Jean 1 : Nathanaël rencontre le Fils de Dieu, Roi d'Israël

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Introduction

« Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé. » Avec ces mots, Philippe va chercher son ami Nathanaël. Et Nathanaël, qui connaît bien les Écritures, répond par une question : « Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? » Quelques minutes plus tard, ce même homme confesse : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. »

Tom Foord, pasteur enseignant de Hope Reformed Baptist Church, en Australie, poursuit sa série dans l'Évangile de Jean avec le passage de Jean 1:43-51. Il rappelle d'abord Jean 1:12-13 : ceux qui reçoivent Jésus et croient en son nom naissent de Dieu. L'Évangile de Jean racontera beaucoup de rejets, mais il s'ouvre sur des témoignages glorieux, avec un taux de réussite de cent pour cent : un témoin amène un disciple, qui en amène un autre. Jean a déjà présenté Jésus comme la Parole, Dieu, le Fils, la lumière, la vie, le Créateur, l'Agneau de Dieu et le Messie. Ce passage ajoute trois titres : Fils de Dieu, Roi d'Israël et Fils de l'homme.

Le message suit Nathanaël pas à pas, avec une conviction constante : Jésus est le personnage principal de l'Ancien Testament.

Plan du message

1. Jésus, le personnage principal de l'Ancien Testament

  • Jésus appelle Philippe à le suivre. Philippe est de Bethsaïda, petite ville de pêcheurs où André et Pierre l'ont sans doute connu, comme on se connaît dans les petites villes de la campagne australienne. Il va aussitôt trouver Nathanaël.
  • La réaction de Nathanaël fait sourire le prédicateur, qui compare Nazareth à un quartier mal réputé de sa propre région. Mais pour lui, ce doute n'est ni de la ruse ni de l'arrogance. Nathanaël est un étudiant de la Bible : il a lu des choses sur Juda, sur Bethléhem, sur une lumière qui se lèverait en Galilée, mais rien sur Nazareth. Il est perplexe, et il décide d'aller voir : « Je suis intéressé. Je suis ouvert à la vérité. »
  • Quand Philippe parle de « la loi » et des « prophètes », il désigne l'ensemble des Écritures. Les Juifs appelaient leur Bible le Tanakh : la Torah (la loi de Moïse), les Nevi'im (les prophètes) et les Ketouvim (les écrits, dont les Psaumes). Dire « Moïse et les prophètes » revenait à dire : toute l'Écriture parle de lui.
  • Tom Foord rapproche ces premiers jours de ce qu'il appelle une expérience du chemin d'Emmaüs. Après sa résurrection, Jésus reprend les deux disciples découragés et leur explique ce qui le concernait dans toutes les Écritures (Luc 24:27), puis il rappelle : « C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait que s'accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes » (Luc 24:44). Jésus l'enseignait donc déjà pendant son ministère.
  • Le pasteur ne prétend pas que les disciples avaient, dès Jean 1, la compréhension qui a suivi la résurrection. Mais il refuse de réserver à Luc 24 cette révélation de Jésus à partir de l'Ancien Testament : elle concerne aussi Jean 1.
  • Il raconte un souvenir. À vingt et un ans, alors qu'il évangélisait en ville, il a discuté avec un homme pour qui lui-même et ses semblables ne pourraient jamais faire partie du royaume, faute d'avoir le bon sang. Cet homme tenait Paul pour un apostat, plaçait le salut dans la circoncision et toute une série de règles, et niait que Jésus soit le Fils de Dieu. Tom Foord reconnaît qu'il s'était un peu énervé lui aussi. L'homme répétait : « Va lire l'Ancien Testament correctement, et tu verras. » Sa conviction est inverse : plus on lit l'Ancien Testament, plus on y trouve Jésus, celui qui conduit l'Exode, l'expiation, le roi, le prophète, l'accomplissement des promesses.

