La puissance du pardon : sors de la prison de l'offense

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Introduction

Invité par le pasteur Samuel Mabboux à l'Assemblée de Dieu de Nice Ariane, l'évangéliste Karim Kabli confie qu'un sujet s'est imposé à son cœur ce matin-là : la puissance du pardon. Pour lui, c'est un sujet « profondément essentiel » de la vie chrétienne.

Il le dit sans détour : les offenses et les blessures sont comme un venin dans le cœur de certains chrétiens. C'est par elles que l'ennemi peut voler une destinée et éteindre une vie spirituelle. Mais il annonce aussi que ce culte est un « matin de délivrance » : Dieu veut libérer beaucoup de cœurs emprisonnés par des paroles, des situations et des blessures.

Le message suit un fil simple : pourquoi l'offense est inévitable, ce qu'elle produit en nous, comment Dieu peut même s'en servir, et enfin ce qu'est vraiment le pardon, et ce qu'il n'est pas.

Plan du message

1. L'offense, un piège inévitable

  • Karim Kabli raconte une histoire tirée de la biographie de l'évangéliste Reinhard Bonnke, qui l'a profondément marqué. En pleine brousse africaine, un garçon de 16 ou 17 ans se tient devant les phares de sa voiture. Il ne demande qu'une chose : « Je veux la puissance du Saint-Esprit. »
  • Reinhard Bonnke lui impose les mains. De retour dans son village, rempli de l'Esprit, le garçon prie pour un bébé mourant dans les bras de sa mère, et l'enfant est guéri. Le chef du village le fait appeler et lui demande de prier pour sa fille paralysée des jambes, qui n'avait jamais marché. Elle est guérie à son tour, et un réveil commence dans le village.
  • L'année suivante, l'évangéliste veut inviter ce garçon comme invité d'honneur. On le retrouve à la rue, alcoolique, brisé, ayant rejeté la foi. Parce qu'il était jeune et fragile, des gens l'avaient méprisé, critiqué, blessé. Il n'a pas su pardonner, et « la gangrène de l'offense » a détruit sa vie et sa destinée.
  • Pour le prédicateur, c'est une image presque prophétique : l'une des stratégies numéro un de l'ennemi pour détruire ta destinée, ce sont les offenses et les blessures.
  • Jésus le dit en Luc 17:1 : « Il est impossible qu'il n'arrive pas des scandales ; mais malheur à celui par qui ils arrivent ! » Le mot scandale renvoie ici à l'offense, au déshonneur, à la blessure.
  • « Tu blesseras des gens, des gens te blesseront. » C'est l'histoire de toutes les relations humaines : parents et enfants, couples, relations d'autorité.
  • Le prédicateur a compris une chose : plus une personne a d'autorité sur nous, plus nous lui ouvrons notre cœur et notre confiance, plus la blessure sera profonde. C'est pourquoi l'ennemi se sert énormément des familles.

2. L'offense bloque ta vie spirituelle

  • En Matthieu 5:23-26, Jésus dit : si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, « laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ». Sinon, le chemin finit chez le juge, l'officier de justice et la prison. Karim Kabli y voit aussi une prison intérieure.
  • Chaque enfant de Dieu est appelé à grandir : en connaissance, en maturité, en foi, en autorité spirituelle. « Personne n'est appelé à passer 20 ans de vie chrétienne au même stade. » Pas seulement le pasteur Samuel ou l'évangéliste Karim, mais toi aussi, là où Dieu t'a placé.
  • L'offense arrête quelque chose dans la présence de Dieu. On peut vivre des temps de louange magnifiques, une atmosphère de gloire, et la présence de Dieu passe sur nous sans nous rafraîchir à l'intérieur.
  • Le prédicateur reconnaît être tombé lui-même dans ce piège de nombreuses fois : « Je pourrais même être devant vous ce matin en train de prêcher » alors que l'ennemi aurait peut-être déjà paralysé sa vie spirituelle.

3. L'offense donne accès à l'ennemi

  • L'apôtre Paul écrit en 2 Corinthiens 2:10-11 qu'il pardonne « afin de ne pas laisser à Satan l'avantage sur nous, car nous n'ignorons pas ses desseins ». Éphésiens 4:26-27 ajoute : « que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable ».
  • Karim Kabli rapporte le témoignage d'un pasteur d'une église proche de Paris, dont l'assemblée plafonnait autour de 80 membres. Pendant qu'il priait et jeûnait, une femme de l'église a manifesté une présence démoniaque et lui a avoué être venue avec la mission de détruire l'église et son pasteur. Elle n'avait trouvé qu'un seul moment d'accès : le jour d'un déménagement où, en portant des cartons, il s'était mis en colère.
  • Derrière des offenses qui semblent naturelles, il y a des réalités spirituelles. Le prédicateur invite à changer de regard : ne pas voir seulement la personne qui blesse, mais ce qui se joue derrière. L'ennemi se sert souvent des personnes que nous aimons le plus.
  • Le mot traduit par « accès » est en grec topos : un lieu, une place précise. La blessure non pardonnée devient une forteresse dans la pensée. Elle change notre regard sur les autres, sur nous-mêmes, et finit par transformer notre personnalité.
  • Il donne des exemples : la rébellion naît souvent d'une blessure causée par une autorité, au point que toute autorité paraît dangereuse. Des chrétiens agressés autrefois par certaines personnes peuvent ensuite projeter cette blessure sur tout un quartier ou toute une communauté. « Pourquoi penses-tu comme tu penses ? Pourquoi réagis-tu comme tu réagis ? »

