Introduction
« Dieu était là, Dieu est là et Dieu sera là. Et c'est la sécurité que nous avons, nous les chrétiens. » Manuel Jubete ouvre ainsi la deuxième étude de la convention 2026 de l'Église biblique franco-espagnole Le Phare. Il prêche en espagnol, à la place d'un pasteur invité qui n'a pas pu venir, et il y voit déjà une leçon : les organisateurs étaient sûrs de sa présence, et cette certitude a été changée.
Nous vivons des temps d'insécurité. En France, ce jour-là, il y a une grève générale ; en Espagne, la situation n'est pas meilleure. Les jeunes n'arrivent pas à trouver un bon travail ni un logement, les plus âgés se demandent s'ils toucheront leur retraite. Et les chrétiens aussi se posent des questions : Dieu est-il vraiment avec moi ? Suis-je né de nouveau ? Puis-je perdre le salut ?
Le prédicateur évoque le film Jesus Revolution, sur un mouvement chrétien né aux États-Unis à la fin des années 1960, proche du ministère Reto où lui-même est arrivé. Un jeune homme qui deviendra pasteur y est tourmenté par une question : « Est-ce que c'est réel ? Est-ce que ce que je vis va durer ? » Pour Manuel Jubete, ces incertitudes nous touchent tous, que l'on soit chrétien ou non.
À partir de 2 Timothée 1:6-14, et en particulier du verset 12, le prédicateur montre où repose la sécurité du croyant : aujourd'hui, demain, et par la puissance du Saint-Esprit qui habite en nous.
Plan du message
1. Paul écrit depuis une cellule
- En rappelant les débuts de l'œuvre en France, le prédicateur souligne que Dieu a donné « beaucoup d'évidences » qu'il fallait venir : l'Église est là « par obéissance à Dieu ». Malgré les difficultés, Dieu a été fidèle.
- Paul écrit cette lettre en prison à Rome, probablement enchaîné, abandonné par beaucoup d'amis et de collaborateurs. Il sait que sa fin est proche. Selon la tradition, il sera décapité : citoyen romain, il ne pouvait pas être crucifié.
- Il s'adresse à Timothée, son fils dans la foi, alors pasteur de l'Église d'Éphèse. Timothée n'est pas si jeune qu'on l'imagine : il aurait entre 45 et 50 ans. Mais il a encore besoin de conseils, de confirmation et d'encouragement.
- En lisant entre les lignes, Timothée semble un peu timide, porté à avoir honte de l'Évangile et de Paul lui-même. D'où l'exhortation : « Ranime le don de Dieu », car Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, d'amour et de sagesse.
- Dans cette situation, Paul écrit : « Je sais en qui j'ai cru, et je suis persuadé qu'il a la puissance de garder mon dépôt jusqu'à ce jour-là » (verset 12). Le texte parle d'un temps présent, d'un temps futur, et de ce qui soutient tout : le Saint-Esprit qui habite en nous (verset 14).
- « Ce n'est pas quelque chose d'irréel, ce n'est pas une fantaisie. C'est une vie avec Christ, en Christ, soutenue par la puissance du Saint-Esprit. »
2. Aujourd'hui : ta sécurité a un nom
- Paul ne s'appuie pas sur ce qu'il a vécu, ni sur ses années de service, ni sur ce qu'il a souffert. « La sécurité que nous avons, nous les croyants, a un nom. Et ce nom, c'est Jésus-Christ. »
- Dieu nous a sauvés et appelés « non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein » (verset 9). « Nous ne sommes pas si importants. Dieu nous utilise, bien sûr, mais l'important, c'est lui, ne l'oublie pas. »
- Notre base est la grâce de Dieu, sa miséricorde, sa bonté. « Si tu vois en nous un mérite humain, rejette-le. » Ce qu'on doit voir en nous, c'est un peu ou beaucoup de Christ.
- Notre confiance n'est pas dans les gouvernants. Le prédicateur plaisante à moitié sur la période électorale en Espagne, puis rappelle que toutes les époques sont difficiles.
- Ne regarde pas Christ comme un simple personnage historique : attache-toi à ce qu'il a fait à la croix, où il a pris ta place, et aux promesses qu'il laisse : « Le juste vivra par la foi » (Romains 1:17), et nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre (Hébreux 10:38-39).
3. Justifié par la foi, sanctifié chaque jour
- « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ » (Romains 5:1). La justice de Dieu n'est pas une règle pour mesurer les péchés : c'est un cadeau de Dieu.
- La justification est l'acte de Dieu qui déclare juste le pécheur qui croit en Christ, et cette foi repose sur l'œuvre rédemptrice de Christ à la croix.
- L'illustration : tu commets un vol, on t'arrête, le procureur demande un mois de prison et 1000 euros d'amende. Le juge examine le dossier et dit : « Pardonné. » Mais Christ va plus loin : c'est lui qui purge le mois de prison et qui paie les 1000 euros. Notre part, c'est de croire.
