Colossiens 2 : vivre dans la liberté que Christ a acquise

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Introduction

« Ne laisse personne te condamner. » Claudeth Hitchman, pasteure à Kensington Temple, à Londres, s'arrête sur ces mots de Colossiens 2:16. Son message s'inscrit dans la série « Living Well » (bien vivre), consacrée aux principes du royaume pour une vie qui s'épanouit. La semaine précédente portait sur la victoire de la croix. Cette fois, le thème est la liberté.

Le livre de Colossiens, rappelle-t-elle, parle de notre identité en Christ : « Comprenons-nous qui nous sommes ? Et comprenons-nous ce que cette identité nous appelle à vivre ? » Christ a acheté notre liberté. Le danger est de se laisser reprendre au piège de règles humaines qui n'ont plus aucune valeur spirituelle.

Après la prédication, la pasteure répond aux questions de l'assemblée : la colère contre Dieu, la constance dans les saisons de la vie, la grâce prise comme excuse, la culture et l'Écriture, l'appel des femmes au ministère. L'article reprend le message puis ces échanges.

Plan du message

1. Ne laisse personne te juger sur des ombres

  • Colossiens 2:16 dit de ne laisser personne te juger au sujet du manger ou du boire, d'une fête, d'une nouvelle lune ou d'un sabbat. Une version de la Bible le traduit ainsi : ne laisse personne te fixer des règles, te critiquer, te juger ou te condamner sur ce que tu manges ou ce que tu bois.
  • À l'époque, quantité de fêtes religieuses et de façons de vivre coexistaient. Les croyants étaient pressés de manger ceci, de ne pas boire cela, d'adorer d'une certaine manière, un certain jour.
  • Le verset 17 dit que ces choses étaient l'ombre de ce qui devait venir. « Qui peut toucher mon ombre en ce moment ? Vous ne pouvez pas. » Ces rituels n'étaient qu'un avant-goût de la réalité.
  • Chaque fête et chaque offrande avait un but en son temps. Mais Christ est venu, il a accompli la loi : « Tout est accompli. » Observer le sabbat n'est pas un péché, mais ce n'est plus nécessaire, « parce que le Seigneur du sabbat vit en nous ».

2. Quand les règles humaines enferment

  • Le verset 18 parle d'une façon de penser humaine, charnelle. Ces règles relèvent de la chair : ce que tu choisis de manger, la manière de célébrer. « Aucune de ces choses n'a de portée spirituelle. »
  • Claudeth Hitchman raconte ses débuts dans la foi. Dans sa première Église, on lui a dit qu'elle devait porter un chapeau, au nom du verset qui demande à la femme d'avoir la tête couverte, et qu'elle ne pouvait pas porter de pantalon, puisque la femme ne doit pas porter un vêtement d'homme.
  • « Je ne porte pas de chapeau. Je n'aime pas ça, et j'avais l'air ridicule. » Elle était arrivée en pantalon, à l'aise. Tout à coup, elle s'est sentie raide, « liée par des règles et des règlements ».
  • Avec les années, elle a compris : la chevelure de la femme lui tient lieu de voile, et les pantalons qu'elle achète sont faits pour les femmes. Le compromis trouvé à l'époque avec son pasteur : le pantalon en semaine, jamais le dimanche. « C'était un progrès. »
  • « Le légalisme peut ressembler à la vérité », et c'est pour cela qu'il attire. Nous appartenons déjà à Christ : « Nous pouvons nous détendre un peu avec notre Père. » Honore-le, sers-le, adore-le, mais fais-le librement, avec ta personnalité, ta coiffure, ta façon de t'habiller.
  • Le médecin peut lui demander de manger moins de sucre à son âge : c'est une question de santé. Ce qui pose problème, c'est de changer sa façon de manger parce que quelqu'un affirme que c'est la seule manière d'être chrétien.

3. Les fausses visions coupent de Dieu

  • Le verset 18 met aussi en garde contre ceux qui s'attachent à leurs visions. Une version le rend ainsi : ils placent leurs espoirs dans leurs visions. Ils pensent avoir reçu quelque chose de Dieu, en font une religion et demandent qu'on les suive.
  • La pasteure évoque un groupe entier qui a cru la prétendue vision d'un homme, a voyagé jusqu'à une île des Caraïbes, a bu une substance, et dont tous les membres sont morts ensemble. « Qu'est-ce qu'il faut pour croire la fausse vision d'une personne au point d'aller jusqu'à cet extrême ? »
  • « La seule chose que nous sommes appelés à suivre, c'est la vérité qui se trouve dans la Parole de Dieu. »
  • Être piégé par des règles, des lois et des visions humaines déconnecte de la vérité. Et cette déconnexion produit le chaos : « Pourquoi le monde est-il dans le chaos ? Parce qu'il est déconnecté de Dieu. »

