Introduction
« Sauvée seule. » C'est par ce télégramme que l'épouse d'Horatio Spafford lui annonce que leurs quatre filles se sont noyées dans un naufrage. Matt Marvane ouvre ainsi le deuxième message de sa série « Sur le chemin de l'adorateur », à l'Église SOS Lyon, après avoir choisi de faire chanter le cantique né de ce drame, connu en anglais sous le titre « It Is Well with My Soul ».
Derrière ces quelques lignes que l'on chante parfois en pensant simplement « je suis un peu fatigué », il y a une famille dévastée par le deuil, « une vraie fatigue, une vraie dépression, et sans doute une vraie envie de mourir ». Et pourtant, ce chant est né d'un texte de la Bible : l'histoire de la Sunamite, en 2 Rois 4.
« Si cette parole a pu relever une famille qui venait de perdre cinq enfants en deux ans, alors je crois que ta situation n'est pas sans espoir. » Le prédicateur retient de ce récit deux choses simples pour le chemin de l'adorateur : une déclaration de la bouche et une attitude du corps.
Plan du message
1. L'histoire derrière « It Is Well with My Soul »
- Horatio Spafford est un riche avocat qui possède de nombreuses propriétés à Chicago. Le 8 octobre 1871, un incendie se déclare et brûle jusqu'au 10 octobre. La ville, bâtie essentiellement en bois, est dévastée, et la famille perd tous ses biens.
- Retenu par ses affaires, il laisse partir sa femme et ses filles en Europe sans lui. Le père se prépare à aider un célèbre évangéliste à prêcher l'Évangile là-bas. Le paquebot Ville du Havre entre en collision avec un autre navire et coule en douze minutes. La mère voit ses quatre filles se noyer sous ses yeux et survit accrochée à une planche.
- Arrivée au pays de Galles, elle envoie le célèbre télégramme. Horatio prend aussitôt le bateau pour la rejoindre. Un soir, le capitaine frappe à sa porte : « Nous sommes actuellement au-dessus de l'endroit où vos filles ont péri. »
- Il regarde quelques instants les eaux agitées, retourne dans sa cabine et écrit ce cantique à partir de la parole de la Sunamite (2 Rois 4:26) : « Te portes-tu bien ? Ton mari se porte-t-il bien ? L'enfant se porte-t-il bien ? Elle répondit : Bien. »
- Plus d'un siècle plus tard, on chante encore ce chant. « Peut-être que tu es venu aujourd'hui le cœur affligé, en deuil, ou avec des choses qui ne marchent plus comme tu le voudrais. Je voudrais te dire : il y a de l'espoir. »
2. Une femme qui ne demandait rien
- Le prophète Élisée passe par le village de Sunem. Une femme aisée insiste pour qu'il vienne manger chez elle, et sa maison devient une étape régulière.
- La famille lui prépare une petite chambre avec un lit, une table et une chaise, pour que l'homme de Dieu ait un endroit où se reposer à chaque passage.
- Élisée veut la remercier et lui demande ce qu'il peut faire pour elle. Sa réponse : rien. « Je suis heureuse, je n'ai besoin de rien, tout va bien. »
- Son serviteur Guéhazi remarque qu'elle n'a pas d'enfant et que son mari est vieux. Élisée lui annonce : « À cette même époque, l'année prochaine, tu embrasseras un fils. »
- Elle répond : « Ne me donne pas de faux espoir. » Contre toute attente, un an plus tard, elle tient son fils dans ses bras. « L'histoire aurait pu s'arrêter là, et ç'aurait été magnifique. Mais l'histoire continue. »
3. Le drame, et la réponse « tout va bien »
- L'enfant grandit et va aider son père aux champs. Un jour, il dit : « Ma tête, ma tête ! » Un serviteur le ramène à sa mère, et l'enfant meurt dans ses bras.
