Introduction
Le Pasteur Samuel YEO ouvre son message par une évidence qui bouscule : cette année, l'Église a pour thème « Levons-nous et bâtissons », en écho à la parole de Néhémie 2. Mais il pose une sous-question redoutable : bâtir, d'accord. Bâtir avec quoi ? Bâtir dans quel esprit ? Sa réponse tient en une expression qu'il ne lâchera plus : bâtir dans la notion du sacré.
Il t'invite à ouvrir quatre passages : Exode 25:1-8, Exode 25:40, Néhémie 2:16-18 et Éphésiens 2:19-22. Il te rappelle d'abord un petit détail qui n'en est pas un : le mot évangile, en grec, veut dire « bonne nouvelle », pas une bonne nouvelle parce qu'on a eu une promotion ou une retraite, mais la bonne nouvelle de la venue de Jésus, annoncée depuis Adam jusqu'à Malachie et accomplie à la croix pour toutes les nations. Et le mot épître, lui, veut simplement dire « lettre ». Ce que Paul écrit aux Éphésiens, c'est une lettre d'amour de Dieu à ses enfants, avec un projet précis : faire d'eux « une habitation de Dieu en Esprit » (Éphésiens 2:22).
Le prédicateur te rappelle ensuite d'où vient le peuple d'Israël. Il sort d'Égypte, après 400 ans d'esclavage dans un pays qui comptait plus de 120 divinités, Pharaon lui-même étant considéré comme un dieu. Ce n'est pas dans ce contexte de ténèbres que Dieu a demandé le sanctuaire. Il attend qu'ils sortent. L'Exode, c'est la sortie. Le Lévitique : la sainteté (« Soyez saints, car je suis saint », Lévitique 19:2). Les Nombres : l'organisation. Le Deutéronome : la répétition de la loi pour les préparer à entrer dans la terre promise. Rien n'est mis là au hasard.
C'est dans ce Dieu-là (le Dieu saint, le Dieu qui a délivré, le Dieu qui a un plan), que Moïse va monter sur la montagne, attendre sept jours dans le silence, puis y rester quarante jours et quarante nuits, avant de redescendre le visage brillant, porte-parole (« nabiy » en hébreu, « prophētēs » en grec, tout simplement) d'un message qui n'est pas le sien. Et le premier ordre qu'il rapporte, c'est celui-ci : « Ils me feront un sanctuaire, et j'habiterai au milieu d'eux. » (Exode 25:8)
Plan du message
1. Dieu ne demande pas un temple, il demande un sanctuaire
- Regarde bien le vocabulaire. Dieu ne dit pas à Moïse : « Fais-moi un bâtiment. » Il dit : « Qu'ils me fassent un sanctuaire. » (Exode 25:8) Un sanctuaire, c'est un lieu saint, un lieu mis à part.
- Il précise même comment : « Tu feras tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne. » (Exode 25:40) Dieu ne laisse pas Moïse improviser. Ce sanctuaire, il en donne le plan.
- Et il demande une offrande : « Vous la recevrez de tout homme qui la fera de bon cœur. » (Exode 25:2) Ce n'est pas une cotisation. Ce n'est pas une association qui lève des fonds. C'est une offrande faite avec le cœur.
- Le prédicateur t'arrête là : ce message que je porte ce matin, c'est une offrande. Mais est-ce que je le fais de bon cœur ? La question vaut pour toi. Ce que tu fais pour Dieu (ton chant, ton service, ton accueil, ta parole), , est-ce que tu le fais de bon cœur, ou parce qu'il faut bien ?
2. Ton corps est aujourd'hui le sanctuaire de Dieu
- Paul reprend cette pensée-là dans 1 Corinthiens 6:19 en te posant la question, à toi, personnellement : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous ? »
- Le tabernacle du désert était mobile. Chaque fois que le peuple se déplaçait, le tabernacle se déplaçait avec lui. Pareillement, aujourd'hui, tu es le tabernacle de Dieu partout où tu vas. Au travail, tu es son tabernacle. Dans l'avion vers le Congo, tu es son tabernacle. Dans la rue, tu es son tabernacle.
- Ce n'est pas d'abord le bâtiment de l'église qui est sacré. C'est toi. C'est ton corps. Et quand des tabernacles-personnes se rassemblent le dimanche, alors se forme le grand tabernacle de l'Éternel.
- Dieu ne dit pas seulement « je vais faire un lieu ». Il dit « j'habiterai au milieu d'eux ». Au milieu. Pas devant. Pas derrière. Au milieu. Deux raisons : pour t'assurer de sa sécurité, et pour tout contrôler depuis le centre. C'est la même promesse que reprend Jésus dans Matthieu 18:20 : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. »
3. Ton église est un lieu de rencontre
- Quand quelqu'un franchissait la porte du tabernacle dans le désert, la première chose qu'il rencontrait dans le parvis, c'était l'autel. Puis venait le lieu saint, puis le lieu très saint. C'était d'abord un lieu de rencontre : « C'est là que je te rencontrerai », dit Dieu à plusieurs reprises.
