Matthieu 7 : la porte étroite, seul chemin vers la vie

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Introduction

Nous traversons tous des moments décisifs. Devant le comptoir d'un glacier, tu as parfois vingt-quatre parfums au choix. La vie n'est pas toujours comme ça : pour les grandes décisions, il n'y a souvent que deux options, et chacune a ses conséquences. Un étudiant qui choisit sur un coup de tête la mauvaise filière, contre tous les conseils reçus, peut perdre des mois avant de pouvoir revenir en arrière.

Jésus le savait. À la fin du Sermon sur la montagne, il parle de deux portes et de deux chemins. Il ne laisse pas les gens choisir comme si cela n'avait pas d'importance : il les appelle, il leur ordonne même, de prendre l'un des deux. Le prédicateur de Cleveland Baptist Church prie pour que ses auditeurs saisissent non seulement les paroles de Jésus, mais aussi son ton et son sens de l'urgence. Ces avertissements ne sont pas cachés : ils sont écrits en grosses lettres, pour attirer notre attention.

Le message s'arrête sur deux versets seulement, Matthieu 7:13-14, et suit un plan simple : la porte étroite, la porte large et le chemin facile, puis de nouveau la porte étroite et le chemin difficile.

Plan du message

1. Un appel lancé aux foules

  • Au début du Sermon sur la montagne, Jésus s'adresse à ses disciples. On pourrait croire que tout le sermon ne concerne que les croyants.
  • Mais à la fin, Matthieu rapporte que les foules étaient frappées de son enseignement (Matthieu 7:28). Il y avait là bien plus qu'un petit groupe de disciples, et des non-croyants parmi eux.
  • Le prédicateur pense que Jésus vise surtout les non-croyants dans ce passage. Suivent d'ailleurs les images de l'arbre malade et de l'arbre sain, puis du bâtisseur sage et du bâtisseur insensé.
  • « Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. » (Matthieu 7:13-14)

2. Un seul ordre : entrez par la porte étroite

  • Dans ces phrases, il n'y a qu'une seule consigne : « Entrez par la porte étroite. » Cinq mots, un appel capital. Le reste est explication et avertissement.
  • « Entrez » est un impératif, un appel à agir. Personne n'allait porter ces gens de l'autre côté. Ils n'allaient pas s'endormir un soir et se réveiller le lendemain en disant : « Tiens, je suis passé. » C'est un choix, une décision consciente.
  • L'enjeu est de vie ou de mort. Ce n'est pas l'option A qui serait bonne et l'option B un peu moins : Jésus oppose la vie et la perdition. Il n'existe pas de plus grand contraste.
  • Jésus parle en images. Il n'y a pas de portail à chercher sur la colline. Deux portes ouvrent sur deux chemins qui mènent à deux destinations. Pas quatre, pas vingt-cinq, pas cent : deux, la vie et la perdition.
  • Le mot « porte » peut se traduire par « entrée ». Le prédicateur montre la Porte de l'Inde, à New Delhi : on n'y voit rien qui pivote sur des gonds, c'est un passage. C'est pourquoi beaucoup de traductions disent « entrer par » la porte : on ne l'ouvre pas, on la franchit.

3. Une porte étroite : Jésus seul

  • Entrer par la porte étroite représente le salut : on n'a accès à Dieu que par Jésus. C'est choisir Jésus, suivre sa voie et recevoir tout ce qu'il a enseigné dans le Sermon sur la montagne. « Il est le vrai rabbin. Il est le Messie. Je le regarde, je me soumets à lui et je trouve le salut en lui. »
  • On ne la franchit pas sans effort. Luc 13:24 emploie un langage fort : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. »
  • Elle est étroite parce que ce n'est pas la voie populaire. Ceux qui suivent Jésus, qui acceptent son enseignement et qui trouvent la vie en lui sont moins nombreux que ceux qui suivent leur propre chemin.
  • Il n'y a pas de porte de derrière, pas de troisième option, pas d'autre entrée. Tous ceux qui étaient assis sur la colline ce jour-là, hommes, femmes, jeunes et enfants, devaient faire ce choix.
  • Le prédicateur aime le tunnel de St Helena, près de Ballina, qu'il empruntait en faisant le trajet le plus long vers Wollongbar ou Ballina : un double tunnel qu'il trouve être un chef-d'œuvre d'ingénierie. S'il était ouvert aux piétons, tu pourrais y marcher avec dix personnes de chaque côté. La porte de la vie, elle, est étroite, et Jésus le répète au verset 14.
  • Peu après la mort, la résurrection et l'ascension de Jésus, Pierre le dit avec audace : « Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4:12)
  • Pour les auditeurs de ce jour-là, entrer, c'était dire : oui, Jésus est le Messie annoncé par Ésaïe, Michée, Malachie et d'autres. Oui, il dit la vérité. « Heureux les pauvres en esprit », je le crois. « Heureux les débonnaires », je l'accepte. « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu », je le crois. « Je reçois ce que Jésus a dit et j'y réponds. »

