Introduction
« Pardonner à quelqu'un qui t'a fait du mal, ce n'est pas facile. » Le pasteur Pitou ne cache pas la difficulté. Lors du culte dominical du 4 octobre 2026 à l'EPEB Dieu Puissant, il poursuit un thème commencé lors d'une prédication précédente : aimer et pardonner ses ennemis.
Il le dit d'emblée : il nous semble très difficile de pardonner, surtout à nos ennemis. C'est pourtant la recommandation du Seigneur Jésus-Christ, « celui en qui nous avons cru ». Ce matin-là, il s'arrête sur une phrase que Jésus répète dans Matthieu 5 : « Vous avez appris qu'il a été dit… Mais moi, je vous dis. »
Ce n'est pas la parole d'un homme, insiste-t-il, c'est « la parole du maître ». Et ce que le Maître demande est impossible à vivre seul, mais possible par le pouvoir du Saint-Esprit.
Plan du message
1. Rappel : comment et pourquoi aimer ses ennemis
- La fois précédente, le pasteur avait posé une question : comment aimer nos ennemis ? Il avait renvoyé à Luc 23:34, où Jésus prie pour ceux qui le crucifient.
- Cinq pistes avaient été données : prier pour nos ennemis, refuser la vengeance, garder un langage qui bénit, chercher la paix autant que possible, et laisser la justice d'en haut agir au lieu de chercher à se venger.
- Puis une deuxième question : pourquoi aimer nos ennemis ? Pour avoir la victoire sur le mal, et pour témoigner du royaume de Dieu.
- Ce dimanche-là, il aborde le troisième point, en prévenant qu'il ne pourra pas le terminer et qu'il y reviendra.
2. « Mais moi, je vous dis » : c'est Jésus qui parle
- L'assemblée lit plusieurs passages de Matthieu 5 (versets 21, 27, 33, 38, 43 et 44). Le pasteur demande quelle phrase revient chaque fois. Réponse : « Vous avez appris qu'il a été dit. »
- On avait appris « œil pour œil, dent pour dent », rendre le mal par le mal, haïr ses ennemis. Jésus apporte autre chose : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous persécutent. »
- Le pasteur reprend une phrase que répète souvent le pasteur principal de l'Église : dans les Bibles où les paroles de Jésus sont écrites en rouge, « c'est le Seigneur qui parle lui-même ». Ici, ce n'est ni un prophète ni un disciple.
- Si l'on te gifle sur une joue, présente aussi l'autre. Si l'on prend ta tunique, laisse aussi ton manteau. Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger. « Ce n'est pas facile. Il faut porter le cœur de Dieu pour arriver à faire tout cela. »
- Le but est donné par Jésus lui-même : que vous soyez appelés fils du Très-Haut (Matthieu 5:45). Si nous croyons qu'il est le chemin, la vérité et la vie, nous devons marcher selon ses consignes.
3. L'amour de Dieu a tout donné
- « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jean 3:16). Le Seigneur n'a pas regardé nos égos ni l'état dans lequel nous étions, ni la couleur de notre peau. Il s'est livré lui-même pour que nous ayons la vie éternelle.
- Le pasteur se montre franc : père d'un seul fils, il avoue qu'il ne le sacrifierait pas pour l'Église sur la foi d'une simple vision. « Je suis devant vous, franc et honnête. » C'est pour mesurer combien l'amour de Dieu est unique.
- « Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie », et l'iniquité qui était sur nous est tombée sur lui (Ésaïe 53:6). Jésus n'a pas renoncé.
- Il reprend un exemple donné la fois précédente : une femme de 50 ans condamnée à mort aux États-Unis, qui a clamé son innocence jusqu'au bout. Elle avait pourtant participé au meurtre qu'on lui reprochait. « Mais il y a quelqu'un qui n'a pas péché. » En pensant à elle, le pasteur a pensé à Jésus : « un innocent qui est mort à cause de moi ».
4. Un enfant de Dieu ne garde pas d'ennemis dans son cœur
- L'assemblée lit 1 Jean 4:20, Jean 13:34 et 1 Corinthiens 13:1. Le constat : le Seigneur insiste sur l'amour.
- « Tu ne peux pas prétendre être un enfant de Dieu aussi longtemps que dans ton cœur tu as encore des ennemis. » Tu ne peux pas te frapper la poitrine en disant « je suis un serviteur » si tu sais qu'il y a des gens à qui tu ne parles pas, que tu ne salues pas, dont le visage t'énerve.
- Quand il y a un problème, on se sépare. « C'est ce que l'ennemi veut » : que l'Église et les enfants de Dieu soient divisés.
- La Bible donne un conseil : si ton frère a péché contre toi, va lui parler. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère (Matthieu 18:15). Et quand une âme est gagnée, il y a de la joie au ciel (Luc 15:7). « Nous devons chercher à créer la fête. »
5. « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes animés »
- Jésus veut traverser un village pour aller à Jérusalem. On refuse de le recevoir. Les deux fils de Zébédée demandent : « Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume ? » (Luc 9:51-56)
- « Si c'était toi et moi, on allait peut-être faire pareil. » Élie avait fait descendre le feu devant les prophètes de Baal, pour qu'on sache qu'il y a un Dieu en Israël (1 Rois 18).
