Introduction
« Il est possible d'être choisi sans être voulu. » Bruce, prédicateur de Streatham Baptist Church, à Londres, ouvre ainsi la quatrième semaine de la série « 40 jours d'hospitalité ». Il se souvient de la cour d'école, quand deux capitaines composaient leurs équipes : le dernier choisi était pris, mais personne ne le voulait vraiment.
Le texte du jour est Actes 2:42-47, juste après la Pentecôte. L'Esprit vient de descendre, Pierre a prêché, trois mille personnes ont été ajoutées à l'Église. Luc résume alors la vie de cette nouvelle famille : enseignement des apôtres, communion fraternelle, fraction du pain, prières, repas pris dans les maisons « avec joie et simplicité de cœur ».
Le prédicateur en tire deux grandes vérités. L'hospitalité et la formation du disciple sont liées : l'Esprit nous rend semblables à Jésus à travers une vie partagée. Et l'hospitalité est au centre de la mission : une communauté accueillante devient un témoignage pour le monde qui regarde.
Plan du message
1. Choisi, et voulu : la famille de Dieu
- Aumônier du Leicester City Football Club, il est invité au match du vendredi entre membres du staff, presque tous anciens professionnels. « Devinez quoi ? Le pasteur a été choisi en dernier. » Quatre ans plus tard, toujours le dernier, derrière un homme de 58 ans, vainqueur de la Coupe d'Angleterre avec Coventry City, qui pouvait à peine marcher.
- « Je suis si heureux que ce ne soit pas vrai dans la famille de Dieu. » Il n'y a pas de dernier choisi. Hébreux 2:10 le dit : Dieu a voulu conduire beaucoup de fils à la gloire.
- Si tu as dit oui à Jésus et reçu sa grâce, tu es enfant de Dieu. Et la place d'un enfant, c'est la famille. Dieu ne t'a pas voulu parce qu'il se sentait seul : il t'a voulu dans sa famille, et cela lui a coûté la mort de son Fils sur la croix.
- « Quand tu comprends cela, tu n'as plus jamais besoin de douter de ta valeur. » Dieu te regarde à travers Jésus et dit, comme le chien dans Tom et Jerry : « C'est mon garçon. C'est ma fille. »
2. La communion, bien plus qu'un café après le culte
- On réduit parfois l'adoration aux chants et à la prière, alors qu'elle consiste à vivre toute sa vie, 24 heures sur 24, pour la gloire de Dieu. On réduit de la même façon la communion fraternelle à une tasse de café en parlant de la météo ou du football.
- Il n'y a rien de mal à partager l'ordinaire. Mais quand la Bible parle de communion, elle parle d'une « vie radicalement partagée dans la famille de Dieu ».
- Beaucoup pensent « institution », « organisation » ou « bâtiment » quand ils entendent le mot Église. Le prédicateur a célébré le culte dans des baraques en tôle et sous des tentes avec des réfugiés de retour chez eux. « Le bâtiment n'est pas l'Église. C'est nous. »
- Paul écrit à Timothée pour qu'il sache comment se conduire « dans la maison de Dieu, qui est l'Église du Dieu vivant » (1 Timothée 3:15). Deux mots vont ensemble : Église et famille.
- Dans Actes 2, les croyants rompent le pain de maison en maison, car on ne fait pas entrer trois mille personnes dans un seul foyer. Ce n'est pas une rencontre occasionnelle, c'est leur manière habituelle de vivre. La Pentecôte a produit un peuple marqué par une hospitalité radicale et quotidienne.
3. On ne devient pas disciple dans l'isolement
- Les premiers chrétiens persévèrent dans deux choses liées : l'enseignement et la communion. Le mot grec koinonia signifie communion, participation commune, partenariat intime avec Christ et les uns avec les autres. C'est vertical et horizontal.
- Être formé à l'image de Jésus se fait autour de la Parole et dans la communauté. Il y a une place pour la solitude, la prière personnelle, la lecture de la Bible et le jeûne. Mais le lieu ultime de la formation du disciple, c'est la Parole vécue ensemble.
