Introduction
Tu te dis peut-être que le baptême du Saint-Esprit, avec ses langues de feu et ses vents impétueux, c'était bon pour les premiers apôtres. Une belle histoire. Un âge d'or qui ne reviendra plus. Kévin GONÇALVES PALHEIROS s'inscrit en faux. Dans cette prédication portée par une conviction brûlante, il te ramène à deux images côte à côte : le mont Sinaï enveloppé de feu et la chambre haute où l'Esprit descend en flammes sur chaque tête. Un même Dieu, un même feu, une même invitation. La Pentecôte n'est pas la fermeture d'un chapitre ancien : elle est l'accomplissement de ce que Dieu voulait faire au Sinaï, et cette promesse t'est encore adressée aujourd'hui.
Plan de l'enseignement
- Chrétien veut dire petit Christ : la vocation d'être rempli
- Le passage du Sinaï : Dieu descend, il ne se laisse pas escalader
- Ce que Dieu voulait faire au Sinaï et qu'Israël a avorté
- Comment Jésus accomplit le Sinaï : la Pentecôte d'Actes 2
- Comment recevoir le baptême du Saint-Esprit aujourd'hui
1. Chrétien veut dire petit Christ : la vocation d'être rempli
Le prédicateur commence par te rappeler le sens du mot Christ : celui qui a reçu l'onction. L'évangile de Jean va plus loin encore et dit que Jésus a reçu le Saint-Esprit sans mesure. Or « chrétien » signifie petit Christ. La conclusion est logique : le chrétien porte l'onction de Dieu, il a l'Esprit de Dieu. Ce n'est pas un supplément d'âme pour les initiés. C'est l'ossature même de la vie chrétienne.
Cette onction, dit-il, se reconnaît à ses fruits : une vie dans l'amour, dans la foi, dans la persévérance. Jésus lui-même, de sa conception à sa mort, a été rempli de l'action du Saint-Esprit. Personne ne parlait comme lui, personne n'aimait comme lui, personne ne tenait dans la tribulation comme lui. Et cette même vie, le Père veut la voir se manifester chez ses enfants.
Après sa résurrection, Jésus confie à ses disciples une mission écrasante : faire de toutes les nations des disciples, y compris de ceux qui l'ont crucifié, y compris des Romains les plus cruels. Impossible sans lui. Alors il leur dit cette parole qui tranche : « Il est avantageux pour vous que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous » (Jean 16.7). Le Père enverra un autre lui-même. Et sans cette puissance, l'œuvre reste impossible.
Kévin GONÇALVES PALHEIROS pose alors la question qui pique : « Toi qui, avec nonchalance, ne cherches pas cette plénitude, est-ce que tu penses pouvoir accomplir l'œuvre de Dieu sans elle ? Est-ce que tu penses être meilleur que les Douze ? Meilleur que Jésus-Christ lui-même, qui a dû attendre que l'Esprit descende sur lui pour accomplir son ministère ? » Le disciple n'est pas plus grand que son maître. S'ils en avaient besoin, nous en avons besoin.
Et l'histoire de l'Église le confirme, avec une régularité qui devrait nous secouer. Irénée de Lyon et Tertullien, au IIe siècle, décrivent des frères qui parlent en langues, chassent des démons, guérissent des malades. François d'Assise priait des heures durant en langues inconnues. Les Huguenots persécutés des Cévennes, au XVIIe siècle (souvent illettrés), prophétisaient dans un français impeccable, parfois même en latin. En 1727, à Herrnhut, les Moraves reçoivent une visitation qui lance la première grande vague missionnaire mondiale. En 1821, un avocat nommé Charles Finney est saisi par les vagues de l'amour de Dieu dans son bureau et voit des villes entières basculer. En 1904, au pays de Galles, un mineur de 26 ans, Evan Roberts, entraîne cent mille conversions en dix-huit mois : les tavernes ferment, les tribunaux n'ont plus d'affaires à juger. En 1905, à Mukti en Inde, Pandita Ramabai voit des flammes se poser sur 1 500 veuves et orphelines qui se mettent à parler en langues et à prophétiser, sans avoir jamais entendu parler des réveils occidentaux. Et en 1906, à Azusa Street à Los Angeles, un fils d'esclave noir, William Seymour, en pleine ségrégation, ouvre la porte au réveil pentecôtiste qui rassemble aujourd'hui plus de 600 millions de chrétiens dans le monde. « J'ai envie de faire partie de cette nuée de témoins », lance le prédicateur. Toi aussi ?
