La seule chose que Dieu ne peut pas faire

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Introduction

L'Église Évangélique Paris Métropole a lancé sa rentrée avec une série intitulée « Assemblé : vivre ensemble l'extraordinaire dans l'ordinaire ». Le modèle, c'est la première Église, où les croyants étaient ensemble « d'un commun accord » (Actes 2:46). Actes 2:42 dit que les premiers chrétiens persévéraient dans l'enseignement des apôtres. Pour Christian Robichaud, persévérer ne veut pas dire tenir comme un marathonien à bout de forces : cela veut dire prendre à cœur. Les premiers chrétiens prenaient à cœur la parole de Dieu.

Une question se pose alors : si la parole de Dieu est si puissante, pourquoi tant de gens lui résistent-ils ? Le pasteur ouvre son message avec cette tension, et avec un titre qui surprend : « La seule chose que Dieu ne peut pas faire ».

Pour y répondre, il raconte l'histoire de trois rois, trois générations d'une même famille : le grand-père Ézéchias, le père Manassé et le petit-fils Josias. Trois façons différentes de recevoir la parole de Dieu. Puis il termine avec l'auteur du chant chrétien le plus connu au monde, Amazing Grace.

Plan du message

1. Une chose que Dieu ne peut pas faire

  • Dieu a créé l'univers par sa parole : « Dieu dit : Que la lumière soit ! » (Genèse 1:3). Alors pourquoi n'a-t-il pas empêché Ève de désobéir ?
  • Pourquoi a-t-il pu mettre l'Égypte à genoux, mais pas empêcher son propre peuple de douter de lui dans le désert ? Pourquoi a-t-il pu déplacer des empires, Assyriens et Babyloniens, autour de Jérusalem, mais pas empêcher un roi d'aller vers la sorcellerie ?
  • Le sanhédrin, la plus haute autorité religieuse de l'époque, a vu le visage d'Étienne « comme celui d'un ange » (Actes 6:15). Cela ne l'a pas empêché de le lapider. Et pourquoi Dieu bénit-il la personne assise à côté de moi, et pas moi ? « C'est des vraies questions. »
  • Nous chantons que rien n'est impossible à Dieu. Pourtant, la Bible dit qu'il y a une chose qu'il ne peut pas faire. Dans sa dernière lettre à Timothée, « presque comme son testament », Paul écrit que Dieu « ne peut se renier lui-même » (2 Timothée 2:13).
  • Dieu n'ira jamais contre ce qu'il a fait. Or, de toute la création, il a fait un seul être vivant libre de se rebeller, de douter, de discuter et même de persécuter l'Église : l'être humain. Les anges obéissent à Dieu, le diable obéit à Dieu, les éléments obéissent à Jésus qui marche sur les eaux et calme la tempête. « Mais l'homme, non, c'est différent. »
  • « Dieu veut pas des robots, il veut pas des automates. » Il aspire à une relation, une communion, une amitié qui n'est pas forcée, qui vient de tes propres réflexions et d'une décision libre : « OK, je mets ma main dans la main de Dieu et je vais y aller avec lui. »
  • Il y a eu des moments où Dieu a mis quelque chose dans la tête d'un homme pour un plan précis. Mais il y a une chose qu'il ne fera pas : « Il ne te forcera pas à l'aimer. » Il n'a pas besoin de ton amour, mais il veut que tu l'aimes.

2. Dieu agit sur les circonstances de ta vie

  • Comment Dieu va-t-il s'y prendre ? Il va utiliser les éléments extérieurs de ta vie, qui sont tous dans sa main et sous son autorité. Il gère les circonstances pour t'interpeller, t'éveiller, jusqu'à ce que tu dises : « Mais c'est pas possible, il doit y avoir quelque chose de surnaturel. »
  • Le but, c'est la décision dont parle Jacques 1:21 : recevoir avec douceur la parole qui a été plantée en nous. Cette douceur, c'est un esprit d'humilité.
  • Le problème numéro un de l'homme, c'est son ego : « Notre grand problème, c'est qu'on veut pas que Dieu soit le boss. »
  • « La toute-puissante parole de Dieu, celle qui a créé l'univers, s'arrête au seuil de ton cœur. » Comme un gentleman, Dieu frappe tout doucement pour que tu ouvres toi-même ton cœur.