- Ce matin, quand tu viens au culte, tu ne viens pas d'abord rencontrer le pasteur, ni les anciens, ni les frères et sœurs. Tu viens rencontrer Dieu. Celui qui t'a délivré. Comme Israël ne venait pas rencontrer Moïse mais Celui qui l'avait libéré de l'esclavage d'Égypte.
- Et si tu es à la louange, si tu es à l'accueil, si tu es à la prédication, le but de ton service, c'est que quelqu'un, à travers toi, rencontre Dieu. Pas que quelqu'un te trouve doué. Que quelqu'un rencontre le Sauveur.
- C'est pour ça que le prédicateur dit : « Ce micro devient un micro sacré. Ce pupitre devient un lieu sacré. » Non par magie, mais parce que ce sont des instruments d'un usage sacré : la rencontre avec Dieu.
4. Ton église est un lieu de communion
- Deuxième dimension du sanctuaire : un lieu de communion. En grec, koinōnia : quelque chose de commun.
- Il y avait douze tribus autour du tabernacle. Cultures différentes, tempéraments différents. Qu'avaient-elles en commun ? L'alliance. Yahwé. Le sang de l'agneau pascal.
- Aujourd'hui, dans ton église, il y a des Français, des Ivoiriens, des Congolais, des Gabonais, des Roumains, des Haïtiens. Qu'est-ce qu'ils ont de commun ? Une seule chose, mais elle change tout : le sang précieux de Jésus.
- Le prédicateur te prévient franchement : on peut être une église évangélique et ne pas être une communauté de Dieu. On peut prêcher le bon message et vivre en tribus séparées. Ce n'est pas ce que Dieu demande. Il veut les deux : la vraie doctrine et la vraie communauté.
- Et Paul le rappelle aux Éphésiens : « Vous n'êtes plus des étrangers ni des gens du dehors, mais concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu » (Éphésiens 2:19). Dans le sanctuaire, plus d'étrangers. À la croix, tous les drapeaux se baissent : ce qui compte, ce n'est plus d'être français, ivoirien ou congolais, c'est l'Évangile.
5. Ton église est un lieu de célébration
- Troisième dimension : la célébration. Attention, le prédicateur insiste : célébrer n'est pas exactement la même chose que louer.
- La célébration fait allusion à un acquis, à une victoire, à une reconnaissance de quelque chose qui s'est déjà passé et qu'on rappelle. Tu célèbres une guérison que Dieu a déjà accordée. Tu célèbres un salut qu'il t'a déjà donné. Et c'est dans cette célébration que tu le loues.
- Si tu loues Dieu sans qu'il y ait cette dimension de célébration, ce n'est pas encore pleinement le culte de Dieu. Tu viens à l'église avec des problèmes, oui, mais tu viens pour célébrer une victoire déjà remportée. « Ténèbres, reculez devant l'œuvre de la croix. »
- Comme la Samaritaine dans Jean 4 : elle a rencontré Jésus, elle est entrée en communion avec lui, elle a découvert qui elle était vraiment, et elle est repartie célébrer auprès de sa ville : « Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. »
- C'est ça, le but de ton culte, de ton service, de ta louange : amener quelqu'un à rencontrer Dieu, à entrer en communion avec lui, puis à le célébrer. Rien de moins. Rien d'autre.
6. Le but final : que le royaume de Dieu soit connu
- Le prédicateur remonte au projet global de Dieu. Le tabernacle n'était pas une fin en soi. Dieu avait dit à Israël, avant même de leur demander le sanctuaire : « Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. » (Exode 19:6) Le royaume est déjà annoncé. Le tabernacle en est le lieu conventionnel, pour que le Roi soit connu.
- Et dans le Nouveau Testament, Jésus reprend le même mouvement dans Actes 1:8 : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
- Voilà pourquoi tu bâtis. Pas pour toi. Pas pour ton église comme institution. Pour que le royaume de Dieu soit connu, d'abord dans ta localité, puis dans ton département, dans ton pays, jusqu'aux extrémités.
- Mais tout cela, il faut le faire dans la notion du sacré. Dieu n'a pas dit « faites-moi un temple ». Il a dit « un sanctuaire » : un lieu saint. Donc tout ce que tu fais doit conduire les gens à être saisis par la sainteté de Dieu : tes cantiques, ta louange, ta manière de parler à un frère ou à une sœur, ton accueil, ta prière.
Points à retenir
- Bâtir avec Dieu, ce n'est pas d'abord poser des briques. C'est offrir un sanctuaire, un espace mis à part pour lui. Le premier sanctuaire que Dieu veut, c'est toi (1 Corinthiens 6:19).
