Jacques 2 : un amour qui porte la ressemblance du Père

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Introduction

Josh Gardner, pasteur du campus de KingsGate à Leicester, poursuit la série « Wholehearted » (de tout cœur) sur l'épître de Jacques. Il part d'une image familière : la ressemblance de famille. On reconnaît chez un enfant les traits de son père ou de sa mère, ses talents, ses manies. Son jeune fils fait preuve de remarquables talents de négociateur, et ce n'est pas une surprise : sa mère est « une redoutable avocate ». Lorsqu'il a perdu sa première dent, il a même obtenu « un règlement financier important » pour la perte.

La semaine précédente, la série parlait d'écouter la Parole et de la mettre en pratique. Jacques tourne la page et commence le chapitre 2 ainsi : si la Parole façonne ta vie, cela doit d'abord se voir dans ta manière de traiter les autres. Jacques ne dresse pas une liste de choses à faire. Il pose une question : si, par la foi en Jésus, tu as été adopté dans la famille de Dieu comme fils ou fille, qu'est-ce qui doit devenir visible dans ta vie ? Autrement dit, quelle est la ressemblance de famille ?

Plan du message

1. Pas de favoritisme dans la famille de Dieu

  • « Mes frères, que votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ soit exempte de toute acception de personnes » (Jacques 2:1). Jacques parle de frères et de sœurs : c'est un langage de famille.
  • Avoir des préférences n'est pas le problème : le thé ou le café, les vacances au camping ou à la plage. Le pasteur avoue d'ailleurs qu'à la maison, il perd ce débat à deux contre un.
  • Le favoritisme est « plus subtil, plus profondément enraciné ». C'est traiter quelqu'un avec un parti pris injuste, estimer sa valeur selon sa richesse, son statut, son image, son nombre d'abonnés, ou selon ce qu'il peut te donner, puis lui accorder un traitement, du temps ou de l'énergie en conséquence.
  • Pourquoi n'a-t-il pas sa place dans la famille de Dieu ? Parce qu'il ne ressemble en rien à notre Père. Dieu ne nous aime pas parce que nous l'avons mérité ou parce que nous lui apportons quelque chose : il nous aime parce qu'il est amour.
  • Jacques montre alors à quoi ressemble cet amour visible : comment nous accueillons les autres, comment nous prenons soin d'eux, comment nous leur donnons.

2. Aimer à bras ouverts : « je t'accueille »

  • Jacques imagine une scène à l'église : un homme entre avec un anneau d'or et un habit magnifique, un pauvre entre misérablement vêtu. On offre au premier une place d'honneur, on dit au second de rester debout ou de s'asseoir par terre (Jacques 2:2-3).
  • On se dit spontanément qu'on ne ferait jamais cela. Mais la question est plus subtile : « Pour qui est-ce que je fais naturellement de la place, et pour qui est-ce que, sans m'en rendre compte, je n'en fais pas ? »
  • Le pasteur raconte qu'il n'a pas d'allée et se gare dans la rue. Quand quelqu'un se gare devant chez lui, cela l'agace, même si la loi ne lui donne aucun droit sur cette place : « c'est à moi ». Il y a parfois quelque chose de semblable dans l'Église : mes gens, mes conversations, ma chaise.
  • Les préférences deviennent du favoritisme quand on ne fait de la place qu'à ceux qui nous ressemblent : même culture, même milieu, même éducation, même accent, même statut. Jacques ne mâche pas ses mots : vous faites une distinction et vous jugez « sous l'inspiration de pensées mauvaises » (Jacques 2:4).
  • « Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu'ils soient riches en la foi ? » (Jacques 2:5). Jacques ne dit pas que les pauvres sont plus proches de Dieu. Il dénonce un monde matérialiste qui mesure la valeur d'une personne à sa richesse. Notre Dieu va vers celui qu'on ignore, vers celui qui est seul, vers ceux qui sont en marge.
  • Lors de son premier culte à KingsGate, sur le campus de Cambridge, Josh Gardner a été accueilli « à bras ouverts », et cela l'a marqué. Récemment, plus de vingt personnes d'origines, de cultures, de nationalités et de milieux différents se sont serrées chez lui pour un repas d'accueil. Un invité a parlé d'un « beau chaos ». Le pasteur s'est dit : c'est exactement ce que l'Église devrait être, un lieu qui fait de la place à tout le monde.
  • Le défi : vers qui, différent de toi, peux-tu aller cette semaine ? Sois courageux, engage la conversation, apprends son prénom, fais-lui de la place.