- Il existe des exceptions : la santé, certaines situations familiales, la prison pour la foi. Même David, en fuite, disait : « Je demande à l'Éternel une chose, que je désire ardemment : je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l'Éternel » (Psaume 27:4).
- Regardant la caméra, il s'adresse à celui qui reste chez lui sans raison particulière et croit grandir en vivant sa foi en ligne : « Tu ne peux pas. » C'est comme vouloir jouer au football sans rejoindre d'équipe : « Tu ne gagneras jamais la coupe. »
4. On ne devient pas disciple seulement au milieu des siens
- Le prédicateur dit que l'Afrique du Sud lui a appris ce point, qu'il trouve plus radical : « Je ne peux pas être pleinement formé comme disciple par ma propre tribu. » L'Esprit ne nous forme pas seulement à travers ceux qui nous ressemblent.
- L'Église de Jérusalem comptait déjà des croyants de langue hébraïque et de langue grecque. À Colosses, Paul écrit : « Il n'y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre ; mais Christ est tout et en tous » (Colossiens 3:11). Deux peuples méprisés de la culture romaine sont nommés : « Nous avons des barbares dans notre Église. »
- Nous avons des angles morts personnels, mais aussi culturels. Nos familles, nos milieux sociaux, « nos algorithmes » nous façonnent et peuvent nous éloigner de Jésus. Dans une Église où se côtoient des frères et sœurs du Myanmar, de Syrie, du Pakistan, d'héritage caribéen, africain ou italien, nous pouvons apprendre les uns des autres et éviter des « hérésies étroites dictées par les algorithmes ».
- Pendant le confinement en Afrique du Sud, après la mort de George Floyd, il montre une photo aux jeunes footballeurs qu'il accompagne. Pendant une heure, il entend des choses inédites : des familles expulsées de leurs maisons à cause de leur couleur de peau et déplacées vers les Cape Flats, des communautés brisées, la drogue, les gangs, la pauvreté et le traumatisme.
- Sa tâche de pasteur : d'abord écouter la douleur, puis dire « faisons route ensemble et voyons ce que Dieu dit de cela ». La réponse à une blessure réelle ne se façonne pas par les guerres culturelles, mais par le témoignage de la Parole de Dieu.
- Il évoque un médecin chrétien au Pakistan dont la maison a été incendiée par des extrémistes qui l'accusaient de blasphème, sans loi ni tribunal. Cela ne veut pas dire tomber dans l'islamophobie ni dans les guerres culturelles. Cela veut dire écouter ceux qui ont fui l'oppression. « Pardonnez-moi si je ne vous ai pas écoutés. »
- « J'ai besoin de toi, tu as besoin de moi, nous avons besoin les uns des autres. » C'est en rompant le pain et en ouvrant ensemble la Parole que nos douleurs sont entendues et que nos préjugés sont confrontés.
5. Accepter d'être repris, et reprendre avec douceur
- On grandit comme disciple quand on accepte que son immaturité soit remise en question. Paul demande de s'exhorter et de s'avertir les uns les autres (Colossiens 3:16). L'auteur de l'épître aux Hébreux ajoute : « Exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu'on peut dire : Aujourd'hui ! afin qu'aucun de vous ne s'endurcisse par la séduction du péché » (Hébreux 3:13).
- Avec humour : « Je ne veux pas que vous frappiez à la porte de mon bureau tous les jours pour me remettre en place. » Mais selon la Parole, être repris est parfois plus qu'une bénédiction : c'est nécessaire.
- Laisserais-tu un enfant courir librement au bord d'une falaise ? Un entraîneur laisserait-il un jeune joueur répéter toujours la même erreur en disant « c'est comme ça que tu es fait » ? Ce ne serait ni le servir ni l'aimer. Le bon entraîneur intervient, montre l'erreur et aide à la corriger.
