Jean 20 : la vie éternelle, une relation vivante avec Dieu

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Introduction

Chihiro Kinoshita, pasteur de l'Église chrétienne Kibougaoka de Kumejima, à Okinawa, arrive presque au bout de l'Évangile de Jean. Le chapitre 20 raconte la résurrection, le chapitre 21 la rencontre avec les disciples en Galilée. Ensuite viendront les Actes, puis les épîtres, et enfin l'Apocalypse : « il nous reste encore quelques années », sourit-il.

Dans ce récit de la résurrection, il s'arrête sur un thème : la vie éternelle que donne Jésus-Christ. Le chapitre se divise en deux grandes parties. Les versets 1 à 18 racontent le matin : le Ressuscité se montre aux femmes. À partir du verset 19, c'est le soir du même jour, puis huit jours plus tard : il se montre aux disciples.

Au fil du texte, le pasteur revient sans cesse à une même conviction : croire ne suffit pas à rester ferme. La foi a besoin d'être reliée à la Parole par le Saint-Esprit pour devenir une certitude, et la vie éternelle n'est pas une idée, mais une relation vivante avec Dieu.

Plan du message

1. Le matin du premier jour : un tombeau vide pas comme les autres

  • « Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur » (verset 1). Pour un Japonais, la semaine commence le lundi. Mais en hébreu, le dimanche se dit « premier jour », le lundi « deuxième jour », et ainsi de suite. Plus exactement, le premier jour va du coucher du soleil le samedi au coucher du soleil le dimanche.
  • Le pasteur montre comment il a préparé ce message : il garde sa Bible ouverte avec des pinces sur Luc 24, Marc 16 et Matthieu 28, pour passer d'un récit à l'autre. Les Évangiles racontent les mêmes faits sous des angles différents. Lus avec soin, ils se complètent et le récit « tient debout ».
  • Luc précise que d'autres femmes accompagnaient Marie. Au verset 2, d'ailleurs, elle dit « nous ne savons pas ». Jean choisit pourtant de mettre Marie de Magdala en avant, parce que c'est à elle que le Ressuscité apparaîtra en premier. Selon Matthieu, un ange avait roulé la pierre et un grand tremblement de terre avait eu lieu.
  • Marie n'annonce pas la résurrection aux disciples. Elle dit : « On a enlevé du sépulcre le Seigneur. » Comme les autres, elle n'attendait pas que Jésus ressuscite le troisième jour.
  • Pierre et l'autre disciple, probablement Jean, courent au tombeau. Jean arrive le premier : « Fallait-il vraiment l'écrire ? Il voulait que ça reste pour l'éternité ? » s'amuse le pasteur. Jean se penche sans entrer. Pierre, lui, entre sans hésiter. On reconnaît bien leurs caractères.
  • Ils voient les bandes de lin posées là, et le linge qui couvrait la tête roulé à part. Ce n'est pas un corps qu'on aurait emporté en jetant les linges. Les linges sont restés dans leur forme, comme si le corps avait disparu de l'intérieur. Alors le disciple « vit, et il crut » (verset 8).

2. Voir et croire ne suffit pas : relier la foi à la Parole

  • Qu'ont-ils cru ? Sans doute que Marie disait vrai, et sans doute aussi que Jésus était ressuscité, ou du moins ils commençaient à le croire. Pourtant, le verset 9 ajoute : « Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, Jésus devait ressusciter des morts. »
  • Le pasteur distingue deux mots grecs. Ginosko, c'est connaître par l'expérience, comme dans la prière de Paul pour que les Éphésiens connaissent l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance (Éphésiens 3:19). Oida, le mot du verset 9, c'est comprendre de façon intuitive et objective : « Ah, c'est donc ça ! » Les points se relient. C'est une connaissance qui ne laisse pas de place au doute.
  • Les disciples avaient vu et cru, mais ce qu'ils voyaient n'était pas encore relié à la promesse de Dieu dans l'Écriture.
  • La foi croit sans voir. Elle grandit par l'expérience, mais elle a aussi besoin de ce moment où l'on se dit : « Ce que je vis en ce moment, c'est exactement ce que dit la Parole. » Que l'Esprit nous est donné, que Jésus nous aide dans la détresse, que l'Esprit nous donne la force de suivre Jésus même face à une personne difficile.
  • Sans étude de la Parole, la foi reste floue : « on se dit que ça doit être vrai, et on s'arrête là ». Si tu crois sans lire la Bible ni aller là où on l'explique, ta foi a du mal à grandir, parce qu'elle est trop peu nourrie. Lire seul est important, mais ne suffit pas : c'est pour cela que la communion fraternelle et l'étude ensemble sont nécessaires.
  • Ce processus ne dépend pas de nos capacités intellectuelles : c'est le Saint-Esprit qui relie la Parole à notre vie et qui transforme la foi en certitude.

