Introduction
Angel Couceiro vient de Barcelone avec son épouse. Invité à la Convention 2026 de l'Église biblique franco-espagnole Le Phare, il apporte la quatrième étude, en espagnol, traduite en français. Il dit se sentir membre de cette Église : ils se connaissent depuis de nombreuses années, et dans les moments difficiles, les frères et sœurs du Phare ont été à leurs côtés.
Son texte est Éphésiens 4:1-16. La lettre a été écrite vers 60 ou 62 après Jésus-Christ et, pour beaucoup, elle était destinée à être lue aussi dans d'autres Églises. On peut la résumer en deux parties : les chapitres 1 à 3 parlent de l'œuvre de la rédemption et de la prééminence de Christ, tête de l'Église ; les chapitres 4 à 6 parlent de nous, de notre responsabilité, de la manière dont nous devons nous conduire.
Un mois plus tôt, lors de la convention annuelle de Valladolid, sur le chemin du retour, le prédicateur a reçu comme une charge : il fait partie de quelque chose de solennel, le corps de Christ, l'Église que le Seigneur a acquise. « Certains diront qu'il t'a fallu des années pour t'en rendre compte, mais sincèrement, ce fut comme un poids. » Ce poids traverse tout le message.
Plan du message
1. Marcher d'une manière digne de ta vocation
- « Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée » (Éphésiens 4:1). Paul a payé un prix très élevé pour l'Évangile : il est en prison à Rome. Certains parlent d'une assignation à résidence ; le prédicateur reconnaît ne pas avoir creusé la question, mais Paul est bien prisonnier à cause du Seigneur.
- Marcher, c'est vivre, c'est la manière de se conduire. L'épître aux Éphésiens donne plusieurs indications : marcher dans l'amour, marcher comme des enfants de lumière, marcher comme des sages. Ici, Paul exhorte à marcher dignement, avec sérieux, engagé dans tout ce qui concerne le Seigneur.
- Le mot vocation signifie appel ou élection. Dans la vie de tous les jours, certains ont la vocation d'être médecin, juge ou sportif. Quand on a une vocation, tout gravite autour : où vivre, où aller, quoi faire. « Tu vis par et pour cette vocation. »
- Tous ceux qui sont là ont reçu un appel du Seigneur, d'abord au salut, mais Paul va plus loin : notre vie doit tourner autour de cet appel. « Christ est le centre et l'essentiel dans notre vie. Nos décisions, nos plans doivent passer au second plan. »
2. Un appel saint, selon le dessein de Dieu
- Romains 8:28 : « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » Nous aimons Dieu parce qu'il nous a aimés le premier. Le prédicateur préfère une version qui dit que toutes choses coopèrent à un dessein, car, s'excuse-t-il, « si je te décourage ce soir », tout ne va pas bien se passer : il y aura des difficultés financières, familiales, de santé, des complexes, des projets qui n'aboutissent pas. Ce chemin ne sera pas facile, mais nous avons été appelés avec un dessein.
- Le verset 29 parle de ceux qu'il a connus d'avance et prédestinés. Ces mots nous font parfois peur, mais connaître d'avance, c'est aimer d'avance. Le Seigneur nous a aimés avant la fondation du monde et nous a prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin qu'il soit le premier-né entre plusieurs frères : la famille, le corps, l'Église. Cet appel consiste à former son caractère en nous.
- Nous sommes « appelés par Jésus-Christ » (Romains 1:6). Dieu « nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels » (2 Timothée 1:9). Un appel à sortir de ce monde, à vivre pour lui, à le servir, à marcher dans la sainteté.
- Ce n'est pas seulement un appel au salut : il concerne un dessein, un service, une croissance dans le corps de Christ. Nous avons été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance (Éphésiens 2:10).
- « C'est le Seigneur qui nous rend dignes. C'est l'œuvre de Christ qui nous justifie, non nos œuvres. »
3. Humilité, douceur et patience, dans l'amour
- Le verset 2 dit comment marcher : « en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité. » Marcher dignement, c'est suivre l'exemple de Jésus, avec tout notre engagement, tout notre désir, toute notre volonté.
- L'humilité et la douceur sont des caractéristiques que ce monde déteste : une personne douce et humble passe pour faible. Ce sont pourtant celles de notre Seigneur : « recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11:29).
- Notre nature déchue n'abonde pas en douceur, en humilité ni en patience. « En tout cas, la mienne en manque », confie le prédicateur. Cela n'est possible que dans l'amour que le Seigneur a répandu dans nos cœurs.
- La base de cette marche, c'est l'amour de Christ : son œuvre rédemptrice, son pardon, son abaissement extrême, l'exemple de la croix du Calvaire. Pour rechercher ces qualités, il faut être prêt à renoncer à ce qui, souvent, veut sortir de nous.
4. S'efforcer de garder l'unité par le lien de la paix
- Le verset 3 est celui qui l'a le plus touché après la convention : « vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix. » S'efforcer, c'est être diligent, s'appliquer, y mettre tout son soin, le faire constamment, en faire une priorité.
