Introduction
Sixième volet de la série « Notre identité en Dieu », ce message de Joël, coresponsable de la louange à CVV Paris, part d'un constat simple : on ne tremble pas quand on sait qui on est. La foi s'enracine dans la connaissance de ce que Dieu a fait de nous. Et ce qu'il a fait de nous, la Bible le résume par une double couronne : tu es un roi et un sacrificateur pour Dieu ton Père (1 Pierre 2.9 ; Apocalypse 5.10). Pas l'un ou l'autre, les deux. Ce sermon te montre comment cette double identité change ta manière de servir, de prier et d'exercer ton autorité dans le monde.
Plan du message
1. Ton identité se reconquiert à cause de ce qui a été perdu
- Adam et Ève ont été créés en relation parfaite avec Dieu. La désobéissance a brisé trois relations à la fois : avec Dieu, entre l'homme et la femme, et avec soi-même. Toute la vie chrétienne est la reconquête de cette image perdue.
- Tu n'as pas été conçu par hasard. Dieu a formé ton âme, dessiné les contours de ton identité, déposé en toi un caractère unique, un appel, des dons. Mais tu es aussi né dans une nature de péché qui a tout tordu, et parfois dans une famille où l'amour du Père a été mal représenté, voire absent ou blessant.
- La révélation de l'amour du Père est le socle. Dans nos églises pentecôtistes et charismatiques, on cherche le salut par Jésus, on cherche le baptême du Saint-Esprit, mais la révélation de l'amour du Père reste souvent faible. On sait beaucoup de choses dans la tête. La vraie question est : est-ce que cela est descendu dans mon être intérieur ?
- Ne pas trembler, ce n'est pas une posture révolutionnaire ni du courage à la force du poignet. C'est être fondé dans l'amour de Celui qui est tout-puissant, et savoir qui il a fait de nous.
2. Tu es un royaume de sacrificateurs et une nation sainte (1 Pierre 2.9 ; Exode 19)
- 1 Pierre 2.9-10 t'appelle « race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple acquis ». Le mot « saint » ici ne veut pas seulement dire « sans péché », pour Dieu c'est une évidence de nature. Il signifie surtout « mis à part », consacré. Tu es dans le monde mais tu n'es pas du monde. Dieu s'est acquis chacun d'entre nous et a mis sa marque sur nous.
- À l'origine, dans Exode 19.4-6, Dieu voulait que tout Israël soit une nation de sacrificateurs. « Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. »
- Mais très vite, dans Exode 32, le peuple fabrique un veau d'or. Ils ont rompu l'alliance. Seule la tribu de Lévi s'est précipitée vers Moïse ; c'est elle qui deviendra la tribu sacerdotale. Le plan originel (une nation entière de sacrificateurs), n'a pas vu le jour à cause de l'idolâtrie.
- Ce qu'Israël n'a pas pu porter, Dieu l'a suscité en Christ. « Le peuple que Dieu s'est formé publiera ses louanges. » Jean-Baptiste le rappelle : de ces pierres, Dieu peut susciter des enfants à Abraham (Matthieu 3.9). Et Jésus dira : si vous ne louez pas, les pierres crieront (Luc 19.40).
- Attention à ne pas oublier Israël. Romains 11 le dit clairement : Dieu n'a pas rejeté son peuple. Nous, les nations, avons été greffés sur l'olivier franc comme une branche d'olivier sauvage. Nous participons à la sève, aux promesses. Et le jour où Israël sera regreffé, ce sera comme « une résurrection d'entre les morts » (Romains 11.15).
3. Tu es un royaume ET des rois : la double onction
- Le texte grec d'Apocalypse 5.10 dit littéralement « un royaume et des sacrificateurs ». Certaines traductions françaises disent « un royaume de sacrificateurs », mais le grec distingue les deux mots. Nous formons un royaume, dont Jésus est le Roi. Et à l'intérieur, nous sommes appelés rois et sacrificateurs.