4. L'amertume te prive de la grâce de Dieu

  • Hébreux 12:14-15 : « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu'aucune racine d'amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n'en soient infectés. »
  • Rechercher la paix, c'est déjà notre part, notre responsabilité. Et l'amertume ne commence pas énorme : c'est une simple racine qui s'enfonce dans la personnalité.
  • Le plus grave, dit le prédicateur, c'est que « plusieurs en seront infectés ». Un père blessé depuis l'enfance peut reporter ses blessures sur ses enfants, qui les reporteront sur les leurs : un cycle générationnel d'amertume et de destruction.
  • Quand on est blessé, c'est justement le moment où l'on a le plus besoin de la grâce de Dieu. Laisser l'offense faire son œuvre, c'est fermer le ciel sur sa vie au moment où on en a le plus besoin.

5. Des blessures que Dieu utilise pour te façonner

  • Karim Kabli le dit avec prudence : certaines offenses et certaines blessures, Dieu les permet pour produire en nous la sanctification. À force d'apprendre à pardonner, Dieu fait grandir en nous ses propres sentiments et la capacité de pardonner vite.
  • Vécues depuis la présence de Dieu, ces blessures produisent une mort et une résurrection intérieures. Elles touchent en nous des choses que Dieu n'aurait pas pu toucher sans ce brisement.
  • La femme cananéenne de Matthieu 15:21-28 en est l'image. Elle vient pour sa fille tourmentée par un démon. Jésus ne lui répond pas un mot. Les disciples disent : « Renvoie-la. » Puis Jésus lui parle du pain des enfants qu'on ne jette pas aux petits chiens. Elle aurait pu tout abandonner, blessée par Jésus et rejetée par ceux qui le représentaient.
  • Elle se prosterne au contraire : « Seigneur, secours-moi ! » Et Jésus lui dit : « Femme, ta foi est grande ; qu'il te soit fait comme tu veux. » Le prédicateur prie que Dieu lui dise un jour la même chose.
  • Joseph aussi a été haï sans raison. Son seul « tort » est d'être aimé de son père, qui lui donne une tunique. Ses frères « ne pouvaient lui parler avec amitié » (Genèse 37:4).
  • Karim Kabli partage son histoire. Depuis son enfance, sa sœur aînée lui vouait une haine indescriptible : elle ne pouvait pas prononcer son prénom et l'appelait « l'autre, là-bas ». Dans le couloir, elle se plaquait contre le mur opposé pour ne pas passer devant lui. Il précise que sa famille s'est convertie depuis. Pour lui, certains sont haïs à cause d'une grâce qu'ils portent sans la voir.
  • Les frères de Joseph disent : « Tuons-le, et nous verrons ce que deviendront ses songes » (Genèse 37:20). Ils ne voulaient pas seulement tuer Joseph, mais ses rêves. Au fond de la citerne, puis en prison après la trahison chez Potiphar, il a dû être harcelé de pensées : « Où est ton Dieu maintenant ? »
  • Ce qui a sauvé Joseph, c'est une vision plus grande, celle de Genèse 50:20 : « Vous aviez médité de me faire du mal, Dieu l'a changé en bien. » Dans les vagues d'offense, garde les yeux sur ce que Dieu accomplit dans ta vie et à travers elle.