- La sanctification a trois temps : nous sommes déclarés saints quand nous croyons ; elle sera parfaite et éternelle au ciel ; et entre les deux, il y a un processus quotidien où le Saint-Esprit, avec notre collaboration, nous rend de plus en plus semblables à Christ.
4. Une foi appuyée sur le moi est fragile
- La Bible nous invite à nous examiner pour voir si nous sommes dans la foi (2 Corinthiens 13:5), mais à la lumière de la Parole. Si l'on se compare aux autres, on choisit toujours quelqu'un qui fait un peu moins bien que soi.
- Beaucoup de croyants vivent avec ces questions : « Est-ce que je prie assez ? Est-ce que je lis assez ? Est-ce que je me suis assez bien conduit cette semaine pour plaire à Dieu ? »
- « C'est bien que tu t'examines, mais fais attention à ton moi. Car une foi appuyée sur toi, une foi appuyée sur le moi, est en général une foi très fragile. » Notre foi peut être puissante parce que celui en qui elle repose est puissant.
- Paul disait : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi » (Galates 2:20), et « oubliant ce qui est en arrière, je cours vers le but » (Philippiens 3:13-14). Notre moi doit diminuer chaque jour.
- « Vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! » (Romains 8:15-16). L'Esprit ne donne pas la peur, il rend témoignage : « Tu es mon fils, tu es ma fille, tu m'appartiens. » Ce n'est ni une imagination ni une émotion passagère.
- Les jeunes qui veulent se marier, les étudiants qui se demandent où ils vivront, les parents inquiets pour l'avenir de leurs enfants ont des incertitudes. Mais une chose est d'avoir des incertitudes, une autre de ne pas être sûr de celui en qui tu as cru.
5. Demain : il est puissant pour garder ton dépôt
- Prison, abandon, mort proche : tout aurait pu sembler vain, mais rien n'a enlevé à Paul sa foi. « Il est puissant. Pas moi, pas Paul. » C'est lui qui nous soutient, et nous sommes dans ses mains.
- Jésus le dit : « Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main » (Jean 10:28-30).
- « Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » (Philippiens 1:6). Dieu a commencé ton histoire et il va la terminer : Dieu n'échoue pas à finir ce qu'il a commencé.
- Nous avons été scellés du Saint-Esprit, gage de notre héritage (Éphésiens 1:13-14). Le sceau marque la propriété. Le gage est comme un acompte qui garantit ce que tu recevras un jour.
- Les enfants de Dieu trébuchent, et Dieu les conduit à la repentance. Hébreux 11 cite des personnes imparfaites : Abraham a menti, Moïse s'est mis en colère, Samson est tombé. Un théologien (le prédicateur pense à Owen) appelle les non-régénérés des pécheurs et les régénérés des personnes imparfaites.
- « Ils ont terminé le chemin. Ils ont terminé la course. » Dieu leur a rendu témoignage, car leur foi reposait sur le Dieu qui les soutenait.
6. Les avertissements, comme des panneaux sur la route
- Cette sécurité ne permet pas de vivre comme on veut. Jésus dit : « Demeurez en moi » (Jean 15:4), ce qui laisse entendre que certains ne demeurent pas. Nous sommes participants de Christ « pourvu que nous retenions fermement jusqu'à la fin l'assurance que nous avions au commencement » (Hébreux 3:14). Paul lui-même craignait d'être « rejeté » après avoir prêché aux autres (1 Corinthiens 9:27).
- « Les promesses de Dieu sont vraies et fidèles. Mais ses avertissements sont vrais aussi. » Ils ne sont pas là pour voler notre joie ou notre salut, mais pour nous garder du découragement et de l'indifférence.
- L'illustration : sur la route, un panneau « virage dangereux » ne t'annonce pas un accident et ne t'interdit pas de conduire. Il te dit : fais attention. Celui qui double en zone interdite et roule à 160 au lieu de 130 finit tôt ou tard par avoir un accident. Il en va de même dans la vie chrétienne.
- Notre sécurité n'est pas seulement dans une prière faite un jour, ou parce qu'on a prié pour nous lors d'une convention : elle est en lui. Nous craignons Dieu avec révérence, attentifs à ses avertissements, parce que nous voulons lui être fidèles.
- Notre panneau sur la route, c'est Hébreux 12:2 : « Ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi. » Christ commence, Christ achève.
7. Retiens les saines paroles et garde le dépôt
- « Retiens dans la foi et dans la charité qui est en Jésus-Christ le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi » (verset 13). Depuis l'arrivée en France et la conversion il y a plus de 40 ans, l'Église a voulu rester ferme en retenant la Parole de Dieu.
