Luc 10 : sois le prochain de celui qui a besoin d'aide

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Introduction

Ce dimanche-là, une bonne partie de la Primera Iglesia Evangélica Bautista de Madrid est en retraite, avec le pasteur, à Los Ángeles de San Rafael. Au culte du matin, à Madrid, c'est un frère de l'église qui apporte le message. Il part d'une question qui le travaille depuis plusieurs semaines : comment répondre, en enfant de Dieu, à la division qui gagne notre société et notre entourage le plus proche ?

Pour y répondre, il ne veut pas d'abord écouter les médias, mais la voix du Seigneur Jésus lui-même. Il ouvre Luc 10 et la parabole du bon Samaritain. Le texte est connu, presque trop. Pourtant Jésus y renverse la question du docteur de la loi : il ne s'agit pas de savoir qui est mon prochain, mais d'être le prochain de celui qui a besoin d'aide.

Le message se termine sur une parole de Jacques : la foi, si elle n'a pas les œuvres, est morte en elle-même.

Plan du message

1. Passer l'actualité au tamis de l'Évangile

  • Le prédicateur constate une intensité croissante à prendre position, à radicaliser les idées. Une civilisation qui a porté haut la défense de certaines valeurs devient, dit-il, plus conservatrice, et ce qui l'inquiète davantage, plus réactionnaire et plus totalitaire.
  • Il dénonce le « deux poids, deux mesures » : une mesure pour moi et les miens, une autre pour ceux qui sont hors de mon cercle. On en vient à criminaliser ceux qui semblent menacer notre mode de vie et à leur attribuer tous nos maux.
  • Il cite les élections du 6 septembre dans un Land de l'Est de l'Allemagne, où le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne a obtenu presque la majorité absolue. Selon un communiqué commun des Églises protestantes et catholiques publié deux jours plus tard, 33 % des électeurs protestants et 34 % des catholiques ont voté pour ce parti.
  • Il évoque aussi les événements survenus à Ceuta au mois d'août : « Si dans mon quartier, dans ma ville, il se passait la même chose, qu'est-ce que je dirais ? Qu'est-ce que je ferais ? »
  • Ce que nous voyons et entendons dans les médias, surtout numériques, conditionne nos réponses. Il faut s'arrêter et écouter ce que Jésus dit dans son Évangile, pour filtrer ce que nous vivons.
  • L'image vient de la cuisine : la farine semble simple, mais il faut la passer au tamis, très fin, pour qu'elle soit légère et que les impuretés restent de côté.

2. Jésus nous confronte à nous-mêmes

  • Jésus confronte toujours ses interlocuteurs avec eux-mêmes, avec ce qu'ils disent, pensent et croient. Deux mille ans après Luc, ce texte doit nous pousser à la même réflexion, au-delà de nos idées préconçues et de nos interprétations toutes faites.
  • Sa première réaction, avoue le prédicateur, est de se désolidariser du docteur de la loi : « Je ne veux pas m'identifier à lui. » Un homme qui connaît et étudie la loi, mais dont la manière de la vivre fait de lui un mauvais exemple.
  • On peut connaître par cœur de longs passages de la Bible, lire des commentaires, méditer des études. Mais ce que la Bible demande, c'est que notre connaissance soit confirmée « par notre comportement, par nos actes, par ce que nous faisons ».
  • Il ne veut pas ressembler à ceux que Jésus a comparés à des sépulcres blanchis à cause de leur hypocrisie.
  • Nous savons ce qu'il faut pour hériter la vie éternelle : seule la foi, reconnaître l'œuvre de Jésus et le confesser comme Seigneur et Sauveur nous libère du péché. Mais, comme au docteur de la loi, il faut nous redemander ce qui est écrit, pour que notre foi soit réaffirmée jour après jour.
  • Le grand commandement de Matthieu 22, l'assemblée le connaît par cœur. Dit plus fort, les voisins des étages du dessus l'entendraient, et même les passants de la rue General Lacy. « Mais la question est de savoir s'ils vont le percevoir dans leur vie », s'ils vont remarquer que c'est de l'amour que nous partageons.
  • La question de Jésus nous est posée aussi : « Comment lis-tu ? » Avec quelle intelligence, quelle conviction, quels yeux ?