3. Marie de Magdala : Jésus se montre à celle qui a le plus besoin de lui

  • Marie pleure près du tombeau. Elle voit deux anges en vêtements blancs et leur parle comme à n'importe qui : « Qui parle normalement avec des anges ? » Elle est si bouleversée par l'absence du corps que le surnaturel ne l'atteint même plus.
  • Elle se retourne, voit Jésus, et le prend pour le jardinier. Elle propose même d'emporter le corps elle-même, alors qu'une femme seule ne pourrait pas le porter. Elle est complètement perdue.
  • Jésus dit simplement : « Marie ! » Il l'appelle par son nom. Elle répond : « Rabbouni ! », c'est-à-dire « mon maître ».
  • Marc 16:9 le confirme : le Ressuscité est apparu d'abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons. Être sous l'emprise d'un seul démon empêche déjà de vivre en société. Le pasteur compare : aujourd'hui, une telle personne serait enfermée au fond d'un service fermé, sous médicaments, incapable de tenir une conversation, sans que la médecine puisse rien pour elle, puisque son mal était spirituel. Ses voisins la craignaient et la montraient du doigt. On ne la traitait plus comme un être humain.
  • Le Ressuscité pouvait choisir à qui se montrer : à Pierre, au disciple qu'il aimait. Il s'est montré à Marie, sans doute la plus paniquée de tous. « Jésus-Christ se révèle à celui qui a le plus besoin de lui, à celui qui l'appelle de tout son cœur. »
  • Dans la société, on est bien traité selon ce qu'on vaut et ce qu'on fait. Avec Jésus, il en va autrement : personne n'est digne de recevoir son aide, sa consolation et son amour, et pourtant il a donné sa vie pour nous. « Si tu cherches la cause en toi, tu n'arriveras jamais jusqu'à lui. » Ce qu'il te faut, c'est croire qu'il est plein de compassion et de grâce.

4. « Mes frères » : la grâce pour des disciples qui ont fui

  • Jésus envoie Marie : « Va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (verset 17). Marie va annoncer : « J'ai vu le Seigneur. »
  • Le pasteur s'arrête sur deux mots : « mes frères ». Ces disciples l'avaient abandonné. Pierre l'avait renié trois fois. Ils ne se souvenaient plus de la promesse de la résurrection, ou bien ils en doutaient.
  • Jésus ne les appelle pas « vous autres ». Ceux qui l'ont laissé seul, qui l'ont renié et qui tremblent devant les Juifs, il les appelle « mes frères ».
  • Comme pour Marie, nous sommes déclarés justes devant Dieu par la foi. Pas par nos bonnes œuvres, pas parce que nous serions dignes : Dieu tient pour juste la foi qui croit à son amour et à sa grâce, alors même que nous ne le méritons pas.

