Luc 23 : Jésus déclare non coupable même un yakuza

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Introduction

« Jésus aime aussi les yakuzas. » Yasuhiro Kanazawa ne cherche pas à choquer. Il a lui-même passé dix ans dans le milieu des yakuzas avant de devenir pasteur. Invité à prêcher à l'Église Onnuri d'Osaka, il ouvre Luc 23:32-43 sous un titre volontairement provocant : « Jésus a déclaré non coupable un yakuza ».

Né à Osaka en 1964, il rejoint une bande de motards à 16 ans, puis une organisation yakuza à 18 ans. Après sa conversion, il étudie la Bible et la théologie. Il est aujourd'hui pasteur principal d'une Église d'Osaka voisine, aumônier à la prison de Kobe et responsable de Mission Barabbas.

Son point de départ est simple : le dernier homme que Jésus a conduit au salut avant de mourir sur la croix était un criminel condamné à mort. Le pasteur suit le texte verset après verset, raconte comment ce même Jésus l'a rejoint, puis montre ce que veut dire être déclaré non coupable devant Dieu.

Plan du message

1. Au lieu du Crâne, Jésus au centre

  • « On conduisait en même temps deux malfaiteurs, qui devaient être mis à mort avec Jésus » (verset 32). Le pasteur les appelle des gokudō, ceux qui sont allés jusqu'au bout du mal. Condamnés à mort pour leurs crimes, ils sont exécutés.
  • Le lieu appelé Crâne, le Calvaire en latin, Golgotha en hébreu, est un lieu d'exécution sur une petite colline. Là, les hommes crucifient l'unique Sauveur, celui qui a reçu toute autorité dans le ciel et sur la terre. « Combien l'homme est ignorant ! »
  • Jésus est crucifié au milieu, un malfaiteur à droite, l'autre à gauche. Le centre de cette exécution, c'est Christ.
  • Il est placé là comme le plus grand des criminels, parce qu'il porte sur lui les péchés de toute l'humanité, depuis la chute d'Adam jusqu'à la fin du monde.

2. « Père, pardonne-leur »

  • Jésus a reçu trente-neuf coups de fouet, des coups, une couronne d'épines, des clous dans les mains et les pieds. Mais plus que la souffrance physique ou morale, il traverse une souffrance spirituelle : « Eli, Eli, lama sabachthani ? », abandonné par le Père.
  • Au cœur de cette douleur, il prie pour le salut des hommes : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (verset 34).
  • Cette prière est d'abord pour les deux malfaiteurs, à sa droite et à sa gauche. Des hommes si violents que leur conscience était sans doute paralysée : ils ne savaient plus ce qu'ils faisaient.
  • Elle concerne aussi la foule, les chefs juifs et les soldats romains qui tirent ses vêtements au sort. Et son efficacité, dit le pasteur, dure jusqu'à aujourd'hui et jusqu'à la fin du monde.

3. Ceux qui méprisent le Sauveur

  • Le peuple regarde, en simple spectateur, en badaud (verset 35). Les magistrats se moquent : « Il a sauvé les autres ; qu'il se sauve lui-même. » Ils ne croient pas en lui. Ceux qui ont fait crucifier Jésus sont, pour le pasteur, les pires des meurtriers.
  • Les soldats obéissent aux ordres comme des « hommes-robots ». Ils conduisent Jésus au Golgotha, montent la croix, plantent les clous, fixent l'écriteau « roi des Juifs ». Avec un long bâton, ils lui tendent du vinaigre, « comme on taquine un animal ».
  • Leur point commun : l'orgueil, l'entêtement, le mépris et la moquerie. Le Sauveur est devant eux et ils ne le reconnaissent pas. C'est, dit le pasteur, le portrait type de l'homme qui n'est pas sauvé.
  • L'un des malfaiteurs l'injurie : « N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et sauve-nous ! » (verset 39). Le pasteur traduit : « Si tu es le Christ, tu peux bien faire un miracle. Arrache tes clous et fais-nous évader. »
  • Cet homme a insulté le Sauveur jusqu'au bout. Il est mort le cœur endurci, sans considérer son péché comme un péché ni le mal comme un mal.