- « Ils règneront sur la terre » (Apocalypse 5.10). Si nous régnons, c'est bien que Dieu nous établit rois. Ce n'est pas contradictoire avec le fait que Jésus soit le Roi des rois : c'est justement sous son autorité que nous portons la nôtre.
- Dans l'Ancien Testament, les deux fonctions étaient étanches. Le roi n'était pas sacrificateur et le sacrificateur n'était pas roi. Le roi Ozias qui a voulu offrir l'encens a été frappé de la lèpre (2 Chroniques 26). En Jésus, cette barrière est brisée.
- David en est la préfiguration. En 2 Samuel 6, quand il ramène l'arche à Jérusalem, il revêt un éphod de lin (un vêtement sacerdotal), alors qu'il est de la tribu de Juda, pas de Lévi. David, oint pour être roi, se comporte aussi comme un sacrificateur devant l'arche. C'est une image de Jésus, et une image de nous : en Christ, nous portons la double onction, celle du roi et celle du sacrificateur.
- Ton identité en Christ t'appelle à adorer pour pouvoir régner. Les deux vont ensemble et dans cet ordre. La présence d'abord, l'autorité ensuite.
4. Le sacrificateur : ta première fonction, servir la présence de Dieu
- Selon Éphésiens 1.11-14, tu as été sauvé et scellé du Saint-Esprit « à la louange de sa gloire ». Ta première fonction dans le royaume, c'est de célébrer la gloire de Dieu. Pas seulement le dimanche matin, le sacrificateur de l'ancienne alliance servait du matin au soir, tous les jours.
- Le temple n'existe plus. Ton corps est le temple du Saint-Esprit (1 Corinthiens 6.19). Quelle place occupe le service de la présence de Dieu dans ton agenda ? Une demi-heure de louange le dimanche, ou quelque chose de continu ?
- Un rôle qui a plusieurs facettes :
- Le sacrifice. Autrefois, on offrait des animaux pour le péché, la reconnaissance, la louange. Tout cela était l'ombre de ce qui devait venir : un sang versé une fois pour toutes. Aujourd'hui, Paul dit : « Offrez vos corps comme un sacrifice vivant » (Romains 12.1) et Pierre parle des « sacrifices spirituels » (1 Pierre 2.5). Concrètement : la louange, l'expression du cœur, la vie donnée.
- L'autel et le feu qui ne s'éteint pas. Faire monter le parfum. On raconte qu'à Jérusalem les parfums brûlés sur l'autel du temple étaient si intenses qu'on les sentait jusqu'à Jéricho. Il fallait entretenir le feu sans cesse. C'est ce que quelques équipes essaient de faire modestement à Paris (« la maison des parfums »), 2 heures par semaine pour l'instant. Un jour, 24 heures sur 24 sur Paris, avec toutes les églises ensemble, serait un rêve à porter.
- L'intercession qui porte le peuple sur le cœur. Le souverain sacrificateur entrait dans le lieu très saint avec les douze pierres précieuses gravées du nom des tribus sur le pectoral (Exode 28). Nous portons le peuple de Dieu sur notre cœur. Quand nous entrons dans la présence de Dieu, nous ne venons pas seulement pour nous : nous apportons nos familles, notre ville, notre pays.
- L'onction de la présence. Les sacrificateurs étaient les seuls habilités à porter l'arche de l'alliance, sur leurs épaules. David a d'abord voulu la ramener sur un char tiré par des bœufs, imitant les Philistins : Uzza a mis la main sur l'arche et est mort (2 Samuel 6.6-7). Trois mois plus tard, David a compris : on porte la présence de Dieu, elle ne se transporte pas n'importe comment. Cette arche est sur tes épaules quand tu vas au travail. Tu n'y vas pas la tête basse, tu y vas comme porteur de la présence de Dieu.
5. Le roi : ton autorité pour régner dans la vie
- Romains 5.17 : « Si par l'offense d'un seul la mort a régné, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice règneront-ils dans la vie par Jésus-Christ. » Tu n'es pas fait pour subir. Tu es fait pour régner sur le péché, sur les circonstances, sur les œuvres des ténèbres, sur les paroles qui se trament dans ton dos, sur les jalousies et les complots qui cherchent à te faire tomber.