2. Le passage du Sinaï : Dieu descend, il ne se laisse pas escalader
Pour comprendre la Pentecôte, il faut remonter au mont Sinaï. Kévin GONÇALVES PALHEIROS lit Exode 19.16-20 : dès le troisième jour, des tonnerres, des éclairs, une épaisse nuée, le son d'une trompette, une montagne fumante parce que « l'Éternel y était descendu au milieu du feu ». Tout le peuple tremble au pied de la montagne.
Comment Israël en est-il arrivé là ? Tout commence dans la promesse faite à Abraham : sa postérité deviendra source de bénédiction pour toutes les nations. Mais Dieu ajoute une phrase étrange : ta descendance souffrira quatre cents ans. Israël devait apprendre la leçon qu'Abraham lui-même avait apprise et que la prospérité ne peut pas enseigner : l'œuvre de Dieu ne dépend ni de ta force, ni de ta sagesse, mais de l'Esprit de l'Éternel. Il faut parfois qu'un peuple soit ramené au point zéro (esclave en Égypte, humainement incapable de se sauver lui-même), pour qu'il comprenne que les promesses de Dieu se réalisent par sa main puissante.
Puis vient le « tout à coup » de Dieu. Contrairement aux idoles muettes de l'Égypte (des dieux qui ont des yeux et ne voient pas, des mains qui n'agissent pas), le Dieu d'Israël se manifeste dans l'histoire. Il multiplie la postérité d'Abraham comme les étoiles. Il s'introduit dans la cour de Pharaon. Il ouvre la mer Rouge. Il fait trembler le Sinaï. Il parle du haut du ciel comme une trompette. Et il fait dire à Moïse en Deutéronome 4.7 : « Quelle est, en effet, la grande nation qui ait des dieux aussi proches que l'Éternel, notre Dieu, l'est de nous, toutes les fois que nous l'invoquons ? »
Voilà l'essence de la foi biblique et l'essence de la Pentecôte : notre Dieu est un Dieu qui se manifeste. Le christianisme n'est pas d'abord une affaire de morale ni un effort pour être bon. C'est Dieu qui se manifeste dans l'histoire, qui te remplit, qui te sature, qui te conduit, qui t'inspire. Le prédicateur t'avertit : quand tu n'as plus goût à la prière, à la Parole, à la consécration, tu peux essayer de te rassurer avec de petites œuvres, mais rien n'y fait. C'est que quelque chose manque. La joie de la vie chrétienne se lève lorsque Dieu se manifeste.
Mais alors, où Dieu se manifeste-t-il ? Pas dans les temples somptueux de l'Égypte, aussi beaux soient-ils. Il choisit un désert aride et une montagne de scorpions. Pourquoi ? Parce que les religions faites de main d'homme peuvent attirer les hommes d'en bas, mais elles n'attireront jamais le Dieu qui vient d'en haut. Le mot hébreu yarad (descendre) apparaît pour la première fois dans la Bible… à Babel. Les hommes essaient de monter jusqu'au ciel par leurs propres ressources ; l'ironie du texte, c'est que Dieu doit encore descendre pour voir ce qu'ils font.
Kévin GONÇALVES PALHEIROS le dit sans détour : « On ne peut pas monter le chercher. C'est à lui de descendre. C'est une grâce. » Tu peux te taillader comme les prophètes de Baal, marcher sur les genoux comme des milliers de dévots, essayer d'acheter la puissance comme Simon le magicien avec Pierre, la gloire de Dieu ne descendra pas. La seule voie, c'est celle de 1 Pierre 5.6 : « Humiliez-vous sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable. » Et 2 Timothée 2.21 : « Si quelqu'un se conserve pur, il sera un vase d'honneur, sanctifié, utile à son maître, propre à toute bonne œuvre. »
La Bible ne fait que confirmer ce mouvement descendant. Dieu descend voir l'enfant d'Agar qui pleure dans le désert. Il descend visiter Élisabeth et Zacharie fidèles dans la stérilité. Il descend couvrir l'humble Marie de son ombre. Il descend sur Jésus qui sort des eaux du Jourdain et lève les mains en prière vers le Père. Le Seigneur habite les lieux très élevés, mais il aime descendre auprès de ceux qui ont le cœur brisé et contrit.
