Introduction
Trois textes ont été lus ce dimanche à l'Église Protestante Baptiste La Fraternité : 2 Chroniques 7, Marc 2 et Jean 20. Dans les trois, relève le pasteur Siméon, « il y a le mot pardon qui vient ou qui revient ».
De là vient le thème du message, en deux termes : le pouvoir de pardonner et la grâce d'être pardonné. Dieu a le pouvoir de pardonner, c'est vrai. « Mais Jésus dit : je vous donne aussi ce pouvoir. » C'est sur cet aspect que le pasteur s'arrête : le pardon que nous pouvons accorder ou retenir, et les conséquences de l'un comme de l'autre.
Le message se termine par une scène jouée par des enfants de l'école du dimanche, qui montre où se referme le piège pour celui qui refuse de pardonner.
Plan du message
1. Trois textes, un même mot : le pardon
- En 2 Chroniques 7, Dieu répond à la prière de dédicace de Salomon : si son peuple s'humilie, prie et cherche sa face, il pardonnera son péché et guérira son pays.
- En Marc 2, Jésus dit au paralytique : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Les scribes murmurent : « Qui peut pardonner les péchés si ce n'est Dieu seul ? »
- En Jean 20, Jésus ressuscité souffle sur ses disciples et leur donne le pouvoir de pardonner ou de retenir les péchés.
- « Le pouvoir de pardonner ou de ne pas pardonner. C'est comme s'il offrait la possibilité à ses disciples de décider sur le sort des autres jusqu'au ciel. » Ce que nous faisons sur la terre a des incidences dans les cieux.
- Le pasteur souligne aussi que les disciples reçoivent le Saint-Esprit en direct, avant la Pentecôte : « Quelle grâce ! » C'est un cas tout à fait exceptionnel.
2. 2 Chroniques 7 : ne lis pas le verset 14 tout seul
- Le temple vient d'être dédié, après sept jours de fête. Dieu apparaît à Salomon pendant la nuit : « J'exauce ta prière et je choisis ce lieu. » Il accepte que cette maison lui appartienne désormais.
- Tout le monde connaît le verset 14, « si mon peuple sur qui est invoqué mon nom », et on le récite. Mais le verset 13 le précède, et le verset 14 n'en est que la conséquence : quand je fermerai le ciel, quand j'ordonnerai aux sauterelles de consumer le pays, quand j'enverrai la peste, « comme le coronavirus ».
- Le pasteur cite son ancien professeur de grec : ne saisissez pas le serpent par la queue, sinon il va mordre. « Ne prenez pas un verset isolé. »
- « Mon peuple », c'est toi et moi, ceux sur qui le nom de Jésus-Christ est invoqué. Quand les choses vont mal, ce peuple doit d'abord s'humilier, sans arrogance, puis prier, chercher la face de Dieu et se détourner de ses mauvaises voies.
- Alors Dieu exauce, pardonne le péché et guérit le pays. « Waouh ! Je guérirai son pays. » Le pardon et la guérison vont ensemble.
3. Dieu est le premier initiateur du pardon
- Dans Marc 2, une famille amène un malade à Capernaüm. Il n'y a pas de place, alors on découvre le toit et on le descend devant Jésus.
- Jésus voit leur foi et s'adresse directement au malade : « Tes péchés sont pardonnés. » Puis il le guérit : lève-toi, prends ton lit et marche.
- Les scribes disent : « Cet homme blasphème. » Ils ignoraient que celui qui parlait était aussi Dieu.
- Le pasteur en retient ceci : « Le premier initiateur du pardon, c'est Dieu lui-même. » Jésus-Christ pardonne parce qu'il est le Fils unique de Dieu et qu'il accomplit l'œuvre de Dieu.
4. Le pouvoir de pardonner, et le piège
- Après la résurrection, Jésus donne à ses disciples le pouvoir de pardonner ou de ne pas pardonner. Quand vous pardonnez, le ciel pardonne. Quand vous ne pardonnez pas, le ciel ne pardonne pas.
- Le pasteur lance un défi à l'assemblée : « Y a-t-il un texte dans la Bible où le Seigneur Jésus refuse de pardonner à quelqu'un ? » Qu'on le lui envoie, il acceptera d'avoir tort. Personne ne trouve.
- « Alors, c'est un piège. » Jésus ne dit pas : vous ne pardonnerez pas. Il dit simplement : pardonnez.
- « Pardonner, c'est divin, ce n'est pas humain. » Pourtant, le pasteur cite le Psaume 82:6, où il est dit aux humains : « Vous êtes des dieux. » Et c'est par la capacité que donne le Saint-Esprit que nous pouvons faire comme Jésus. « Nous pouvons pardonner et nous devons pardonner. »
5. Pardonner enclenche la guérison
- « Pardonner, c'est répondre à la volonté de Dieu. » Et le pardon accompagne la guérison : « Quand nous pardonnons, nous enclenchons la guérison de quelqu'un quelque part. »
- Le pasteur parle des conflits générationnels. Dans certaines familles, on a reçu la consigne de ne jamais pardonner à une autre famille qui avait fait du mal à un arrière-arrière-grand-parent. Des générations se suivent ainsi, avec des conflits qu'elles n'ont même pas connus. « Quel mauvais héritage ! »
- Si tu es dans cette situation, aujourd'hui tu prends la décision : tu sors de ce piège, tu sors de « cette génération de pécheurs qui n'aime pas pardonner aux autres ».
