Introduction
« Mon thème sera vivre libre. » Samuel Peterschmitt, pasteur de La Porte Ouverte Chrétienne à Mulhouse, dit avoir reçu ce message à cœur avec la conviction qu'il est libérateur. Il le fonde sur une parole de l'apôtre Paul : « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5:17).
Le constat de départ est pastoral : « Après 40 ans de ministère, je me suis rendu compte que bien des croyants ne sont pas entrés dans leur liberté, continuent à vivre comme s'ils étaient coupables, comme si Satan avait encore un droit sur eux. »
Pour y répondre, le pasteur revient « à des fondamentaux », comme un enfant qui a raté les bases de la grammaire et le traîne toute sa vie. Trois questions guident le message : que signifie être en Christ, qu'est-ce qu'une nouvelle créature, et comment s'approprier cette nouvelle vie par la foi.
Plan du message
1. Une liberté payée à grand prix
- Pendant ses vacances, le pasteur emmène son épouse sur les plages du Débarquement. À Omaha Beach, il pense à ces jeunes gars de 18, 19 ou 20 ans venus de l'Arkansas ou du Texas, qui ne connaissaient rien à la France. Pour 900 d'entre eux, la terre ferme n'a jamais été atteinte.
- « Tous ces jeunes hommes ont payé pour que moi je puisse vivre libre. » Sa manière de vivre, de se considérer et de se comporter honore ou déshonore leur sacrifice.
- Il y a plus grand qu'un débarquement : le Christ a quitté le ciel de gloire pour nous délivrer de la loi du péché, de Satan et de son autorité, et pour faire de nous des hommes et des femmes libres.
- Il y a plus de cinq siècles, Martin Luther se flagellait dans sa cellule de moine pour trouver la paix, sans la trouver. Jusqu'à cette révélation : nous sommes sauvés par grâce, non par les œuvres ni par les expiations volontaires. Elle a bouleversé sa vie et celle de millions de personnes.
- Paul écrit aux Galates : « C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » (Galates 5:1).
2. Les nouveaux jougs que l'on se remet sur les épaules
- « Nous ne nous flagellons pas comme Martin Luther. Mais nous nous flagellons souvent psychologiquement, spirituellement. » Le pasteur rencontre beaucoup de croyants qui dépriment, pour qui la vie chrétienne semble être devenue un purgatoire. Vu de l'extérieur, devenir croyant paraît oppressant.
- À certains, on explique qu'ils n'ont pas la paix à cause de liens ancestraux. À d'autres, qu'il reste un démon à chasser. Il a rencontré des personnes « en délivrance depuis 5 ans, 10 ans », toujours pas libres. « Il me semble que quand Jésus chassait les démons, il devait quitter. Il ne revenait plus. »
- D'autres deviennent austères pour se donner un sentiment de sainteté. Cette austérité les assèche et les rend légalistes et tristes : « Ils ont juste passé d'un esclavage à un autre esclavage. »
- Il parle avec respect, pour ceux qui enseignent ces choses comme pour ceux qui les appliquent : il a lui-même été en conflit avec tout cela, et ces questions l'ont tourmenté pendant tout un temps de sa marche chrétienne. Il ne se permettra jamais de juger, encore moins de se moquer.
- À l'autre extrême, il y a des chrétiens qui se complaisent dans le péché « au nom de la grâce ». Eux non plus n'ont pas compris ce que veut dire être en Christ : ils sont encore sous l'emprise de leurs péchés.
3. Être en Christ, c'est sortir d'Adam
- Le mot « si » introduit une condition. La nouvelle créature et les choses passées sont subordonnées à ceci : être en Christ. Première étape pour qui n'a jamais rencontré Jésus : lui donner sa vie en reconnaissant être pécheur. Il est la porte des brebis, le chemin, la vérité et la vie.
- « Quelqu'un », ce sont les petits et les grands, les Européens, les Africains, les Asiatiques, ceux qui avaient une vie convenable comme ceux qui se sont vautrés dans le péché. « Dis à ton voisin : tu es quelqu'un. »
- S'il faut préciser « en Christ », c'est qu'avant nous étions en quelqu'un d'autre : en Adam. « Sommes-nous pécheurs parce que nous péchons, ou péchons-nous parce que nous sommes pécheurs ? » La Bible répond que notre nature est pécheresse (Romains 5:12). Que l'on fasse beaucoup ou peu de péchés n'y change rien.
