Introduction
« Le mariage est comme une plante : il faut l'entretenir, en prendre soin, toujours garder un œil sur lui et le faire grandir. » C'est par cette image que s'ouvre ce deuxième épisode de l'émission Investigando le Scritture, diffusée par Parola Della Grazia Bologna sur le thème : comment garder ton mariage vivant.
Lors de l'épisode précédent, des invités avaient partagé leurs témoignages. Le prédicateur avait aussi rappelé pourquoi Dieu a donné la femme à Adam : pas seulement pour combler sa solitude, mais pour compléter l'image de Dieu. L'homme reflète sa justice et son autorité, la femme sa grâce et sa tendresse. Ensemble, ils forment l'image complète : « Faisons l'homme... homme et femme il les créa. »
Cette fois, le message pose une question simple : qui porte quoi dans le couple ? Beaucoup de couples n'avancent pas parce que l'un des deux refuse certaines responsabilités et les rejette sur l'autre. À partir d'Éphésiens 5, le prédicateur détaille longuement la part du mari, puis aborde celle de l'épouse.
Plan du message
1. Une alliance à garder vivante
- Beaucoup voient le mariage comme un contrat de convenance, peut-être temporaire : « qui sait si ça durera ». Dans la pensée de Dieu, c'est une alliance, un engagement pour la vie avec un don total de l'un à l'autre.
- Dans l'Antiquité, les alliances de sang étaient indissolubles. On mêlait parfois le sang des deux parties, car la vie est dans le sang : « je te donne ma vie, tu me donnes la tienne ». C'est ce qui se passe dans le mariage.
- Malachie 2:14 le dit : l'Éternel est témoin entre toi et la femme de ta jeunesse, « la femme de ton alliance ».
- Pourquoi tant de mariages se sont-ils brisés ces trente dernières années, même entre croyants ? Quand l'un des deux s'éloigne de Dieu et installe autre chose sur le trône de son cœur, c'est un effet domino. Le couple, qui devait être à la deuxième place après Dieu, glisse à la cinquième, à la sixième, à la septième.
- « L'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme. » Cela ne veut pas dire ne plus respecter ses parents ou ses beaux-parents. Une nouvelle famille naît, avec une nouvelle autorité. On peut demander conseil, mais ce n'est pas aux autres de décider à la place du couple.
2. Aimer d'un amour qui décide et guider la maison
- « Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle » (Éphésiens 5:25). Le verbe renvoie à l'agapè : un amour inconditionnel, l'amour de la volonté, qui décide d'aimer même dans les conditions les plus difficiles.
- C'est sur cet amour que reposent la direction, le soin spirituel et l'autorité du mari. L'autorité telle que Dieu la voit est une autorité aimante.
- Premier rôle : transmettre à la famille les instructions de Dieu. Certains négligent cet aspect et le laissent à leur femme, qui peut aussi le faire, précise le prédicateur, mais c'est au mari que Dieu a confié la direction de la famille. Pour guider, le mari doit d'abord recevoir ces instructions dans une vie de prière et de méditation.
- Ecclésiaste 4:12 : la corde à trois fils ne se rompt pas facilement. Mais Dieu ne devient pas ce troisième fil « en automatique » parce qu'on s'est marié à l'église, avec le pasteur et quelques versets. Le couple doit vouloir Dieu au milieu de lui.
- « J'en ai vu beaucoup échouer », confie le prédicateur, parce que ce troisième fil a été retiré peu à peu, sans même qu'on s'en aperçoive. Au premier ennemi extérieur, la relation affaiblie s'est effondrée.
3. Prendre l'initiative et oser des pas de foi
- L'homme est appelé à prendre l'initiative : pour courtiser sa fiancée, et aussi dans la crise, après une dispute, pour être le premier à réparer et à faire la paix.
- Le prédicateur ne croit pas à la cohabitation « pour mieux se connaître ». Les fiançailles servent à cela : passer du temps ensemble sans quitter sa famille d'origine, idéalement un ou deux ans. Lui-même est resté fiancé six ans, mais il estime que deux ans environ, c'est le bon temps.
- Beaucoup d'hommes ont peur : de ne pas y arriver, de ne pas porter le poids, de ne pas savoir être père. « Tout ce qui est peur a à voir avec le manque de foi. » Jésus leur dirait : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
- On attend souvent un CDI pour les deux, une maison, un prêt, une bonne voiture. Des fiancés peuvent prier, fixer une date et croire que Dieu pourvoira à tous leurs besoins selon sa richesse avec gloire.
- « Personne n'est jamais prêt, on apprend en chemin. » À la naissance de sa première fille, il ne se sentait pas préparé : c'est elle qui lui a appris à devenir père, et ce fut plus facile avec la deuxième.