- Ce que tu apportes à Dieu (chant, service, message, accueil), est une offrande. La question n'est pas de savoir si tu es doué. La question est : est-ce que je le fais de bon cœur ?
- Ton église est un lieu de rencontre (avec Dieu), de communion (avec lui et entre nous, par le sang de Jésus), de célébration (de la victoire déjà acquise à la croix). Si l'une des trois manque, il manque quelque chose au culte.
- Le sang de Jésus dissout toutes les nationalités. À la croix, tous les drapeaux se baissent. Dans le sanctuaire, il n'y a plus d'étrangers (Éphésiens 2:19).
- Le tabernacle n'est pas la fin. Le but est que le Roi soit connu jusqu'aux extrémités de la terre (Actes 1:8). Et tout cela doit se faire dans la notion du sacré.
Application personnelle
- Ce que tu apportes à Dieu cette semaine (un service, un chant, une parole, une présence), , l'apportes-tu de bon cœur, ou par habitude, par obligation, par peur d'être mal vu ? Que faut-il déposer devant lui pour retrouver la joie de l'offrande ?
- Quand tu franchis la porte de ton église le dimanche, qui viens-tu vraiment rencontrer ? Fais l'exercice honnêtement : mets par ordre d'importance ce que tu attends du culte. Est-ce que Dieu est bien en premier ?
- Dans ton église, y a-t-il un frère ou une sœur d'une autre culture, d'un autre pays, d'un autre milieu, avec qui tu as du mal à vivre la communion ? Le sang de Jésus vaut-il pour lui ou pour elle ? Que veux-tu faire concrètement cette semaine pour rompre la distance ?
- Quand tu loues Dieu, est-ce que tu célèbres quelque chose de précis qu'il a déjà fait pour toi ? Prends un moment aujourd'hui pour nommer trois victoires que Dieu t'a déjà données et dont tu vas repartir en célébration.
- Ton corps (tes mains, ta bouche, tes yeux, ton emploi du temps), est le sanctuaire de Dieu. Y a-t-il un espace de ta vie où tu as arrêté de traiter ce sanctuaire comme sacré ? Que faut-il remettre à sa place cette semaine ?
Versets cités
- Exode 25:1-8 · « Ils me feront un sanctuaire, et j'habiterai au milieu d'eux. »
- Exode 25:40 · « Tu feras tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne. »
- Exode 19:6 · « Un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. »
- Lévitique 19:2 · « Soyez saints, car je suis saint. »
- Néhémie 2:16-18 · « Levons-nous et bâtissons. »
- Psaume 92:1-6 · « Il est beau de louer l'Éternel. »
- Matthieu 18:20 · « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. »
- Jean 3:16 · « Dieu a tant aimé le monde… »
- Jean 4 · la Samaritaine, de la rencontre à la célébration.
- Actes 1:8 · « Vous serez mes témoins… jusqu'aux extrémités de la terre. »
- Romains 12:1 · « Offrez vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu. »
- 1 Corinthiens 6:19 · « Votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous. »
- 1 Corinthiens 11:23-26 · la sainte cène, annonce de la mort du Seigneur.
- Éphésiens 2:19-22 · « Vous n'êtes plus des étrangers… vous êtes édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit. »
- Colossiens 1:13 · « Il nous a délivrés de la puissance des ténèbres. »
FAQ
Qu'est-ce que « bâtir dans la notion du sacré » ?
C'est bâtir en gardant constamment à l'esprit que ce que tu fais est mis à part pour Dieu. Ce n'est pas juste construire une salle, animer un culte, prêcher un message. C'est offrir à Dieu un lieu (d'abord ton corps, puis ton assemblée), où lui-même vient habiter. Le sacré, ce n'est pas d'abord une atmosphère solennelle : c'est la conscience que Dieu est réellement présent au milieu, et que rien de ce que tu fais pour lui n'est banal.
Pourquoi le prédicateur distingue-t-il la louange et la célébration ?
Parce que ce n'est pas exactement la même chose. La louange, c'est reconnaître qui Dieu est. La célébration, c'est se souvenir avec joie d'une victoire acquise et rappeler ce que Dieu a déjà fait. Le prédicateur explique que si tu loues Dieu sans rien célébrer, il manque quelque chose au culte : c'est la mémoire du salut, de la guérison, de la délivrance déjà données à la croix. Louer et célébrer vont ensemble.
Comment vivre concrètement que « mon corps est le sanctuaire de Dieu » ?
En cessant de séparer le dimanche du reste de la semaine. Le tabernacle du désert se déplaçait avec le peuple : pareillement, si tu es en Christ, tu portes la présence de Dieu au travail, à la maison, dans la rue, dans l'avion. Concrètement, ça veut dire prier avant de commencer ta journée, garder tes paroles pures, refuser ce qui souille ton corps, honorer Dieu dans ta manière de traiter les autres, célébrer sa présence même là où personne ne te voit prier.
pour prendre des notes et poser une question.