2. Un Israélite dans lequel il n'y a point de fraude

  • Quand Nathanaël s'approche, Jésus dit de lui : « Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude » (Jean 1:47). Selon le prédicateur, Jésus ne parle pas d'un Israélite authentique par opposition à quelqu'un qui aurait falsifié sa naissance. Il ne parle pas d'ADN ni de lignée. La suite de la phrase donne l'explication : il n'y a pas de ruse en lui.
  • Nathanaël cherche honnêtement la vérité : il lit les Écritures non pour se justifier lui-même, mais pour entendre la voix de Dieu. Il est très probable, ajoute le pasteur, qu'il ait été baptisé par Jean-Baptiste, comme tout Israël était appelé à le faire.
  • Le contraste est voulu avec les autres lecteurs de l'Écriture que Jésus affrontera : pharisiens, sadducéens et scribes, chez qui la ruse est bien présente et qu'il traitera d'hypocrites.
  • « Pas de fraude » ne veut pas dire perfection ni absence de péché. Cela veut dire sincérité dans la compréhension. Le pasteur le résume ainsi : Nathanaël est là pour apprendre.

3. « Je t'ai vu sous le figuier »

  • Nathanaël demande : « D'où me connais-tu ? » (Jean 1:48). Pour Tom Foord, la question ne vient peut-être pas d'une opposition, mais d'une forme d'humilité. Jésus répond : « Avant que Philippe t'appelât, lorsque tu étais sous le figuier, je t'ai vu. »
  • Avant même le figuier, pourquoi les mots « point de fraude » touchent-ils autant Nathanaël ? On pourrait n'y voir que le compliment d'un inconnu. Le pasteur compare cela à une phrase d'« Amazing Grace », chanté mille fois, qui vient soudain te toucher en profondeur alors que ton voisin ne remarque rien. Ou un verset, une histoire racontée par un prédicateur, la prière d'un ami pour toi. Tu ne sais jamais ce que Dieu va utiliser pour parler à ton cœur, mais il sait toucher chacun de façon très personnelle.
  • Tom Foord avance ici une hypothèse, en précisant qu'il ne fait que deviner : être sans ruse était peut-être la prière de toute une vie pour Nathanaël. Peut-être, enfant, un rabbin, un maître ou ses parents l'avaient-ils repris sévèrement pour ses mensonges, un péché peut-être enraciné. Et voilà que Jésus lui dit ne voir en lui aucune ruse.
  • Puis Jésus va plus loin que la connaissance du cœur, avec une parole prophétique dont les commentateurs discutent le sens : le figuier. C'était un symbole du foyer, parfois un lieu de prière et de méditation, même si le prédicateur note que les historiens restent prudents. Autre hypothèse de sa part : c'était peut-être là que Nathanaël emportait ses rouleaux pour étudier. Jésus lui dirait alors en substance : quand tu cherchais Dieu, je t'ai vu ; quand tu priais, c'est à moi que tu priais.
  • Ce que Jésus désigne exactement n'est pas le point principal. L'essentiel est qu'il a dit quelque chose de si précis, et même de si mystérieux, que Nathanaël en a conclu que Jésus ne ressemblait à personne d'autre. En Jean 4, quand Jésus parle à la Samaritaine de ses relations passées, on comprend pourquoi c'était si parlant. Pour Nathanaël, on ne le sait pas, mais l'effet est certain.

4. « Rabbi, tu es le Fils de Dieu »

