Introduction
Imagine un cauchemar : te retrouver au milieu d'une bataille féroce, sans armure et sans armes. C'est exactement ce que Paul veut éviter aux chrétiens. À Calvary Chapel Nice, le prédicateur poursuit l'étude de la lettre aux Éphésiens. Le dimanche précédent, l'Église avait regardé les versets 10 à 12 : « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans sa force toute-puissante. » Ce matin, il s'arrête sur les versets 13 à 18, l'armure de Dieu.
Le ton de la lettre change. Paul a d'abord exposé les glorieuses vérités de l'Évangile, puis la manière de vivre qui en découle. Il prévient maintenant ses lecteurs : la vie chrétienne n'est pas « un long fleuve tranquille ». Elle se vit dans un combat, et Dieu donne à son peuple ce qu'il faut pour tenir ferme.
Plan du message
1. Ne pas partir au combat sans son armure
- Quand Paul écrit, il est prisonnier à Rome, très probablement enchaîné entre deux soldats romains. Il se sert de leur équipement comme d'une image concrète pour enseigner une vérité spirituelle.
- Dans les premiers chapitres, Paul décrit notre position en Christ, acquise par la foi. L'ennemi veut nous en faire tomber ou nous en faire douter. Paul parle ensuite de notre marche, et l'ennemi veut nous faire dévier du chemin que Jésus a tracé. Dans le combat, enfin, il veut nous empêcher de combattre : en nous faisant croire qu'il n'y a pas de combat, en nous distrayant ou en nous rendant incapables d'agir.
- Le combat est spirituel, les armes le sont aussi. « Si je m'achète une batte de baseball, c'est pas ça qui va m'aider à tenir ferme dans ma vie avec Jésus. » Ces armes sont la vérité, la justice, la paix, la foi, l'assurance du salut, la Parole de Dieu et la prière. On trouve des listes proches en 2 Corinthiens 10, en 1 Thessaloniciens 5 et en Ésaïe 59:17.
- Le « jour mauvais » n'est pas seulement la fin des temps. C'est notre vie d'humains dans un monde corrompu par le péché, avec des saisons où l'on est plus attaqué. Comme dans le Psaume 23, il y a les verts pâturages et il y a la vallée de l'ombre de la mort.
2. Tenez ferme : garder la position que Dieu t'a donnée
- Paul sous-entend que nous allons être attaqués. Jésus l'avait dit à ses disciples : s'ils l'ont persécuté, ils les persécuteront aussi. Le prédicateur prend le contre-pied des Églises qui annoncent une prospérité où tout doit toujours aller bien.
- Il sous-entend aussi que nous n'avons pas à avoir peur : Dieu est avec nous et Jésus a vaincu à la croix. Mais il ne faut ni s'assoupir, ni faire les choses à moitié, ni pleurer sur son sort.
- Comme des soldats de garde, nous devons être à notre poste et prêts, qu'il y ait une attaque ou non. Quand tout va bien, on se laisse aller et on pose les éléments de l'armure. Si l'attaque vient alors, on a des problèmes.
- Le verset 14 sonne comme le discours d'un général à ses troupes : « Tenez donc ferme. » Paul ne dit pas « attaquez », il dit « tenez ». Dieu m'a placé là où je suis ; je n'ai pas besoin d'aller chercher des combats ailleurs. Le prédicateur note que l'Église, dans son histoire, a souvent oublié qu'elle ne luttait pas contre la chair et le sang.
- Cela ne retire rien à la mission d'être le sel de la terre et la lumière du monde, ni d'annoncer l'Évangile au dehors.
3. La ceinture de la vérité : être prêt pour l'action
- La ceinture du soldat romain protégeait le bas du ventre et retenait des vêtements plutôt lâches. Au repos, il l'enlevait ; la mettre, c'était se tenir prêt à bouger. Si tu te prends les pieds dans tes vêtements à chaque pas, tu ne peux pas combattre.
- Jésus dit la même chose en Luc 12:35 : « Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées. » Les serviteurs attendent leur maître, prêts à servir.
- La vérité, c'est d'abord l'ensemble des doctrines de la foi chrétienne : ce qui est vrai de Dieu et de qui nous sommes en Christ. « Dieu nous dit : je vous ai créés, voilà comment bien vivre. » Avec cette ceinture, on peut agir dans ce monde avec confiance.