3. Aimer à cœur ouvert : « je prends soin de toi »

  • « Si vous accomplissez la loi royale, selon l'Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien » (Jacques 2:8). Jacques reprend l'enseignement de Jésus.
  • En Luc 10, quand on demande à Jésus « qui est mon prochain ? », il ne donne pas une définition : il raconte l'histoire du bon Samaritain. Faire d'un Samaritain le héros était provocant pour un auditoire juif qui voyait les Samaritains comme des étrangers, des « autres ». Il faut aimer aussi ceux que l'on range dans la catégorie « eux ».
  • Il est facile de prendre soin de ceux qui pensent comme nous. Pendant 21 jours de prière et de jeûne, le pasteur a jeûné toute forme de divertissement : télévision, radio, musique, podcasts, réseaux sociaux, et même le football. À la fin, il s'est senti beaucoup plus paisible, et surtout « moins hostile » envers ceux avec qui il pouvait être en désaccord.
  • Il en a tiré une leçon pour lui-même : « Il faut faire attention, Josh, à ce dont tu nourris ton cœur. » Nous nous nourrissons de contenus qui confortent notre avis et nous finissons dans une chambre d'écho : « J'ai raison, j'ai raison, et eux ont tort. » Les personnes se réduisent alors à une publication, une opinion politique ou une erreur, et notre cœur se ferme.

4. La miséricorde triomphe du jugement

  • « Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté, car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement » (Jacques 2:12-13).
  • Nous étions dans la situation ultime du « nous et eux » avec Dieu, séparés de lui par notre péché, nos erreurs, nos manquements. Dieu n'a pas maintenu la division : il a franchi la distance par la vie, la mort et la résurrection de Jésus.
  • Puisque tu as reçu cette miséricorde, montre-la. « Dans ce monde où il y a tant de divisions », ne t'enferme pas dans ta position : construis des ponts, cherche à traverser la fracture, car Dieu l'a traversée pour venir jusqu'à nous.
  • Cela ne veut pas dire renoncer à la vérité ni à ses convictions. Mais dans nos relations avec les autres, la miséricorde l'emporte sur le jugement.
  • Concrètement : être prompt à écouter et lent à parler (Jacques 1:19), te mettre à la place de l'autre avant de vouloir gagner le débat, choisir la curiosité plutôt que les suppositions, et prier pour cette personne : « Donne-moi des yeux pour la voir comme tu la vois. »

5. Aimer à mains ouvertes : « je te donne »

  • « Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même » (Jacques 2:15-17).
  • Quelqu'un est dans le besoin, tu as les moyens d'y répondre, et tu ne donnes que des paroles d'encouragement : quelque chose ne va pas. Une telle foi est morte, c'est-à-dire vide, sans fruit. Jacques va jusqu'à dire que les démons croient aussi (Jacques 2:19).
  • Les œuvres ne nous font pas gagner le salut : nous sommes sauvés par grâce, par la foi en Jésus. Mais, selon une formule théologique célèbre, nous sommes sauvés par la foi seule, et la foi qui sauve n'est jamais seule.
  • « Nous ne faisons pas de bonnes œuvres pour être acceptés par Dieu. Nous les faisons parce que nous avons déjà été acceptés. » Nous ne les faisons pas pour entrer dans la famille de Dieu, mais parce que nous en faisons déjà partie. C'est la ressemblance de famille.
  • Le favoritisme regarde le besoin et dit : c'est trop grand, une association ou l'Église s'en occupera. Aimer de tout cœur, c'est ne pas demander « mérite-t-il mon aide ? » mais « comment puis-je aider ? ».
  • Il y a quelques années, le pasteur et sa femme ont été interpellés : « Je ne veux pas que ce que fait l'Église soit mon excuse pour ne rien faire. » Ils se sont engagés auprès d'une association chrétienne de Leicester au nom parlant, Open Hands (« mains ouvertes »), qui aide les plus vulnérables au cœur de la ville : dons financiers réguliers, dons de ressources et de temps. Sa femme siège au conseil d'administration.

6. Abraham et Rahab, deux modèles que tout oppose

  • Jacques termine le chapitre avec deux exemples (Jacques 2:21-25). Abraham, père de notre foi, riche patriarche à l'héritage religieux reconnu. Rahab, étrangère au peuple de Dieu, vivant à Jéricho en marge de la société, prostituée.
  • Tout les sépare : culture, milieu, richesse, statut, héritage religieux. Et pourtant Jacques les place côte à côte, comme des égaux. C'est tout le sens du chapitre : rien de ce qui est extérieur ne compte. Ce qui compte, c'est une foi qui conduit à l'action.
  • Abraham a été prêt à tout déposer devant le Seigneur, jusqu'à son fils Isaac, celui qui portait toutes les promesses (Genèse 22). Rahab a ouvert sa maison et risqué sa vie pour protéger les espions israélites (Josué 2).
  • Rahab ne semblait pas avoir grand-chose entre les mains, et pourtant, à travers elle, l'histoire du monde a changé. « Peu importe ce que tu as entre les mains. C'est une question de posture du cœur. »
  • Qu'est-ce que Dieu a mis entre tes mains ? De l'argent, un repas, un trajet en voiture à offrir, des dons et des compétences, ou simplement l'attention de remarquer quelqu'un cette semaine.
  • La tentation actuelle est de dire : je dois penser à moi, rester prudent financièrement, me restreindre un peu. Le pasteur invite à faire confiance à « l'économie de Dieu » plutôt qu'à celle du monde. L'appel d'Abraham était d'être béni pour être une bénédiction (Genèse 12:2). « Ne soyons pas définis par la peur ou la pénurie, mais par la foi, la miséricorde et l'amour. »