- C'est un héritage qui se transmet de génération en génération : Moïse à Josué, Paul à Timothée. « Beaucoup d'entre nous avançons en âge. D'autres vont prendre notre place. »
- Le prédicateur adresse un avertissement à l'Église franco-espagnole : un peu de levain fait lever toute la pâte (Galates 5:9). « Ta sécurité ne va pas tant être dans ce que je peux te dire, mais dans ce que je peux te dire que Dieu dit. » Chacun a le devoir de vérifier dans la Parole.
- Deux exemples : des courants qui baptisent seulement au nom de Jésus, alors que Jésus dit de baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19) ; des réunions où l'on promet des dents en or. « Quel cas y a-t-il dans l'Écriture où l'on a prié et où des dents en or sont apparues ? Je n'en ai trouvé aucun. » Ces doctrines, il les met « en quarantaine ».
- « Garde le bon dépôt, par le Saint-Esprit qui habite en nous » (verset 14). Il y a un ordre : Dieu garde d'abord (verset 12), puis il nous demande de retenir et de garder, mais par le Saint-Esprit. « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15:5) concerne l'œuvre de Dieu et les choses éternelles.
- « Nous ne sommes pas sauvés parce que nous tenons par nos forces. Nous sommes sauvés, et nous pouvons être dans le ministère, parce que lui nous soutient. » Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous (Romains 8:31) ?
- L'appel final : si tu n'as jamais mis ta confiance en Dieu, aujourd'hui est le moment de croire. Approche-toi de Jésus, fie-toi à ses promesses, pas à tes sentiments. Si tu t'es refroidi, Dieu t'attend et regarde de loin pour te voir revenir. Si le feu de l'Esprit s'est éteint, demande-lui de le ranimer.
Points à retenir
- La sécurité du croyant a un nom : Jésus-Christ. Elle ne repose ni sur nos expériences, ni sur nos mérites, ni sur les gouvernants.
- La justification est un acte de Dieu reçu par la foi ; la sanctification est le travail quotidien du Saint-Esprit en nous.
- Une foi appuyée sur le moi reste fragile ; une foi appuyée sur Christ peut être forte, parce qu'il est puissant.
- Dieu achève ce qu'il a commencé, et les avertissements de la Bible sont des panneaux qui nous gardent attentifs sur la route.
- Retenir la saine doctrine et garder le dépôt ne se fait que par le Saint-Esprit qui habite en nous.
Application personnelle
- Sur quoi repose ta sécurité aujourd'hui : sur ton parcours, sur tes efforts, ou sur celui en qui tu as cru ?
- Te poses-tu sans cesse la question « est-ce que je prie assez, est-ce que je lis assez ? » Que change pour toi le témoignage de l'Esprit qui dit : « Tu es mon enfant » ?
- Quel avertissement de la Parole as-tu tendance à traiter avec indifférence, comme un panneau qu'on ne regarde plus ?
- Quand tu entends un enseignement nouveau, prends-tu le temps de le vérifier dans l'Écriture avant de le recevoir ?
- Le feu de l'Esprit s'est-il refroidi dans ta vie ? Qu'est-ce qui t'empêche de demander à Dieu de le ranimer cette semaine ?
Versets cités
- 2 Timothée 1:6-14
- Romains 1:17
- Hébreux 10:38-39
- Romains 5:1
- 2 Corinthiens 13:5
- Galates 2:20
- Philippiens 3:13-14
- Romains 8:15-16
- Jean 10:28-30
- Philippiens 1:6
- Éphésiens 1:13-14
- Hébreux 11
- Jean 15:4-5
- Hébreux 3:14
- 1 Corinthiens 9:27
- Hébreux 12:2
- Galates 5:9
- Matthieu 28:19
- Romains 8:31
Questions fréquentes
Que veut dire Paul par « je sais en qui j'ai cru » en 2 Timothée 1:12 ?
Pour Manuel Jubete, Paul ne s'appuie ni sur ses expériences, ni sur ses années de ministère, ni sur ce qu'il a souffert. Sa sécurité a un nom : Jésus-Christ. Paul écrit depuis une prison, abandonné de beaucoup et proche de la mort, et il reste sûr que Dieu est puissant pour garder son dépôt jusqu'à ce jour-là.
Quelle différence entre justification et sanctification ?
La justification est l'acte de Dieu qui déclare juste le pécheur qui croit en Christ, sur la base de son œuvre à la croix. La sanctification est un processus : par le Saint-Esprit, et avec notre collaboration, Dieu nous rend chaque jour plus semblables à Christ. Elle sera parfaite au ciel.
Si le croyant est en sécurité en Christ, pourquoi la Bible donne-t-elle des avertissements ?
Le prédicateur compare ces avertissements à un panneau de virage dangereux sur la route. Le panneau ne t'annonce pas un accident et ne t'interdit pas de conduire : il te demande d'être attentif. Les promesses de Dieu sont vraies, ses avertissements aussi, et ils nous gardent de l'indifférence et du découragement.