4. Rester attaché à la tête

  • Le verset 19 décrit ceux qui ne s'attachent pas à la tête, de laquelle tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l'accroissement que Dieu donne. Vivre dans la liberté, c'est grandir en Christ.
  • « Si mon bras était coupé maintenant, pourrait-il ramasser quelque chose par terre ? » Détaché du corps, il meurt, parce qu'il n'est plus relié à ce qui est vivant.
  • Au verset 15, Christ a dépouillé les puissances. La pasteure l'applique à tout ce qui nous enchaînait : la chair, les règles religieuses, tout ce qui est charnel et mauvais. Il a acheté notre liberté. Sur cette base, nous sommes encouragés à ne pas nous laisser reprendre au piège, à rester reliés à la Parole et au Saint-Esprit, à être conduits par l'Esprit plutôt que poussés par les exigences des hommes.
  • Jean 15 dit la même chose : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. » C'est une relation dans les deux sens. Le sarment ne peut porter du fruit s'il est coupé du cep : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. »
  • Celui qui ne demeure pas en Christ est jeté dehors comme le sarment, et il sèche. C'est là que mènent les œuvres de la chair et de la religion décrites aux versets 16 à 18.
  • « Demeurer » veut dire rester à une place, être présent et y rester. Nous sommes en Christ, assis avec lui dans les lieux célestes. Le but de rester attaché au cep est de porter du fruit.

5. Comment rester présent avec le Seigneur

  • D'abord, ce que l'assemblée fait ce jour-là : se rassembler pour entendre la Parole et mieux comprendre l'Écriture, puis parfois en discuter ensemble après le culte.
  • Ensuite, le temps personnel. Chaque soir, en s'endormant, Claudeth Hitchman lance la lecture audio de sa Bible. Cette année, elle la parcourt dans l'ordre chronologique et arrive presque au bout : « Ce n'est pas faire une seule chose, mais trouver comment la Parole peut entrer en toi. »
  • L'adoration à la maison compte aussi. En rentrant d'une journée de cours ou de travail, est-ce que tu t'installes devant la télévision, ou est-ce que tu parles un peu au Seigneur ? Est-ce que tu l'invites dans le lieu où tu te trouves ?
  • « Il est le cep, un seul grand cep, et nous sommes tous des sarments. » Rester ensemble, apprendre ensemble, marcher ensemble, nous soutenir les uns les autres, en étant portés par celui qui prend soin de nous.
  • Avertissement final : certaines Églises attirent les jeunes en mettant en avant le pouvoir, la richesse et l'apparence ; d'autres posent des barrières, comme l'interdiction pour les femmes de prêcher. « Fais attention à ce qui ressemble à la vérité mais qui est religion et qui est faux. » Notre identité est dans la Parole de Dieu et en Christ seul.

6. La liberté n'est pas de faire ce que l'on veut

  • Première question de l'assemblée : quelle différence entre être libre en Christ et faire ce que l'on veut ? Faire ce que l'on veut fait du bien, jusqu'au jour où arrivent les ennuis. On se tourne alors vers les choses mêmes qui nous y ont conduits. Ça ressemble à la liberté, mais ce sont des pièges, et leur but est de nous tenir loin de Christ.
  • La liberté en Christ comporte des limites, la pasteure ne le nie pas. Mais elle vient du fait d'être celui que Dieu t'a fait être, d'entrer dans ton appel et d'accomplir ton but.
  • Avant sa conversion, elle voulait être une pop star et a rejoint plusieurs groupes, « même si je ne savais pas vraiment chanter ». Devenue chrétienne, elle a cru devoir tout abandonner. Elle a eu ensuite des occasions de voyager, de chanter, de jouer un peu la comédie. Aujourd'hui, elle est toujours sur une estrade, mais pour autre chose : « Il s'agit de faire quelque chose qui donne la vie à quelqu'un. »
  • Dieu sait mieux que nous ce qui est bon pour nous, comme des parents qui disent « ne touche pas le feu » ou « rentre avant 23 heures ». On s'énerve, puis on se brûle, ou on se retrouve en danger dans la rue à deux heures du matin, et on comprend qu'ils avaient raison. Christ sait ce qui est le mieux pour nous, « parce qu'il nous a faits ».
  • La grâce peut-elle servir d'excuse ? Oui, quand on se dit : je peux faire ce que je veux, Dieu me pardonnera. Mais quand on aime quelqu'un, on ne se lève pas chaque matin en cherchant comment lui briser le cœur. Nous ne sommes plus sous la loi, mais nous sommes en relation avec lui, et cette relation nous fait tenir à ses instructions. « C'est la relation qui nous fait vivre sous la grâce de la bonne manière, sans en profiter. »