- Le roi porte le vêtement sur les épaules. Les épaules parlent d'autorité. Tu as autorité sur ta propre vie d'abord. Si tu es parent, sur ton foyer. Si tu es engagé dans l'Église, une autorité déléguée dans ton service.
- Cette autorité s'exerce par la parole. « La parole du roi est puissante » (Ecclésiaste 8.4). Ta parole à toi n'a aucune puissance en elle-même, mais la parole de Dieu dans ta bouche est puissante. C'est pour cela qu'on peut décréter la parole de Dieu sur les malades, sur les situations, sur les vies.
- Matthieu 16.19 : « Je te donnerai les clés du royaume des cieux ; ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » Jésus le disait à Pierre, mais cette autorité, il la confie à son Église.
- Ne confonds pas avec la prétention ni avec un esprit révolutionnaire. Ce n'est pas de l'insoumission, ce n'est pas de l'orgueil. C'est simplement ce que Dieu a fait de toi. Une longue tradition religieuse nous a poussés dans l'ascétisme et l'esprit de pauvreté, pas une pauvreté matérielle, mais une pauvreté d'identité. Ce n'est pas à cela que Dieu t'a appelé.
6. Les deux vont ensemble, dans le bon ordre
- Si tu n'es que sacrificateur sans être roi, ton église risque de devenir un club fermé qui prie beaucoup mais qui n'a aucun impact sur la société. On attend l'enlèvement et on ne change rien autour de nous.
- Si tu n'es que roi sans être sacrificateur, tu tombes vite dans la tyrannie ou dans la toute-puissance humaine, tu te mets à faire les choses par ta force.
- David a modélisé cet ordre. Dans 1 Chroniques 25, il a instauré 24 équipes de sacrificateurs qui adoraient devant l'arche jour et nuit à Jérusalem. Pendant 33 ans, l'arche n'était plus dans un lieu saint fermé, elle était sous une tente au centre de la ville. Les Philistins ont attaqué trois fois, trois fois David est venu consulter l'Éternel sous la tente avant d'agir. Trois fois il a été vainqueur.
- Puis pendant ces 33 ans, David a accumulé les richesses pour que Salomon construise le temple. L'ordre est clair : la présence d'abord, puis l'autorité, puis la construction durable. Place la présence de Dieu au centre de ta vie et soumets tes décisions à sa volonté, « que ta volonté soit faite, non la mienne ».
Points à retenir
- On ne tremble pas quand on sait qui l'on est. La foi s'enracine dans la révélation de l'amour du Père et dans la conscience de ce que Dieu a fait de toi.
- Tu es appelé « race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple acquis » (1 Pierre 2.9). Sainte veut dire mise à part pour Dieu, pas parfaite.
- En Christ, tu portes la double onction : roi et sacrificateur. David, portant l'éphod alors qu'il est de la tribu de Juda, en est la préfiguration.
- Le sacrificateur sert la présence : sacrifices spirituels, feu qui ne s'éteint pas, intercession qui porte le peuple, onction d'un porteur de la présence de Dieu au travail comme à l'église.
- Le roi règne dans la vie (Romains 5.17). Ton autorité se déploie par la parole de Dieu proclamée, par les clés du royaume, dans ta vie, ta famille et ta sphère d'influence.
- Les deux vont ensemble et dans cet ordre : la présence d'abord, l'autorité ensuite. Sans présence, l'autorité devient tyrannie. Sans autorité, la présence devient un club replié sur lui-même.
Application personnelle
- Est-ce que tu trembles ou est-ce que tu es enraciné ? Devant quelle circonstance de ta semaine as-tu oublié qui tu es en Christ ?
- Quelle place le service de la présence de Dieu occupe-t-il dans ton agenda cette semaine ? Que peux-tu redonner à Dieu comme temps de louange, de prière ou de silence chez toi, pas seulement à l'église ?
