Matthieu 7 : regarder en soi et vers Dieu avant de juger

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Introduction

Andrew Gibson conclut à Christian Fellowship Church la série Foundations, quatre semaines consacrées au Sermon sur la montagne. Le but de cette série : comprendre ce que veut dire suivre Jésus, et comment cela touche nos vies, nos pensées et nos actions. Quand nous prions « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », c'est cela que nous demandons : vivre la voie de Jésus au quotidien. On a appelé le Sermon sur la montagne le « manifeste du royaume ».

Le prédicateur commence par une bonne nouvelle : la semaine précédente, lors d'un événement Crown Jesus à Dungannon, 127 jeunes ont donné leur vie à Jésus. « Il est notre vérité. Il est notre vie. Il est notre chemin. Et tout se met en place quand notre vie est ordonnée à partir de lui. »

C'est depuis cette place que le message aborde Matthieu 7:1-6 et la question du jugement. Jésus n'interdit pas tout discernement. Il montre comment juger et qui juger : regarder en toi, puis vers Dieu, avant de regarder ton frère. Et ne jamais le faire sans être assez proche pour le regarder dans les yeux.

Plan du message

1. Le royaume ordonne toute la vie

  • Le royaume passe avant tout le reste : avant les nationalités et les identités, avant les passeports et les allégeances. Notre allégeance va d'abord à celui qui libère les captifs.
  • Enfant, Andrew Gibson faisait partie de la BB, un mouvement de jeunesse en uniforme. Chaque soirée commençait par un alignement : les plus grands à droite, les plus petits à gauche. Chacun jouait des coudes et bombait le torse pour trouver sa place. Tout s'ordonnait à partir du plus grand.
  • Il en est ainsi quand on cherche premièrement le royaume : tout découle de celui qui a l'autorité. « Qui a la plus haute place dans ta vie ? »
  • Ancien professeur d'éducation physique en Irlande du Nord, le prédicateur évoque ses lunettes de soleil à verres Prizm : elles filtrent ce qui ne devrait pas être là et font voir clairement ce qui doit l'être. Être citoyen du royaume, c'est mettre les « lunettes de Jésus ».
  • C'est à partir de lui que nous ordonnons notre pensée sur la colère, l'inquiétude, l'argent, et aujourd'hui sur le jugement.

2. Juger sans écraser

  • Juger fait partie de notre culture. À la télévision, les émissions de télé-crochet font des juges des vedettes. Dans la vie de tous les jours, on commente sans fin ce que tel ou tel a publié sur Facebook. Au temps de Jésus, ce n'était pas différent.
  • « Ne jugez point » ne veut pas dire ne jamais discerner le bien du mal, ni ne jamais corriger quelqu'un qui s'éloigne de la voie du royaume. Quelques versets plus loin, Jésus demande de reconnaître les loups déguisés en brebis. En Jean 7:24, il dit : « Ne jugez pas selon l'apparence, mais jugez selon la justice. » Paul écrit aux Corinthiens qu'ils ont à juger ceux du dedans.
  • Dans ce passage même, Jésus parle d'ôter la paille de l'œil du frère une fois la poutre retirée. Le jugement existe donc. « Comment tu juges et qui tu juges, voilà la clé. »
  • Le mot grec employé, krinô, porte ici une nuance de condamnation : rabaisser l'autre pour s'élever soi-même. C'était la culture des pharisiens et des docteurs de la loi, d'où le mot « hypocrite ».
  • Ce jugement-là naît de l'orgueil et du sentiment de supériorité : « Je te juge pour me sentir mieux. Je te juge parce que cela me fait sentir que tu vaux moins que moi. » Celui qui vit ainsi le recevra en retour, avec la même mesure.
  • Le prédicateur montre l'image d'un mur d'escalade. Juger à la manière que Jésus condamne, c'est rester en haut, sûr d'avoir raison, sans tendre la main à celui qui est plus bas. Le jugement du royaume, c'est celui qui connaît la voie, qui a retiré sa poutre, et qui tend la main pour aider l'autre à monter : « Viens, c'est par ici. »

