2 Pierre 3 : dans les derniers jours, reviens aux Écritures

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Introduction

« Le chemin pour avancer, c'est le chemin du retour : le retour aux Écritures. » William Philip, pasteur principal de The Tron Church à Glasgow, commence une courte série du dimanche soir sur la deuxième lettre de Pierre, ancrée dans le chapitre 3. Pour lui, cette lettre est une ordonnance pour les croyants qui vivent dans les derniers jours du monde.

Cette ordonnance tient en deux versets : « afin que vous vous souveniez des choses annoncées d'avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur, transmis par vos apôtres » (2 Pierre 3:2). Tout au long de sa lettre, Pierre ramène ses lecteurs aux paroles des prophètes et des apôtres de Christ.

Le pasteur en tire deux vérités pour l'Église d'aujourd'hui : les Écritures sont la clé qui fait autorité pour toutes les questions, et elles sont le guide suffisant pour toute croissance chrétienne.

Plan du message

1. Une lettre pour des jours difficiles

  • William Philip décrit un monde en turbulence : des décennies de dépenses avec de l'argent emprunté sur l'avenir de nos petits-enfants, une dette devenue écrasante, des réserves d'énergie au plus bas à cause des guerres, une société fracturée et polarisée.
  • Des universitaires sérieux, « pas des illuminés en marge », écrivent sur la possibilité d'une guerre civile. On parle de plus en plus de conflit en Europe. « Ces choses arrivent, n'est-ce pas ? Elles sont arrivées et elles arriveront encore. »
  • Les chrétiens n'en seront pas épargnés. Ils ont même un souci de plus : comment l'Église de Jésus-Christ s'en sortira-t-elle face à l'hostilité croissante d'une société qui rejette Dieu ?
  • Pierre a écrit à des chrétiens du premier siècle qui vivaient déjà dans les derniers jours. Nous vivons dans ces mêmes derniers jours, l'ère finale de l'histoire du monde, inaugurée par la résurrection de Jésus. Qu'ils durent longtemps n'a rien de surprenant (2 Pierre 3:8-9).
  • Le pasteur rappelle aussi ce que croit son Église : elle se rattache à la Réforme écossaise, reçoit la Parole de Dieu écrite dans l'Ancien et le Nouveau Testament comme règle suprême de la foi et de la vie, avec la Confession de foi de Westminster de 1647 comme norme subordonnée.

2. Un grand privilège pour les chrétiens ordinaires

  • Pierre n'écrit pas d'abord aux responsables ni aux enseignants. Il écrit aux « bien-aimés » (2 Pierre 3:1), aux membres de l'Église, peut-être justement parce qu'il craignait des problèmes chez les responsables.
  • Le privilège est immense : « à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre » (2 Pierre 1:1). Tu peux connaître le Seigneur Jésus aussi intimement que n'importe quel apôtre, et donc connaître Dieu, car Jésus-Christ est « notre Dieu et Sauveur ».
  • « Il n'y a pas besoin de prêtres spéciaux ni de responsables spéciaux pour te donner quelque chose en plus. » La plus haute relation possible avec le Dieu tout-puissant appartient à chaque croyant.
  • Ce privilège s'accompagne d'une grande responsabilité : grandir et porter du fruit. « Faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu… » afin de n'être « ni oisifs ni stériles » (2 Pierre 1:5-8). La lettre se termine de la même manière : « Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur » (2 Pierre 3:18).
  • Quoi que les derniers jours apportent, ils doivent apporter de la croissance, chez les chrétiens comme dans les Églises.

3. Des moqueurs jusque dans l'Église

  • « Dans les derniers jours, il viendra des moqueurs » (2 Pierre 3:3). Ce qui est alarmant, c'est que Pierre les annonce aussi à l'intérieur de l'Église qui professe Christ : « il y aura parmi vous de faux docteurs » qui renieront le maître qui les a rachetés (2 Pierre 2:1).
  • Le pasteur y voit une tragédie de notre temps : des responsables d'Église qui mettent des pierres d'achoppement devant des chrétiens qui luttent pour la pureté sexuelle, en leur disant : « Tu n'as pas besoin de lutter. Nous pouvons t'approuver tel que tu es, approuver tes désirs pécheurs. » Ce qui rend cette méchanceté si grave, c'est qu'elle est prononcée au nom de l'autorité de Dieu.
  • Pierre est très sévère : ils promettent la liberté alors qu'ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, et mieux aurait valu pour eux ne pas avoir connu la voie de la justice (2 Pierre 2:18-21).
  • Ils amorcent « les âmes mal affermies » (2 Pierre 2:14). Les plus vulnérables sont les jeunes chrétiens peu enseignés. « La communion fraternelle, c'est formidable. Beaucoup de chants, c'est encourageant. » Mais ils ont besoin avant tout d'être conduits par la Parole de Dieu.
  • Satan rôde comme un lion rugissant (1 Pierre 5:8). Il veut couper la communication entre Dieu et son peuple, car Dieu nous parle par sa Parole vivante et permanente. Toute relation se détruit ainsi : une partie cesse d'écouter l'autre.
  • Le problème n'est pas toujours l'hérésie déclarée. « Très souvent, c'est juste de la confusion. C'est juste l'oubli de la Parole de Dieu. » D'où l'appel de Pierre à une « saine intelligence » (2 Pierre 3:1), un mot qui veut dire sans alliage : une pensée claire, sans rien de faux mélangé, donc une pensée biblique.