- C'est aussi une vie intègre, cohérente avec ce que l'on croit. Sinon, Satan vient dire : « Tu n'es pas digne de servir le Seigneur », et on le croit facilement, parce qu'il appuie sur des choses vraies. Le prédicateur cite un commentaire : la vérité divine reconnue devient « vérité pratique au-dedans », une droiture qui fait « reconnaître l'ennemi sous tous ses déguisements ».
4. La cuirasse de la justice : plus forte que tes sentiments
- La cuirasse couvrait le torse et les organes vitaux. Cette justice, nous ne la produisons pas : nous la recevons par Jésus-Christ. Elle nous donne confiance et conscience de notre statut en Christ.
- Dans la Bible, le cœur et les reins représentent souvent les émotions. Satan nous attaque par là : « Dieu ne m'aime pas. Dieu ne répond pas. Je ne suis pas assez bon. Peut-être que je ne suis pas sauvé. » La réponse de la Bible : par la foi en Jésus-Christ, tu es justifié. « Non, tu ne le mérites pas. Tu as des péchés avec lesquels tu luttes. Mais tu es juste. »
- Martyn Lloyd-Jones disait : « Remerciez Dieu pour les expériences, mais ne vous appuyez pas sur elles. Vous ne revêtez pas la cuirasse des expériences. Vous revêtez la cuirasse de la justice. »
- Les sentiments sont un terrain changeant : bien la veille, déprimé le lendemain sans savoir pourquoi. La justice de Dieu ne change pas. Elle est notre meilleure défense contre la dépression spirituelle, la tristesse et la morosité.
- Il y a aussi la justice dans nos actes : traiter les autres avec justice protège notre manière de vivre.
5. Les chaussures de l'Évangile de paix
- Les soldats romains portaient des sandales renforcées, avec des pointes en dessous pour la stabilité. Alexandre le Grand et Jules César devaient une grande part de leurs succès à leur capacité à déplacer leurs troupes loin, vite et efficacement.
- Le mot traduit par « zèle » évoque la préparation : être prêt à saisir chaque occasion d'annoncer l'Évangile. « Qu'ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles » (Ésaïe 52:7, repris en Romains 10:15).
- Il faut aussi se rappeler l'Évangile à soi-même. Satan veut nous faire regarder nos manquements, nous dire « tu n'as pas assez fait », nous pousser vers le légalisme. Réponse : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi » (Éphésiens 2:8-9).
- Le prédicateur résume l'Évangile : créés pour être en relation avec Dieu, nous en sommes séparés par le péché. La loi montre que nos efforts ne réparent pas cette relation. Dieu a envoyé son Fils, qui a vécu sans péché, est mort à notre place et est ressuscité. Celui qui dit « je ne peux pas me sauver, Jésus, sauve-moi » est sauvé.
- C'est un Évangile de paix : paix avec Dieu (Romains 5:11 ; 2 Corinthiens 5:18), et paix avec les autres dans la mesure du possible. « Nous ne sommes pas appelés à être toujours en conflit les uns avec les autres. »
6. Le bouclier de la foi et le casque du salut
- Les Romains plaçaient leurs boucliers côte à côte et au-dessus de leurs têtes, en formation de « tortue », pour se protéger des flèches. La foi n'est pas plus importante que le reste de l'armure, mais elle couvre tout le corps.
- Satan envoie des flèches enflammées dans nos pensées, nos sentiments et notre imagination : des peurs, des mensonges. Il est le père du mensonge. La foi les bloque et les éteint : « Je suis en toi, Seigneur. Je m'appuie sur ta force. Tu me gardes. »
- Le casque, un chapeau de cuir renforcé de métal, protégeait la tête et permettait de la lever sous les projectiles. Paul parle ailleurs du casque de « l'espérance du salut » (1 Thessaloniciens 5:8).
- William Barclay disait : « Le salut n'est pas quelque chose qui ne regarde que vers le passé. Le salut qui est en Christ nous donne le pardon pour les péchés d'hier et la force de vaincre le péché dans les jours à venir. »
- Découragé par les nouvelles ou par ta vie ? Dieu te dit de penser à ton salut : il va te garder jusqu'au bout. « Gloire à Dieu, je suis sauvé. »
7. L'épée de l'Esprit et la prière en tout temps
- Une épée ne sert à rien sans entraînement. Sous la pression et la peur, on improvise mal. Il faut d'abord avoir confiance dans la Bible comme Parole inspirée de Dieu : si tu crois ton épée cassée, tu ne t'en serviras pas. Puis l'étudier, la connaître et la manier, car « on peut faire dire n'importe quoi à la Bible ».