D'ailleurs, remarque le prédicateur, quand Dieu a voulu parler à Moïse, il n'a pas choisi un prêtre égyptien majestueux. Il a choisi un buisson d'épines, sans beauté ni éclat, simplement mis à part. Dieu ne cherche pas que tu sois le meilleur : il cherche que tu sois consacré. Et quand il a voulu parler à tout Israël, il l'a fait dans un désert, sur une montagne, au milieu d'un peuple dont le cœur avait été broyé par 430 ans de servitude. La question est donc simple : est-ce que ton cœur est broyé ? Sais-tu combien tu as besoin du Seigneur ? Car la résurrection ne descend que sur ce qui a d'abord accepté la croix.
3. Ce que Dieu voulait faire au Sinaï et qu'Israël a avorté
Israël avait été délivré par le sang de l'agneau puis conduit à travers la mer Rouge, une image du baptême. Cela ne suffisait pas. Le but ultime, dit Exode 3.12, c'était la rencontre avec Dieu sur la montagne. La délivrance conduisait à la visitation. En hébreu, il existe même un jeu de mots entre séneh (le buisson ardent) et Sinaï : la montagne était le buisson ardent du peuple entier. De même que Moïse avait eu besoin de son buisson pour vaincre Pharaon, Israël avait besoin de sa montagne pour accomplir sa vocation missionnaire. Au Sinaï, Dieu voulait faire un peuple de petits Moïse.
Trois choses précises étaient prévues, selon Exode 19.5-6 : « Vous serez pour moi un trésor particulier parmi tous les peuples, un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. »
- Une relation directe avec chaque Israélite. Ils devaient monter dans la présence de Dieu comme Moïse.
- Une Loi gravée dans le cœur. Dans sa présence, Dieu allait inscrire ses commandements directement dans leurs entrailles, la pierre est venue après, en second recours.
- Un envoi comme peuple de prophètes. Après la transformation, Israël devait être envoyé vers toutes les nations.
Sauf qu'Israël a avorté sa Pentecôte, dit le prédicateur avec force. La relation directe, il l'a refusée en demandant à Moïse de servir de médiateur : « Parle-nous toi-même, et nous écouterons ; mais que Dieu ne nous parle point, de peur que nous ne mourions » (Exode 20.19). Ce qui aurait dû devenir intimité pour tous devint dépendance à un intermédiaire. Le prédicateur pose la question qui te concerne : et toi, où en es-tu ? Relation directe avec Dieu, ou spiritualité par procuration ? Dans une religion médiatisée, aucun doigt de Dieu ne grave la Loi dans le cœur.
Deuxième avortement : dès que Moïse s'attarde sur la montagne, le peuple façonne le veau d'or. Ils n'ont pas voulu monter avec lui, ils ne peuvent pas vaincre la tentation en bas. Troisième avortement : la vocation missionnaire tourne à la profanation. Ézéchiel 36.20 résume : « Ils ont profané mon saint nom parmi les nations. » Ceux qui ne montent pas à la rencontre de Dieu finissent par être des témoins qui font honte. Et le prédicateur ajoute cet avertissement pour l'Église d'aujourd'hui : une Église qui ne vit plus la Pentecôte devient comme du sel qui a perdu sa saveur.
4. Comment Jésus accomplit le Sinaï : la Pentecôte d'Actes 2
Si Israël a manqué son rendez-vous, est-ce trop tard ? « Si nous sommes infidèles, lui demeure fidèle » (2 Timothée 2.13). Dieu ne se repent ni de ses dons ni de ses appels. Avant de mourir, Moïse annonce dans Deutéronome un nouveau Moïse plus grand que lui : là où le premier a échoué, celui-ci réussira. Là où Moïse n'a vu le pays que de loin, ce nouveau conducteur fera entrer le peuple dans la maison du Père. Là où Moïse n'a vu que le dos de Dieu, ce nouveau prophète contemplera sa face et la révélera. Là où Moïse a gravé la Loi sur des tables de pierre, celui-là la gravera dans les cœurs.
Tout l'Ancien Testament s'aligne sur cette attente. Ézéchiel annonce celui qui répandra l'Esprit et transformera le cœur (Ézéchiel 36.26-27). Joël prophétise : « Je répandrai mon Esprit sur toute chair » (Joël 2.28). Et Malachie 4.5-6 promet un signe précurseur : un nouveau prophète comme Élie qui ramènera le cœur des pères vers les fils. Puis, comme lors de l'exode, quatre cents ans de silence. Le prédicateur t'exhorte à cette patience : le silence de Dieu annonce toujours quelque chose de grand. Plus la vapeur monte longtemps, plus la pluie sera abondante.