3. Ézéchias : la parole qui évite la catastrophe

  • Ézéchias aime Dieu et marche fidèlement devant lui. Pourtant, une très grande épreuve arrive : une immense armée assyrienne entoure Jérusalem et le rapport de force est mauvais. Le pasteur répond d'avance à l'objection : « Je suis une bonne personne, je crois en Dieu », et pourtant des problèmes énormes peuvent venir.
  • Plutôt que de se confier en Dieu, le roi court vers les moyens humains et envoie des émissaires en Égypte : « Au secours, venez m'aider, vendez-moi des chars. »
  • Dieu envoie le prophète Ésaïe : « Malheur aux enfants rebelles », qui forment des desseins sans lui, qui descendent en Égypte sans le consulter, pour se réfugier sous la protection de Pharaon et sous l'ombre de l'Égypte (Ésaïe 30:1-2).
  • « Vous n'avez pas interrogé ma bouche. » L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Matthieu 4:4). Autrement dit : « J'ai une parole pour ta situation. Je peux intervenir, mais il faut que tu viennes vers moi. »
  • Ézéchias revient sur sa décision, va dans la maison de Dieu, déchire ses vêtements de roi et se repent. En une nuit, Dieu frappe l'armée ennemie (2 Rois 19:35). Le lendemain matin, il n'y a plus de problème. « Dieu peut retourner une situation comme ça. »
  • Première leçon : si tu considères la parole de Dieu, elle peut t'éviter la catastrophe. Le pasteur reçoit souvent dans son bureau des personnes qui n'ont pas écouté et qui ont vécu des catastrophes. La Bible, dit-il, contient des principes de vie qui valent de l'or. Même ceux qui ne croient pas en Dieu prendraient des décisions plus sages s'ils lisaient simplement le livre des Proverbes.

4. Manassé : la catastrophe qui ramène à Dieu

  • Avec Manassé, fils d'Ézéchias, c'est l'inverse : il se détourne de Dieu, et c'est la catastrophe qui va le ramener.
  • Il instaure le culte de Baal, qui offrait l'accès au divin « en toute immoralité » : la fête, l'ivresse, la débauche, et même l'adultère comme culte de fécondité. Des hommes partaient le matin une offrande à la main en assurant à leur femme qu'ils n'allaient pas la tromper : ils allaient seulement rejoindre une « prophétesse sacrée » pour le culte de fécondité. « C'est incroyable ce que l'homme peut inventer pour justifier le mal. »
  • Cela devient la religion nationale : « Faites ce que vous voulez, comme vous voulez, avec qui vous voulez. Ayez fun, vivez votre best life. » Le Dieu d'Israël, qui demande une vie morale, est mis de côté.
  • Manassé se prosterne devant l'armée des cieux, pratique la magie et les enchantements, établit des sorciers partout, place des idoles dans la maison de Dieu et fait passer ses fils par le feu, en l'honneur du dieu Moloc. Il pousse le peuple à faire le mal plus que les nations voisines et répand le sang innocent jusqu'à remplir Jérusalem d'un bout à l'autre (2 Rois 21:16) : sans justice, la ville devient le lieu des règlements de comptes.
  • Dieu envoie des messagers, mais Manassé ne les écoute pas (2 Chroniques 33:10). « On rigole pas avec Dieu. » Dieu envoie l'armée d'Assyrie, la même qu'il avait vaincue du temps de son père. Elle n'assiège pas Jérusalem : elle vient chercher un seul homme. On lui met les fers aux pieds et on l'emmène jusqu'à Babylone (2 Chroniques 33:11).
  • Au fond de son donjon, au bout de lui-même, il se débat « comme un cheval sauvage », crie à Dieu et se repent. Dieu se laisse fléchir, après tout le mal que cet homme a fait (2 Chroniques 33:12-13). Revenu à Jérusalem, Manassé fait le ménage, fortifie le pays, protège les gens et devient un bon chef.
  • Dieu n'a pas mis dans Manassé « une sorte de baguette magique » pour qu'il aime Dieu d'un coup. Il a travaillé les éléments extérieurs de sa vie. « Et Dieu fait encore la même chose aujourd'hui. »