- Il cite Rick Warren : « "Ça ne me regarde pas" n'est pas une phrase chrétienne. » Tout n'est pas l'affaire des autres, mais « mon caractère et ton caractère sont l'affaire de Dieu ». Un péché, une habitude, une vision du monde non biblique qui empêchent les autres de voir Jésus en nous doivent être confrontés.
- Comment ? Galates 6:1-3 donne le chemin : redresser avec douceur, prendre garde à soi-même, porter les fardeaux les uns des autres, ne pas se croire meilleur. Il ajoute la clarté (« voici ce que j'ai vu, voici ce que je t'ai entendu dire »), l'humilité (« je ne suis peut-être pas capable de faire ce que tu as fait, mais je suis capable de pécher ») et la patience.
- Quand on l'a repris avec grâce, il a dû reconnaître : « Bien vu. » Celui qui accepte d'être repris, en se sachant pécheur sauvé par grâce, est qualifié pour reprendre les autres. Il rappelle un principe : environ 90 % d'encouragement, et la liberté de confronter quand il le faut.
6. L'hospitalité au cœur de la mission
- « Le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés » (Actes 2:47). La vie partagée de cette communauté était si attirante qu'elle est devenue centrale dans la croissance de l'Église pendant trois siècles.
- Dans l'Évangile de Luc, Jésus va à un repas, est à un repas ou en revient. Le Fils de l'homme est venu mangeant et buvant (Luc 7:34), et il est venu chercher et sauver ce qui était perdu (Luc 19:10). L'Esprit donne à la communauté l'ADN de Jésus : si sa mission passait par la table, celle de l'Église aussi.
- Le temple a été détruit en 70, et la présence de Dieu habite désormais son peuple. Dans la nouvelle création, il n'y aura plus de temple (Apocalypse 21:22). Chassés des synagogues, les croyants se réunissent dans les maisons, lieu principal de l'Église pendant trois cents ans.
- Selon les historiens cités par le prédicateur, environ 10 000 croyants à la fin du premier siècle, 200 000 à la fin du deuxième, peut-être six millions à la fin du troisième, soit 5 à 10 % de l'Empire romain.
- En 362, l'empereur Julien, dit l'Apostat, écrit à un prêtre païen que « la bonté des chrétiens envers les étrangers » a le plus fait avancer leur cause. Le mot hospitalité signifie en grec « amour de l'étranger ». Il ajoute que ces chrétiens soutiennent non seulement leurs pauvres, mais aussi ceux des païens.
- Un apologiste du deuxième siècle écrit à un empereur : quand les chrétiens voient un étranger, « ils le prennent sous leur toit et se réjouissent à son sujet comme d'un frère ». La prédication et les miracles comptaient, précise le prédicateur, mais le premier moteur de croissance a été cette famille nouvelle : Juifs et païens, riches et pauvres, esclaves et libres, hommes et femmes.
- « Et si l'Église redevenait connue comme un peuple marqué par l'accueil ? » Pas pour les meilleurs programmes, les meilleurs bâtiments, la meilleure louange ou la meilleure prédication, mais parce que les étrangers rencontrent l'accueil de Jésus chez son peuple.
7. Vingt et une occasions par semaine, pour ne pas repartir inchangé
- Le futurologue chrétien Patrick Dixon affirme que l'hospitalité sera le ministère biblique qui portera la croissance de l'Église au Royaume-Uni, l'implantation d'Églises et la formation de disciples dans les années à venir. Le prédicateur précise : pas le seul. Mais face à la solitude et aux divisions de notre culture, les raisons sont aussi très concrètes.
- Si Alpha porte du fruit, c'est qu'il commence par un repas. Tim Chester, dans Meals with Jesus, dit que les repas font entrer la mission dans l'ordinaire, là où vivent la plupart des gens. Trois repas par jour, cela fait 21 occasions ordinaires par semaine, « peut-être une légère exagération », mais l'idée tient.
- Déjeuner avec un collègue, prendre un café avec un ami, poser son téléphone pour parler à la personne en face (peut-être pas dans le métro londonien), inviter un voisin ou accepter son invitation, participer à un événement du quartier, servir à la Vine ou à Alpha.