- Le pasteur l'illustre avec sa propre lignée : avant d'être là, il était dans son père, et avant cela dans son grand-père, puis dans son arrière-grand-père. En remontant toute la matinée, on arrive à Adam.
- Dans un petit village breton, sa voiture, garée dans les règles, a été rayée d'un bout à l'autre et cabossée à coups de pied. Il ne s'est pas énervé (« c'est que de la tôle »), mais il en tire une leçon : « L'homme est méchant gratuitement. » Personne ne pense qu'il faut la méchanceté pour vivre heureux, et pourtant chacun ment, vole et trompe naturellement, parce que le péché est inscrit en nous.
- Se changer soi-même ne suffit pas. Il cite des études américaines selon lesquelles il faudrait environ 10 ans pour changer 7 % de son caractère : « Autant dire que quand vous serez transformés, vous serez des dinosaures. » La bonne nouvelle : Christ est venu pour nous sortir de cette condition.
4. Le sang de Jésus a tout réglé
- Dieu prouve son amour envers nous en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. Justifiés par son sang, réconciliés par sa mort, nous serons sauvés par sa vie (Romains 5:8-10). « Le sang de Jésus nous justifie, il nous met hors de cause. »
- Tous ont péché, mais ils sont « gratuitement justifiés » par la rédemption qui est en Jésus-Christ (Romains 3:23-24). Et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché (1 Jean 1:7).
- « Alors pourquoi tu vis comme si les démons avaient encore des droits sur toi ? Est-ce que c'est vrai ou c'est pas vrai ? » Ça ne peut pas être les deux. « Si c'est vrai, je suis libre. Si c'est pas vrai, je suis perdu. »
- Le pasteur fait chanter un vieux cantique, « Plus blanc que neige », puis interpelle l'assemblée : « Croyez-vous à ce que vous chantez ? Si vous le croyez, alors pourquoi vous laisser tourmenter ? » L'accusateur des frères a été vaincu à cause du sang de l'agneau (Apocalypse 12:10-11).
- Dans le baptême, on n'y meurt pas, on y est enseveli : « Vous enterrez les vivants, vous ? » Dieu a effacé l'acte rédigé contre nous, il l'a supprimé en le clouant à la croix. Il a dépouillé les dominations et les autorités de leur droit sur nous et les a livrées en spectacle (Colossiens 2:12-15).
- D'où la déclaration de Paul : « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8:1). Ni le diable, ni ton passé, ni tes ancêtres, quelles que soient la magie et l'occultisme qu'ils aient pratiqués : Christ s'est fait malédiction à ta place (Galates 3:13).
5. Tu es déjà une nouvelle créature
- « Si quelqu'un est en Christ, il est. » Il n'est pas écrit « il sera », ni « il deviendra un jour lorsqu'il aura fait beaucoup d'efforts ». Un bébé est un bébé dès sa conception, pas à neuf mois ni à la naissance, même si l'on ne voit encore qu'une cellule qui se divise. Tu viens peut-être d'arriver et beaucoup de choses sont encore comme avant : tu es déjà une nouvelle créature.
- Comme il y avait une filiation en Adam, il y a maintenant, par la nouvelle naissance, une filiation en Christ : « Avant, je suis né d'Adam, maintenant je suis né de Dieu. »
- Paul était bien placé pour le dire. Il a donné son suffrage lors de l'assassinat d'Étienne, déchiré des familles entières, fait souffrir des milliers de personnes. Pourtant il écrit : les choses anciennes sont passées. « Est-ce que vous voyez Paul fouiller dans son passé ? » Le pasteur voit des croyants enquêter sur leurs grands-parents et leurs pratiques occultes : « Vous n'êtes pas libres, vous ne le serez jamais comme cela. La liberté ne se trouve que dans un seul, c'est Jésus. » Paul n'a pas commencé à chasser des esprits : il savait qui il était maintenant, en Christ.
- Paul a encore connu des « luttes au dehors, craintes au dedans » (2 Corinthiens 7:5), mais ces combats étaient liés à sa nouvelle vie et à son ministère. Il n'était plus tourmenté par son passé.
