Introduction
« L'un des plus grands combats que toi et moi menons, si nous suivons Jésus, n'est pas le combat contre le diable, ni contre nos circonstances, ni même contre la tentation. C'est le combat pour notre identité. » Malcolm Duncan, pasteur principal de Kensington Temple à Londres, poursuit ainsi sa série « Bien vivre » devant les jeunes adultes de l'église.
Depuis trois semaines, il avance dans Colossiens 2:8-15. Cette fois, il s'arrête sur les versets 11 à 13 : la circoncision du cœur, l'ensevelissement et la résurrection avec Christ, le pardon de toutes nos offenses. Quand tu oublies qui tu es, ce que Christ a fait ou la position que tu as en lui, « tout est en danger ».
Le message tient en trois points simples. Il est suivi d'un long temps de questions où le pasteur parle de l'effort, des vieilles voix du passé, de la conviction et de la condamnation, avec une franchise rare sur sa propre histoire.
Plan du message
1. Le combat pour ton identité
- Paul écrit à l'Église de Colosses parce que de faux docteurs veulent convaincre les croyants que Jésus ne suffit pas : il faudrait plus de rites, plus de règles, plus d'expériences spirituelles.
- Ce courant est rattaché au gnosticisme, d'un mot grec qui signifie « connaissance » : on reproche aux croyants de ne pas en savoir assez sur les anges, sur le judaïsme ou sur une connaissance secrète.
- La réponse de Paul est simple, et elle vaut pour Londres comme pour le reste du monde : tu n'as besoin de rien d'autre, tu as tout pleinement en Christ (Colossiens 2:10).
- L'expression « en Christ » apparaît plus de 150 fois dans le Nouveau Testament, sous diverses formes. Le prédicateur en cite quelques exemples : Romains 8:1, 2 Corinthiens 5:17, Éphésiens 1:3, Éphésiens 2:10, Galates 3:26. Pour Éphésiens 2:10, il souligne le mot grec traduit par « ouvrage » : nous sommes l'œuvre d'art originale de Dieu.
- « La vie chrétienne n'est pas d'abord ce que nous faisons pour lui. Elle commence par ce qu'il a fait pour nous. » Bien vivre commence quand tu te souviens de qui tu es en Jésus.
2. En Christ, tu as une nouvelle identité
- Verset 11 : « en lui que vous avez été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite ». Sous l'ancienne alliance, la circoncision des garçons au huitième jour marquait leur appartenance au peuple de l'alliance. C'était un signe extérieur.
- Paul dépasse le signe physique pour parler d'une réalité spirituelle, qui concerne le cœur des femmes comme celui des hommes, et non plus les seuls garçons : Dieu a opéré une circoncision plus profonde, non sur le corps mais sur le cœur. Quand tu es venu à Jésus, il a retranché l'ancienne vie et brisé la domination du péché.
- Tu n'es donc pas défini par tes échecs, tes dépendances, tes blessures, tes cicatrices, tes réussites, ta carrière, ta réputation, ta nationalité ni même ton sexe. « Tu es ce que Dieu dit que tu es en Christ. »
- Paul ne demande pas aux croyants de devenir ce qu'ils ne sont pas, il leur rappelle ce qu'ils sont déjà. « Bien vivre ne commence pas en essayant plus fort. Cela commence en se souvenant mieux. » Suivre Jésus n'est pas un programme de développement personnel, c'est une transformation d'identité.
- L'ennemi dit : « Souviens-toi de ce que tu étais. » Dieu répond : « Souviens-toi de qui tu es. » Malcolm Duncan confie que, s'il laissait dominer son ancienne identité, il ne monterait jamais en chaire : « Je n'ai toujours pas une grande confiance dans mes capacités, mais j'ai une très grande confiance dans les capacités de Dieu. »
3. En Christ, tu as une vie nouvelle
- Verset 12 : « ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui ». Nous ne nous sommes pas ressuscités nous-mêmes : tout se passe en Christ et tout nous vient de lui.
- Quand Jésus est mort, ton vieil homme a été jugé. Quand il a été enseveli, ta vieille vie a été ensevelie avec lui. Quand il est ressuscité, une vie nouvelle est devenue possible en toi. Suivre Jésus n'est pas une modification du comportement, c'est la vie de résurrection.
- Le baptême en est l'image (Romains 6:4) : on descend dans l'eau comme dans une tombe, et l'on ne peut pas se relever seul, il faut être tiré hors de l'eau. C'est pourquoi le baptême d'eau est « un commandement, pas une option ». Et il se vit une seule fois, parce qu'on meurt une fois et qu'on naît de nouveau une fois.
- Beaucoup de croyants passent leur vie à vaincre le péché par leurs propres forces. Paul ne dit pas « essaie plus fort », il dit : souviens-toi de ton union avec Jésus et de la victoire déjà donnée. « Tu ne combats pas pour la victoire, tu combats à partir de la victoire. »
- Paul le dit de lui-même en Galates 2:20 : « J'ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi. » La vie chrétienne paraît possible par nos propres forces, mais chaque effort fait dans ce sens nous éloigne de la vie que Christ a obtenue pour nous : on ne peut pas puiser aux deux sources à la fois.