4. Une autorité qui sert et qui assume ses décisions
- L'autorité n'est pas l'autoritarisme. Jésus a dit que les grands de ce monde dominent sur les nations : « Il n'en est pas de même au milieu de vous. [...] Quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit l'esclave de tous » (Marc 10:43-44).
- Le mari prend les responsabilités les plus lourdes. Son autorité est légitime, jamais imposée par la force : douce, patiente, intelligente, et surtout aimante, sans pression émotionnelle, psychologique ou spirituelle.
- Aimer sa femme, c'est la faire se sentir unique, toute la vie, jusque dans la vieillesse. Pas de comparaisons : « Regarde comme celle-là est belle, mince, intelligente, toi non. » « Mari d'une seule femme » signifie, selon le prédicateur, un homme dont le cœur appartient à une seule femme, y compris dans ses pensées, comme l'enseignait Jésus.
- Certains maris laissent « la patate chaude » à leur femme, puis l'accusent si le choix tourne mal. C'est au mari de porter la décision finale et d'en assumer la responsabilité.
- Les grandes décisions (acheter une maison, déménager dans un autre pays, avoir des enfants) se parlent avant. Cacher pendant les fiançailles qu'on ne veut pas d'enfants, par peur de perdre l'autre, peut mener à la rupture. Il faut tout dire avant le mariage. Le mari et la femme forment déjà une famille : les enfants partiront un jour, et vous resterez deux, « jusqu'à ce que la mort nous sépare ».
5. Père et sacerdote de la maison
- Enseigner et discipliner les enfants revient aussi au père. La mère enseigne, surtout quand ils sont petits, et elle joue un rôle de médiatrice entre les enfants et leur père.
- « Si tu n'arrêtes pas, je le dis à ton père » : tout rentre dans l'ordre, signe que Dieu a mis une autorité dans l'homme. À l'adolescence, garçons et filles ont besoin de la figure paternelle. Les émotions sont instables, le père donne des repères fermes autour desquels ils feront leurs choix toute leur vie.
- La discipline n'est jamais violente. Autrefois, certains pères laissaient des marques sur la peau et dans l'âme. Aujourd'hui, on peut être ferme : limiter le téléphone, interdire une sortie, reprendre avec fermeté. Un enfant qui voit son père déçu cherche à revenir dans les limites.
- « Vous ne pouvez pas imaginer les dégâts que peut faire un père absent », absent physiquement ou présent sans remplir son rôle. À l'inverse, un père conduit par le Saint-Esprit, dans l'harmonie de l'autorité, de l'amour et de la justice, fait prendre de l'altitude à sa famille comme un avion, parce que quelqu'un tient les commandes.
- Le mari doit aussi prendre soin de la croissance spirituelle de sa femme : être son ami, mais aussi un mentor et un sacerdote dans la maison. Dans la plupart des Églises, rappelle-t-il, plus de 70 à 75 % des membres sont des femmes.
- Les femmes peuvent prophétiser, enseigner et évangéliser, comme Priscille avec son mari Aquilas. Mais l'homme tient le volant, avec à ses côtés une épouse qui peut le réveiller quand il s'endort ou lui signaler une mauvaise route.
6. Pourvoir, valoriser et garder la paix
- Pourvoir aux besoins matériels est fondamental pour une femme. Pas le luxe ni les diamants, mais l'assurance que le nécessaire ne manque jamais. Un mari qui retrouve du travail, même un travail dont personne ne veut, et ramène toujours du pain à la maison devient son ancre et sa sécurité.
- À l'inverse, celui qui quitte son emploi après chaque reproche ou chaque mauvais horaire, sans en parler à sa femme, met le couple en crise. « Va vers la fourmi, paresseux » ; « Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le. »
- Un frigo plein ne suffit pas. Il faut la louer régulièrement : le prédicateur explique que l'homme est appelé à aimer le premier, et que la femme répond à l'amour qu'elle reçoit. Si c'est toujours elle qui court après son mari, elle s'épuise : « C'est moi qui t'aime, mais toi, tu ne m'aimes pas, tu ne penses pas à moi. » C'est au mari de prendre l'initiative des compliments.
- Affection physique et temps de qualité : un regard doux, un câlin, une caresse, un baiser, dans l'intimité de la maison. « Tu es fatiguée ce soir ? Ne cuisine pas, je m'en occupe. » Et si tu ne sais pas cuisiner, sourit-il, emmène-la plutôt dehors.
- Garder une bonne atmosphère : un humour bienveillant, pas un humour stupide ou blessant, qui la fait rire quand elle est accablée.
- L'amour exclut de crier « Tais-toi, c'est moi qui commande ». Jésus n'a jamais crié sur ses disciples ; la seule fois qu'il s'est mis en colère, c'était dans le temple contre les vendeurs et les changeurs. Il reprenait ses disciples avec douceur, parfois avec sévérité, jusqu'à dire à Pierre « Arrière de moi, Satan », mais sans jamais de violence. Le mari est appelé à apaiser sa femme, non à l'irriter davantage. L'amour exclut aussi les paroles dures, le mensonge, la manipulation, la vengeance et la bouderie d'une journée entière.