5. « La paix soit avec vous » : la paix d'être pardonné

  • Le soir venu, les disciples sont enfermés par crainte des Juifs. Pierre et probablement Jean ont pourtant vu le tombeau vide et ont cru. Ils ont encore peur, parce que leur foi n'est pas encore devenue une certitude. Foi et peur s'opposent.
  • Jésus apparaît au milieu d'eux, portes fermées. Son corps glorieux n'est pas soumis aux limites physiques. En 1 Corinthiens 15, Paul rapporte qu'il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois. Ce n'est pas un corps simplement réanimé.
  • Le premier mot du Ressuscité n'est pas un reproche. C'est shalom : « La paix soit avec vous ! » Le pasteur précise que ce mot dit la plénitude, la paix et même « c'est réglé, c'est payé ». Jésus ne les blâme pas et ne les abandonne pas.
  • Ce dont ils ont le plus besoin à ce moment-là, ce n'est ni d'explications bibliques ni de force : c'est de paix. La paix de se savoir pardonnés, accueillis comme des frères malgré leur échec.
  • Quand nous avons peur, c'est souvent parce que nous n'avons pas obéi, que nous avons péché, et que nous nous disons « avec ce que je suis… ». Sans cette paix, lire la Bible et prier sonne faux, et l'on finit par se condamner soi-même. Ce qu'il faut alors, c'est recevoir la paix d'être pardonné en Jésus-Christ.
  • Jésus leur montre ses mains et son côté. Son corps glorieux ne vieillira jamais, et pourtant il garde les marques des clous et de la lance. Quand nous le verrons, nous verrons ces cicatrices, et chaque fois nous nous dirons : « C'est grâce à lui, parce qu'il a été blessé et qu'il est mort, que je suis ici. »
  • « Jésus ne se tient pas les bras croisés en secouant la tête : “Encore toi, Chihiro ?” » Il te montre ses mains percées et son côté : « Tu n'y es pas arrivé ? Je le savais. J'ai porté la punition de ce péché. Regarde-moi et crois. Viens à moi, et je te donnerai du repos. »

6. Envoyés par le souffle de l'Esprit

  • Jésus répète : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Puis il souffle sur eux : « Recevez le Saint-Esprit » (versets 21-22).
  • La première paix répondait à leur peur. La seconde concerne leur relation avec Dieu. Sans paix avec Jésus, impossible d'être envoyé : comment dire « tes péchés sont pardonnés » si tu n'as pas reçu ce pardon ? Comment parler de la vie éternelle si tu ne goûtes pas cette paix et cette joie au milieu de tes journées difficiles ?
  • En hébreu, le mot ruach signifie à la fois souffle et esprit. Dieu a soufflé dans les narines de l'homme et il est devenu un être vivant (Genèse 2:7). Il a créé les animaux par la parole, mais l'homme seul par son souffle. Si celui qui a créé le monde souffle sur les disciples, ils ne peuvent pas ne pas recevoir l'Esprit.
  • Jusque-là, les disciples suivaient Jésus par sentiment, sens de la justice, admiration, enthousiasme. Cela mène à l'échec. Désormais, ils le suivront par l'Esprit. C'est cela, naître de nouveau : mourir à la vie qui s'appuie sur ses propres forces, son devoir ou sa culpabilité, pour vivre pour Dieu par le Saint-Esprit.
  • Tu as reçu l'Esprit en croyant. Mais sans communion avec lui, il ne peut pas te conduire : la prière, la méditation de la Parole (« Que veux-tu me dire à travers ce texte ? »), les rencontres entre croyants où l'Esprit qui habite en chacun nous encourage.
  • Pardonner ou retenir les péchés (verset 23) ne veut pas dire « je ne t'aime pas, ton péché ne sera pas pardonné ». C'est l'autorité de discerner, par l'Esprit, si une personne a réellement cru en Jésus-Christ ou si sa foi n'est qu'apparente.