- Interrogé ensuite sur ceux qui se sont éloignés de Dieu, le pasteur maintient qu'on ne naît de nouveau qu'une fois, en s'appuyant sur Jean 3. Il reconnaît que des chrétiens pensent autrement. Pour lui, on peut perdre sa joie, sa paix, son chemin, mais pas la vie éternelle, « parce qu'elle n'était pas à moi au départ ».
4. En Christ, tu as une nouvelle position devant Dieu
- Verset 13 : « Vous qui étiez morts par vos offenses [...], il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses. » Paul ne dit pas que tu étais malade dans ton péché, il dit que tu étais mort. Et un mort ne peut ni se réparer ni se sauver lui-même.
- Regarde qui agit dans tout le passage : Dieu a circoncis, Dieu a ressuscité, Dieu a rendu à la vie, Dieu a pardonné. « L'Évangile est fondamentalement l'œuvre de Dieu, pas la tienne, pas la mienne. »
- Il a pardonné toutes nos offenses : « pas quelques-unes, pas la plupart, pas presque toutes, toutes », passées, présentes et à venir, par l'acte unique de Jésus à la croix.
- Hors de Christ, la condamnation, la mort, la séparation, l'insécurité. En Christ, le pardon, la vie, la réconciliation, l'acceptation et donc la sécurité. Tu n'as pas à gagner l'approbation de Dieu : tu l'as déjà reçue.
- Cela change sa manière de prier (« je ne prie pas pour être accepté, je prie parce que je suis reconnaissant d'être accepté »), d'adorer (non une performance mais une célébration) et de gérer ses erreurs, car sa position devant Dieu ne repose pas sur la perfection.
- Dans une culture en crise d'identité, ta valeur ne vient pas en regardant à l'intérieur de toi, mais en regardant en haut, enraciné en Jésus. Quand l'ennemi te rappelle ton passé, quand la peur dit que tu n'es pas à la hauteur, quand tes erreurs veulent te définir, quand demain paraît incertain : souviens-toi de qui tu es.
5. L'effort de l'abandon
- Première question : y a-t-il une place pour l'effort humain ? « Oui, mais pas pour nous donner notre identité. » L'effort consiste à saisir l'identité que Christ a déjà donnée, et ce n'est pas facile, car nous penchons naturellement vers ce que nous connaissons et vers la valeur que nous tirons de ce que nous faisons.
- C'est l'effort de l'abandon, soutenu par des pratiques : la confession, la prière, la lecture de la Bible, l'Église. « Je ne me réveille pas à Ealing un dimanche matin pour me retrouver sur cette estrade en clignant trois fois des yeux. » Il faut se doucher, s'habiller, s'organiser, et se placer là où l'on peut rencontrer Dieu.
- Le danger commence quand tu tires ta valeur ou ton but de l'effort : « Parce que j'ai fait ceci, je mérite. » C'est ce que les théologiens appellent la justice par les œuvres.
- Comment garder cette priorité ? D'abord faire entrer la vérité en soi par la lecture de la Bible et la prédication, « pas seulement par des rêves et des visions ». Ensuite, s'entourer de personnes qui aident à garder l'essentiel au centre, quand la fatigue, la paresse ou une blessure poussent à décrocher : c'est la communion fraternelle. Enfin, garder les yeux sur Jésus et rester proche de lui.
- Sur la prière, il relève que les disciples n'ont pas demandé « comment prier », mais « Seigneur, enseigne-nous à prier » (Luc 11:1), après l'avoir entendu parler au Père. Il prévient : certaines prières sont « dangereuses », car Dieu peut répondre en te faisant traverser ce qui t'apprendra à lui faire confiance.
6. Faire taire les vieilles voix
- Comment vit-il lui-même ces trois vérités ? À cause de son enfance, certaines voix le combattent chaque jour. Une personne lui répétait qu'il était stupide, qu'il était un raté, qu'il n'arriverait jamais à rien. Cette personne est morte depuis des décennies, « mais sa voix n'est pas morte ».
- Chaque jour, il proclame l'Écriture sur sa vie, pose la main sur son cœur et appelle son âme à se tourner vers Dieu : « Réveille-toi, mon âme ! [...] Je réveillerai l'aurore » (Psaume 57:9). Il a mémorisé des passages pour réentraîner sa manière de penser, après 40 ans de vie chrétienne.
- Il garde son cœur (Proverbes 4:23), ses pensées et sa bouche. Il refuse d'acquiescer aux paroles négatives prononcées sur lui : il les rejette et les remplace par ce que Dieu dit. C'est cela, la repentance : se détourner des histoires trop petites que l'on se raconte sur soi.
- Quand tu as du mal à croire ce que tu sais vrai, surtout quand tu es blessé, il faut choisir le centre à partir duquel tu vis : tes émotions ou tes convictions. Plus tu nourris tes émotions, plus tu les suis. Choisir tes convictions demande du travail, mais te libère de la tromperie de tes sentiments.