Et voilà que l'Esprit prophétique se remet à souffler en Israël : des anges autour de Joseph et de Marie, la révélation à Zacharie, à Élisabeth, à Siméon, à Anne. Puis Jean-Baptiste, la voix qui crie dans le désert. Tous les quatre évangiles rapportent sa prédication, tant elle est décisive. Il prêche la repentance à tous, jusqu'au jour où un homme sans beauté s'approche. Le même Esprit qui a fait trembler le Sinaï bouleverse Jean-Baptiste dans ses entrailles, et il crie : « Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jean 1.29). Puis : « Moi, je vous baptise d'eau, mais celui qui vient après moi vous baptisera du Saint-Esprit et de feu » (Matthieu 3.11).
Ce même jour, quand Jésus sort du Jourdain, le ciel s'ouvre à nouveau (1 400 ans après le Sinaï), et la voix du Père tonne : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. Écoutez-le. » Au Sinaï, c'était « écoute ma Loi ». Ici, c'est « écoute Jésus ». Tu peux garder toute la Loi, si tu manques Jésus, tu es dans l'iniquité.
Mais comment le peuple reçoit-il ce feu du Sinaï fait chair ? Se prosterne-t-il tête contre terre comme Moïse ? Crie-t-il « Saint, saint, saint est l'Éternel » ? Non. Il le cloue, le couronne d'épines, lui crache au visage. Kévin GONÇALVES PALHEIROS te fait mesurer l'horreur : si celui qui touchait la montagne du Sinaï devait mourir, si Nadab et Abihu tombèrent foudroyés pour avoir approché le feu saint avec irrévérence (Lévitique 10), qu'arrivera-t-il à qui foule aux pieds le Fils de Dieu ? Il y aura, dit Jean-Baptiste, un baptême de feu pour ceux qui rejettent Christ, car notre Dieu est aussi un feu dévorant.
Ce que Jean-Baptiste n'avait pas imaginé, en revanche, c'est que Jésus lui-même viendrait subir le baptême de feu. Il vient dans les eaux du Jourdain : ces eaux annoncent qu'il descendra jusqu'au fond du séjour des morts. Le prédicateur t'en donne la clé : pour pouvoir baptiser d'Esprit par grâce le pire des pécheurs, il fallait d'abord que Jésus assume la coupe de la colère jusqu'à la lie. Il n'a pas seulement goûté cette coupe, il l'a bue jusqu'au fond. Toute la colère de Dieu depuis les origines a été absorbée par lui. Et quand il est sorti des eaux, quand il est sorti du tombeau, la coupe était vide. C'est pour cela que l'Esprit peut maintenant se répandre gratuitement sur des païens comme Corneille, sur des drogués fraîchement convertis, sur toi.
Et nous voici devant les Douze, régénérés par le souffle de Jésus après la résurrection (Jean 20.22), et pourtant tenus d'attendre encore : « Vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. […] Vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre » (Actes 1.5, 8). Jésus l'affirme sans hésitation. Il sait qu'il a payé le prix. Il est le Messie, celui qui donne l'Esprit comme il veut, quand il veut. Si dans ton cœur une voix te dit « tu ne recevras pas », le prédicateur t'assure que cette voix ne vient pas de l'Esprit de Christ. Lui suscite la foi. Lui te dit : tu recevras.
Alors vient Actes 2. Le jour de la Pentecôte, ils sont tous ensemble, un vent impétueux remplit la maison, des langues de feu se posent sur la tête de chacun. Ils sont remplis, ils parlent en d'autres langues des merveilles de Dieu, et des Juifs venus d'une dizaine de nations les entendent chacun dans sa propre langue. Ce jour-là, ce que Dieu voulait faire au Sinaï s'accomplit enfin :
- La présence de Dieu non médiatisée. Le feu se pose sur chaque tête, pas seulement sur celle des Douze. Le vent, image de l'Esprit qui ressuscite dans Ézéchiel 37 et souffle sur la poussière en Genèse 2.7 · vient sur chacun. Chaque croyant a désormais un contact direct avec le Seigneur. La conséquence, ce sont Philippe conduit dans le désert par l'Esprit (Actes 8), Étienne qui voit le ciel ouvert au milieu de la lapidation (Actes 7.55-56), l'espérance vive, la paix, la joie qui monte. Une Église pentecôtiste, souligne le prédicateur, est d'abord une Église qui loue.