4. Un message à contre-courant de la culture

  • La porte est étroite parce que l'entrée de la vie, c'est la foi en Jésus seul. « As-tu placé ta confiance en Jésus seul ? »
  • Ce message ne s'accorde pas avec la postmodernité, qui a beaucoup de portes. L'idée dominante aujourd'hui est qu'il existe de nombreux chemins vers Dieu. Elle paraît nouvelle, mais elle plonge ses racines dans l'hindouisme.
  • Le prédicateur prévient avant de citer Gandhi : ce qu'il va rapporter n'est pas vrai et égarera ceux qui le suivent. Gandhi disait en substance que Dieu est un et qu'il y a de nombreux chemins pour aller à lui. Dans cette vision, Dieu est comme une haute montagne que l'on peut gravir par n'importe quel versant. « Tu n'atteindras pas Dieu de cette façon. »
  • Jésus, lui, a dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14:6) C'est un chemin très étroit, c'est le seul chemin.
  • Tenir cette position expose au rejet et à la critique. Un ami du prédicateur évangélisait à son travail. Une collègue lui a demandé s'il croyait vraiment que l'on doit venir à Dieu par Jésus, que c'est le seul moyen d'être sauvé et que tous les autres chemins sont faux. Il a répondu oui. Elle ne lui a plus jamais adressé la parole.
  • La culture australienne pousse à choisir ce qui nous convient. Au supermarché, on trouve de nombreuses sortes de dentifrices, de petits pois et de pêches en boîte : nous sommes gâtés par le choix. « Mais le salut, ce n'est pas choisir ta boîte de pêches préférée sur le rayon. » Il n'y a pas d'entrée au ciel par l'ouverture d'esprit, seulement par Jésus.
  • Être d'accord ne suffit pas. Le prédicateur cite Grant Osborne : ceux qui approuvent l'enseignement de Jésus mais n'en font rien sont en grand danger. On peut se perdre tout en reconnaissant qu'il n'y a qu'un seul chemin. Jésus attend une réponse : entrer.

5. La porte large et le chemin facile

  • Au verset 13, Jésus présente une autre porte, qui mène à une autre destination que la vie. Elle est plus facile à franchir, et ceux qui l'écoutaient pouvaient la choisir : nous avons la liberté de choisir.
  • C'est la manière dont la plupart des gens mènent leur vie. Elle séduit par sa largeur, comme le tunnel de St Helena : des gens à droite, des gens à gauche, qui rient, plaisantent, font la fête et passent même la porte en dansant. On se dit que c'est sûrement le bon chemin.
  • Sur la route large, on n'est pas persécuté pour Christ, on a beaucoup de compagnons et l'opinion publique va dans le même sens. Le prédicateur imagine quelqu'un qui s'y félicite : « J'ai eu raison de prendre ce chemin. Je profite, pendant que ces chrétiens se font persécuter sur le chemin étroit. Que je suis malin ! »
  • Un chemin facile veut dire peu de maîtrise de soi. Tu n'as pas besoin de te repentir, ni de suivre Jésus de Nazareth qui a porté sa croix, ni de changer de mode de vie, ni de « couper ta main », l'image que Jésus vient d'employer pour parler du péché (Matthieu 5:30). Pas besoin de t'humilier devant Dieu ni de reconnaître que tu as besoin d'un Sauveur. Le plaisir peut devenir ton dieu, et ta devise celle de Frank Sinatra : « I did it my way », je l'ai fait à ma façon.
  • Le commentateur Ralph Earle note que le mot traduit par « spacieux » est formé de deux termes, « large » et « campagne ». Le chemin large n'est donc pas seulement une route large, c'est une vaste campagne ouverte, sans clôtures ni limites, où chacun va où il veut.
  • C'est le chemin de l'ivresse, de la débauche, de la vie pour le plaisir, de la course à la richesse et du culte des biens matériels, de la musique tapageuse, des films sans retenue et des fêtes déchaînées. On y entend : « Viens, joins-toi à nous. Tant que tu ne fais de mal à personne, fais ce qui est bon pour toi. Mon corps, mon choix. » C'est le mode de vie débridé de l'Australie du XXIe siècle, et tout le monde t'y encourage : tout va bien.