- « Pourquoi ? Elle n'a rien demandé, elle ne voulait rien. Tout allait bien, alors pourquoi maintenant ? Pourquoi un tel drame ? »
- Elle monte dans la chambre du prophète, couche l'enfant sur le lit, ferme la porte, puis demande à son mari un serviteur et une ânesse pour aller voir l'homme de Dieu. À son mari qui ne comprend pas, elle répond : « Tout va bien. »
- Élisée la voit arriver de loin et envoie Guéhazi lui demander si elle va bien, si son mari va bien, si l'enfant va bien. « Il pose même les bonnes questions », et elle répond encore : « Tout va bien. »
- Elle ne s'arrête pas là. Arrivée près du prophète, elle se jette à ses pieds. Guéhazi veut la repousser, mais Élisée dit : « Laisse-la. » Elle crie : « Ai-je demandé un fils à mon seigneur ? N'ai-je pas dit : Ne me trompe pas ? »
4. Le bâton ne suffit pas, la persévérance de la foi
- Élisée envoie Guéhazi en courant avec son bâton, à poser sur le visage de l'enfant, sans s'arrêter en chemin. Mais la mère déclare : « L'Éternel est vivant et ton âme est vivante ! je ne te quitterai point. » « Quelle détermination ! »
- Guéhazi pose le bâton : aucun son, aucune réaction. « Le bâton ne suffisait pas. » Il revient dire au prophète : « J'ai fait exactement tout ce que tu m'as dit, mais ça n'a pas marché. »
- Élisée entre seul, ferme la porte et prie. « Entrer seul, fermer la porte et prier : c'est la meilleure chose à faire, en toute circonstance et en tout temps. »
- Il s'étend sur l'enfant, la bouche sur sa bouche, les yeux sur ses yeux, les mains sur ses mains. C'est étrange, comme lorsque Jésus fait de la boue avec sa salive pour un aveugle ou met les doigts dans les oreilles d'un sourd. « Le plus important n'est pas de savoir si c'est étrange. Le plus important est de savoir : est-ce que je fais ce que Dieu me demande ? »
- Le corps de l'enfant se réchauffe. Élisée marche dans la chambre, puis répète le même geste de foi. « Quand ça ne marche pas du premier coup, ça ne veut pas dire que ça ne marchera jamais. Parfois, il faut juste recommencer, persévérer. »
- L'enfant éternue sept fois et ouvre les yeux. « Pourquoi sept fois ? Je n'en ai aucune idée, et ce n'est pas la question. N'essaie pas de tout décrypter quand il n'y a pas besoin. » La mère tombe aux pieds d'Élisée, prend son fils et sort.
5. Être dans le plan de Dieu n'exclut pas l'épreuve
- Dieu a choisi de bénir cette femme par un miracle qui lui faisait même peur. Peut-être que Dieu a prévu pour toi des choses qui t'effraient : « Ce n'est pas vraiment moi, je ne sais pas si c'est ma place. »
- « Ouvre grand tes oreilles : être dans le plan et les desseins de Dieu n'exclut pas la déception. N'exclut pas la souffrance. N'exclut pas les difficultés. Si tu ne comprends pas cela, tu ne comprendras pas la marche de l'adorateur. »
- Le chemin de l'adorateur n'est pas une promenade de santé. La marche chrétienne est aussi synonyme de lutte et de combat. Jésus l'a dit : le vent soufflera, la pluie tombera, mais la maison bâtie sur le roc tiendra.
- « Pouvoir dire que tout va bien quand le pire nous atteint, c'est le plus grand des miracles. » Dans la fournaise, Schadrac, Méschac et Abed-Nego ne sont pas trois mais quatre : Jésus est là.
- Est-ce que cela veut dire qu'on ne souffre pas, qu'on ne pleure pas, qu'on ne tremble pas ? Non. « Mais mes yeux ne sont pas fixés sur les circonstances. Je sais que Jésus est avec moi. » Le monde dérive, notre pays ne va pas bien, mais Jésus est roi et il tient le monde dans ses mains.
6. Courir vers le seul médiateur
- La Sunamite ne se contente pas de parler à Guéhazi. Elle veut voir celui qui lui a donné la parole, l'intermédiaire entre Dieu et elle, thème du premier message de la série. Il n'y a qu'un seul Dieu et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ (1 Timothée 2:5).
- Elle aurait pu crier au scandale : « Je l'ai accueilli, je lui ai fait un lit, je lui ai donné à manger, et à la fin il me donne une parole et je souffre à cause de cela. » Elle choisit au contraire d'aller vers celui qui peut changer les choses.
- « Vers qui cours-tu en premier quand les choses ne vont pas comme tu veux ? Avant de courir vers moi, ton pasteur, cours d'abord vers Jésus. Nous avons des limites. Lui n'en a aucune. » Avant d'envoyer un courriel parce que tu es déçu, consulte d'abord celui qui tient toutes choses dans ses mains.