3. Regarder en soi et vers Dieu avant de regarder les autres

  • Avant de savoir grimper, il a fallu régler beaucoup de choses. Les paroles de Jésus rejoignent la prière de David : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l'éternité ! » (Psaume 139:23-24).
  • David ne parle de personne d'autre que de lui-même. Le jugement commence là. D'où la formule du prédicateur : regarder en soi, puis regarder en haut, avant d'oser regarder dehors.
  • Il ne s'agit pas de situer Dieu géographiquement, puisqu'il est partout et même au-dedans de nous, mais d'une direction, comme dans le psaume : « Je lève mes yeux vers les montagnes… D'où me viendra le secours ? » (Psaume 121:1).
  • « Si les disciples de Jésus passaient plus de temps à regarder en eux et vers le haut avant de regarder dehors, l'Église se porterait mieux. » Ceux du dehors se sont souvent sentis regardés de haut par l'Église, et ceux du dedans aussi.
  • Jeune chrétien, Andrew Gibson a été jugé pour la version de la Bible qu'il lisait. Pourquoi ne pas simplement se réjouir qu'il lise les Écritures ?
  • Son fils est allé à un baptême un vendredi soir, habillé normalement, comme son père le lui avait conseillé. Il était le seul à ne pas être endimanché, et son sweat à capuche était rouge vif. En sortant, il a dit : « Papa, je ne me suis jamais senti aussi jugé. »
  • Une implanteuse d'Église de Belfast a raconté sa conversion lors de son baptême : Jésus lui était apparu en rêve. On l'a reprise ensuite : « Tu te prends pour qui, Joseph ou Daniel ? » Plus tard, une amie à peine convertie a été écartée de la cène parce que sa tenue ne convenait pas.
  • Puis le prédicateur s'arrête sur lui-même : ce qu'il vient de raconter n'est-il pas déjà un jugement ? « C'est si facile de glisser dans le jugement. » Il ne connaît même pas ces personnes. D'où la deuxième question : qui juges-tu ? Pas quelqu'un que tu ne pourrais pas regarder dans les yeux, qui ne te fait pas confiance et ne sait pas que tu l'aimes.

4. Jésus face à la femme surprise en adultère

  • En Matthieu 7, Jésus enseigne. En Jean 8, il montre comment faire. Les scribes et les pharisiens amènent une femme surprise en flagrant délit d'adultère : la loi demande de la lapider, que dit Jésus ?
  • Jésus ne répond rien et écrit sur le sol avec le doigt. Comme ils insistent, il dit : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. » Puis il se baisse et écrit une seconde fois.
  • Quand Dieu a-t-il écrit deux fois de son doigt dans l'Écriture ? Pour les tables de la loi. Moïse les a brisées en voyant le peuple adorer le veau d'or, et Dieu les a écrites à nouveau. Or Dieu compare l'idolâtrie à l'adultère.
  • Certains spécialistes du Nouveau Testament y voient ce que Jésus faisait en écrivant deux fois. Ces hommes comprennent qu'ils sont aussi coupables que la femme, et que tout le peuple l'est. Ils avaient leurs poutres à régler. Accusés par leur conscience, ils se retirent un à un.
  • Jésus, le seul sans péché, ne jette pas de pierre. « Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus. » Le prédicateur y voit le cerf-volant de la grâce, tenu par les poignées de la vérité.
  • Le péché n'est pas ignoré. Il est nommé, et la repentance est demandée. Mais Jésus, en haut du mur, veut faire monter cette femme : « C'est toujours un péché, mais je ne te condamne pas. Je t'aime, et je veux te voir relevée et entière. »

5. La paille se retire de près

  • L'image de la paille et de la poutre parle au prédicateur : son père est aveugle de l'œil droit, depuis qu'à onze ans il a couru dans la maison un crayon à la main.
  • En famille, sur la plage de Portstewart Strand, les parties de rugby avec ses garçons finissaient souvent en larmes, avec du sable dans les yeux.
  • Pour retirer du sable d'un œil, il faut être tout près et très doux. Et l'enfant doit avoir confiance : savoir qu'on l'aime et qu'on ne veut que son bien. Il fallait assez de crédit relationnel pour le faire. Et il valait mieux ne pas avoir soi-même du sable dans les yeux.
  • « Il faut être proche pour voir la paille. La paille, c'est une affaire d'intimité, de relation, de face à face. » Cesse de t'inquiéter des pailles, occupe-toi de la relation. C'est, pour le prédicateur, le cœur du passage.
  • Jean Chrysostome, un des Pères de l'Église, écrivait sur ce texte : « Corrige, mais pas comme un ennemi ni comme un adversaire qui réclame une peine, mais comme un médecin plein d'amour qui apporte des remèdes, et plus encore, comme un frère aimant, soucieux de secourir et de relever. »
  • Pas de condamnation, mais un discernement moral et une croissance dans la ressemblance à Christ. Aider sans blesser, rapprocher les autres de Christ sans les en éloigner, voir clair d'abord avant de vouloir aider les autres à voir.

