Dieu cherche un homme à la brèche : diras-tu « me voici » ?

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Introduction

Invité un dimanche à l'Église Elim Paris, le pasteur Steve Jaffar est venu avec sa femme et un message qu'il porte depuis des années : la place de l'homme dans la création. Sa conviction est simple. Si tu comprends quelle est ta place et quel est ton rôle, ta vie change. Pas parce que tu deviens plus puissant, mais parce que tu arrêtes enfin de te battre à côté de ce que Dieu a mis en toi.

Le message part d'une image saisissante : quand Dieu a créé l'homme, la Bible dit que toute la création a éclaté en cris de joie (Job 38.7). Les anges, les êtres célestes, tout le conseil des cieux applaudit. Pourquoi ? Parce qu'ils comprenaient ce que Dieu venait de faire. Il manquait un acteur sur la terre. Et cet acteur, c'est toi.

Plan du message

1. Le monde spirituel est ordonné : Dieu respecte son propre protocole

  • Dans Daniel 10, l'ange Gabriel explique à Daniel pourquoi sa réponse a mis vingt et un jours à arriver : « Le chef du royaume de Perse m'a résisté vingt et un jours, mais voici, Micaël, l'un des premiers chefs, est venu à mon secours. » (Daniel 10.13).
  • Steve Jaffar souligne que le mot hébreu sar désigne un « prince » ou un « chef », utilisé dans ce passage pour parler d'une autorité spirituelle attribuée à un territoire. Michaël est présenté ailleurs comme « le grand chef qui se tient auprès des enfants de ton peuple » (Daniel 12.1).
  • La conclusion pastorale : même Gabriel doit respecter un ordre céleste. Dieu n'est pas moins puissant pour autant. Il est fidèle à ce qu'il a lui-même établi. Sa parole ne peut pas revenir vide (Ésaïe 55.11), et il ne peut pas se renier lui-même (2 Timothée 2.13).

2. Le Psaume 82 : Dieu juge l'assemblée et confie la terre à son Fils

  • « Dieu se tient dans l'assemblée de Dieu ; il juge au milieu des dieux. » (Psaume 82.1). Le prédicateur lit ce psaume comme une scène de conseil : Dieu reproche à ceux à qui il a confié une autorité de ne pas avoir rendu justice aux faibles, aux orphelins, aux pauvres.
  • La finale du psaume est un appel : « Lève-toi, ô Dieu, juge la terre ! Car toutes les nations t'appartiennent. » (Psaume 82.8). Pour Steve Jaffar, ce cri prépare la venue de Jésus, celui qui vient rétablir la justice que d'autres ont laissée s'effondrer.
  • C'est une lecture d'école Divine Council qui mérite d'être signalée : certains commentateurs évangéliques préfèrent voir dans les « dieux » du Psaume 82 des juges humains d'Israël, comme Jésus semble le suggérer en Jean 10.34-35. Les deux lectures existent dans l'histoire de l'Église. Ce qui reste stable, c'est le résultat : Dieu ne laisse jamais l'injustice avoir le dernier mot.

3. Adam au centre : la création acclame parce qu'elle attend un partenaire pour la terre

  • Quand Dieu crée l'homme, la Bible dit « cela était très bon » (Genèse 1.31). Job 38.7 précise que lors de la fondation du monde, « les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse et tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ».
  • Le prédicateur en tire une conclusion : la création attendait quelqu'un pour la terre. Dieu place Adam dans le jardin, il fait venir les animaux pour qu'Adam les nomme (Genèse 2.19). Dieu prend le risque de faire confiance. Il aime tellement l'homme qu'il accepte de le voir apprendre, se tromper, chercher.
  • Ta place n'est pas une place que tu as méritée. C'est une place que Dieu a préparée de toute éternité. Et il ne l'a pas donnée à un ange, il te l'a donnée à toi.