4. L'Écriture, la clé qui fait autorité

  • Les questions ne manquent pas : la morale sexuelle, l'unicité de Christ (Jésus est-il le seul chemin vers Dieu, devons-nous et osons-nous évangéliser ceux qui sont juifs, sikhs, musulmans, laïques ou athées ?), l'ordre créé homme et femme, la bonté d'avoir des enfants, le caractère sacré de la vie humaine. Le pasteur note qu'une loi sur le suicide assisté vient encore d'être rejetée.
  • Beaucoup disent que l'Église doit devenir plus progressiste pour survivre : la Bible resterait importante, mais plus comme seule autorité, car « le Saint-Esprit nous ouvre les yeux sur de nouvelles vérités ». Cela paraît très spirituel.
  • La réponse de Pierre est l'inverse : si tu veux avancer, souviens-toi que le chemin pour avancer est le chemin du retour aux Écritures. Pierre sait qu'il va bientôt mourir, et il écrit pour qu'après son départ on se souvienne toujours de ces choses (2 Pierre 1:13-15).
  • Le Nouveau Testament : « Nous n'avons pas suivi des fables habilement conçues ». Les apôtres ont été témoins oculaires de la majesté de Jésus, et témoins auditifs de la voix venue du ciel sur la sainte montagne (2 Pierre 1:16-18 ; Matthieu 17:5). La foi en leur parole n'est pas un saut dans le vide, c'est la confiance dans le témoignage d'hommes honnêtes.
  • Les faux docteurs, eux, façonnent leur message selon leurs désirs : la cupidité (2 Pierre 2:3) et la sensualité (2 Pierre 2:2).
  • Certains disent : « Notre maître, ce n'est pas Paul ou Pierre, c'est Jésus. » Mais le commandement du Seigneur est « transmis par vos apôtres » (2 Pierre 3:2). Le pasteur cite Chris Patten, envoyé comme dernier gouverneur de Hong Kong, à qui John Major aurait dit au départ : « Quand tu parles, le gouvernement chinois m'entend. » Quand les apôtres de Christ parlent, nous entendons le commandement du Seigneur.
  • L'Ancien Testament : la parole prophétique est « plus certaine », comme une lampe qui brille dans un lieu obscur jusqu'à ce que le jour paraisse. Aucune prophétie n'est venue de la volonté de l'homme : les prophètes ont parlé « poussés par le Saint-Esprit » (2 Pierre 1:19-21). Le mot évoque le navire de Paul emporté par la tempête, que personne ne pouvait diriger (Actes 27).
  • Être progressiste au sens biblique, c'est rester vivant, grandir, tenir face au scepticisme en revenant toujours à la foi « transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3). Pierre avertit que les lettres de Paul sont tordues par des esprits instables, et il ajoute : « mettez-vous sur vos gardes, de peur que […] vous ne veniez à déchoir de votre fermeté » (2 Pierre 3:16-17).

5. L'Écriture, le guide suffisant pour grandir

  • L'autorité de la Bible est attaquée, mais sa suffisance l'est aussi, souvent dans l'Église. Certains acceptent son autorité, mais pensent qu'il faut chercher ailleurs pour une relation plus pleine avec Dieu : des expériences spéciales, des prophéties ou des paroles de connaissance « pour moi et pour ma vie », certaines formes de musique dite de louange, des bénédictions particulières.
  • Pierre dit le contraire. Toute sa lettre est consacrée à la croissance dans la grâce et dans la connaissance personnelle du Seigneur, et cette croissance vient des Écritures.
  • « Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété », par « les plus grandes et les plus précieuses promesses », afin que nous devenions « participants de la nature divine » (2 Pierre 1:3-4). Ces promesses sont écrites dans la Parole.
  • C'est ainsi que se réalise le verset 8 : ne pas être oisif ni stérile, mais efficace et fécond pour Jésus.
  • Pas de fruit sans la bonne nourriture. Une dame de l'Église lui a confié que ses pommes de terre étaient minuscules, « comme des billes », parce qu'elle ne les avait pas nourries. Ses framboises à lui ont été fantastiques grâce aux sacs de fumier de poule déposés à l'automne, même si son petit-fils les a presque toutes mangées. On ne devient pas non plus un athlète de haut niveau en restant affalé dans un fauteuil à manger du fish and chips et à boire du coca.