- La Torah gravée dans le cœur. Contrairement à une lecture qui séparerait la puissance du service et le fruit du caractère, Kévin GONÇALVES PALHEIROS insiste : quand l'Esprit descend, il répand l'amour de Dieu dans nos cœurs (Romains 5.5). Les premiers pentecôtistes le disaient : le premier signe de la plénitude, c'est d'être rempli d'amour. Actes 2 le montre en deux dimensions : les disciples chantent les merveilles de Dieu (amour vertical) et rendent témoignage aux hommes (amour du prochain). C'est bien la Loi accomplie dans le cœur.
- Un peuple de prophètes. Luc met en avant trois figures (Pierre, Étienne, Paul), et te fait voir qu'un chrétien rempli devient comme Jésus. Pierre, qui avait renié, prêche avec autorité et voit trois mille conversions. Étienne, lapidé, remet son esprit au Seigneur et pardonne à ses bourreaux comme son maître. Paul, envoyé vers les nations, guérit, ressuscite, endure. Les manifestations de la plénitude sont variées : parole de connaissance, prophétie, miracles. Mais un signe revient de façon récurrente et normative : parler en langues. Pourquoi ? Parce que quand on remplit un vase, ça déborde par l'ouverture, et l'ouverture du croyant, c'est la bouche. Paul l'écrit : « Je désire que vous parliez tous en langues » (1 Corinthiens 14.5), « celui qui parle en langue s'édifie lui-même » (1 Corinthiens 14.4), et « l'Esprit lui-même intercède pour nous par des soupirs inexprimables » (Romains 8.26).
5. Comment recevoir le baptême du Saint-Esprit aujourd'hui
Kévin GONÇALVES PALHEIROS conclut par le plus pratique. Comment recevoir cette promesse ?
D'abord, il faut en avoir entendu parler. Les disciples d'Éphèse répondent à Paul : « Nous n'avons pas même entendu parler d'un Saint-Esprit » (Actes 19.2). Paul leur enseigne, leur impose les mains, et l'Esprit descend. Aujourd'hui encore, si l'on prêche la promesse, on la demande, on la reçoit. Si on n'en parle jamais, comment y aspirer ? « Comment vont-ils croire en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? » (Romains 10.14).
Ensuite, il faut renoncer à un modèle figé. Le Nouveau Testament montre des chemins très divers. Les Douze reçoivent dans la prière persévérante à la chambre haute (Actes 2). Les Samaritains reçoivent par l'imposition des mains (Actes 8.14-17). Corneille reçoit pendant la prédication de Pierre, sans qu'aucune main ne soit imposée (Actes 10.44-46). Jésus est souverain. Le baptême de l'Esprit, il se l'est réservé, c'est cela qui prouve qu'il est le Messie. Personne d'autre ne peut te le donner.
Le prédicateur en témoigne par sa propre histoire. Longtemps frustré de ne pas parler en langues, il assiste à des réunions où d'autres reçoivent et lui non. Il s'humilie, il crie, il essaie. Rien de spectaculaire. Puis un jour, en marchant chez lui après avoir lu un opuscule intitulé Un ami merveilleux, il se sent tout à coup enveloppé (devant, derrière, partout), de l'amour de Dieu. Il n'a pas parlé en langues sur-le-champ, mais il a bien reçu le baptême ce soir-là. Ses lèvres ont vibré plus tard. Sa conclusion : ne te compare à personne. Ne mets pas ta foi dans une émotion, une chute, une manifestation particulière. Fais confiance à celui qui a promis.
Enfin, il faut prier avec persévérance. Dans Luc 3, c'est « pendant qu'il priait » que Jésus sort du Jourdain et que le ciel s'ouvre. Dans Actes 4.31, c'est en priant que la communauté persécutée voit le lieu trembler et se remplir de nouveau du Saint-Esprit. Les apôtres attendent dix jours à la chambre haute, serrant dans leur cœur la promesse de Jésus. Et Jésus lui-même le dit : « Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent » (Luc 11.13).
Actes 2.37-39 résume tout : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » La promesse est pour toi.
Le prédicateur termine avec les paroles des anges aux disciples le jour de l'Ascension : « Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel » (Actes 1.11). Jésus revient. Nous avons la vocation, nous avons la promesse. C'est maintenant le moment de rechercher celui qui baptise du Saint-Esprit.
Points à retenir
- Chrétien signifie petit Christ : porter l'onction du Saint-Esprit n'est pas une option pour spirituels avancés, c'est la vie chrétienne normale.
- Le christianisme est la manifestation de Dieu dans l'histoire ; sans cette manifestation intérieure, la piété s'assèche et perd sa joie.
- Dieu descend, il ne se laisse pas escalader : Babel monte, le Sinaï voit Dieu descendre. Humilie-toi, il t'élèvera.