- Quand tu pries, viens-tu seulement pour tes propres besoins, ou portes-tu aussi le peuple, la ville, un proche sur ton cœur comme un sacrificateur ?
- Sur quel terrain concret Dieu t'appelle-t-il à régner cette semaine plutôt qu'à subir : une pensée récurrente, un comportement, une situation professionnelle, une relation ?
- As-tu placé la présence au centre avant d'agir, comme David sous la tente ? Sur quelle décision peux-tu venir dire aujourd'hui « que ta volonté soit faite, non la mienne » ?
Versets cités
- 1 Pierre 2.9-10 · race élue, sacerdoce royal, nation sainte
- Exode 19.4-6 · royaume de sacrificateurs et nation sainte
- Exode 32 · le veau d'or et la rupture de l'alliance
- Apocalypse 1.5-6 · un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père
- Apocalypse 5.9-10 · tu as fait un royaume et des sacrificateurs, ils règneront sur la terre
- Romains 11 · Dieu n'a pas rejeté son peuple, nous sommes greffés sur l'olivier
- Matthieu 3.9 · Dieu peut susciter des enfants à Abraham de ces pierres
- Luc 19.40 · si eux se taisent, les pierres crieront
- 2 Samuel 6 · David danse devant l'arche revêtu d'un éphod
- Romains 5.17 · ils régneront dans la vie par Jésus-Christ
- Matthieu 16.19 · les clés du royaume, lier et délier
- Ecclésiaste 8.4 · la parole du roi est puissante
- Romains 12.1 · offrez vos corps comme un sacrifice vivant
- 1 Pierre 2.5 · offrez des sacrifices spirituels
- Éphésiens 1.11-14 · sceau du Saint-Esprit à la louange de sa gloire
- 1 Corinthiens 6.19 · votre corps est le temple du Saint-Esprit
Questions fréquentes
Que veut dire concrètement « être un sacrificateur » aujourd'hui ?
Sous la nouvelle alliance, le sang de Jésus a été versé une fois pour toutes. Tu n'as plus à offrir d'animaux. Mais ton rôle sacerdotal demeure : offrir ta vie comme un sacrifice vivant (Romains 12.1), présenter à Dieu des sacrifices spirituels (la louange, l'action de grâces, l'intercession (1 Pierre 2.5 ; Hébreux 13.15)), et porter les autres sur ton cœur devant Dieu. C'est un service quotidien, pas seulement dominical.
Dire que je suis « roi » n'est-ce pas de l'orgueil ?
Non, pas quand cela vient de la Bible et pas de toi. Apocalypse 5.10 dit que Jésus a fait de nous « un royaume et des sacrificateurs » et que nous « règnerons sur la terre ». Romains 5.17 promet que nous « règnerons dans la vie » par Jésus-Christ. Ton autorité n'est pas conquise par ta force ; elle est reçue de Dieu, elle s'exerce sous l'autorité de Jésus qui reste le Roi des rois. La prétention serait de vouloir régner sans lui. La vraie identité royale est humble, soumise à l'Esprit, et elle porte du fruit dans une vie qui ne subit plus.
Pourquoi cet ordre : sacrificateur d'abord, roi ensuite ?
Parce que sans la présence de Dieu, l'autorité tourne à la volonté propre et à la tyrannie. Sans l'autorité, la présence tourne au repli religieux. David en est le modèle : il a commencé berger dans l'intimité avec Dieu, puis Dieu l'a établi roi. À Jérusalem, il a placé l'arche sous une tente au centre de la ville, avec des sacrificateurs qui louaient jour et nuit, avant chaque décision militaire. « Est-ce que j'attaquerai ? » demandait-il à Dieu, et il gagnait. C'est ce même ordre que Jésus t'invite à vivre : « Cherchez d'abord le royaume et sa justice » (Matthieu 6.33), la présence d'abord, l'autorité ensuite.
Ne rate aucune prédication de Église CVV : le Chemin la Vérité et la Vie
Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.
pour prendre des notes et poser une question.