- L'amour écoute, même des sujets qui ne passionnent pas le mari. Il est patient, sans emportement, courtois, et il respecte sa femme, surtout en public.
- Beaucoup d'hommes ne veulent pas se marier à cause de ces responsabilités. Mais si tu sèmes la joie dans la vie de ta femme et de tes enfants, assure le prédicateur, elle te reviendra tôt ou tard, « même avec les intérêts ».
7. La soumission, une sous-mission choisie
- Le mot n'est pas aimé de beaucoup de sœurs, et certains frères l'utilisent mal : « Tu dois m'être soumise, mise en dessous. » Ce n'est pas ce que dit le texte.
- Éphésiens 5:21-23 commence par : « Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Christ. » Puis : « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur. »
- Le prédicateur décompose le mot : sous et mission. L'épouse vit à l'intérieur de la vision et de l'appel que Dieu a donnés à son mari, en marchant à ses côtés, en le soutenant, en le conseillant.
- La soumission n'est pas obligatoire, c'est un choix. La femme se soumet parce qu'elle reconnaît en son mari un chef de famille juste, qui aime, qui porte les charges, digne de confiance et d'honneur. Imposée, elle devient obéissance, et l'autorité devient autoritarisme.
- Elle a une limite : la femme est soumise à son mari tant que lui est soumis à Dieu et fait vraiment ce qui vient de Dieu, « et non ce qui sort de sa tête en disant que c'est Dieu ». Là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté.
- « La femme sage bâtit sa maison, et la femme insensée la renverse de ses mains » (Proverbes 14:1).
- La suite de la série abordera la communication dans le couple, la résolution des conflits, l'intimité émotionnelle et sexuelle, et le fait de devenir père et mère.
Points à retenir
- Le mariage est une alliance pour la vie, pas un contrat : il se garde vivant comme une plante qu'on entretient.
- Dieu n'est pas le troisième fil du couple automatiquement : il faut le vouloir et le garder à la première place.
- L'autorité du mari est celle d'un serviteur : elle aime, elle prend l'initiative, elle assume ses décisions et ne s'impose jamais par la force.
- Le mari pourvoit, enseigne ses enfants, prend soin de la vie spirituelle de sa femme et la fait se sentir unique.
- La soumission de l'épouse est un choix libre, qui suppose un mari lui-même soumis à Dieu.
Application personnelle
- Qu'est-ce qui occupe aujourd'hui la première place dans ton cœur, et quelle place reste-t-il à ton couple ?
- Dans ton foyer, Dieu est-il un troisième fil voulu et cultivé, ou une présence que tu supposes acquise ?
- Si tu es marié, quelle décision ou quel pas de réconciliation attends-tu que l'autre fasse à ta place ?
- Quand as-tu pris pour la dernière fois du temps de qualité, sans écran ni travail, avec ton conjoint ?
- Y a-t-il un sujet important (enfants, argent, lieu de vie) que tu n'as jamais posé clairement devant ton conjoint ou ton fiancé ?
Versets cités
- Éphésiens 5:21-33
- Genèse 1:26-27
- Malachie 2:14
- Genèse 2:24
- Ecclésiaste 4:12
- Matthieu 14:31
- Philippiens 4:19
- Marc 10:42-44
- 1 Timothée 3:2
- Matthieu 5:28
- Actes 18:26
- Proverbes 6:6
- Ecclésiaste 9:10
- Matthieu 16:23
- Proverbes 14:1
- 2 Corinthiens 3:17
Questions fréquentes
Pourquoi le mariage est-il une alliance et non un contrat ?
Beaucoup voient le mariage comme un contrat de convenance, peut-être temporaire. Le prédicateur rappelle que Dieu le voit comme une alliance, un engagement pour la vie où chacun se donne entièrement à l'autre. Malachie 2:14 appelle l'épouse « la femme de ton alliance », et l'Éternel est témoin entre les deux.
Que signifie la corde à trois fils dans le mariage ?
Ecclésiaste 4:12 dit que la corde à trois fils ne se rompt pas facilement. Dans le couple, le troisième fil, c'est Dieu. Le prédicateur précise que ce n'est pas automatique : s'être marié à l'église ne suffit pas. Le couple doit vouloir Dieu au milieu de lui, sinon ce fil est retiré peu à peu sans qu'on s'en aperçoive.
La soumission de l'épouse est-elle une obligation ?
Non, selon le prédicateur. Éphésiens 5:21 commence par la soumission les uns aux autres. La soumission de l'épouse est un choix : elle reconnaît en son mari un chef de famille digne de confiance. Le mari ne peut pas l'imposer, et elle a une limite : le mari doit lui-même être soumis à Dieu.