Introduction
« Personne ne va vous juger ce soir, n'ayez pas peur. » C'est ainsi que Christian Robichaud, pasteur à l'Église Évangélique Paris Métropole, invite son auditoire à ouvrir le livre des Juges.
Son point de départ est l'union avec Christ. Que Jésus vive en nous, la plupart des chrétiens l'ont expérimenté : ils l'ont invité dans leur vie, ils entendent sa voix, l'Esprit rend témoignage à leur esprit. Mais que veut dire être en lui ? Quand on comprend à quel point on est en Jésus, dit le pasteur, cela apporte la solution à tous les problèmes en Jésus-Christ.
Pour l'illustrer, il s'arrête sur un moment précis de l'histoire d'Israël : le jour où le peuple a cessé de conquérir Canaan, et où l'ange de l'Éternel est venu, à pied, lui demander pourquoi.
Plan du message
1. Canaan, une image de ton cœur
- L'expression « en Christ », Paul l'emploie près de 250 fois dans ses écrits. Elle faisait partie de son langage de tous les jours.
- Dieu en donne lui-même une image dans l'histoire d'Israël. L'Égypte représente ta vie avant Dieu. La mer Rouge représente la nouvelle naissance.
- Le désert représente une forme de vie chrétienne où tes péchés sont pardonnés, où tu es réconcilié avec Dieu, mais où ta vie ne porte pas de fruit. Le pasteur cite un homme de Dieu qu'il aimait beaucoup : il faut peu de foi pour que Dieu nous accepte au ciel, mais il faut beaucoup de foi pour vivre le ciel et la victoire chaque jour ici-bas.
- La nouvelle génération traverse le Jourdain et conquiert Canaan : c'est le jour où tu décides de vivre avec Dieu et de saisir l'héritage qu'il a pour toi.
- Paul voyait dans Israël une image de nous : ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples et ont été écrites pour notre instruction (1 Corinthiens 10:11), afin que, par la patience et la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l'espérance (Romains 15:4).
- « Cette terre promise, c'est ton cœur. » L'héritage est entièrement en Jésus-Christ. Le blocage n'est pas au ciel, ni chez le diable, ni chez le voisin, ni chez le patron : il est dans nos cœurs.
2. Un peuple qui s'est arrêté au milieu de la conquête
- Jéricho tombe, puis une ville après l'autre. Mais à la fin de la vie de Josué et dans le livre des Juges, le constat est surprenant : Israël a conquis moins de la moitié des villes que Dieu lui avait demandé de prendre. Une vingtaine sont prises, 27 restent aux mains de l'ennemi.
- Devant une vallée, on dit : « Ils ont des chars de fer, on n'y arrivera jamais » (Josué 17:16 ; Juges 1:19). Devant une autre ville : « On n'y arrivera pas. » Ce peuple avait pourtant vu des miracles.
- Soit ils ont eu peur, soit ils ont sous-estimé le danger de garder des villes ennemies au milieu d'eux. Le pasteur leur prête ces mots : « J'ai ma maison, j'ai ma petite vigne, j'ai mon barbecue, j'ai mes amis, mes enfants commencent l'école. » Les Cananéens sont dans le village d'à côté et ne causent pas de problème, alors on ne touche à rien.
- Ou bien ils ont perdu de vue celui qui marchait devant eux : celui qui était allé les chercher en Égypte, qui avait ouvert la mer Rouge, qui avait été fidèle quarante ans dans le désert et leur avait fait traverser le Jourdain. L'ange de l'Éternel.
3. L'ange de l'Éternel monte de Guilgal à Bokim
- Pour le prédicateur, l'ange de l'Éternel est une christophanie, Jésus-Christ lui-même dans l'Ancien Testament. Dieu avait averti : prends garde devant lui, écoute sa voix (Exode 23:20-21).
- Jusque-là, personne ne l'avait vu : il était dans la nuée. Seul Moïse voyait « la représentation de l'Éternel » (Nombres 12:8), et le Nouveau Testament dit de Jésus qu'il existait « en forme de Dieu » (Philippiens 2:6).
- Guilgal était le camp de base d'Israël, le point de départ de toute la conquête. Les années ont passé, chacun s'est installé, Josué est très âgé. C'est là que l'ange apparaît et marche environ 20 km jusqu'à Bokim.
- Il ne dit pas « ainsi parle l'Éternel » comme un messager. Il parle en son propre nom : « Je vous ai fait monter d'Égypte et je vous ai amenés dans le pays que j'ai juré à vos pères » (Juges 2:1). C'est Dieu qui vient voir son peuple.
- Dieu avait prévenu : ceux que vous laisserez seront comme des épines dans vos yeux et des aiguillons dans vos côtés (Nombres 33:55). L'ange ajoute : « Je ne les chasserai point devant vous » (Juges 2:3). Si tu ne veux pas les chasser, il ne le fera pas à ta place.