7. Thomas, la foi sans voir et la vie en son nom

  • Thomas, appelé Didyme, c'est-à-dire « jumeau », était absent. Certains pensent qu'il ressemblait à Jésus, mais on ne le sait pas. Il refuse le témoignage des autres : « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous […] je ne croirai point. »
  • Il avait pourtant un privilège : croire sans voir. Il a endurci son cœur. Croire ou ne pas croire, c'est un choix qui nous est aussi donné.
  • Huit jours plus tard, Jésus revient : « Avance ici ton doigt […] et ne sois pas incrédule, mais crois. » C'est une grâce pour Thomas. Sans cette apparition, il serait resté dans l'incrédulité. Jésus veut la même chose pour toi : que tu croies avec certitude, la Parole et ta foi solidement reliées par l'Esprit.
  • Pendant une semaine entière, les autres ont eu la joie et la paix. Thomas, lui, ne les a pas reçues. « Ne pas croire, c'est du gâchis » : c'est refuser l'aide et la bénédiction que Dieu veut te donner.
  • Thomas s'écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus ne le reprend pas. Puis il ajoute : « Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru ! » Nous sommes de ceux-là. Les disciples avaient Jésus à leurs côtés. Nous, nous ne le voyons pas : notre foi a d'autant plus besoin d'être reliée à la Parole par l'Esprit. Et l'Esprit est donné à ceux qui le demandent.
  • Alors s'accomplit 1 Pierre 1:8-9 : tu l'aimes sans l'avoir vu, tu te réjouis « d'une joie ineffable et glorieuse ». « Est-ce que vous dansez de joie ? » demande le pasteur. Même dans une vie chargée, à Kumejima comme ailleurs, Dieu veut te donner ces moments où tu comprends : « Je suis aimé à ce point, il m'a accueilli, il a fait de moi son enfant. »
  • Jean n'a pas tout écrit (Jean 21:25). Il a choisi ces récits « afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom » (verset 31). Cette vie, c'est la vie éternelle : une relation vivante avec Dieu, concrète et pratique, qui change ta manière de penser et de recevoir les événements.
  • Le pasteur l'avoue : « Si on me demande si c'est déjà aussi concret dans ma vie, je dois répondre non. » Il reste à connaître, et pour l'éternité. La vie éternelle ne se réduit pas à « j'ai reçu la vie éternelle, je ressusciterai après ma mort » : elle est bien plus concrète. Comme Jésus est ressuscité, nous ressusciterons ; comme il vit éternellement, nous vivrons éternellement. Et la puissance qui a ressuscité Jésus agit en nous pour que nous mourions à la chair et vivions pour Dieu par l'Esprit. La résurrection de Jésus en est la garantie.

Points à retenir

  • Voir et croire ne suffit pas : la foi devient certitude quand le Saint-Esprit la relie à la Parole. D'où la nécessité d'étudier la Bible, seul et ensemble.
  • Jésus ressuscité s'est montré d'abord à Marie de Magdala. Il vient vers ceux qui ont besoin de lui, sans attendre qu'ils en soient dignes.
  • Le premier mot du Ressuscité à ses disciples qui l'avaient abandonné n'est pas un reproche mais « la paix soit avec vous ». Il les appelle « mes frères ».
  • On ne suit pas Jésus durablement par devoir ou par enthousiasme, mais par le Saint-Esprit qu'il a soufflé sur ses disciples.
  • La vie éternelle n'est pas une idée abstraite : c'est une relation vivante et concrète avec Dieu, fondée sur la résurrection de Jésus.

Application personnelle

  1. Ta foi est-elle nourrie par la Parole, ou reste-t-elle une impression floue que « ça doit être vrai » ?
  2. Cherches-tu en toi une raison d'être digne avant de demander de l'aide à Jésus ?
  3. As-tu reçu la paix d'être pardonné, ou la peur et la culpabilité rendent-elles ta prière et ta lecture de la Bible pesantes ?
  4. Suis-tu Jésus par devoir, par sens moral ou par élan du moment, ou par la communion avec le Saint-Esprit ?
  5. La vie éternelle est-elle pour toi une relation concrète avec Dieu dans tes journées, ou seulement une promesse pour après la mort ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi Jean 20:9 dit-il que les disciples ne comprenaient pas encore l'Écriture ?

Pierre et Jean ont vu le tombeau vide et ils ont cru, mais ce qu'ils voyaient n'était pas encore relié à la promesse de l'Écriture. Le mot grec employé, oida, désigne une compréhension intuitive et objective, quand les points se relient. Pour Chihiro Kinoshita, la foi devient certitude quand le Saint-Esprit relie la Parole à ce que nous vivons.

Pourquoi Jésus ressuscité est-il apparu d'abord à Marie de Magdala ?

Marie de Magdala avait été possédée par sept démons et rejetée par son entourage. Jésus aurait pu se montrer d'abord à Pierre ou à Jean. Il s'est montré à elle, la plus bouleversée par l'absence de son corps. Le prédicateur en tire ceci : Jésus se révèle à ceux qui ont le plus besoin de lui, sans exiger d'eux qu'ils en soient dignes.

Qu'est-ce que la vie éternelle selon Jean 20 ?

Jean 20:31 explique que ces choses ont été écrites afin que tu croies et qu'en croyant tu aies la vie en son nom. Pour Chihiro Kinoshita, la vie éternelle n'est pas une idée abstraite : c'est une relation vivante, concrète et pratique avec Dieu, fondée sur la résurrection de Jésus et vécue chaque jour par le Saint-Esprit.

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