4. Le second malfaiteur : la crainte de Dieu et la confession

  • « Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation ? » (verset 40). Ils sont tous les deux sur une croix, mais l'un est en train d'être conduit à la repentance.
  • Parce qu'il craint Dieu, il comprend la gravité de son péché : « Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos crimes » (verset 41). Sa condamnation à mort est le salaire de ses actes.
  • Au début, pourtant, les deux brigands insultaient Jésus (Matthieu 27:44). Ce qui a changé l'un d'eux, c'est l'intercession de Jésus : « Père, pardonne-leur. »
  • Il reconnaît aussi que Jésus est sans péché : « celui-ci n'a rien fait de mal. » Christ signifie celui que Dieu a établi comme Sauveur. Né de la vierge Marie par le Saint-Esprit, il est venu sans tache et sans péché.
  • Puis il dit à Jésus : « Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne » (verset 42). Dans le texte japonais lu par le pasteur, il l'appelle « Jésus », c'est-à-dire Sauveur : il confesse sa foi. C'est en croyant du cœur et en confessant de la bouche qu'on est sauvé (Romains 10:10).

5. « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis »

  • La réponse de Jésus (verset 43) est une déclaration de pardon. Le paradis est le lieu où vont ceux dont les péchés sont pardonnés, pour être avec Dieu. C'est là que ceux qui sont morts en croyant en Christ attendent la résurrection.
  • « Aujourd'hui » : pour ce malfaiteur, c'est le jour de sa mort. Pour son corps, c'est le pire jour, un jour de désespoir.
  • Mais juste avant de mourir, il reçoit de Jésus un verdict d'acquittement. Il meurt sous le châtiment de ses actes, et pourtant il est sauvé.
  • « Jésus aime aussi les yakuzas. Il prononce l'acquittement pour eux. »

6. « Moi aussi, j'étais un yakuza »

  • À 18 ans, le pasteur entre dans le milieu : « Je voulais vivre en homme, mourir en homme. » Lors de la cérémonie de la coupe de saké, il jure fidélité à son chef : « Si le chef dit que le blanc est noir, c'est noir. » Il précise que ni lui ni l'Église n'ont aujourd'hui le moindre lien avec ce milieu.
  • Il est le chrétien de la quatrième génération de sa famille. Sa grand-mère, une croyante fervente, a prié sans relâche pour qu'il quitte les yakuzas. Elle a aussi fait un don important pour la construction d'une Église, malgré la colère de ses enfants : « C'est pour votre bénédiction. » Le pasteur y voit la plus grande bénédiction de la famille : un yakuza devenu pasteur.
  • Enfant, il allait à l'école du dimanche et chantait à Noël, mais il ne croyait pas en Jésus. Adolescent, il quitte l'Église, rejoint une bande de motards, passe par un centre de détention pour mineurs, puis entre chez les yakuzas.
  • Son chef fait faillite avec des milliards de yens de dettes et le groupe est dissous. Les membres passent dans l'organisation la plus puissante de Kobe, en pleine guerre de clans : il faut sortir avec un gilet pare-balles. Pour avoir repris la dette d'un autre, il doit se couper un doigt.
  • Un jour, en allant secourir un camarade enlevé, son groupe est attaqué au sabre et au pistolet. Les autres sont blessés. Lui, en fuyant, se retrouve « posé » par une force étrange au milieu d'une route pleine de voitures, qui freinent toutes. Il est le seul à s'en sortir sans une égratignure : « Dieu m'a protégé. »
  • Il part à Tokyo avec sa femme et leurs trois enfants pour devenir honnête, mais s'enfonce dans l'alcool et la drogue. Au parc d'Ueno, il croise des chrétiens qui chantent et annoncent Jésus dans la rue. Ils lui paraissent lumineux, et lui se trouve « trop sale pour être sauvé ».
  • La drogue provoque une crise cardiaque. Sauvé de justesse, il rentre chez lui, allume la télévision et tombe sur Jésus portant sa croix sur la Via Dolorosa. Il prend peur, jette sa drogue, arrête le jeu et commence par faire la plonge dans un restaurant de grillades. À 28 ans, il reçoit son premier salaire honnête : 180 000 yens. « J'ai compris la valeur de l'argent et la joie de travailler. »
  • Peu après, son père tombe gravement malade. Il prie : « Prends ma vie en échange, mais sauve mon père. » Croyant avoir tout gâché en participant à un rite pour les ancêtres, il se pense rejeté par Dieu. Un dimanche matin, un ami chrétien de son père le prend par la main et l'emmène à l'Église.
  • Il pleure en chantant, il prie : « Un pécheur comme moi peut-il être sauvé ? » Le pasteur prêche ce jour-là : « Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités. » La croix le touche en plein cœur. Il croit en Jésus ce jour-là, le 14 mars 1993. Son père meurt trois jours plus tard.
  • Il cite Pascal : rien ne peut combler le vide du cœur humain, sinon Dieu seul. Ni le pouvoir, ni l'argent, ni les plaisirs n'y étaient parvenus. Ce jour-là, il reçoit « non pas la paix que donne le monde, mais la paix du pardon de Dieu ».