- Dieu nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ (Éphésiens 2:6). « C'est ça votre position. » Jésus le dit à Nicodème : il faut naître de nouveau (Jean 3:3). « Je suis citoyen du ciel. Mon père c'est Dieu et j'ai un merveilleux frère, c'est Jésus. »
- Marcher selon l'Esprit (Romains 8:4), ce n'est pas d'abord chercher des révélations ou des paroles de connaissance, précise le pasteur au sujet des milieux pentecôtistes. C'est marcher selon l'homme nouveau né de l'Esprit, intégrer tout ce que la Bible dit que tu es et résister au diable en lui disant : « Tu n'as plus aucun droit sur moi. »
6. Approprie-toi ta nouvelle vie par la foi
- « Dis à ton voisin, même si tu es là depuis 30 ans : approprie-toi ta nouvelle vie. » Beaucoup de chrétiens ressemblent à un prisonnier gracié : la porte de sa cellule est ouverte, mais il reste dans ses 9 m², regarde à travers les barreaux et a peur des gardiens. « Arrête de rester assis dans ta prison. »
- La clé est la foi : « Le juste vivra par la foi » (Romains 1:17), « pas par le ressenti ». La foi est « une ferme assurance des choses qu'on espère » (Hébreux 11:1). Le pasteur la décrit comme un sixième sens que les chrétiens ont et que les païens ne peuvent avoir.
- Nos cinq sens nous font agir. Quand il rentre chez lui et que l'odeur d'une bouchée à la reine lui arrive aux narines, il monte les escaliers quatre à quatre et bénit Dieu pour sa femme. Le jour où il a vu celle qui allait devenir son épouse, il ne s'est pas contenté de la regarder : il est entré en action.
- La ferme assurance, c'est l'appropriation de ce qu'on espère. Pour manger la pomme posée sur la table, il faut un bras qui la prenne. La foi est ce bras : quand la Parole déclare que le sang de Jésus purifie de tout péché, la foi s'en empare. « Je suis au bénéfice de l'autorité de son œuvre. »
- La foi permet aussi de résister au diable, dont la seule arme est le doute. Hier : « Dieu a-t-il réellement dit ? » (Genèse 3:1). Aujourd'hui : « Es-tu vraiment sûr que le sang de Jésus te purifie de tout péché ? » Douter, c'est lui redonner des droits. Jésus lui a résisté par la foi et la Parole : « Il est écrit » (Matthieu 4:1-11).
- La parole annoncée « ne leur servit de rien, parce qu'elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l'entendirent » (Hébreux 4:2). Sans la foi, on essaie d'acquérir ce que Christ a déjà fait. Commence alors le cercle de la culpabilité et du doute, et les « il faut » s'empilent : lire sa Bible, prier, jeûner, témoigner, se libérer de tous ses ancêtres, « et soudain les il faut sont en train de vous écraser ».
- Le pasteur lit la Bible « par passion », par reconnaissance, et passe souvent des heures à prier en marchant en forêt : « Je ne prie pas parce que j'ai le sentiment que si je prie plus, je vais avoir plus d'accès au trône de la grâce. Je prie parce que j'aime Jésus. »
- Il confie qu'il a longtemps été satisfait seulement après des journées de 15 heures de visites et d'activités. « C'était la chair. » Paul le dit : « Après avoir commencé par l'Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair ? » (Galates 3:3). Aujourd'hui, il peut encore travailler 15 heures, mais dans la joie, et non pour mériter sa journée.
7. Ce que tu étais, ce que tu es
- « La sainteté, c'est pas essayer d'améliorer le vieil homme. La sainteté consiste à vivre selon l'homme nouveau. » Paul peut dire : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi » (Galates 2:20).
- En conclusion, le pasteur proclame ce que les apôtres enseignaient à l'Église primitive. Autrefois, nous étions esclaves du péché (Romains 6), morts par nos offenses et nos péchés (Éphésiens 2), sans Christ, sans espérance et sans Dieu (Éphésiens 2:11-13), étrangers (Éphésiens 2:19), ennemis par nos pensées et nos mauvaises œuvres (Colossiens 1:21), asservis à de mauvais désirs (Colossiens 3:7-8).
- Maintenant, nous sommes affranchis du péché (Romains 6:22), nous avons obtenu miséricorde (Romains 11:30), nous avons été lavés et justifiés (1 Corinthiens 6:11), nous sommes membres de la famille de Dieu (Éphésiens 2:19), lumière dans le Seigneur (Éphésiens 5:8), peuple de Dieu (1 Pierre 2:10), fils de Dieu par la foi (Galates 3:26), revêtus de l'homme nouveau (Colossiens 3:9-10), et nous avons la vie éternelle (1 Jean 5:13).