5. Josias : un cœur qui cherche Dieu

  • Avec le petit-fils, Josias, c'est tout autre chose. Dieu ne lui envoie pas de prophète. Josias n'a même pas de Bible : il fait partie de générations qui n'ont jamais entendu parler de Dieu.
  • Le pasteur affirme que Josias a lui-même été « passé par le feu » de Moloc, comme les fils de Manassé, et qu'il en a porté les brûlures sur la nuque toute sa vie.
  • Pourtant, alors qu'il était encore jeune, il commença à rechercher le Dieu de David (2 Chroniques 34:3). « Voyez-vous à quel point l'homme est libre de chercher Dieu, de s'intéresser à Dieu, de prendre Dieu au sérieux ou pas ? »
  • Devenu homme, il part avec son armée, les responsables et les Lévites, et parcourt tout le territoire pour détruire les autels des idoles. Cela lui prend six ans : « Imagine, tu achètes une maison et tu en as pour six ans à enlever les cafards. »
  • Puis il s'intéresse à la maison de Dieu, négligée depuis des décennies, et organise une collecte pour la rebâtir. Le pasteur précise : « Je suis pas en train d'essayer de vous manipuler pour donner de l'argent à l'église. »
  • Il compare la situation à une France où il n'y aurait plus aucune Bible : on ne sait plus qui est le Dieu d'Israël, ni ce qu'il demande. « Ils ont tout mais aucun intérêt pour Dieu. Lui n'a rien mais s'intéresse à Dieu. »
  • Pendant les travaux, on retrouve un rouleau poussiéreux : le livre de la loi (2 Chroniques 34:14-19). C'est comme si les avocats en France découvraient le code civil disparu depuis cinquante ans. On le lit au roi, qui déchire ses vêtements en mesurant à quel point le peuple est loin de Dieu.
  • « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements » (Joël 2:13). Déchirer son cœur, c'est briser son orgueil et dire : « J'ai vraiment besoin de Dieu. Faut que j'arrête de débattre et de me battre avec Dieu. »

6. John Newton : l'homme qui s'est battu avec Dieu

  • Derrière Amazing Grace se trouve John Newton. À sept ans, il perd sa mère et ne s'en remet jamais. Son père est très dur. Adolescent, il est enrôlé de force dans la marine anglaise. Il est même vendu comme esclave en Afrique, s'en sort, puis devient lui-même marchand d'esclaves.
  • Un marin chrétien lui donne un livre chrétien. Il le lit avec orgueil, en soupirant, mais il y revient : cela lui rappelle ce que sa mère avait déposé en lui quand elle lui enseignait des chants chrétiens. Le pasteur s'adresse aux mamans : « Vous pouvez déposer quelque chose dans vos enfants qui va les suivre toute leur vie. »
  • On l'appelait « le monstre ». Il en voulait à Dieu et à tout le monde. Un jour, une immense tempête frappe son navire près des côtes de l'Angleterre, « comme Jonas ». Il prend la barre : « Donne-moi la barre, j'ai des choses à régler avec Dieu. » Il comprend que Dieu veut son âme, mais il est trop orgueilleux. « C'est un Manassé. »
  • Il donne son cœur à Dieu pendant la tempête, puis le reprend. Pendant six ans, il reste plus ou moins chrétien tout en continuant la traite. Il faudra qu'une maladie le rende incapable de remonter sur un navire. « Dieu est prêt à tout pour gagner une âme. »
  • Certains comprennent très vite, d'autres non. Le pasteur, père de deux filles, le sait : « Dès que tu as deux enfants, tu comprends qu'ils sont pas pareils. » À l'une, tu dis de ne pas toucher parce qu'elle va se brûler, et elle répond : « Oui papa, pas de problème. » Avec l'autre, ce n'est pas la même histoire. « Dieu a toutes sortes d'enfants. »
  • Dieu met ensuite sur sa route un homme, Alexander Clunie, qui passe des soirées entières à lui expliquer la Bible : « Tu ne peux pas être un électron libre, tu ne peux pas juste croire en Dieu et vivre ta vie. Il faut que tu ailles à l'église. » Il l'oriente vers John Wesley et George Whitefield, qui prennent du temps avec lui et l'amènent dans la Parole.
  • John Newton devient pasteur. Plus tard, il soutient William Wilberforce, que le pasteur présente comme le premier en Angleterre à se lever contre la traite des esclaves. Selon lui, Newton est le premier ancien marchand d'esclaves à témoigner publiquement des horreurs commises et du pardon trouvé en Jésus-Christ.