6. Chérir la Bible avant les jours sombres

  • Des jours sombres attendent notre monde et notre nation, peut-être aussi nos Églises, avec des moqueurs et des sceptiques jusque dans l'Église qui voudront t'enlever ta vraie nourriture. Pierre écrit pour que tu ne perdes pas ta fermeté et que tu restes fidèle et fécond jusqu'au retour du Seigneur.
  • « Je me demande si nous chérissons vraiment nos Bibles aujourd'hui. » Après tant d'années faciles, nous risquons de tout tenir pour acquis.
  • En Chine, il y a deux générations, la Révolution culturelle de Mao a fermé un pays qui avait connu la liberté religieuse : Bibles interdites, missionnaires chassés, croyants et responsables jetés en prison. « Nous sommes naïfs de penser que cela ne pourrait jamais arriver ici. »
  • Un pasteur chinois emprisonné devait nettoyer les toilettes des officiers. Il a découvert qu'ils utilisaient comme papier toilette des pages de Bibles confisquées aux chrétiens. Il récupérait ces feuilles, les nettoyait et les lisait jour après jour, tant il avait faim de la Parole de vie. Elle lui donnait une connaissance de son Seigneur qu'aucun gardien ne pouvait lui enlever.
  • Nous continuerons à tenir et à avancer tant que nous ne cesserons jamais de revenir à la Parole de Dieu : la chérir, nous en souvenir, l'aimer et nous y soumettre.
  • Le pasteur termine en priant avec 1 Pierre 1:23-25 : « toute chair est comme l'herbe […] mais la parole du Seigneur demeure éternellement », et en demandant à Dieu de garder son peuple dans cette lumière jusqu'à ce que « l'étoile du matin se lève dans vos cœurs » (2 Pierre 1:19).

Points à retenir

  • Nous vivons dans les derniers jours, inaugurés par la résurrection de Jésus. Pierre a écrit pour nous apprendre à y vivre, quelles que soient les crises.
  • Chaque croyant a reçu une foi du même prix que celle des apôtres. Ce privilège entraîne la responsabilité de grandir et de porter du fruit.
  • Les moqueurs et les faux docteurs se trouvent aussi dans l'Église. Le danger vient souvent de la confusion et de l'oubli de la Parole.
  • Le chemin pour avancer est le chemin du retour : l'Écriture, prophètes et apôtres, est la clé qui fait autorité pour toutes les questions.
  • L'Écriture suffit pour la croissance chrétienne. Il n'y a pas de fruit sans la bonne nourriture.

Application personnelle

  1. Quand l'actualité t'inquiète, vers quoi te tournes-tu d'abord pour savoir comment vivre ?
  2. Sur quelle question actuelle (morale, foi, société) laisses-tu l'opinion ambiante peser plus lourd que la Parole de Dieu ?
  3. Cherches-tu ailleurs que dans la Bible ce qui te ferait grandir : une expérience, une parole spéciale, une ambiance ?
  4. Dans ta vie spirituelle en ce moment, es-tu plutôt la plante bien nourrie ou les petites pommes de terre ? Que changerait une lecture régulière des Écritures ?
  5. Si ta Bible t'était enlevée demain, à quel point te manquerait-elle ? Comment peux-tu la chérir davantage cette semaine ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire « les derniers jours » dans 2 Pierre ?

Pour William Philip, les derniers jours sont l'ère finale de l'histoire du monde, inaugurée par la résurrection du Seigneur Jésus. Les premiers lecteurs de Pierre y vivaient déjà, et nous y vivons encore. Que cette période dure longtemps n'a rien de surprenant : Pierre en parle lui-même en 2 Pierre 3:8-9.

Pourquoi l'Écriture est-elle la clé qui fait autorité selon 2 Pierre ?

Parce que les apôtres n'ont pas suivi des fables habilement conçues : ils ont été témoins oculaires de la majesté de Jésus et ont entendu la voix du Père. Quand ils parlent, c'est le commandement du Seigneur qui est transmis. Et la parole prophétique ne vient pas de la volonté de l'homme : les prophètes ont parlé poussés par le Saint-Esprit.

La Bible suffit-elle pour grandir dans la foi ?

Oui. Selon 2 Pierre 1:3-4, la puissance divine nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen des précieuses et très grandes promesses de sa Parole. William Philip répond à ceux qui cherchent ailleurs des expériences ou des révélations particulières : la croissance vient d'une bonne nourriture, celle des Écritures.

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