  • Nathanaël appelle d'abord Jésus « Rabbi ». C'est un titre honorifique, plus que « professeur » ou « maître ». Il revient à dire : « Je passerai ma vie à te servir, si seulement je peux apprendre de toi. » Nathanaël est déjà prêt à apprendre et à suivre, avant même d'être appelé.
  • Puis il dit : « Tu es le Fils de Dieu. » Le pasteur corrige une idée répandue chez les chrétiens, selon laquelle « Fils de Dieu » désignerait la divinité de Jésus et « Fils de l'homme » son humanité. Ces vérités sont justes, mais ce n'est pas d'abord le sens du texte. Sinon, puisque Luc appelle Adam « fils de Dieu », il faudrait le croire divin, et l'on commencerait à ressembler aux mormons.
  • Dans l'Ancien Testament, « fils de Dieu » est un langage royal : il désigne celui que Dieu choisit pour régner et dominer sur la terre.
  • Adam est le premier : la généalogie de Luc remonte jusqu'à lui, « fils d'Adam, fils de Dieu » (Luc 3:38). Jésus est, dans la nouvelle création, ce qu'Adam était dans la première, sa tête et son roi. Mais là où le premier Adam a apporté la mort et la malédiction, Jésus apporte la vie et la justice.
  • Israël est ensuite appelé fils de Dieu. Dieu dit à Moïse de déclarer à Pharaon : « Israël est mon fils, mon premier-né » (Exode 4:22). Il dit aussi : « Je suis un père pour Israël » (Jérémie 31:9), et : « Quand Israël était jeune, je l'aimais, et j'appelai mon fils hors d'Égypte » (Osée 11:1). Cela ne veut pas dire qu'Israël avait une nature angélique ou divine, mais qu'il était choisi, mandaté et unique parmi toutes les nations.
  • Tout cela devient plus clair avec David. Dieu dit au sujet de la royauté de David et de sa descendance : « Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils » (2 Samuel 7:14). Le roi oint de Dieu était comme un fils chargé de faire l'œuvre de son Père : il représentait Dieu sur la terre, régnait en son nom et étendait sa souveraineté.
  • Jésus est donc le nouvel Adam, le nouvel Israël et le nouveau David. Il est lié à chacun d'eux, et pourtant meilleur et plus grand qu'eux tous.
  • Nathanaël avait-il tout cela en tête ? On ne peut pas le savoir. Personne n'a eu la compréhension complète avant la résurrection. Mais sa compréhension était réelle, il était sur le bon chemin, et ce qu'il a dit était entièrement juste. « Roi d'Israël » était d'ailleurs une expression chargée politiquement, associée au renversement de Rome : c'est pourquoi Jésus l'évitait, même si elle est vraie.

5. Le ciel ouvert, l'échelle de Jacob

  • Jésus répond : « Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, tu crois ; tu verras de plus grandes choses que celles-ci » (Jean 1:50). Le pasteur paraphrase : vraiment, une seule petite prophétie, une seule parole de connaissance, et tu crois ? Mais Jésus ne le reprend pas et ne parle pas d'une foi trop hâtive : il confirme que c'est bien la foi, une foi qui devra grandir, car ce qu'il va voir sera plus grand encore.
  • Ces « plus grandes choses » ne sont pas d'abord un spectacle visible. À travers les miracles, l'enseignement, l'expiation et la résurrection du Christ, les disciples comprendront que tout l'Ancien Testament parle de Jésus.
  • « En vérité, en vérité » : là où les autres Évangiles disent « en vérité », Jean le redouble. Cela revient à dire « amen, amen ». D'habitude, l'auditeur répond amen à une vérité entendue ; Jésus, lui, prend l'amen de la bouche de ses auditeurs et le place au début : prépare-toi, ce qui suit va te stupéfier.
  • « Vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme » (Jean 1:51). Jésus renvoie à Genèse 28 : Jacob voit en songe une échelle appuyée sur la terre, dont le sommet touche au ciel, et les anges de Dieu montent et descendent par cette échelle (Genèse 28:12). L'Éternel y renouvelle l'alliance faite à Abraham : la terre, une postérité « comme la poussière de la terre », et « toutes les familles de la terre seront bénies en toi » (Genèse 28:13-14). Après Abraham et Isaac, Dieu confirme sa promesse à la troisième génération : de génération en génération, il reste fidèle.
  • Tom Foord relève que Jacob disparaît de la scène : Jésus ne dit ni à Nathanaël qu'il sera comme Jacob, ni qu'il est lui-même Jacob. Il se présente comme celui sur qui les anges montent et descendent : l'échelle, c'est lui.
  • C'est donc Jésus qui ouvre le ciel aux hommes pour qu'ils puissent s'approcher de Dieu, et qui fait descendre jusqu'à nous la parole et la bonne nouvelle. Il est l'échelle, le pont entre des pécheurs, toi, moi, nous tous, et un Dieu saint, pour que nous soyons accueillis. Et en lui seront bénies toutes les familles de la terre.

6. Le Fils de l'homme de Daniel 7

  • Jésus se donne à lui-même ce titre : le Fils de l'homme. L'expression vient de Daniel 7. Juste avant, Daniel a vu de grandes bêtes qui représentent les royaumes et les empires de la terre, qui s'élèvent puis tombent.
  • Dieu y apparaît comme l'Ancien des jours, qui juge avec justice tous les empires : le Roi de toute l'histoire, devant qui le plus grand empereur s'assied pour être jugé.
  • Puis Daniel voit venir sur les nuées du ciel quelqu'un de semblable à un fils de l'homme. « On lui donna la domination, la gloire et le règne ; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit » (Daniel 7:13-14).
  • Or aucun homme ne peut s'avancer ainsi vers Dieu, ni voyager sur les nuées, qui sont le char de Dieu. C'est pourquoi « Fils de l'homme », malgré ce mot humain, porte l'idée d'une personne divine : semblable à un homme, mais plus qu'un homme, celui qui reçoit le royaume de Dieu.
  • Jésus emploiera encore cette expression onze fois dans l'Évangile de Jean. Dans l'ensemble des Évangiles, c'est le titre qu'il se donne le plus souvent.