- La Pentecôte d'Actes 2 accomplit les trois promesses avortées du Sinaï : relation directe, Loi gravée dans le cœur, envoi missionnaire.
- Trois clés pour recevoir : entendre parler de la promesse, renoncer aux modèles figés, prier avec persévérance en faisant confiance à Jésus qui baptise du Saint-Esprit.
Application personnelle
- Est-ce que ta vie chrétienne se résume aujourd'hui à un effort de morale, ou à une manifestation vivante de Dieu en toi ?
- Cherches-tu activement le baptême du Saint-Esprit, ou t'es-tu contenté de te dire « ce n'est plus pour aujourd'hui » ?
- Où pratiques-tu la relation directe avec Dieu, sans intermédiaire humain, dans la prière et la Parole ?
- Est-ce que tu portes concrètement une mission d'évangélisation, ou est-ce que le sel de ton témoignage a perdu sa saveur ?
- Es-tu prêt à imiter la chambre haute (dix jours, s'il le faut), pour attendre la promesse avec persévérance ?
Versets cités
- Exode 19.16-20 · L'Éternel descend sur le Sinaï au milieu du feu.
- Exode 20.19 · « Que Dieu ne nous parle point, de peur que nous ne mourions » : Israël refuse la relation directe.
- Deutéronome 4.7 · « Quelle est la grande nation qui ait des dieux aussi proches ? »
- Ézéchiel 36.26-27 · Un cœur nouveau et l'Esprit répandu.
- Joël 2.28-32 · « Je répandrai mon Esprit sur toute chair. »
- Malachie 4.5-6 · Le prophète envoyé avant le jour de l'Éternel.
- Matthieu 3.7-12 · « Lui vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. »
- Jean 1.29-34 · « Voici l'Agneau de Dieu… celui qui baptise du Saint-Esprit. »
- Jean 16.7 · « Il vous est avantageux que je m'en aille. »
- Actes 1.5-8 · La promesse du baptême dans le Saint-Esprit et de la puissance.
- Actes 2.1-4 · La Pentecôte : vent impétueux, langues de feu, plénitude.
- Actes 2.37-39 · « La promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin. »
- Actes 19.1-6 · Les disciples d'Éphèse : « Nous n'avons pas même entendu parler d'un Saint-Esprit. »
- Luc 11.13 · « Le Père céleste donnera le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. »
- Romains 8.26 · « L'Esprit intercède pour nous par des soupirs inexprimables. »
- 1 Pierre 5.6 · « Humiliez-vous sous la puissante main de Dieu. »
FAQ
Le baptême du Saint-Esprit est-il encore d'actualité aujourd'hui ?
Oui. Kévin GONÇALVES PALHEIROS rappelle que puisque le Seigneur n'est pas encore revenu et que l'Évangile doit être prêché jusqu'aux extrémités de la terre, la puissance d'en haut reste offerte à ceux qui ont soif. L'histoire de l'Église le confirme : d'Irénée de Lyon et Tertullien au IIe siècle, en passant par les Huguenots des Cévennes, les Moraves de 1727, Charles Finney en 1821, le réveil du pays de Galles en 1904, l'Inde de Pandita Ramabai en 1905 et Azusa Street en 1906, Dieu a toujours accordé sa plénitude à ceux qui la cherchaient.
Quel est le lien entre le mont Sinaï et la Pentecôte d'Actes 2 ?
La fête juive de la Pentecôte célébrait le don de la Torah au Sinaï. Dans Actes 2, le Saint-Esprit descend précisément ce jour-là. Le prédicateur montre que la Pentecôte accomplit ce que Dieu voulait faire au Sinaï : établir une relation directe avec chaque croyant, graver sa Loi dans le cœur et envoyer un peuple de prophètes vers toutes les nations. Ce qu'Israël avait avorté au pied de la montagne, Jésus le rend possible par son sang.
Comment recevoir le baptême du Saint-Esprit ?
Trois choses, selon Kévin GONÇALVES PALHEIROS. D'abord, en avoir entendu parler, on ne demande pas ce qu'on ignore. Ensuite, comprendre qu'il n'y a pas de modèle figé : les Douze reçoivent dans la prière à la chambre haute, les Samaritains par imposition des mains, Corneille pendant la prédication. Enfin, prier avec persévérance. Les apôtres ont attendu dix jours dans la chambre haute. Comme le dit Jésus, si un père humain sait donner de bonnes choses à ses enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent.
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