- « L'unité est une œuvre de l'Esprit, mais nous ne sommes pas exemptés de cette responsabilité. » Il l'a reçu clairement : faire attention à la manière dont il se conduit et dont il se relie au corps, aux frères, à l'Église. Le Seigneur y attache une grande importance.
- Pourquoi garder l'unité ? Parce que c'est le grand but de l'œuvre de Christ : il a donné sa vie pour nous réconcilier avec lui, pour créer un seul corps.
- « Nous devons éviter tout ce qui n'édifie pas, nous devons éviter ce qui divise ». Il s'agit de prendre soin les uns des autres, parce que nous faisons partie de la même Église, que le Seigneur a acquise.
- L'unité nous permet d'avancer vers la maturité, de grandir dans la sainteté et, comme le montre Éphésiens 6, de faire face ensemble aux attaques du malin. Elle doit être notre préoccupation : la favoriser, la maintenir, la protéger, en évitant tout ce qui n'édifie pas et tout ce qui divise.
- Le lien, c'est la paix. En Éphésiens 2:14, « il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation ». Pour beaucoup de commentateurs, le problème opposait les Juifs et les païens convertis.
- Cette paix n'est pas celle que je ressens quand personne ne vient me déranger. C'est la paix qui doit gouverner nos cœurs, issue de la réconciliation avec le Seigneur par le sacrifice de la croix. « Nous étions ennemis, et il est notre paix. » Désormais, nous ne sommes plus des étrangers, mais des concitoyens des saints, des gens de la maison de Dieu, édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu en Esprit (Éphésiens 2:19-22).
- Colossiens 3:15 le confirme : que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. « Et soyez reconnaissants. »
5. Un seul corps, un seul Esprit, un seul Seigneur
- Versets 4 à 6 : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous. »
- L'unité repose sur l'œuvre unificatrice des trois personnes de la Trinité : un seul Père qui crée une seule famille, un seul Seigneur en qui nous sommes unis dans la foi et l'espérance, un seul Esprit qui nous baptise dans le corps de Christ.
- Jésus a prié : « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé » (Jean 17:21). Une Église en bonne santé se caractérise par l'unité, et c'est un témoignage pour ceux du dehors : l'amour dans la manière dont nous nous traitons, le respect.
- En 1 Corinthiens 10:17, Paul parle de la sainte cène, le souvenir du sacrifice de Christ qui nous rend dignes d'y participer : il y a un seul pain, nous sommes plusieurs et nous formons un seul corps. Le prédicateur lit la version dite textuelle, qui parle de « l'unique pain », et l'applique au seul pain descendu du ciel, Jésus-Christ. L'union du corps de Christ est une chose solennelle.
6. Les dons de Christ pour équiper les saints
- Verset 7 : « à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. » Chaque croyant a reçu, reçoit ou recevra au moins un don pour servir, pour grandir et pour s'édifier dans le corps. C'est le Seigneur qui appelle, qui prépare et qui rend capable.
- Verset 8 : « Étant monté en haut, il a emmené des captifs, et il a fait des dons aux hommes. » Paul reprend le Psaume 68, qui évoque ici la victoire de Christ : son abaissement en prenant la forme d'un homme, sa marche sur la terre, sa mort expiatoire, sa résurrection, et sa place à la droite du Père. L'image est celle d'un défilé de victoire après une bataille, où l'on partageait le butin : Christ nous donne de ses dons, de sa grâce.
- Verset 11 : « Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. » Nous pouvons avoir des affinités et des goûts, mais c'est lui qui établit. Pierre le dit : que chacun mette au service des autres le don qu'il a reçu, comme de bons dispensateurs de la grâce de Dieu (1 Pierre 4:10).
- Le prédicateur ne s'attarde pas sur chaque ministère. Il rappelle que Paul lui-même disait qu'il était le dernier des apôtres.
- Leur but est au verset 12 : « pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ. » Ce sont des ministères centrés sur la Parole. Une autre version dit « former », ou « dresser ». « Moi qui suis un peu blagueur, je dis qu'il y en a qu'il faut dompter. Je ne sais pas si ça fait rire en français. Je ne gagnerai pas ma vie en racontant des blagues, je le sais. »
- De notre côté, il faut être disposés à être formés : faciliter le travail de nos pasteurs, être dans la Parole et la laisser habiter abondamment dans nos cœurs.
- Grandir dans sa grâce, mais avec la croissance que le Seigneur donne : nous diminuant et lui croissant. « La santé de l'Église doit nous importer comme la santé de notre corps. » Nous surveillons ce que nous mangeons, notre sommeil, nous faisons du sport. « La santé de l'Église est beaucoup plus importante. »
- Enseigner, faire paître, servir : voilà le but. Et une question : « Qu'est-ce que tu fais de ce que le Seigneur t'a donné ? »
7. Grandir ensemble jusqu'à la stature de Christ
- Verset 13 : « jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ. » Il est de nouveau question d'unité : une même foi, un même Seigneur, un même corps.