- Pour le dimanche international qui approche, il invite à partager la table avec des personnes d'autres générations et d'autres cultures, au lieu de rester avec ses amis habituels. Et il demande, sans pression, un plat du Myanmar.
- « L'hospitalité n'est pas un petit plus dans la vie du Royaume. Elle est essentielle à une vie entière de disciple et à une mission fidèle. »
- Il termine par l'histoire d'une communauté de canards qui se rend au culte. Le pasteur canard prêche avec passion : Dieu leur a donné des ailes, ils peuvent voler. Toute l'assemblée crie : « Nous pouvons voler ! » Puis chacun dit avoir aimé ce culte si interpellant, et rentre chez lui en se dandinant, inchangé.
- « Dieu ne veut pas que nous repartions du culte en nous dandinant », ni de ces 40 jours d'hospitalité en cochant une case. La croissance spirituelle est bien plus qu'accumuler des informations sur Jésus.
- Dieu nous appelle à une vie d'amour, une vie partagée entre les cultures, qui forme notre marche de disciple et devient un témoignage dans un monde de plus en plus divisé. « Ne repartons pas en nous dandinant. Volons, au nom de Jésus et dans la puissance de l'Esprit. »
Points à retenir
- Dans la famille de Dieu, il n'y a pas de dernier choisi : tu es voulu, et cela a coûté la croix.
- La communion biblique (koinonia) est une vie radicalement partagée, pas seulement un café après le culte.
- Christ est formé en nous autour de la Parole et dans la communauté, y compris avec ceux qui ne nous ressemblent pas.
- Accepter d'être repris avec douceur, clarté, humilité et patience fait partie de la croissance du disciple.
- L'accueil de l'étranger a été le premier moteur de croissance de l'Église primitive, et peut le redevenir aujourd'hui.
Application personnelle
- Doutes-tu encore de ta valeur ? Que change pour toi le fait d'être voulu dans la famille de Dieu, et pas seulement choisi ?
- Ta foi se vit-elle surtout seul ou en ligne ? Quel pas concret peux-tu faire pour la vivre avec d'autres croyants ?
- Qui, dans ton Église, vient d'une autre culture ou d'une autre génération que toi, et dont tu n'as jamais écouté l'histoire ?
- Laisses-tu quelqu'un te reprendre ? Et quand tu dois reprendre un frère ou une sœur, le fais-tu avec douceur et humilité ?
- Parmi tes 21 repas de la semaine, lequel peux-tu ouvrir à un collègue, un voisin ou un inconnu ?
Versets cités
- Actes 2:42-47
- Hébreux 2:10
- 1 Timothée 3:14-15
- Psaume 27:4
- Colossiens 3:11
- Colossiens 3:16
- Hébreux 3:13
- Galates 6:1-3
- Luc 7:34
- Luc 19:10
- Apocalypse 21:22
Questions fréquentes
Que signifie le mot « communion » dans Actes 2:42 ?
Le mot grec est koinonia. Il désigne la communion, la participation commune et un partenariat intime avec Christ et les uns avec les autres. Ce n'est pas seulement un café après le culte : c'est une vie partagée en profondeur dans la famille de Dieu, à la fois verticale et horizontale.
Peut-on grandir comme disciple de Jésus seul, chez soi ou en ligne ?
Le prédicateur répond non. Il y a une place pour la solitude, la prière personnelle et la lecture de la Bible, et des exceptions liées à la santé, à la famille ou à la persécution. Mais Christ est formé en nous autour de la Parole et dans la communauté. On ne joue pas au football sans rejoindre une équipe.
Pourquoi l'hospitalité a-t-elle fait grandir l'Église primitive ?
Pendant trois siècles, l'Église s'est réunie dans les maisons. Même l'empereur Julien, adversaire des chrétiens, reconnaissait que leur bonté envers les étrangers avait le plus fait avancer leur cause. L'Église ne disait pas seulement que Jésus avait créé une humanité nouvelle : elle le montrait autour de la table.