- Jésus commence par dire « tes péchés sont pardonnés », puis « lève-toi ». « Je pardonne d'abord et je guéris. » Quand tu pardonnes, Dieu accomplit une œuvre par toi. « Ne retenez personne. Guérissez les autres. »
6. Le paradoxe : refuser de pardonner, c'est refuser d'être pardonné
- On peut retenir le pardon (Jean 20:23). Mais le piège se referme sur nous-mêmes. Matthieu 6:14-15 : si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.
- « Quel paradoxe ! » Tu refuses de pardonner, et Dieu ne pardonne pas l'autre. Mais pour toi-même aussi, Dieu ne pardonne pas. Ne pas pardonner, c'est accepter de ne pas être soi-même pardonné.
- Dans le Notre Père (Matthieu 6:9-13), nous disons : pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Nous chantons « pardon, Seigneur, pardon », mais les fautes des autres, nous aimons les grossir, comme avec une loupe.
- Le pasteur témoigne : « Moi, j'ai appris par la grâce de Dieu à pardonner avant qu'on me demande pardon. » Si quelqu'un vient un jour lui demander pardon, il lui dira : « Je t'ai déjà pardonné. C'est fini. »
- « Garder quelqu'un, c'est tomber malade soi-même. » Celui qui porte un conflit, même hérité de ses parents, porte une maladie dont il doit guérir.
- Il donne tout cela à celui qui a dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28). « Je ne porte rien et je ne retiens personne dans mon cœur. »
7. La leçon des enfants : le serviteur impitoyable
- Le pasteur fait venir sa petite-fille de l'école du dimanche. Avec d'autres enfants, elle joue une scène devant l'assemblée.
- Une enfant emprunte 10 000 euros et ne peut pas les rendre. Son créancier a compassion et efface sa dette. Elle croise ensuite quelqu'un qui lui doit 100 euros et exige d'être remboursée. Le premier créancier l'apprend : « J'ai effacé ta dette, et toi, envers ton prochain, tu ne fais pas la même chose que moi. Va en prison. »
- C'est la parabole de Matthieu 18:23-35 : un serviteur à qui le roi remet une dette de dix mille talents, et qui fait jeter en prison son compagnon pour une petite somme. « C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur. »
- « Est-ce que vous voyez où le piège se referme ? Les petits enfants viennent de nous prêcher. »
- Conclusion du pasteur : « Le pardon s'accompagne de la guérison. Si vous voulez que les autres guérissent, pardonnez. Et si vous voulez être pardonné, si vous voulez guérir vous-même, apprenez à pardonner comme Dieu vous a pardonné en Jésus-Christ. »
- Il invite chacun à prier : « Seigneur, donne-moi le cœur à pardonner. » Et en rentrant à la maison, à appeler les personnes qu'on retient encore pour leur dire : « Le Seigneur m'a parlé aujourd'hui. » Dans sa prière, il rappelle que si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création (2 Corinthiens 5:17) : nous apprenons à faire les choses comme Dieu les fait.
Points à retenir
- Dieu est le premier initiateur du pardon. Jésus pardonne parce qu'il est Dieu, et il confie ce pouvoir à ses disciples.
- Aucun texte ne montre Jésus refusant de pardonner : tu peux pardonner, et tu dois pardonner.
- Le pardon et la guérison vont ensemble. Quand tu pardonnes, tu enclenches une guérison chez l'autre et en toi.
- Refuser de pardonner, c'est accepter de ne pas être pardonné soi-même. C'est le piège qui se referme.
- Tu peux pardonner avant qu'on te demande pardon, et sortir des conflits hérités de ta famille.
Application personnelle
- Y a-t-il quelqu'un que tu retiens encore dans ton cœur, parfois depuis des années ?
- Portes-tu un conflit hérité de ta famille, envers des personnes que tu n'as même pas connues ?
- Quand tu dis « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons », es-tu prêt à ce que Dieu te prenne au mot ?
- Grossis-tu les fautes des autres comme avec une loupe, tout en minimisant les tiennes ?
- Qui pourrais-tu appeler cette semaine pour lui dire que tu as pardonné ?
Versets cités
- 2 Chroniques 7:11-22
- Marc 2:1-12
- Jean 20:21-23
- Psaume 82:6
- Matthieu 6:9-15
- Matthieu 11:28
- Matthieu 18:23-35
- 2 Corinthiens 5:17
Questions fréquentes
Que signifie Jean 20:23 sur le pouvoir de pardonner ?
Après sa résurrection, Jésus souffle sur ses disciples, leur dit de recevoir le Saint-Esprit et leur confie ce pouvoir : ceux à qui ils pardonneront les péchés, ils leur seront pardonnés. Pour le pasteur Siméon, ce que nous faisons sur la terre a des incidences jusque dans le ciel. Pourtant, aucun texte ne montre Jésus refusant de pardonner : nous pouvons pardonner, et nous devons pardonner.
Pourquoi le pardon est-il lié à la guérison ?
En 2 Chroniques 7:14, Dieu promet de pardonner le péché de son peuple et de guérir son pays. En Marc 2, Jésus dit au paralytique « tes péchés sont pardonnés » avant de lui dire de se lever. Le pasteur Siméon en conclut que chaque fois que tu pardonnes, tu enclenches un processus de guérison, chez l'autre comme chez toi.
Que se passe-t-il si je refuse de pardonner ?
Selon Matthieu 6:14-15, si tu ne pardonnes pas aux hommes, ton Père ne te pardonnera pas non plus tes offenses. C'est le piège qui se referme sur celui qui retient le pardon, illustré par le serviteur impitoyable de Matthieu 18:23-35. Le pasteur Siméon ajoute que garder quelqu'un dans son cœur, c'est tomber malade soi-même.