7. Les questions de l'assemblée : colère, saisons, culture, appel

  • En colère contre Dieu. Une personne aime Dieu mais lui en veut. La pasteure raconte la mort d'une amie et collègue, à 43 ans, qui croyait Dieu pour un avenir extraordinaire. Pendant deux ans, sans s'en rendre compte, elle n'a plus parlé à Dieu ni prié : « Je fonctionnais. » Quelqu'un lui a dit : « Tu es en colère contre Dieu et tu dois te repentir. » Son conseil : demande pardon à Dieu, donne-lui ta déception et laisse-le revenir dans ta vie. « Il t'attend. Ses bras sont ouverts. »
  • Constance dans les saisons. Un mariage, un bébé, un parent âgé dont on s'occupe, un travail sur une plateforme pétrolière : les priorités changent, pas la relation avec Dieu. Ce qui devient religion, c'est de se dire : je priais une heure à six heures du matin, je ne peux plus, donc je suis loin de Dieu. À une période où elle ne pouvait pas lire la Parole, elle pouvait adorer, partout où elle voyageait. « Détends-toi. Assure-toi de recevoir la Parole d'une manière ou d'une autre chaque jour. La prière reviendra. »
  • Voir les hommes comme Dieu les voit. À une femme qui a peur des hommes, elle propose une question : « Est-ce un fils de Dieu ? Alors comment dois-je le traiter ? » Pour les femmes blessées par des hommes, une part de la guérison passe par la prière pour ceux qui ont fait du mal, en les regardant comme des fils de Dieu.
  • Culture et Écriture. La Bible demande d'honorer ses parents. Le premier lieu, c'est la prière, pour discerner ce qui est tradition. Elle raconte l'histoire de jeunes filles hindoues venues à Christ et baptisées. À ses parents, l'une d'elles a répondu qu'elle irait au temple pour ne pas leur manquer de respect, « mais je ne prierai que Jésus ». Il s'agit de vivre en paix avec tous autant que possible, et de demander à Dieu une issue, comme Esther dans un palais qui n'était pas son monde.
  • Les femmes et la prédication. Pour la pasteure, certaines consignes de Corinthiens se comprennent à partir de la culture de l'époque. Elle rappelle que l'homme et la femme ont été créés égaux, tous deux à l'image de Dieu. Elle renvoie au pasteur Malcolm Duncan, qui peut montrer dans l'Écriture comment Dieu utilise les femmes comme les hommes.
  • Son propre appel. « Je n'ai jamais demandé de position. J'ai laissé Dieu me conduire. » Elle a eu du mal à accepter d'être nommée responsable de la pastorale, puis d'implanter une Église avec une autre femme, faute d'hommes pour le faire. « Je ne fais qu'obéir à Dieu, et en lui obéissant, je grandis et il m'utilise. »
  • Tenir dans son appel. Ses conseils : lire la vie de femmes qui ont servi avant nous, comme Amanda Berry Smith, une prédicatrice noire du XIXe siècle aux États-Unis ; regarder Débora, Esther et les femmes de la Bible ; s'entourer de mentors (elle en a au moins sept) ; rejoindre une Église qui accueille la croissance et les questions. « Dieu m'a-t-il appelée ? Alors je vais avancer et surmonter. »

Points à retenir

  • Les règles sur le manger, le boire, les fêtes et les jours n'étaient qu'une ombre. La réalité, c'est Christ, qui a accompli la loi.
  • Le légalisme peut ressembler à la vérité. Ce qui relève de la chair n'a aucune portée spirituelle et ne doit pas te priver de ta liberté.
  • Seule la Parole de Dieu est à suivre. Les visions et les règles humaines coupent de la vérité et mènent au chaos.
  • Vivre libre, c'est rester attaché à la tête, comme le sarment au cep, pour grandir et porter du fruit.
  • La liberté en Christ n'est pas faire ce que l'on veut : c'est une relation, qui nous fait vivre la grâce sans en profiter.

Application personnelle

  1. Quelle règle humaine, apprise dans ton parcours, te fait encore te sentir « raide » devant Dieu ?
  2. À quelle source vas-tu chercher la vérité : la Parole de Dieu ou les avis et visions des autres ?
  3. Comment la Parole entre-t-elle en toi chaque jour dans la saison que tu vis, même si ton rythme a changé ?
  4. Qu'est-ce qui se passe quand tu rentres chez toi le soir : la télévision, ou un moment avec le Seigneur ?
  5. Y a-t-il une déception ou une colère envers Dieu que tu dois lui remettre pour le laisser revenir dans ta vie ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire Colossiens 2:17 quand il parle d'une « ombre » ?

Pour Claudeth Hitchman, les fêtes, les nouvelles lunes, les sabbats et les règles alimentaires avaient un but en leur temps, mais ils n'étaient qu'une ombre. La réalité, c'est Christ. Il a accompli la loi, et le Seigneur du sabbat vit en nous : ces pratiques ne sont plus nécessaires pour appartenir à Dieu.

Être libre en Christ, est-ce faire ce que l'on veut ?

Non. Faire ce que l'on veut ressemble à la liberté, mais mène à des pièges dont le but est de nous éloigner de Christ. La liberté en Christ vient du fait d'être celui que Dieu t'a fait être et d'entrer dans ton appel. Elle comporte des limites, comme les consignes de parents qui savent mieux que leurs enfants ce qui est bon pour eux.

Comment rester attaché à Christ selon Colossiens 2:19 et Jean 15 ?

En restant présent avec le Seigneur : se rassembler pour entendre la Parole, la lire ou l'écouter chaque jour, adorer Dieu à la maison et pas seulement à l'église, et marcher avec les autres croyants. Comme un sarment, celui qui reste attaché au cep porte du fruit ; celui qui s'en détache se dessèche.

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