7. Es-tu un chercheur honnête ?

  • Le pasteur tire la conclusion : Jésus a enseigné à ses disciples à le voir exactement comme les Écritures de l'Ancien Testament le présentaient, comme le sujet de leurs prophéties, comme leur accomplissement, et comme le chemin qui ouvre le ciel pour que l'on puisse connaître Dieu.
  • Puis il interroge son auditoire : es-tu un Nathanaël, quelqu'un qui réfléchit honnêtement ? Pas un sceptique parce qu'il a lu un livre de Dawkins, ni quelqu'un qui ne croit que ce qu'il peut mettre sous un microscope, ni quelqu'un qui se réclame de la science comme d'une excuse : un chercheur sincère.
  • Si tu l'es, tu seras prêt à éprouver la vérité et à l'accepter quand tu la rencontres. Et cette vérité, tu l'as devant toi, au moins dans les paroles de Jésus-Christ.

Points à retenir

  • Jésus est le sujet et le personnage principal de l'Ancien Testament : plus tu le lis, plus tu l'y trouves.
  • Le doute de Nathanaël n'était pas de la ruse mais une perplexité honnête, et Jésus le voit comme un homme « dans lequel il n'y a point de fraude ».
  • Jésus connaît chacun personnellement : une seule parole sur le figuier a suffi pour que Nathanaël se sache connu.
  • « Fils de Dieu » est un titre royal : Jésus est le nouvel Adam, le nouvel Israël et le nouveau David, plus grand qu'eux tous.
  • Jésus est l'échelle de Jacob et le Fils de l'homme de Daniel 7 : par lui le ciel s'ouvre et des pécheurs peuvent s'approcher d'un Dieu saint.

Application personnelle

  • Quand tu lis l'Ancien Testament, cherches-tu Jésus dans ses pages, ou le lis-tu comme un livre séparé de l'Évangile ?
  • Tes doutes sont-ils ceux d'un chercheur honnête qui veut voir, ou des excuses pour ne pas venir à Jésus ?
  • Lis-tu la Bible pour te justifier toi-même, ou pour entendre la voix de Dieu ?
  • Te souviens-tu d'une parole, d'un chant ou d'une prière par lesquels Dieu t'a fait comprendre qu'il te connaissait personnellement ?
  • Comme Philippe, à qui pourrais-tu dire cette semaine : « Viens, et vois » ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire Jésus quand il dit que Nathanaël est un Israélite sans fraude ?

Pour Tom Foord, Jésus ne parle pas de la lignée de Nathanaël mais de son cœur. C'est un homme honnête, qui lit les Écritures pour entendre la voix de Dieu et non pour se justifier. Cela ne veut pas dire qu'il est sans péché : il est sincère dans sa recherche de la vérité, à la différence des chefs religieux que Jésus rencontrera plus loin.

Que signifie le titre « Fils de Dieu » dans la bouche de Nathanaël ?

Dans l'Ancien Testament, ce titre a une portée royale. Adam est appelé fils de Dieu (Luc 3:38), Israël est le fils premier-né de Dieu (Exode 4:22), et Dieu dit du roi issu de David : « Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils » (2 Samuel 7:14). Jésus est le nouvel Adam, le nouvel Israël et le nouveau David, meilleur et plus grand qu'eux tous.

Pourquoi Jésus parle-t-il des anges qui montent et descendent sur le Fils de l'homme ?

Jésus fait allusion au songe de Jacob en Genèse 28, où une échelle relie la terre au ciel. Il se présente lui-même comme cette échelle : c'est par lui que le ciel s'ouvre, que la parole de Dieu descend vers nous et que des pécheurs peuvent s'approcher d'un Dieu saint. Le titre Fils de l'homme vient de Daniel 7:13-14.

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