6. Ce que pardonner veut dire

  • Souvent, ce qui nous empêche de pardonner, c'est une mauvaise compréhension du pardon. Les blessures d'il y a 10, 20 ou 30 ans nous enferment dans une prison intérieure dont la clé est à l'intérieur : « Pardonner, c'est libérer un prisonnier et découvrir que le prisonnier, c'était toi. »
  • Il cite une parole attribuée à Nelson Mandela : la rancune revient à boire du poison en espérant qu'il tuera ses ennemis. Selon lui, des médecins ont aussi relevé des liens entre des souffrances physiques et des blessures de l'âme. « Il n'y a pas de guérison ni de délivrance sans vrai pardon. »
  • Le cœur du message : notre disposition à pardonner détermine la manière dont Dieu agit envers nous. « Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6:12).
  • Pardonner, ce n'est pas attendre une réparation. « Tu ne pardonnes pas parce que l'autre le mérite, tu pardonnes parce que tu mérites d'être en paix et d'être libre. » Le signe du vrai pardon, c'est l'absence de désir de vengeance : tu peux dire « Seigneur, bénis cette personne ».
  • Le pardon est un acte de foi qui laisse la justice à Dieu (Romains 12:19). Et la vengeance de Dieu, ce n'est pas l'échec de l'autre : c'est la grâce qui transforme son cœur et l'amène à la repentance, jusqu'à ce que l'offensé et l'offenseur se tiennent la main devant Dieu.
  • « Quand je serai guéri, je pardonnerai » : c'est un mensonge. Tu guéris parce que tu as décidé de pardonner.
  • Le pardon n'est pas la réconciliation. La réconciliation demande la repentance. À la croix, tous les hommes peuvent être pardonnés, mais seuls ceux qui se repentent sont réconciliés avec Dieu.
  • Le pardon n'est pas un déni. Il reconnaît l'offense, la blessure, l'injustice, puis décide de faire un don au-delà : « Tu me dois quelque chose, tu m'as blessé, mais je décide de pardonner gratuitement. »

7. Pardonner au pied de la croix

  • « Il est impossible de pardonner sans pardonner depuis l'œuvre de la croix. » Karim Kabli raconte avoir été profondément blessé par des hommes qu'il avait amenés à la foi, baptisés et accueillis pendant des années, et qui se sont retournés contre lui. Son ministère aurait pu s'arrêter là.
  • Un jour, en colère contre l'un d'eux, il a pris la sainte cène dans son salon : « Seigneur, c'est difficile de pardonner, mais j'ai besoin que tu fasses un miracle. Je lui pardonne, je le libère, je le remets entre tes mains. »
  • Deux choses aident à pardonner : la sincérité du cœur, et la croix. Jésus a porté dans son corps chaque blessure, chaque offense, chaque injustice. Au pied de la croix, il y a un transfert de grâce : la présence de Dieu ôte le poids et remplit d'une paix surnaturelle.
  • Le pardon touche aussi les familles. Le prédicateur raconte qu'une femme est venue lui dire après une prédication : « Je pardonne à ma famille et je libère mes petits-enfants. » Dans les semaines et les mois qui ont suivi, toute sa famille s'est convertie.

Points à retenir

  • Tu ne peux pas éviter d'être offensé, mais tu peux refuser que l'offense devienne une prison.
  • L'offense non pardonnée bloque ta relation avec Dieu, donne une place à l'ennemi et laisse pousser une racine d'amertume qui en infecte beaucoup d'autres.
  • Vécues dans la présence de Dieu, certaines blessures deviennent un lieu de sanctification, comme pour la femme cananéenne et pour Joseph.
  • Le pardon n'attend ni réparation, ni guérison, ni excuses. Il n'est pas la réconciliation, et il n'est pas un déni.
  • C'est au pied de la croix, avec un cœur sincère, que le pardon devient possible.

Application personnelle

  1. Y a-t-il une offense, ancienne ou récente, qui a mis un « cadenas » sur ton cœur et éteint ta vie spirituelle ?
  2. Quand tu penses à la personne qui t'a blessé, est-ce l'amertume qui monte, ou peux-tu dire « Seigneur, bénis-la » ?
  3. Attends-tu une réparation, des excuses ou ta propre guérison avant de pardonner ?
  4. Quelle forteresse de pensée une blessure a-t-elle construite dans ta façon de voir les autres ou toi-même ?
  5. Qui as-tu besoin de remettre entre les mains de Dieu au pied de la croix cette semaine ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi l'offense est-elle si dangereuse pour la vie spirituelle ?

Pour Karim Kabli, l'offense est l'une des stratégies numéro un de l'ennemi. Elle bloque la relation avec Dieu (« laisse là ton offrande », Matthieu 5:24), elle donne accès au diable (Éphésiens 4:27) et elle laisse pousser une racine d'amertume qui prive de la grâce de Dieu (Hébreux 12:15).

Quelle est la différence entre le pardon et la réconciliation ?

Le pardon se décide seul : tu retires de ton cœur tout ce que l'offense y a infecté, et tu te libères. La réconciliation est une deuxième étape qui demande la repentance de l'autre. Le prédicateur compare cela à la croix : tous peuvent être pardonnés, mais seuls ceux qui se repentent sont réconciliés avec Dieu.

Faut-il attendre d'être guéri pour pardonner ?

Non. Karim Kabli appelle cela un mensonge : on ne pardonne pas parce qu'on va mieux, on va mieux parce qu'on a décidé de pardonner. Le moment où tu décides de pardonner est celui où le processus de guérison commence.

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