6. Les perles et les pourceaux

  • Le verset 6 est souvent cité hors contexte. Le prédicateur a entendu un homme, à la salle de sport, dire à propos d'une ancienne relation : « Je ne vais pas jeter mes perles devant les pourceaux. » L'expression est entrée dans le langage courant.
  • Le verset se comprend avec les précédents. Une fois la poutre retirée, tu vois clair. Et tu découvres que les jugements que tu portes et le chemin que tu prends ne seront pas acceptés par tous.
  • Jésus passe du langage du frère, proche et lié, à celui des chiens et des pourceaux, qui étaient impurs et restaient dehors. La paille et la poutre concernent ceux qui sont dedans, en relation.
  • Même quand tu choisis des perles, comme la perle de grand prix, certains trouveront sans valeur ce que tu as choisi et le fouleront aux pieds. Ne t'attends pas à ce que tout le monde accepte ta manière de vivre ni l'Évangile que tu annonces.
  • Réfléchis lentement et avec soin avant de porter un jugement sur quelqu'un qui n'est pas en relation avec toi dans le royaume, ou dont tu n'es pas assez proche pour le regarder dans les yeux.

7. Répondre par la prière de David

  • L'assemblée prie ensemble le Psaume 139 : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur. Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l'éternité. »
  • Le prédicateur demande au Saint-Esprit de montrer les poutres, « parce qu'elles sont là » : les attitudes du cœur, les opinions, les paroles dont il faut se repentir.
  • Il invite aussi à recevoir la guérison ceux qui ont subi un jugement indigne du royaume et de Jésus.
  • Il lance un défi particulier aux hommes : avoir dans leur vie d'autres hommes qui peuvent les regarder dans les yeux, en qui ils ont confiance, pour porter ensemble des jugements saints, bons et éclairés. « Maintenant est le moment, les yeux dans les yeux, face à face, d'ôter les poutres et les pailles. »

Points à retenir

  • Jésus n'interdit pas le discernement. Il condamne le jugement qui rabaisse l'autre pour s'élever soi-même.
  • L'ordre du royaume : regarder en toi, puis vers Dieu, avant de regarder les autres. « Sonde-moi, ô Dieu » commence par moi.
  • Jésus nomme le péché sans condamner la personne. Il veut la relever, pas la garder au pied du mur.
  • La paille se retire de près, avec douceur, dans une relation de confiance. Occupe-toi de la relation avant de t'occuper de la paille.
  • Ce qui est saint et précieux ne sera pas reçu par tous. Sois très prudent avant de juger ceux qui ne sont pas en relation avec toi.

Application personnelle

  1. Qui a la plus haute place dans ta vie, celle à partir de laquelle tout le reste s'ordonne ?
  2. Quand as-tu jugé quelqu'un récemment, et était-ce pour l'aider à monter ou pour te sentir au-dessus de lui ?
  3. Quelle poutre le Saint-Esprit te montre-t-il quand tu pries « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur » ?
  4. Y a-t-il quelqu'un dont tu commentes la vie sans être assez proche pour le regarder dans les yeux ?
  5. Avec qui vis-tu une relation assez sûre pour qu'il puisse t'aider à ôter une paille, et toi la sienne ?

Versets cités

Questions fréquentes

Jésus interdit-il tout jugement en Matthieu 7:1 ?

Non. Andrew Gibson rappelle que Jésus demande ailleurs de juger selon la justice (Jean 7:24) et de discerner les faux prophètes. Ce qu'il condamne, c'est le jugement qui rabaisse l'autre pour s'élever soi-même. La question est donc de savoir comment tu juges et qui tu juges.

Que signifie « regarder en soi et vers Dieu avant de regarder les autres » ?

C'est l'ordre que le prédicateur tire de Matthieu 7 et du Psaume 139 : d'abord laisser Dieu sonder ton cœur et ôter ta poutre, puis lever les yeux vers lui, et seulement ensuite regarder ton frère. David, dans sa prière, ne parle de personne d'autre que de lui-même.

Que veut dire « ne jetez pas vos perles devant les pourceaux » ?

Pour Andrew Gibson, ce verset prolonge les précédents. On passe du langage du frère, proche, à celui des chiens et des pourceaux, qui sont dehors. Même ce qui est saint et précieux ne sera pas reçu par tous : ne t'attends pas à ce que chacun accepte ta manière de vivre ni l'Évangile.

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