7. Sois un Josias

  • Tu n'es pas obligé d'être comme Ézéchias et de frôler la catastrophe pour revenir à Dieu. Tu n'es pas obligé non plus de vivre la catastrophe comme Manassé. Tu peux être un Josias, qui avait si peu mais qui cherchait Dieu.
  • « L'Éternel a de la bonté pour qui espère en lui, pour l'âme qui le cherche » (Lamentations 3:25). Chercher Dieu, le vrai Dieu, pas une religion qui va dans ton sens ni une forme de christianisme qui permet de pécher autant que tu veux.
  • « Sois comme Josias, cherche la parole. » Si aller à l'église est encore trop pour toi au début de ta foi, lis la Bible. Va vérifier ce que le pasteur a dit.
  • En terminant, Christian Robichaud prie pour la personne qui a dit récemment : « Je suis fatigué ». « Et si c'était Dieu qui utilise les éléments autour de toi pour que tu te tournes vers lui ? » Pas vers l'église ni vers un homme, mais vers Dieu : « Seigneur, je me rends comme John Newton. Prends mes batailles, mes blessures, ma colère, mes questions. »

Points à retenir

  • Dieu ne peut pas se renier lui-même : il a créé l'homme libre et il ne forcera jamais personne à l'aimer.
  • Dieu agit sur les circonstances extérieures de ta vie pour t'amener à recevoir sa parole avec humilité. Sa parole s'arrête au seuil de ton cœur.
  • Écouter la parole de Dieu peut t'éviter la catastrophe, comme pour Ézéchias.
  • Quand on refuse d'écouter, Dieu peut utiliser la catastrophe pour ramener quelqu'un, comme Manassé ou John Newton. Et il se laisse fléchir par celui qui revient.
  • Il est possible de chercher Dieu dès maintenant, avec presque rien, comme Josias : Dieu est bon pour ceux qui le cherchent.

Application personnelle

  1. Quelles circonstances de ta vie Dieu pourrait-il utiliser en ce moment pour attirer ton attention ?
  2. Dans quel domaine refuses-tu encore que Dieu soit « le boss » ?
  3. Face à tes difficultés, cours-tu d'abord vers « l'Égypte », tes moyens humains, ou viens-tu interroger la bouche de Dieu ?
  4. Te reconnais-tu plutôt en Ézéchias, en Manassé ou en Josias ? Que faudrait-il pour que tu deviennes un Josias ?
  5. Quand vas-tu ouvrir ta Bible cette semaine pour chercher Dieu par toi-même ?

Versets cités

Questions fréquentes

Quelle est la seule chose que Dieu ne peut pas faire ?

D'après 2 Timothée 2:13, Dieu ne peut pas se renier lui-même. Christian Robichaud en tire une conséquence : Dieu a créé l'être humain avec un libre choix et il n'ira jamais contre ce qu'il a fait. Il ne forcera donc jamais personne à l'aimer. Il veut une relation qui vient de ta propre décision.

Comment Dieu attire-t-il quelqu'un sans le forcer ?

Dieu agit sur les éléments extérieurs de ta vie, qui sont tous sous son autorité. Il gère les circonstances pour t'interpeller et t'éveiller, jusqu'à ce que tu reconnaisses sa main et que tu reçoives sa parole avec douceur, comme le demande Jacques 1:21. Sa parole s'arrête au seuil de ton cœur : il frappe, mais c'est toi qui ouvres.

Que nous apprennent Ézéchias, Manassé et Josias ?

Ce sont trois rois et trois façons de recevoir la parole de Dieu. Ézéchias revient à la parole et évite la catastrophe. Manassé refuse de l'écouter et c'est la catastrophe qui le ramène à Dieu. Josias, qui n'avait presque rien, cherche Dieu dès sa jeunesse. Christian Robichaud invite à être un Josias, car Dieu est bon pour ceux qui le cherchent.

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