4. La stratégie de l'ennemi n'a jamais changé : attaquer ton identité

  • Ésaïe 14 et Ézéchiel 28 décrivent la chute d'un être élevé, images que la tradition chrétienne relie souvent à Satan. Ce qui l'a fait tomber, c'est le désir d'être « semblable au Très-Haut » (Ésaïe 14.14).
  • Quand il vient tenter Adam et Ève, il attaque cet endroit précis : « Vous serez comme des dieux » (Genèse 3.5). Sa stratégie : te faire croire qu'il te manque quelque chose que tu dois te procurer par tes propres forces.
  • Quand il vient tenter Jésus dans le désert, même angle : « Si tu es le Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains » (Matthieu 4.3). Trois fois de suite, il attaque l'identité, pas l'appétit.
  • Il fait la même chose avec toi. Si tu es un enfant de Dieu, tu ne devrais pas avoir cette pensée-là. Si tu étais vraiment sauvé, tu ne lutterais pas comme ça. Le chemin biblique ne consiste pas à devenir parfait pour être aimé. C'est l'inverse : Dieu te rend semblable à lui pour que tu sois capable de faire ce qui est bien. Le Saint-Esprit fait le travail à l'intérieur.

5. Marcher par l'Esprit, pas contre la chair

  • « Marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair. » (Galates 5.16). Paul ne dit pas de chasser la chair, il dit de marcher par l'Esprit. En avançant du bon côté, tu déloges l'autre.
  • Pierre développe la même idée : si les qualités qui viennent de l'Esprit (la foi, la vertu, la connaissance, la tempérance, la piété, l'amour fraternel, la charité), « sont en vous et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront ni oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ » (2 Pierre 1.5-8). Ces qualités ressemblent au fruit de l'Esprit de Galates 5.22-23. Ce n'est pas un hasard.
  • Le combat du chrétien n'est pas d'être parfait, c'est de tendre l'oreille vers ce qui est parfait. Si tu te construis un système religieux à ta main sans écouter le Saint-Esprit, tu prêches ta propre vision, pas l'Évangile.

6. Jésus a triomphé publiquement des dominations

  • « Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix. » (Colossiens 2.15). Steve Jaffar rappelle que Paul emprunte l'image du triomphe romain : un général vainqueur défilait dans la ville en exhibant les rois vaincus enchaînés.
  • Autrement dit, Jésus n'a pas remporté une petite victoire discrète. Il a fait défiler la défaite de tout ce qui prétendait dominer sur nos vies. « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Matthieu 28.18).
  • « Vous êtes assis avec lui dans les lieux célestes » (Éphésiens 2.6). Notre position spirituelle n'est plus une place perdue. Elle est reçue en Christ.

7. « Je cherche parmi eux un homme » : la brèche

  • Le cœur du message : « Je cherche parmi eux un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas ; mais je n'en trouve point. » (Ézéchiel 22.30).
  • Abraham négocie pour Sodome (Genèse 18.22-33). Moïse retient la main de Dieu au pied du veau d'or (Exode 32.11-14). Le Seigneur cherche encore aujourd'hui des visages qui acceptent de porter cette place.
  • « La création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement ; elle attend avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. » (Romains 8.19-22). Dieu a prévu que « les dominations et les autorités dans les lieux célestes connaissent aujourd'hui par l'Église la sagesse infiniment variée de Dieu » (Éphésiens 3.10).
  • Steve Jaffar rappelle la parole du Seigneur à Samuel : quand on est appelé, on n'a plus le droit de se rabaisser pour se dérober (voir 1 Samuel 3 et Jérémie 1.6-8, « Ne dis pas : Je suis un enfant »).

