est ensuite entré dans le monde, et nous vivons dans une création blessée : souffrance, maladie, mort, injustice, violence. Mais Genèse 1 rappelle que le projet originel de Dieu était bon.
- Le chrétien ne méprise pas la création. Il apprend à la recevoir comme un don de Dieu et à l'utiliser pour sa gloire. Quand tu manges, travailles, aimes ta famille, tu peux rendre grâce. Quand tu marches dans Paris et que tu découvres une belle architecture, un jardin, une œuvre d'art ou une musique, toute beauté te renvoie au créateur.
- Il y a cependant un danger. Dieu donne à l'homme la domination sur la création, jamais la place du créateur. L'homme est appelé à gouverner la création, il n'en est pas le propriétaire absolu. « Dieu reste Dieu. »
- Nous sommes des intendants, des gestionnaires de ce que Dieu nous confie. Ton temps, ton argent, ton corps, tes compétences, tes relations, ta maison, ton intelligence et même ta vie appartiennent au Seigneur. Cela change ton rapport au temps, à l'argent, aux autres, au travail, et même au repos.
4. Le septième jour, Dieu se repose : savons-nous nous arrêter ?
- « Le septième jour, Dieu mit un terme à son travail de création. Il se reposa de toute son activité » (Genèse 2:2). Dieu institue le repos : il travaille, puis il se repose.
- Dieu n'était pas fatigué, il ne s'épuise pas comme nous. Son repos signifie que son œuvre de création est achevée. Il s'arrête, il contemple son œuvre, il la bénit et la sanctifie.
- Il y a donc un rythme dans le projet de Dieu : travailler et s'arrêter, agir et recevoir, construire et contempler, servir et se reposer. C'est la deuxième partie qui nous coûte. Nous savons travailler, courir, organiser, produire, résoudre des problèmes. Mais savons-nous nous arrêter ?
- Une question très personnelle et très parisienne. Paris est une ville magnifique, mais elle ne s'arrête presque jamais : statistiquement, la ville ne s'arrête qu'entre 3 heures et 5 heures du matin ; toutes les autres heures sont complètement saturées. Il y a toujours un rendez-vous, un métro à prendre, un dossier à terminer, un message auquel répondre, un téléphone qui sonne, une réunion.
- Même assis, ton esprit continue de courir. Tu peux être dans ton salon mais mentalement au bureau, à l'église mais penser déjà à lundi, en vacances mais consulter tes messages, avec ta famille sans être réellement présent. La Parole de Dieu vient te dire : arrête-toi.
- Le repos biblique n'est pas seulement l'absence de travail, c'est une reconnaissance : « Je ne suis pas Dieu, je peux m'arrêter. » Le monde continuera à tourner, l'église à exister, ton entreprise à fonctionner. Nous aimons nous sentir indispensables, mais le repos permet de dire : « Seigneur, le monde ne repose pas sur mes épaules, il repose sur les tiennes. »
5. Le repos est un acte de foi, et Jésus nous l'apprend
- Quand tu travailles sans cesse, tu donnes l'impression que tout dépend de toi. Quand tu t'arrêtes devant Dieu, tu reconnais qu'il soutient ta vie. Le repos devient une déclaration de confiance.
- « Seigneur, je te confie ce que je n'ai pas terminé. » Tes problèmes, ton avenir, ta famille, ton travail, ton église, tes préoccupations. « Je peux m'arrêter parce que toi tu ne cesses jamais d'être Dieu. »
- Dans les Évangiles, Jésus travaille énormément : il prêche, il guérit, il enseigne, il marche, il rencontre les foules, il accompagne ses disciples. Mais il sait aussi se retirer. Il prend du temps pour prier, il s'éloigne de la foule, il dort, il s'arrête.
- Le ministère ne consiste pas à s'épuiser pour Dieu, il consiste à vivre avec Dieu. Le piège des chrétiens engagés est de faire tellement de choses pour Dieu qu'ils n'ont plus de temps pour être avec lui. On peut organiser, servir, enseigner, chanter, prêcher, accueillir, visiter, aider, et perdre progressivement la joie.
- Le repos rappelle que ta relation avec Dieu précède ton activité pour Dieu. « Nous ne sommes pas aimés parce que nous sommes utiles. Nous servons parce que nous sommes aimés. »
6. Un jour béni qui annonce un repos plus grand
- « Dieu bénit le septième jour » et en fit un jour saint (Genèse 2:3). Dieu ne bénit pas seulement le travail, il bénit aussi le repos.
- Notre société mesure la valeur à la productivité. Combien as-tu produit ? Combien as-tu gagné ? Combien de personnes as-tu aidées ? Combien de projets as-tu réalisés ? Dieu enseigne qu'il existe une valeur qui ne vient pas de la production.
- Tu peux simplement être devant Dieu : prier, lire sa Parole, adorer, l'écouter, attendre. Être avec ta famille et tes amis, partager un repas, accueillir quelqu'un, marcher, contempler, rendre grâce. Tu n'as pas besoin d'être constamment productif pour avoir de la valeur. Ta valeur vient de Dieu.
- Le repos de Genèse 2 fait penser à la grande promesse biblique du repos en Dieu, dont parle l'épître aux Hébreux, et à la parole de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28).