- « N'abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération » (Hébreux 10:35). Le pasteur met en garde contre ceux qui proposent des chemins que la Bible ne dit pas clairement, souvent puisés dans l'ancienne alliance : « Reviens à l'œuvre de Jésus. Tout est accompli » (Jean 19:30).
- Revenant à Omaha Beach : « La manière d'honorer Christ, c'est de vivre en homme libre. » Pas cette liberté qui mène au relâchement au nom de la grâce, mais une vie dans la sainteté, selon l'homme nouveau, en fils et en fille de Dieu, heureux et libre.
Points à retenir
- Christ nous a affranchis pour la liberté : retourner sous un joug de culpabilité, de délivrances sans fin ou de légalisme déshonore son sacrifice.
- Nous étions en Adam, héritiers d'une nature pécheresse. En Christ, nous sommes nés de Dieu, et il n'y a plus aucune condamnation.
- « Si quelqu'un est en Christ, il est » : la nouvelle créature est une réalité présente, pas une récompense pour nos efforts.
- La foi est le bras qui s'approprie ce que la Parole déclare et qui résiste au doute par « Il est écrit ».
- La sainteté ne consiste pas à améliorer le vieil homme mais à vivre selon l'homme nouveau, ni dans la torture intérieure ni dans le relâchement.
Application personnelle
- Dans quel domaine vis-tu encore comme si tu étais coupable, alors que le sang de Jésus te purifie de tout péché ?
- Quels « il faut » se sont accumulés dans ta vie chrétienne au point de t'écraser ? Les fais-tu par amour ou pour mériter ?
- Cherches-tu dans ton passé ou chez tes ancêtres l'explication de ton manque de paix, au lieu de revenir à l'œuvre accomplie de Jésus ?
- Quelle vérité de la Parole sur ton identité en Christ vas-tu proclamer cette semaine face au doute : « Il est écrit » ?
- Comment ta manière de vivre peut-elle honorer, concrètement, la liberté que Christ a payée pour toi ?
Versets cités
- 2 Corinthiens 5:17
- Galates 5:1
- Romains 5:12
- Romains 5:8-10
- Romains 3:23-24
- 1 Jean 1:7
- Apocalypse 12:10-11
- Colossiens 2:12-15
- Romains 8:1-4
- Galates 3:13
- 2 Corinthiens 7:5
- Éphésiens 2:6
- Jean 3:3
- Romains 1:17
- Hébreux 11:1
- Genèse 3:1
- Matthieu 4:1-11
- Hébreux 4:2
- Galates 3:3
- Galates 2:20
- Romains 6:17-22
- Éphésiens 2:1-19
- Colossiens 1:21-22
- Colossiens 3:7-8
- Romains 11:30
- 1 Corinthiens 6:11
- Éphésiens 5:8
- 1 Pierre 2:10
- Galates 3:26-27
- Colossiens 3:9-10
- 1 Jean 5:13
- Hébreux 10:35-38
- Jean 19:30
Questions fréquentes
Que signifie « être en Christ » selon 2 Corinthiens 5:17 ?
Pour Samuel Peterschmitt, le petit mot « si » pose une condition : la nouvelle créature est réservée à celui qui est en Christ. Avant, nous étions tous en Adam, héritiers d'une nature pécheresse. En donnant sa vie à Jésus, on passe d'une filiation en Adam à une filiation en Christ : on est né de Dieu.
Pourquoi tant de chrétiens ne vivent-ils pas libres ?
Le prédicateur constate que beaucoup savent intellectuellement que tout est accompli, mais ne l'ont pas intégré. Ils cherchent la paix dans des liens ancestraux à briser, des délivrances sans fin ou l'austérité. Comme le dit Hébreux 4:2, la parole entendue ne sert de rien si elle ne trouve pas la foi.
Comment s'approprier sa liberté en Christ ?
Par la foi, que Samuel Peterschmitt appelle un sixième sens. Comme le bras qui prend la pomme sur la table, la foi saisit ce que la Parole déclare : le sang de Jésus purifie de tout péché. Elle résiste ensuite au doute de l'adversaire en répondant comme Jésus : « Il est écrit. »
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