7. Un Dieu qui nous accueille à bras ouverts

  • Comment accueillir, prendre soin et donner ? Parce que nous avons un Dieu qui nous a accueillis, qui prend profondément soin de nous et qui s'est donné entièrement pour nous sur la croix. Jésus-Christ, les bras étendus : Dieu t'accueille à bras ouverts.
  • Le pasteur invite ceux qui n'ont jamais décidé de suivre Jésus, ceux qui ont « un pied dedans et un pied dehors », ou ceux qui se sentent loin de lui, à faire de ce jour celui où ils disent : « Je veux que ma foi soit visible. »
  • Il conduit une prière : « Seigneur Jésus-Christ, merci de m'aimer, de m'accueillir, de prendre soin de moi, d'avoir donné ta vie pour moi. Pardonne-moi d'avoir suivi mon propre chemin. Aujourd'hui, je mets ma confiance en toi. »
  • Il prie pour que l'Église soit un lieu d'hospitalité exceptionnelle, où la miséricorde triomphe du jugement, et une Église d'une grande générosité, qui fait confiance à Dieu comme pourvoyeur et bénit les autres comme elle a été bénie.

Points à retenir

  • Adopté dans la famille de Dieu, tu es appelé à porter sa ressemblance, et elle se voit d'abord dans ta manière d'aimer les autres.
  • Le favoritisme estime la valeur d'une personne à sa richesse, son statut ou ce qu'elle peut apporter. Il ne ressemble en rien à notre Père.
  • Le prochain inclut ceux que tu ranges dans la catégorie « eux ». Puisque tu as reçu miséricorde, la miséricorde triomphe du jugement.
  • Nous sommes sauvés par la foi seule, mais la foi qui sauve n'est jamais seule : elle devient visible dans l'action.
  • Comme Abraham et Rahab, peu importe ce que tu as entre les mains : c'est la posture du cœur qui compte.

Application personnelle

  1. Pour qui fais-tu naturellement de la place, et pour qui n'en fais-tu pas sans t'en rendre compte ?
  2. Quelle personne différente de toi peux-tu aller saluer cette semaine, pour apprendre son prénom et engager la conversation ?
  3. De quoi nourris-tu ton cœur : tes lectures, tes podcasts, tes réseaux sociaux t'enferment-ils dans une chambre d'écho ?
  4. Envers qui as-tu laissé le jugement prendre le pas sur la miséricorde, et comment peux-tu prier pour cette personne ?
  5. Qu'est-ce que Dieu a mis entre tes mains, et quel besoin autour de toi peux-tu aider à combler ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire Jacques 2 quand il interdit l'acception de personnes ?

Pour Josh Gardner, il ne s'agit pas d'avoir des préférences, comme préférer le thé au café. Le favoritisme est plus subtil : traiter quelqu'un avec un parti pris injuste, estimer sa valeur selon sa richesse, son statut, son image ou ce qu'il peut nous apporter. Il n'a pas sa place dans la famille de Dieu, parce qu'il ne ressemble en rien à notre Père céleste.

Que signifie « la miséricorde triomphe du jugement » en Jacques 2:13 ?

Nous étions séparés de Dieu par notre péché, et Dieu a franchi la distance par la vie, la mort et la résurrection de Jésus. Parce que nous avons reçu cette miséricorde, nous sommes appelés à la montrer aux autres, y compris à ceux avec qui nous ne sommes pas d'accord. Cela n'efface pas les convictions, mais dans nos relations, la miséricorde passe en premier.

Jacques 2 contredit-il le salut par la foi seule ?

Non. Josh Gardner rappelle que nous sommes sauvés par grâce, par la foi en Jésus. Mais la foi qui sauve n'est jamais seule. Nous ne faisons pas de bonnes œuvres pour être acceptés par Dieu : nous les faisons parce que nous sommes déjà acceptés et déjà dans la famille. C'est la ressemblance de famille.

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