6. Où mène le chemin large

  • « Mais est-ce que tout va vraiment bien ? » Jésus dit que le chemin est facile, mais il mène à la perdition. Il ne cache rien. Il aime assez les gens pour leur dire la vérité.
  • Il n'a pas adouci le message pour ne pas choquer, ni allégé les exigences pour gagner plus de disciples. Il n'a pas élargi la porte comme le fait l'hindouisme. Il a dit les choses telles qu'elles sont.
  • La perdition, c'est la ruine. Ce n'est pas avoir quelques problèmes ou finir deuxième dans la vie. C'est une ruine éternelle, sans retour, la destination de ceux qui ne se repentent pas. On n'y trouve ni fête, ni verre entre amis, ni nuage sur lequel flotter.
  • C'est pire que si un homme mourait, était enterré comme un chien et que son existence s'arrêtait là. Si un chien qui court ce soir sur Bloomfield Street est renversé par une voiture, c'est la fin de son existence. Si un être humain meurt de la même façon, ce n'est que sa mort physique : il a une âme immortelle qui passera l'éternité avec Dieu ou séparée de lui.
  • Il n'y a pas de purgatoire, pas de seconde chance, pas de réincarnation. « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement » (Hébreux 9:27). Le seul espoir de ceux qui étaient sur la colline était d'écouter Jésus de leur vivant et de dire : « J'entre par la porte étroite. »
  • Le drame, c'est que la plupart prennent le chemin large. Jésus ne parle pas d'une courte majorité : il oppose le grand nombre au petit nombre de ceux qui trouvent la vie. Et beaucoup de gens qui vont à l'église sont sur ce chemin-là.
  • Selon le site World Population Review, 98 % des Roumains seraient chrétiens, les États-Unis compteraient 230 millions de chrétiens, soit environ deux habitants sur trois, le Brésil 180 millions et les Philippines 92 millions sur 118 millions d'habitants. « Est-ce que tu le crois ? » Pour le prédicateur, il s'agit surtout de gens qui cochent « chrétien » sur un recensement parce que « mon grand-père était anglican ».
  • Il cite J. C. Ryle, il y a plus de cent ans : si nous ne pouvons rien dire de plus que ceci, que nous allons où vont les autres, que nous adorons où ils adorent et que nous espérons finir là où ils finiront, nous prononçons notre propre condamnation. « N'est-ce pas cela, marcher sur le chemin large, celui dont la fin est la perdition ? »
  • Se dire protestant, baptiste, anglican ou presbytérien ne protège de rien. C'est la décision de faire confiance à Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur qui fait passer la porte étroite. C'est une décision personnelle.