- La connaissance du Fils de Dieu n'est pas intellectuelle. Il s'agit d'une relation, d'une communion profonde avec le Seigneur. Cette unité en croissance dépend d'une foi vivante et d'une intimité avec lui, pour lui ressembler chaque jour davantage.
- Verset 14 : ne plus être des enfants, « flottants et emportés à tout vent de doctrine », secoués comme une barque par les vagues de la mer, que l'on peut rapprocher du monde. Pour ne pas être immatures, « nous devons avoir notre appel bien clair, être concentrés, nous stimuler les uns les autres, être dans sa Parole ».
- Verset 15 : « professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. » Qui est la vérité ? Jésus-Christ. Sa Parole est la vérité. « L'Église grandit efficacement quand elle pratique l'amour sur la base de la vérité de Dieu, de sa Parole vivante. »
- Verset 16, lu dans la version espagnole de La Biblia de las Américas : tout le corps, bien ajusté et uni par la cohésion que fournissent les jointures, selon le fonctionnement adéquat de chaque membre. Comme dans un corps physique, avec ses muscles et ses os, chaque membre a une fonction et un but (1 Corinthiens 12 ; Romains 12). Le corps grandit ainsi et s'édifie lui-même dans l'amour.
- Jésus l'a dit : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jean 13:34-35).
- « Christ est l'origine et le but, et il doit être l'autorité suprême de l'Église. La manière de marcher d'une façon digne de l'appel, c'est de garder l'unité opérée par l'Esprit sur la base de l'œuvre rédemptrice de Christ. » Le prédicateur conclut en lisant la prière de Paul en Éphésiens 1:15-23 : que Dieu illumine les yeux de notre cœur pour que nous sachions quelle est l'espérance qui s'attache à son appel, et que Christ a été donné pour chef suprême à l'Église, qui est son corps.
Points à retenir
- Ta vocation de croyant est un appel saint : comme un métier organise toute une vie, l'appel de Dieu met Christ au centre de tes décisions et de tes plans.
- C'est le Seigneur qui te rend digne, par l'œuvre de Christ et non par tes œuvres. Marcher dignement, c'est suivre l'exemple de Jésus, doux et humble de cœur.
- L'unité est l'œuvre de l'Esprit, mais tu es responsable de t'efforcer de la garder, et d'éviter tout ce qui divise.
- Christ donne des ministères centrés sur la Parole pour équiper chaque croyant en vue du service et de l'édification du corps.
- L'Église grandit quand elle pratique l'amour sur la base de la vérité, chaque membre tenant sa place dans le corps.
Application personnelle
- Autour de quoi ta vie gravite-t-elle aujourd'hui : tes projets, ou l'appel que Dieu t'a adressé ?
- Qu'est-ce qui, en toi, doit être abandonné pour que l'humilité, la douceur et la patience prennent la place ?
- Dans tes paroles et tes attitudes envers les frères et sœurs, mets-tu ton zèle à garder l'unité ou à diviser ?
- Qu'est-ce que tu fais de ce que le Seigneur t'a donné, et comment peux-tu faciliter le travail de tes pasteurs ?
- Ta connaissance du Fils de Dieu est-elle seulement intellectuelle, ou une communion qui te fait grandir ?
Versets cités
- Éphésiens 4:1-16
- Romains 8:28-29
- Romains 1:6
- 2 Timothée 1:9
- Éphésiens 2:10
- Matthieu 11:29
- Éphésiens 2:14-22
- Colossiens 3:15
- Jean 17:21
- 1 Corinthiens 10:17
- Psaume 68:19
- 1 Pierre 4:10
- Jean 13:34-35
- Éphésiens 1:15-23
Questions fréquentes
Que veut dire « marcher d'une manière digne de la vocation » en Éphésiens 4:1 ?
Pour Angel Couceiro, marcher, c'est la manière dont nous vivons et nous conduisons. La vocation, c'est l'appel ou l'élection que nous avons reçus. Comme un médecin ou un sportif organise toute sa vie autour de son métier, le croyant organise sa vie autour de l'appel de Dieu : Christ est au centre, et nos décisions et nos plans passent au second plan. C'est le Seigneur qui nous rend dignes, par l'œuvre de Christ et non par nos œuvres.
Pourquoi garder l'unité si c'est une œuvre du Saint-Esprit ?
L'unité est une œuvre de l'Esprit, mais le prédicateur rappelle que nous ne sommes pas exemptés de cette responsabilité. Éphésiens 4:3 demande de nous efforcer de la conserver. L'unité est le grand but de l'œuvre de Christ, qui a donné sa vie pour former un seul corps. Elle nous permet aussi d'avancer vers la maturité, de grandir dans la sainteté et de faire face ensemble aux attaques du malin.
À quoi servent les ministères d'Éphésiens 4:11 ?
C'est Christ lui-même qui donne apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs. Selon Angel Couceiro, ces ministères sont centrés sur la Parole de Dieu. Leur but est donné au verset 12 : perfectionner, équiper, former les saints pour l'œuvre du ministère et l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que tous parviennent à l'unité de la foi et à la stature de Christ.