- Le médiateur est aussi l'intercesseur, celui qui intervient. Jésus intercède dans les lieux célestes et veut encore aujourd'hui intervenir dans ta vie. « Une Église ne te sauvera pas. Une Église ne te guérira pas. C'est Jésus qui sauve, c'est Jésus qui guérit, c'est Jésus qui libère. »
- « Je ne suis pas conseiller conjugal, ni psychiatre, ni psychologue. Je suis juste quelqu'un qui peut t'aider à regarder à Jésus. » Comme la Sunamite, tu peux lui rappeler sa parole : « Tu as dit… alors je m'appuie sur ta parole. » Dieu aime voir ses enfants réclamer sa parole, la mettre en pratique et à l'épreuve.
7. Une déclaration de la bouche, une attitude du corps
- Ce « tout va bien » est une prise de position, pas un déni. Elle sait que son fils est mort, elle le voit. Mais au-delà de la situation et des émotions, elle place sa foi en celui qui peut calmer les tempêtes.
- La déclaration de la bouche : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Romains 10:9). La Sunamite a déclaré : « Tout va bien. »
- L'attitude physique : elle a couru vers celui qui pouvait changer les choses. Si tu es heureux aujourd'hui, célèbre-le. Mais le jour où tu seras ébranlé, souviens-toi que nous sommes dans un combat spirituel, souviens-toi de la Sunamite et de cette famille qui a chanté « Quel repos céleste » après avoir tout perdu.
- « Je veux voir une foi plus combative dans notre Église, une foi de guerrier qui n'a pas peur d'affronter. Quand le combat vient, je tiens ma position. Je parle et j'agis. »
- Le chemin de l'adorateur, ce n'est pas seulement ce que je chante, c'est aussi ce que je fais et comment je me positionne. « Tiens ta position. Continue de déclarer “tout va bien”. »
Points à retenir
- Le « tout va bien » de la Sunamite n'est pas un déni de la réalité, c'est une déclaration de foi et une position spirituelle.
- Être dans le plan de Dieu n'exclut ni la déception, ni la souffrance, ni les difficultés. La marche de l'adorateur est aussi un combat.
- Quand ça ne marche pas du premier coup, ça ne veut pas dire que ça ne marchera jamais : la foi persévère.
- Le plus grand des miracles, c'est la présence de Jésus au milieu de la fournaise.
- Jésus est le seul médiateur : c'est vers lui qu'il faut courir en premier, avant toute autre aide.
Application personnelle
- Quelle situation te fait douter en ce moment que tu sois vraiment dans le plan de Dieu ?
- Vers qui ou vers quoi cours-tu en premier quand les choses ne vont pas comme tu voudrais ?
- Y a-t-il une prière ou un geste de foi que tu as abandonné parce que « ça n'a pas marché du premier coup » ?
- Quelle promesse de la Parole de Dieu peux-tu lui rappeler cette semaine, en disant : « Tu as dit… » ?
- Comment peux-tu dire « tout va bien » sans nier ce que tu traverses, en fixant tes yeux sur Jésus plutôt que sur les circonstances ?
Versets cités
- 2 Rois 4:8-37
- 2 Rois 4:26
- Jean 9:6-7
- Marc 7:33
- Matthieu 7:24-27
- Daniel 3:24-25
- 1 Timothée 2:5
- Hébreux 7:25
- Malachie 3:10
- Romains 10:9
Questions fréquentes
Pourquoi la Sunamite dit-elle « tout va bien » alors que son fils est mort ?
Pour Matt Marvane, ce n'est pas un déni : elle sait que son fils est mort, elle l'a couché sur le lit du prophète. Son « tout va bien » est une déclaration de foi et une position spirituelle. Au-delà de ce qu'elle voit et ressent, elle place sa confiance en celui qui peut changer la situation.
Quel est le lien entre le cantique « It Is Well with My Soul » et 2 Rois 4 ?
Horatio Spafford a écrit ce cantique en traversant l'océan, au-dessus de l'endroit où ses quatre filles venaient de mourir dans un naufrage. Il s'est inspiré de la réponse de la Sunamite en 2 Rois 4:26. Cette parole a redonné à une famille brisée par le deuil l'espérance et la force de continuer à vivre.
Vers qui courir quand la vie ne va pas comme on voudrait ?
La Sunamite ne s'est pas contentée de parler au serviteur Guéhazi, elle a couru vers le prophète par qui la parole était venue. Matt Marvane invite à courir d'abord vers Jésus, le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Timothée 2:5), avant le pasteur, avant un courriel, avant qui que ce soit.
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