- Le repos chrétien ne consiste pas seulement à avoir un dimanche tranquille. « Le véritable repos est finalement une personne, Jésus-Christ. »
- Notre plus grande fatigue n'est pas seulement physique. Tu peux dormir huit heures et être intérieurement épuisé, avoir des vacances et rester anxieux, avoir de l'argent et manquer de paix, réussir professionnellement et être profondément insatisfait. Parce que ton cœur a besoin de Dieu.
- Le repos commence quand tu cesses de vouloir te sauver toi-même, de prouver ta valeur, de porter seul ta culpabilité, de contrôler ton avenir, et que tu viens à Christ.
7. Créé à l'image de Dieu, sauvé par Christ, envoyé dans le monde
- Le texte se résume en trois vérités. Tu as une identité : tu es créé à l'image de Dieu et ta valeur vient de lui. Tu as une mission : Dieu te confie sa création pour travailler, servir, prendre soin, construire et témoigner. Tu as besoin du repos : tu n'es pas Dieu, tu dois apprendre à t'arrêter, à recevoir et à faire confiance.
- Ces trois vérités vont ensemble : « Un chrétien qui ne fait que travailler risque de s'épuiser. Un chrétien qui ne fait que se reposer risque de ne pas accomplir sa vocation. Et un chrétien qui travaille et se repose sans Dieu peut passer à côté de l'essentiel. »
- Notre appel : recevoir notre identité de Dieu, accomplir notre mission avec Dieu et trouver notre repos en Jésus-Christ.
- En conclusion, le pasteur demande quelle place Dieu occupe dans ta semaine, et pose trois questions. Qui suis-je ? Une créature voulue par Dieu. Pourquoi suis-je ici ? Pour vivre dans la création de Dieu, le servir et exercer une responsabilité sous son autorité. Pourquoi dois-je apprendre à m'arrêter ? Parce que je ne suis pas Dieu et que ma vie ne dépend pas entièrement de mes efforts.
- À certains, il dit, en s'incluant lui-même : tu n'as pas besoin de gagner ta valeur, de te comparer ni de prouver constamment que tu es quelqu'un. À d'autres : ne méprise pas ton travail, ton témoignage ne commence pas quand tu entres dans l'église. Dieu t'a placé dans un quartier, une famille, une profession, des relations. Tu es envoyé dans cette ville.
- À d'autres encore : « Arrête-toi. Tu cours depuis trop longtemps, tu portes trop de choses. » Tu veux tout contrôler, tu crois que tout dépend de toi. Dieu te dit : « Fais-moi confiance. »
- Et pour celui qui a besoin d'entendre l'appel de Jésus : le repos n'est pas dans la journée libre, ni dans les vacances, ni dans la retraite, ni dans la réussite. « Il est en Jésus-Christ. »
Points à retenir
- Ta valeur ne vient pas de ce que tu fais : tu es créé à l'image de Dieu, voulu par lui avant toute réussite. Chaque personne que tu croises porte cette même dignité.
- Être à l'image de Dieu, c'est aussi une vocation : ton travail, ta famille et ton quartier sont des lieux de témoignage.
- La création est bonne, mais tu n'en es pas le propriétaire : tu es un intendant de ce que Dieu te confie.
- Le repos est un acte de foi. T'arrêter, c'est reconnaître que tu n'es pas Dieu et que le monde repose sur ses épaules, pas sur les tiennes.
- Le repos le plus profond n'est pas un jour de congé, c'est une personne : Jésus-Christ.
Application personnelle
- Quand on te demande qui tu es, par quoi réponds-tu d'abord : ton métier, ta situation, tes réussites, ou le fait d'être voulu par Dieu ?
- Quelle personne, dans ton immeuble, ton métro ou ton travail, as-tu réduite à sa fonction ? Comment la regarder comme créée à l'image de Dieu ?
- Dans quel lieu de ta semaine (travail, famille, quartier, association) Dieu t'appelle-t-il à être témoin de Christ ?
- Sais-tu t'arrêter ? Où ton esprit continue-t-il de courir quand ton corps est au repos ?
- Qu'as-tu besoin de confier au Seigneur cette semaine, parmi ce que tu n'as pas terminé ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que signifie être créé à l'image de Dieu selon Genèse 1:26 ?
Pour Eric Lehrmann, cela signifie d'abord que chaque être humain possède une dignité particulière, qu'il connaisse Dieu ou non. Cette dignité est donnée avant toute réussite, tout ministère ou toute œuvre. C'est aussi une vocation : Dieu confie à l'homme la responsabilité de cultiver, protéger et développer sa création.
Pourquoi Dieu se repose-t-il le septième jour s'il n'est pas fatigué ?
Dieu ne s'épuise pas comme nous. Son repos signifie que son œuvre de création est achevée : il s'arrête, contemple son œuvre, la bénit et la sanctifie. Il installe ainsi un rythme pour l'être humain : travailler et s'arrêter, agir et recevoir, construire et contempler, servir et se reposer.
Où trouver le repos dont parle Jésus en Matthieu 11:28 ?
Le prédicateur rappelle que notre plus grande fatigue n'est pas seulement physique. Le repos ne se trouve ni dans la journée libre, ni dans les vacances, ni dans la retraite, ni dans la réussite. Il est en Jésus-Christ, et il commence quand tu cesses de vouloir te sauver toi-même, prouver ta valeur et contrôler ton avenir.
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