3. Quand nos principes vacillent

  • Un soir, télécommande en main, le prédicateur tombe sur un film de 2012, primé par le public au festival de Saint-Sébastien et réalisé par un cinéaste d'origine libanaise : The Attack (L'Attentat).
  • Un chirurgien israélien renommé, d'origine palestinienne, découvre que l'autrice d'un attentat suicide dans un café de Tel-Aviv, qui fait 19 morts, est sa propre épouse, avec qui il partage sa vie depuis des années et qui se révèle une inconnue pour lui.
  • Le film fait tomber les frontières physiques entre Israël et la Palestine, mais surtout les frontières émotionnelles et mentales du personnage. Il fait réfléchir à ces principes que nous croyons inébranlables et qui peuvent vaciller quand les faits de la vie nous passent dessus.
  • Jésus nous rappelle le principe fondamental de l'Évangile. Et ce faisant, il nous met souvent face à nos insécurités, à des principes parfois bien fragiles.

4. « Qui est mon prochain ? » : une réponse à l'envers

  • Quand nous voulons nous justifier, la même question surgit : « Oui, c'est très bien, mais qui est mon prochain ? »
  • La réponse habituelle : le prochain, c'est celui qui est proche. Ma famille, mes êtres chers, mes amis, peut-être un collègue d'études ou de travail. Et la proximité s'arrête souvent là.
  • Si l'on élargit un peu le cercle, on y laisse entrer un voisin, une connaissance, ou tout au plus le pauvre qui se tient chaque jour à la porte du supermarché. « Et avec ça, je peux me mettre la petite médaille » : le meilleur chrétien de la ville, devoir accompli.
  • « Si nous procédons ainsi, nous sommes des pharisiens », comme ce docteur de la loi dont on voulait se démarquer.
  • La parabole montre que le prochain ne dépend ni des liens du sang, ni de l'affection, ni de la sympathie que l'on éprouve. Son enseignement n'est pas « qui est mon prochain », mais « je dois être le prochain de celui qui a besoin d'aide ».
  • « Quelle que soit sa situation, quelle que soit l'affinité que j'ai avec lui, qu'il me soit sympathique ou non, je suis le prochain de celui qui a besoin d'aide. »

5. La radicalité de l'Évangile

  • Le livre des Actes et les lettres des apôtres montrent combien l'Évangile a été radical entre les mains des premiers croyants. Leur communauté a révolutionné son entourage et attirait l'attention par sa manière de vivre.
  • Paul écrit aux Galates : « Pendant que nous en avons l'occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi » (Galates 6:10).
  • L'auteur de l'épître aux Hébreux : « N'oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c'est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir » (Hébreux 13:16). Le prédicateur insiste : c'est un sacrifice.
  • Aux Romains, Paul demande de donner à manger et à boire à son ennemi s'il a faim ou soif (Romains 12:20).
  • La règle d'or des Évangiles : tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c'est la loi et les prophètes (Matthieu 7:12). Et dans le jugement des nations, Jésus dit que s'occuper de l'un de ces plus petits, c'est s'occuper de lui (Matthieu 25:40).
  • Puis un défi lancé à l'assemblée : « Aidez-moi à trouver, ne serait-ce qu'un seul verset de la Bible qui me dise que je dois aider de façon sélective, aider les uns et pas les autres. » Au premier culte, personne ne l'avait trouvé.

6. Être ému de compassion, le plus difficile

  • La réponse de Jésus au docteur de la loi est difficile à accepter : « Va, et toi, fais de même. » Elle s'adresse aussi à nous aujourd'hui.
  • Parler de qui est notre prochain, être d'accord avec l'interprétation, c'est facile. « Le plus compliqué de toute cette histoire, c'est que nous soyons émus de compassion comme le Samaritain. »
  • Pour cela, il faut s'oublier soi-même et se laisser conduire par le Saint-Esprit. Si je compte sur mes principes et sur mes connaissances, il sera très difficile, pour ne pas dire impossible, d'être ému de compassion.
  • Nous avons les paroles de Jésus et son exemple, ce qu'il a fait pour chacun de nous. C'est maintenant notre tour de prendre un chemin qui risque de nous éloigner beaucoup de notre route, de nos habitudes, de notre confort, et même de l'image que nous avons de nous-mêmes.
  • Il faut s'arrêter et apprendre à regarder l'autre dans les yeux, sans orgueil, sans se croire supérieur à lui, et comprendre ce qui lui arrive. On ne peut pas passer de loin.
  • Le prêtre et le Lévite avaient sans doute une excellente excuse. Les commentateurs expliquent qu'en venant de Jérusalem, ou en s'y rendant, ils assuraient un service au temple et devaient éviter de se rendre impurs. « Le but était très bon, l'excuse était excellente. »
  • Nous aussi, nous pouvons nous abriter derrière notre loi, nos doctrines, « nos dogmes faits sur mesure, comme un beau costume de tailleur » que l'on porte le dimanche ou le reste de la semaine.
  • Pour laisser agir la compassion, il faut prendre des risques, mobiliser des ressources émotionnelles et matérielles, et se demander d'abord si l'on est prêt à le faire.