- Le peuple élève la voix et pleure. Le lieu est appelé Bokim, « ceux qui pleurent », et on y offre des sacrifices (Juges 2:4-5). Pour le pasteur, c'est cela, le vrai réveil : la repentance, pas l'excitation.
- Puis Josué renvoie le peuple, et chacun s'en va dans son héritage (Juges 2:6). « Quand vous partirez d'ici ce soir, vous allez dans votre héritage. »
4. Les villes non conquises sont tes zones de doute
- Ces villes ne représentent pas le péché. Celui qui est né de Dieu ne pratique pas le péché (1 Jean 3:9). Un enfant de Dieu peut trébucher, mais il ne garde pas son péché, ne le justifie pas, ne le cache pas.
- Elles ne représentent pas non plus les épreuves, puisque Dieu avait déjà livré tout Canaan entre leurs mains. Il avait précipité dans la mer le cheval et son cavalier (Exode 15:1), il avait fait tomber les murailles de Jéricho. Mais devant les chars de fer : « Eux, non, c'est trop pour nous. »
- Elles représentent les zones de doute : Dieu peut-il vraiment pourvoir ? Me garder ? M'a-t-il vraiment pardonné ? Peut-il guérir ? Peut-il m'aider à aimer quelqu'un que je n'arrive pas à aimer ?
- Sur certains sujets, la ville est tombée. Certains ont tellement vu Dieu pourvoir à leurs besoins financiers que, pour eux, c'est acquis. Mais Jésus se tourne vers d'autres sujets et veut conquérir toutes les places de ton cœur où tu doutes qu'il puisse agir.
- Israël vivait en paix. Il y a des chrétiens dont le travail, le mariage, la santé, les finances et l'Église vont bien, et qui vivent tranquillement avec ces doutes. Jésus vient leur dire : « Pourquoi t'es-tu arrêté ? »
- « Nous avons des problèmes, mais Dieu a un problème avec nous. » Tu dis : « Seigneur, j'ai des problèmes ici. » Il répond : « Oui, mais moi j'ai un problème avec toi : tu ne me fais pas confiance. » Seigneur, peux-tu me réconcilier avec ma mère ? Peux-tu sauver ma fille, pour qui je prie depuis des années ?
- « Nous n'allons pas régler tes problèmes. Nous allons régler tes doutes. » Jésus ajoute : « Si je peux tuer le doute, tu vas avoir un miracle. » Le pasteur précise qu'il ne parle pas de la vie rêvée ni du luxe, mais des choses spirituelles.
5. Quatre états pour les villes de ton cœur
- L'extermination : comme à Jéricho, le doute est détruit et la paix règne. Mais il faut veiller, car l'ennemi essaie de revenir. Dieu pourvoit depuis des années, puis survient un nouveau défi financier : « Oui, mais peut-il le refaire ? »
- La soumission : certains Cananéens ont été soumis. Ce sont les doutes cachés, enterrés, les sujets dont on ne veut pas parler parce qu'on a été trop blessé. Jésus te prend par la main pour attaquer la forteresse. Le pasteur en témoigne pour lui-même : « On va vider les placards. »
- La cohabitation : « J'ai fait la paix avec ce sujet. » Un chrétien stressé, alors que Jésus est le Prince de la paix et que Dieu a fait avec nous une alliance de paix (Ésaïe 54:10). Un chrétien qui a fait la paix avec sa colère, ou avec sa cigarette. Nous sommes sauvés par grâce, mais « à un moment donné, ça devient de l'incrédulité ». Le problème n'est pas la colère, c'est que tu ne crois plus que Jésus peut te changer.
- La régression : à cause des chars de fer, une tribu d'Israël a été repoussée dans la montagne (Juges 1:34). À l'époque, l'économie reposait sur l'agriculture et l'élevage, dans les vallées et les plaines. Vivre dans la montagne était une lutte. La cohabitation avec le doute laisse l'ennemi reprendre du terrain et pousse à la simple survie.
6. La paix, ce n'est pas l'absence de problèmes
- « Canaan est conquis quand, sur chaque sujet, j'ai une confiance totale en Dieu. » La paix n'est pas l'absence de problèmes, mais l'absence de doute que Dieu puisse agir.
- Si Dieu a envoyé l'ange de l'Éternel prêcher dans les rues d'Israël, c'est parce qu'il les aimait. S'il secoue ton cœur ce soir, c'est parce qu'il t'aime et qu'il te veut en paix.
- Les doutes non détruits deviennent des épines dans les yeux et des aiguillons dans les côtés. Ils créent soucis, peurs et angoisses. Mais quelqu'un a porté toutes les épines à notre place : Jésus a porté la couronne d'épines (Matthieu 27:29) pour que tu n'aies plus à la porter.