7. De l'accusé à l'enfant : déclaré non coupable

  • Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement (Hébreux 9:27). Ce jour-là, la question sera : verdict de culpabilité ou d'acquittement ?
  • Dans le tribunal, Dieu est le juge et l'homme est l'accusé. Mais celui qui croit en Jésus-Christ, quel que soit son passé, reçoit de Dieu un verdict d'acquittement, par une pure décision de grâce. C'est la justification par la foi, « plus qu'une doctrine, c'est la Bible elle-même ».
  • Le pasteur cite Martin Luther : nous apportons à la croix nos péchés lourds, ceux qu'on ne peut plus porter, ceux qu'on voudrait cacher. Nous nous repentons, Jésus les prend et nous donne la justice de Christ. Cet échange du péché et de la justice est « un échange de joie ».
  • Alors la relation change : le juge devient Père et nous recevons le statut d'enfants. Dieu nous déclare saints, quel que soit notre passé, puis continue de nous sanctifier toute notre vie, parce que notre nature nous tire encore à droite et à gauche.
  • À la fin, au jugement dernier, Dieu prononcera publiquement l'acquittement de ceux qui ont cru. « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point » (Jean 3:16).
  • Le message se termine par un appel : croire du cœur et confesser de la bouche (Romains 10:10), car « le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 6:23). Le pasteur appelle aussi ceux qui veulent se consacrer au service de Dieu, car la moisson est grande et les ouvriers peu nombreux.

Points à retenir

  • Jésus a été crucifié au milieu des malfaiteurs, comme le plus grand des criminels, parce qu'il portait les péchés de toute l'humanité.
  • La prière « Père, pardonne-leur » visait d'abord les deux brigands. C'est elle qui a conduit l'un d'eux à la repentance.
  • La crainte de Dieu ouvre les yeux sur son propre péché, et la foi se dit : « Souviens-toi de moi. »
  • Même le jour le plus sombre, Jésus peut prononcer un verdict d'acquittement. Aucun passé n'est trop lourd pour lui.
  • Justifié par la foi, tu n'es plus un accusé devant un juge : tu deviens un enfant devant un Père.

Application personnelle

  1. Te ranges-tu parmi les spectateurs de la croix, ou reconnais-tu que Jésus y est mort pour toi ?
  2. Y a-t-il dans ta vie un péché que tu ne considères plus comme un péché ?
  3. Penses-tu, comme le pasteur à Ueno, être « trop sale pour être sauvé » ? Que te dit la réponse de Jésus au malfaiteur ?
  4. Pour qui pries-tu avec persévérance, comme cette grand-mère qui priait pour son petit-fils ?
  5. Vis-tu comme un accusé qui attend sa sentence, ou comme un enfant que le Père a déclaré non coupable ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi le pasteur parle-t-il d'un yakuza à propos du brigand de Luc 23 ?

Yasuhiro Kanazawa emploie le mot japonais gokudō, qui désigne celui qui est allé jusqu'au bout du mal et qui sert aussi à nommer les yakuzas. Les deux malfaiteurs crucifiés avec Jésus avaient été condamnés à mort pour leurs crimes. Le pasteur, lui-même ancien yakuza, souligne que le dernier homme conduit au salut par Jésus avant sa mort était l'un d'eux.

Que veut dire « aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » ?

Pour le prédicateur, c'est une déclaration de pardon. Le jour où le malfaiteur meurt est le pire jour de sa vie, mais avant de mourir il reçoit de Jésus un verdict d'acquittement. Le paradis est le lieu où ceux dont les péchés sont pardonnés attendent la résurrection, avant d'être déclarés non coupables au jugement dernier.

Qu'est-ce que la justification par la foi selon ce message ?

Devant Dieu, nous sommes des accusés et Dieu est le juge. Celui qui croit en Jésus-Christ reçoit, par pure grâce, un verdict d'acquittement. Le pasteur cite Martin Luther : nous apportons nos péchés à la croix et Christ nous donne sa justice, un échange qui est un échange de joie. Le juge devient alors un Père, et nous recevons le statut d'enfants.

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