7. Le chemin étroit qui mène à la vie

  • Au verset 14, Jésus revient à la porte étroite. Il oppose la vie à la perdition et fait une offre : prends ce chemin et tu auras la vie. Tu échappes à la destination du chemin large et tu trouves la vie éternelle. « Quelle offre ! »
  • Mais il est honnête : le chemin ressemble au voyage du pèlerin. On y prend des bosses, des égratignures et des bleus. Selon les traductions, il est « resserré », « difficile » ou « étroit ».
  • Dans ce même sermon, Jésus dit : « Heureux ceux qui sont persécutés » et « Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal » (Matthieu 5:10-11). Il parle de couper la main qui fait tomber et d'aimer ses ennemis (Matthieu 5:44). Ce n'est pas facile, et cela demande de la discipline.
  • Sur ce chemin, il y a aussi une attaque spirituelle : parce que nous sommes avec Jésus et que nous sommes entrés dans la lumière, nous devenons une cible. Il faut s'attendre au combat spirituel. Au-delà des tentations du monde et des problèmes de notre cœur, il y a des attaques contre nos pensées, des flèches de doute. « Nous devons tenir le bouclier de la foi » (Éphésiens 6:16).
  • Le prédicateur confie s'être examiné cette semaine sur un point : ne pas envier ceux du chemin large. « Ils ont l'air de s'amuser plus que moi. Si j'étais là-bas, je me laisserais un peu aller. » Souviens-toi plutôt de l'endroit où ils vont.
  • Réjouis-toi d'être sur le chemin plus difficile avec Jésus, ton compagnon de route. L'auteur de l'épître aux Hébreux dit qu'en vue de la joie qui lui était réservée, Jésus « a souffert la croix, méprisé l'ignominie, et s'est assis à la droite du trône de Dieu » (Hébreux 12:2). Nous marchons avec lui, les yeux fixés sur lui.
  • Peut-être dis-tu : « Je suis entré par la porte étroite en 1994, ou en 2001. » C'est juste : c'est le moment décisif où l'on fait confiance à Jésus et où l'on reçoit le salut. Mais cela ne s'arrête pas là. Le chemin étroit dure des années : c'est une longue route de disciple et de sanctification jusqu'au retour de Jésus.
  • Ceux qui marchent sur le chemin étroit ont besoin d'une pensée étroite : ne pas glisser vers le matérialisme et l'amour de l'argent, ne pas se ranger à l'avis de la majorité pour éviter la persécution. « J'ai choisi de passer la porte étroite. Pas de retour en arrière. »
  • Combien de personnes au ciel ce soir regrettent d'être entrées par la porte étroite ? Aucune. Pas même les chrétiens nés de nouveau morts pour leur foi en Afghanistan, au Pakistan, en Iran ou aujourd'hui au Nigeria. Ils sont avec Jésus et héritent la vie éternelle.
  • Moïse disait déjà à Israël, vers la fin du Deutéronome : « Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal » (Deutéronome 30:15). Plus de mille ans plus tard, Jésus reprend un enseignement semblable avec ses deux portes et ses deux chemins.
  • Ceux qui ont entendu Jésus ce jour-là pouvaient décider sur-le-champ. Toi aussi, que tu sois dans la salle ou en ligne : « Jésus, je viens avec toi, je te fais confiance pour mon salut. Je crois que tu es mort sur la croix pour moi, et j'accepte le pardon et la vie éternelle que tu offres. » Dieu est miséricordieux : il accueillera quiconque entre par la porte étroite.

Points à retenir

  • Jésus ne laisse que deux portes, deux chemins et deux destinations : la vie ou la perdition.
  • La porte étroite, c'est la foi en Jésus seul. Il n'y a ni porte de derrière ni troisième option.
  • Approuver l'enseignement de Jésus ne suffit pas, pas plus qu'une étiquette chrétienne ou un héritage familial : il faut entrer.
  • Le chemin large est facile et fréquenté, mais Jésus aime assez les gens pour dire où il mène.
  • Le chemin étroit est difficile, mais on y marche avec Jésus, et personne au ciel ne regrette de l'avoir pris.

Application personnelle

  1. As-tu personnellement placé ta confiance en Jésus seul, ou te contentes-tu d'être d'accord avec lui ?
  2. Sur quoi t'appuies-tu pour te dire chrétien : une décision personnelle ou une appartenance familiale, culturelle ou d'Église ?
  3. Dans quels domaines es-tu tenté de suivre l'avis de la majorité pour éviter le rejet ?
  4. T'arrive-t-il d'envier ceux qui marchent sur le chemin large ? Qu'est-ce qui t'aide à te souvenir de l'endroit où il mène ?
  5. Comment peux-tu, cette semaine, garder les yeux fixés sur Jésus et marcher avec joie sur le chemin étroit ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire entrer par la porte étroite ?

Pour le prédicateur, la porte est une image du salut : on ne vient à Dieu que par Jésus. Entrer par la porte étroite, c'est choisir Jésus, se soumettre à lui et recevoir tout ce qu'il a enseigné dans le Sermon sur la montagne. C'est une décision consciente : personne ne te porte de l'autre côté.

Pourquoi la porte large attire-t-elle autant de monde ?

Elle est spacieuse et facile à franchir. On y trouve beaucoup de compagnons, on n'y est pas persécuté pour Christ et on peut y vivre comme on veut, sans se repentir. Mais Jésus dit clairement où elle mène : à la perdition, une ruine éternelle et sans retour.

Suffit-il d'être d'accord avec Jésus pour être sauvé ?

Non. Citant Grant Osborne, le prédicateur rappelle que ceux qui approuvent l'enseignement de Jésus sans rien en faire sont en grand danger. Ni le fait de cocher « chrétien » sur un recensement ni un héritage familial dans une dénomination ne sauvent : il faut placer personnellement sa confiance en Jésus-Christ, Seigneur et Sauveur.

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