- N'aie pas peur : tu ne vas pas entrer dans la pire épreuve de ta vie, le Seigneur est bon. Et si tu as compté treize sujets de doute pendant la prédication, tu n'as pas à les attaquer tous à la fois. Mais une chose est certaine : « Ce que nous n'attaquons pas nous attaquera. »
7. Ouvrir son cœur à la révélation de l'amour de Jésus
- La conquête ne consiste pas à partir seul à l'assaut d'un doute. Réciter des versets, mettre de la louange en boucle, faire des proclamations, verser de l'huile sur les murs : le pasteur ne s'en moque pas, mais on arrive au bout de soi-même et on dit : « Seigneur, la bataille est à toi. »
- Il compare le cœur à la pellicule des anciens appareils photo : on ouvrait l'obturateur, la lumière entrait et imprimait une image dans l'obscurité. Israël a arrêté de conquérir parce qu'il avait perdu Jésus de vue. Il te faut la révélation que Jésus t'aime : elle imprime une image et le doute disparaît.
- Son témoignage : au Canada, pasteur de jeunesse à plein temps, il n'avait besoin de rien. Un jeudi soir de prière dans son sous-sol, il entend Dieu lui dire : « Demande-moi des chaussures. » Il refuse, il peut se les acheter. En sortant, il entend : « Je vais te les donner quand même. »
- Pendant qu'il prêche au groupe de jeunes, une femme qui travaille dans la chaussure lui écrit : « As-tu besoin de chaussures ? » Il décline deux fois. Elle répond : « Je suis obligée d'obéir au Seigneur. » Avec sa fille comme témoin, il repart humilié, confus, avec quatre paires de chaussures.
- Il ne savait pas que Dieu le préparait aux sept premières années en France, sans salaire, à vivre chaque semaine de sa grâce et de sa provision. « Il fallait bien que ça commence quelque part. »
- Dieu veut qu'on soit vrai avec lui : « Seigneur, je ne suis pas capable de te croire, mais je prends ta main. » Le pasteur conclut dans la prière : nomme tes doutes, ne les enterre pas, ne cohabite pas avec eux, et laisse Jésus conquérir avec toi chaque ville de ton cœur, jusqu'à pouvoir dire sur chaque sujet : « Je ne suis pas parfait, mais j'ai confiance en Dieu. »
Points à retenir
- Être en Christ, c'est laisser Jésus conquérir ton cœur, la terre promise où se trouve ton héritage.
- Israël s'est arrêté au milieu de la conquête par peur, par confort ou parce qu'il avait perdu de vue celui qui marchait devant lui.
- Les villes non conquises sont les zones où tu doutes que Dieu puisse agir. Nous avons des problèmes, mais Dieu a un problème avec nos doutes.
- Un doute peut être détruit, soumis, toléré ou devenir une régression. Ce que nous n'attaquons pas nous attaquera.
- La paix n'est pas l'absence de problèmes mais l'absence de doute. Elle vient de la révélation de l'amour de Jésus, qui a porté la couronne d'épines à ta place.
Application personnelle
- Sur quel sujet doutes-tu aujourd'hui que Dieu puisse agir : finances, mariage, enfants, santé, passé, avenir ?
- Y a-t-il un doute que tu as enterré parce qu'il remue trop de choses, ou avec lequel tu as « fait la paix » ?
- Dans quel domaine ta vie chrétienne s'est-elle installée dans le confort, au point que tu as cessé d'avancer avec Jésus ?
- Oses-tu être vrai devant Dieu et lui dire : « Je ne suis pas capable de te croire sur ce point, mais je prends ta main » ?
- Quelle ville de doute vas-tu nommer devant le Seigneur cette semaine pour la conquérir avec lui ?
Versets cités
- Juges 2:1-6
- Juges 1:19
- Juges 1:34
- Josué 17:16
- Nombres 33:55
- Nombres 12:8
- Exode 23:20-21
- Exode 15:1
- 1 Corinthiens 10:11
- Romains 15:4
- Philippiens 2:6
- 1 Jean 3:9
- Ésaïe 54:10
- Matthieu 27:29
Questions fréquentes
Que représentent les villes non conquises de Canaan selon Christian Robichaud ?
Pour Christian Robichaud, Canaan représente ton cœur. Les villes laissées aux Cananéens ne sont ni le péché, puisque celui qui est né de Dieu ne pratique pas le péché, ni les épreuves, puisque Dieu avait déjà livré le pays. Ce sont les zones de doute : les sujets sur lesquels tu doutes que Dieu puisse agir, pourvoir, guérir ou restaurer.
Qui est l'ange de l'Éternel dans Juges 2 ?
Le prédicateur y voit une christophanie, Jésus lui-même dans l'Ancien Testament. À Bokim, l'ange ne dit pas « ainsi parle l'Éternel » : il parle en son propre nom et dit « je vous ai fait monter d'Égypte ». C'est Dieu qui vient voir son peuple, parce qu'il l'aime.
Comment conquérir ses doutes avec Jésus ?
Pas par ses propres forces. Christian Robichaud invite à nommer ses doutes, à ne plus les enterrer ni cohabiter avec eux, et à être vrai devant Dieu. Jésus prend ta main et vous y allez ensemble. La révélation de son amour dans ton cœur imprime une image qui chasse le doute.