- Il raconte l'histoire d'un ours de cirque russe, libéré de sa cage par des militants et relâché dans la forêt. Quelques jours plus tard, on le retrouve dans une clairière, sans cage ni personne, faisant six mètres dans un sens puis six mètres dans l'autre. Il était libre, mais vivait dans le confinement de sa pensée. Le Saint-Esprit doit nous libérer, puis le discipulat nous aide à marcher dans cette liberté.
7. Conviction, condamnation et les vérités qui tiennent
- Quand quelqu'un utilise la Parole pour attaquer ta position en Christ, ne laisse pas cette voix dominer, et cherche de l'aide si cette personne est proche ou en autorité. « La condamnation ne vient jamais du Seigneur. »
- La condamnation te laisse piégé, sans issue. La conviction confronte ton péché mais te montre la miséricorde de Dieu et le chemin pour en sortir. Le premier verset qu'il a appris, le soir de sa conversion, dans une petite Bible illustrée offerte par sa sœur, était 1 Corinthiens 10:13 : avec la tentation, Dieu prépare aussi le moyen d'en sortir.
- Une réserve : vérifie ton propre esprit. On peut prendre pour une attaque une parole juste qui touche un point de notre caractère que nous ne voulons pas changer, et résister ainsi à la conviction du Saint-Esprit.
- Le matin même, quelques minutes avant le premier culte, il a appris la mort d'un ami, le troisième en dix jours. Il n'avait pas envie de prêcher, mais a choisi de le faire : « Deux choses peuvent être vraies en même temps. Je peux être triste que mes amis soient morts et croire que Dieu est bon. » Ce n'est pas nier ses émotions, c'est les remettre à leur place.
- Pour ne jamais oublier ton identité dans l'épreuve : des amis qui s'assoient avec toi comme les amis de Job, sans te donner cent choses à réparer, et quelques versets de vie. Les siens : le Psaume 23, Galates 5:1, Romains 8:39. Et deux vérités inébranlables : « Dieu est bon, et son amour dure à toujours. »
Points à retenir
- Le plus grand combat du croyant est celui de son identité : en Christ, tu as déjà tout pleinement.
- Bien vivre ne commence pas en essayant plus fort, mais en te souvenant mieux de ce que Christ a fait en toi.
- Tu ne combats pas pour la victoire, tu combats à partir de la victoire que Jésus t'a déjà donnée.
- Dieu t'a pardonné toutes tes offenses : ta position devant lui repose sur Christ, pas sur ta perfection.
- La condamnation t'enferme, la conviction du Saint-Esprit t'ouvre une issue.
Application personnelle
- Quelle ancienne étiquette (échec, blessure, réussite, réputation) laisses-tu encore définir qui tu es ?
- Dans quel domaine essaies-tu de vaincre le péché par tes seules forces, au lieu de vivre à partir de ta victoire en Christ ?
- Quelle voix du passé dois-tu « baisser » chaque jour, et par quelle parole de Dieu veux-tu la remplacer ?
- Quand tu es blessé, vis-tu à partir de tes émotions ou de tes convictions ?
- Quels sont tes versets de vie, ceux qui tiennent quand tout tremble ?
Versets cités
- Colossiens 2:8-15
- Romains 8:1
- 2 Corinthiens 5:17
- Éphésiens 1:3
- Éphésiens 2:10
- Galates 3:26
- Romains 6:4
- Galates 2:20
- Jean 3:3-7
- Luc 11:1
- Psaume 57:9
- Proverbes 4:23
- 1 Corinthiens 10:13
- Psaume 23
- Galates 5:1
- Romains 8:39
Questions fréquentes
Que veut dire être « en Christ » selon Colossiens 2 ?
Pour Malcolm Duncan, l'expression revient plus de 150 fois dans le Nouveau Testament parce que la vie chrétienne commence par ce que Jésus a fait pour nous. En Christ, tu reçois une nouvelle identité (verset 11), une vie nouvelle (verset 12) et une nouvelle position devant Dieu (verset 13).
Y a-t-il une place pour l'effort dans la vie chrétienne ?
Oui, répond Malcolm Duncan, mais pas pour obtenir ton identité. L'effort consiste à saisir l'identité que Christ t'a déjà donnée : c'est l'effort de l'abandon, nourri par la confession, la prière, la lecture de la Bible et l'Église. Quand tu tires ta valeur de tes efforts, tu glisses vers une justice fondée sur les œuvres.
Comment distinguer la conviction du Saint-Esprit et la condamnation ?
La condamnation ne vient jamais de Dieu : elle te laisse piégé, sans issue, et souligne tes manquements sans parler de grâce. La conviction du Saint-Esprit confronte aussi ton péché, mais elle te montre une issue, comme le promet 1 Corinthiens 10:13. Malcolm Duncan invite aussi à vérifier son propre cœur, pour ne pas rejeter une vérité juste.
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