- Mais Jésus les reprend. Le pasteur lui prête ces mots : « Si je commande le feu, je perds les âmes. J'ai été envoyé pour ne pas perdre, pour gagner. » Le feu ne descendra pas.
- Il applique cela à la colère : « Lorsque la colère t'amène à faire n'importe quoi, c'est parce que tu ne sais pas de quoi tu es animé. » Certains disent qu'en colère ils se transforment. « Ça ne fera rien, et tu ne fais peur à personne. »
- Si vous faites comme les païens, quelle différence y a-t-il entre vous et eux (Matthieu 5:46-47) ? Jésus dit : pardonnez, humiliez-vous. Là où l'on t'a humilié, bénis. Celui qui s'abaisse sera élevé (Luc 14:11), et l'humilité précède la gloire (Proverbes 15:33).
- Le pasteur invite alors l'assemblée à se lever : celui qui n'a de problème avec personne dans la salle va saluer ses frères et sœurs, « une bonne salutation fraternelle dans l'amour ».
6. Pardonner par le pouvoir du Saint-Esprit
- « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère » (Éphésiens 4:26). Combien se sont endormis en colère ? Et cela arrive jusque dans nos maisons, entre papas et mamans.
- La première réaction de tout homme face à une situation, c'est la colère. Ensuite on prend le temps de réfléchir, de se ressaisir. « Pendant ces minutes-là, si le Seigneur arrivait, tu vas rater le ciel à cause de la colère. »
- Le pasteur nomme les blessures profondes : celui qui a tué ton fils, celui qui a battu ta mère ou ton père, celui qui t'a poignardé et dont la cicatrice te rappelle le visage. « Seuls nous sommes incapables, seuls nous sommes limités. »
- « Ce n'est pas par ta force, c'est par le pouvoir du Saint-Esprit. » Il faut s'abandonner entre ses mains, car le message de Jésus est centré sur l'amour, et la nature de Dieu, c'est l'amour.
- Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger : ce sont des charbons ardents que tu amasses sur sa tête (Romains 12:20).
- « Ne rejette pas la faute sur une autre personne. Ne dis pas que ça ne te concerne pas. » Demande à l'Esprit de Dieu un cœur nouveau, le pouvoir de pardonner, y compris à ceux à qui l'on s'est juré de ne plus jamais parler.
- La prière qui conclut le message rappelle que l'amour couvre une multitude de péchés (1 Pierre 4:8) et, alors que l'Église se prépare à un jeûne de 40 jours, que si nous ne pardonnons pas, Dieu ne nous pardonnera pas non plus nos offenses (Matthieu 6:15).
Points à retenir
- « Mais moi, je vous dis » : aimer ses ennemis n'est pas une idée de pasteur, c'est la parole de Jésus lui-même.
- L'amour de Dieu ne nous a pas regardés selon ce que nous méritions : l'innocent est mort pour les coupables.
- On ne peut pas se dire enfant de Dieu en gardant dans son cœur des gens qu'on refuse de saluer.
- La colère nous fait réclamer le feu du ciel. Jésus est venu pour gagner les âmes, pas pour les perdre.
- Pardonner dépasse nos forces. C'est le Saint-Esprit qui donne un cœur nouveau.
Application personnelle
- Y a-t-il quelqu'un que tu ne salues plus, ou dont le visage t'énerve dès que tu le vois ?
- Dans quelle situation récente as-tu voulu, toi aussi, « commander le feu » plutôt que bénir ?
- Ton frère ou ta sœur a péché contre toi : quand iras-tu lui parler pour le gagner ?
- T'es-tu endormi en colère ces derniers jours, dans ta maison ou à l'église ?
- Quelle blessure profonde dois-tu remettre au Saint-Esprit en lui demandant un cœur nouveau ?
Versets cités
- Matthieu 5:21-48
- Luc 23:34
- Jean 3:16
- Ésaïe 53:6
- 1 Jean 4:20
- Jean 13:34
- 1 Corinthiens 13:1
- Matthieu 18:15
- Luc 15:7
- Luc 9:51-56
- 1 Rois 18:36-38
- Luc 14:11
- Proverbes 15:33
- Éphésiens 4:26
- Romains 12:20
- 1 Pierre 4:8
- Matthieu 6:15
Questions fréquentes
Que signifie « Vous avez appris qu'il a été dit, mais moi je vous dis » dans Matthieu 5 ?
C'est la phrase qui revient dans Matthieu 5. Pour le pasteur Pitou, ce n'est ni un prophète ni un disciple qui parle : c'est Jésus lui-même, la Parole faite chair. À la loi du talion, il oppose un commandement : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous persécutent.
Peut-on se dire enfant de Dieu en gardant des ennemis dans son cœur ?
Le pasteur Pitou répond que non. Tu ne peux pas te dire serviteur de Dieu si tu sais qu'il y a des gens que tu ne salues pas ou dont le visage t'énerve. Il s'appuie sur 1 Jean 4:20 : comment dire que l'on aime Dieu que l'on ne voit pas, si l'on n'aime pas son frère que l'on voit ?
Comment pardonner quand la blessure est trop profonde ?
Le prédicateur reconnaît que seuls, nous sommes incapables de pardonner à celui qui nous a fait beaucoup de mal. Ce n'est pas par ta force, c'est par le pouvoir du Saint-Esprit. Il invite à s'abandonner entre ses mains et à demander à Dieu un cœur nouveau, capable de pardonner.