8. Un témoignage : commencer par « me voici »

  • Le prédicateur partage son histoire. Dieu lui a demandé, il y a plus de dix ans, d'écrire un livre. Il a eu peur du jugement d'autres pasteurs. Il n'a pas écrit. Récemment, un ami pasteur lui envoie un manuscrit à relire : c'est presque mot pour mot ce que le Seigneur lui avait demandé d'écrire. Il pleure. Pour deux raisons : la dureté de son propre cœur, et le fait que Dieu ait attendu plus de dix ans pour trouver quelqu'un qui accepte.
  • Depuis, sa règle est simple : si Dieu lui demande de faire un truc, il accepte. Il a quitté son CDI pour se mettre en freelance, tout en restant pasteur, parce que Dieu lui a dit : « Je cherche des pasteurs capables de regarder comment le monde fonctionne, puis de dire à l'Église ce dont le monde a besoin. »
  • Sa question à toi : Où est-ce que Dieu te cherche ? Si tu ne connais pas ton appel, commence par dire « Ce que tu me demandes de faire, je le fais. » L'appel se révèle en marchant. Ceux qui font grandir une Église sont souvent ceux qui ont commencé par installer les chaises, s'occuper des enfants, servir à la cuisine.

Points à retenir

  • Ta place dans la création n'est pas un accessoire. Dieu a créé le monde en te réservant un rôle.
  • Le monde spirituel est ordonné. Dieu est fidèle à son propre protocole, et la prière prend sens à l'intérieur de cet ordre.
  • La stratégie de l'ennemi est toujours la même : te faire douter de ton identité pour t'immobiliser.
  • Le combat chrétien n'est pas de chasser la chair, c'est de marcher par l'Esprit. L'ordre compte.
  • La croix a désarmé les dominations. Ton statut est réglé en Christ, pas par tes performances.
  • Dieu cherche quelqu'un qui se tient à la brèche. Il n'attend pas des super-héros, il attend des « me voici ».
  • L'appel se découvre dans l'obéissance concrète, pas dans l'attente d'une révélation parfaite.

Application personnelle

  1. Sur quel point l'ennemi essaie-t-il en ce moment de faire douter ton identité de fils ou de fille de Dieu ?
  2. Où en es-tu de la différence entre « chasser la chair » et « marcher par l'Esprit » ? Qu'est-ce que tu essaies encore de faire par ta seule volonté ?
  3. Y a-t-il une situation, une ville, une famille pour laquelle Dieu te demande de te tenir à la brèche dans la prière ? Depuis quand recules-tu cet appel ?
  4. Quelle chose concrète Dieu t'a-t-il demandée depuis longtemps et que tu retardes par peur du regard des autres ?
  5. À qui peux-tu dire cette semaine, comme Ésaïe 6.8 : « Me voici, envoie-moi » ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie « se tenir à la brèche » dans la Bible ?

L'image vient d'Ézéchiel 22.30. Dans une muraille attaquée, la brèche est l'endroit fragilisé où l'ennemi peut passer. Se tenir à la brèche, c'est prendre position pour empêcher le désastre : prier, intercéder, plaider devant Dieu en faveur d'un peuple, d'une ville, d'une famille. On le voit avec Abraham pour Sodome, Moïse au pied du veau d'or, ou les prophètes qui portaient Israël. Dieu cherche encore aujourd'hui des hommes et des femmes qui acceptent ce poids devant lui, plutôt que de commenter la ruine à distance.

Est-ce que Dieu a vraiment besoin de moi pour agir ?

Dieu reste tout-puissant et souverain. Il n'a besoin de personne pour exister ou pour accomplir sa volonté (Actes 17.24-25). Mais dans son amour, il a choisi d'associer l'homme à son œuvre. La Bible montre qu'il cherche régulièrement un intercesseur avant d'agir : c'est un choix pastoral, pas une limite de puissance. Ta prière compte parce que Dieu a décidé qu'elle compterait. Le croire, ce n'est pas de l'orgueil, c'est prendre au sérieux ce que sa Parole affirme.

Comment savoir à quoi Dieu m'appelle exactement ?

Le pasteur propose un chemin très concret. Commence par dire au Seigneur : « Ce que tu me demandes de faire, je le fais. » Rends-toi disponible pour les tâches simples autour de toi : accueil, ménage, enfants, technique, prière, visite d'une personne isolée. L'appel se révèle en chemin, dans l'obéissance. Si tu attends d'être sûr avant de bouger, tu resteras spectateur. Dieu confie souvent la vision à celui qui a d'abord accepté d'être serviteur, et il envoie sur le trajet les personnes qui te confirmeront l'étape suivante.

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