7. Devenir le prochain, aujourd'hui

  • Nous connaissons le grand principe : aimer le Seigneur ton Dieu par-dessus tout, et ton prochain comme toi-même. Reste la question : que vais-je faire maintenant ? Contourner le blessé et poursuivre ma route avec mes principes ?
  • « Peut-être que je peux être, moi, le prochain » de celui qui est agressé sur les chemins de la vie, de celui qui est expulsé de son logement parce qu'il ne peut plus payer, de celui qui perd son emploi, de celui qui souffre d'une maladie.
  • Le prochain de celui qui est perdu, de celui qui pleure un être cher, de celui qui a peur de l'inconnu, de celui qui porte mille histoires dans sa tête et dans son cœur sans aucun repos.
  • Le prochain de celui qui saute la clôture pour une vie meilleure, avec une bouée à Ceuta, avec une valise dans un aéroport où tiennent une vie et beaucoup de peur, ou avec un permis de travail, en route vers une ville ou un village inconnu.
  • « Peut-être que je peux être, moi, le prochain, pour que la Parole de Dieu soit une réalité. » Car, comme le dit Jacques, la foi, si elle n'a pas les œuvres, est morte en elle-même (Jacques 2:17).

Points à retenir

  • Avant de réagir à l'actualité, passe ce que tu vois et entends au tamis des paroles de Jésus.
  • Connaître la Bible par cœur ne suffit pas : ta foi doit être confirmée par tes actes.
  • Jésus renverse la question : ne demande pas qui est ton prochain, deviens le prochain de celui qui a besoin d'aide.
  • Aucun verset ne t'autorise à aider de façon sélective.
  • Être ému de compassion demande de te laisser conduire par le Saint-Esprit, de quitter ton confort et de prendre des risques.

Application personnelle

  1. Qu'est-ce qui façonne le plus tes réactions face à l'actualité : les médias, ou les paroles de Jésus ?
  2. Où s'arrête aujourd'hui ton cercle de « prochains » ? Qui en reste dehors ?
  3. Derrière quelle « bonne excuse » t'abrites-tu parfois pour passer à côté de quelqu'un ?
  4. Quelle personne en difficulté autour de toi pourrais-tu regarder dans les yeux cette semaine, sans orgueil, pour comprendre ce qu'elle vit ?
  5. Quel risque, émotionnel ou matériel, es-tu prêt à prendre pour laisser agir la compassion ?

Versets cités

Questions fréquentes

Qui est mon prochain selon la parabole du bon Samaritain ?

Le prédicateur montre que Jésus répond à l'envers de ce que nous pensons. Le prochain ne dépend ni des liens du sang, ni de l'affection, ni de la sympathie. La question n'est pas de savoir qui est mon prochain, mais de devenir moi-même le prochain de celui qui a besoin d'aide, quelle que soit sa situation.

Pourquoi le prêtre et le Lévite sont-ils passés outre ?

Selon les commentateurs cités par le prédicateur, ils assuraient un service au temple et devaient éviter de se rendre impurs. Ils avaient sans doute une très bonne excuse. Le prédicateur avertit que nous pouvons, nous aussi, nous abriter derrière nos règles et nos dogmes faits sur mesure pour ne pas nous arrêter.

Qu'est-ce qui est le plus difficile dans cette parabole ?

Ce n'est pas de connaître la théorie, que nous savons par cœur. Le plus difficile est d'être ému de compassion comme le Samaritain. Cela demande de s'oublier soi-même, de se laisser conduire par le Saint-Esprit, de quitter son confort et de prendre des risques, émotionnels comme matériels.

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