- Jésus, tenté dans le désert, répond au diable en citant le Deutéronome. « Si notre survie dépendait de notre connaissance du Deutéronome par cœur, qui d'entre nous s'en sortirait bien ? » La Parole est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée à deux tranchants (Hébreux 4:12). C'est l'Esprit qui l'a inspirée et qui nous aide à savoir quel verset appliquer et quand.
- Le prédicateur voit la prière comme le lien avec celui qui dirige : des soldats qui courent dans tous les sens sans écouter leur chef vont au-devant de problèmes. Prier en tout temps, ce n'est pas rester à genoux, c'est avoir le réflexe de prier.
- Il y a toutes sortes de prières : louange, reconnaissance, confession, lamentation. Et toutes sortes de manières : seul ou en groupe, en silence ou en criant, en marchant ou à genoux, avec éloquence ou juste « en faisant du bruit devant Dieu », comme ses enfants quand ils veulent lui faire comprendre qu'ils sont tristes.
- On ne prie pas souvent parce qu'on est trop confiant en soi. C'est la ligne Maginot : la construction la plus solide, et l'ennemi passe par la Belgique. Un commentateur relève que la prière doit être constante, pas seulement en temps de crise ; intense, car pour Barclay « une prière molle n'a jamais mené personne nulle part » ; et désintéressée, tournée aussi vers les autres.
- Prier « pour tous les saints » : dans la tortue romaine, une brèche affaiblissait tout le monde. Un soldat ne s'inquiète pas seulement de sa propre sécurité. Cette armure n'est pas réservée aux responsables : elle s'adresse à tous les chrétiens.
Points à retenir
- La vie chrétienne se vit dans un combat réel, mais il est spirituel : nous ne luttons pas contre la chair et le sang.
- Paul ne dit pas « attaquez », il dit « tenez ferme » : garde la position que Dieu t'a donnée en Christ.
- Tes sentiments changent, la justice reçue en Jésus-Christ ne change pas.
- La Parole de Dieu est une épée qu'il faut connaître et apprendre à manier, avec l'aide de l'Esprit.
- La prière garde le soldat relié à son chef. Elle doit être constante, intense, et faite aussi pour les autres.
Application personnelle
- As-tu posé certains éléments de ton armure parce que tout va bien en ce moment ?
- Quelles « flèches enflammées » reviennent dans tes pensées : une peur, un mensonge, une accusation ? Comment la foi peut-elle les éteindre ?
- Quand tu te sens loin de Dieu, t'appuies-tu sur tes sentiments ou sur la justice que tu as reçue en Christ ?
- Si ta survie dépendait de ta connaissance de la Bible, où en serais-tu ? Quel pas peux-tu faire cette semaine pour t'entraîner ?
- Pour quel frère ou quelle sœur peux-tu prier avec persévérance, afin de ne pas laisser de brèche dans la ligne ?
Versets cités
- Éphésiens 6:10-18
- 2 Corinthiens 10:3-5
- Ésaïe 59:17
- Psaume 23
- Jean 15:20
- Matthieu 5:13-16
- Luc 12:35-36
- Ésaïe 52:7
- Romains 10:15
- Éphésiens 2:8-9
- Romains 5:11
- 2 Corinthiens 5:18
- Jean 8:44
- 1 Thessaloniciens 5:8
- Matthieu 4:1-11
- Hébreux 4:12
Questions fréquentes
Que veut dire « tenir ferme » dans Éphésiens 6 ?
Le prédicateur remarque que Paul ne dit pas « attaquez », il dit « tenez ». Dieu nous a déjà placés dans une position en Christ, il nous appelle à une manière de vivre et il nous équipe pour le combat. Tenir ferme, c'est garder cette position là où Dieu nous a placés, sans reculer et sans aller chercher des batailles ailleurs.
Pourquoi la cuirasse de la justice protège-t-elle du découragement ?
La cuirasse protégeait les organes vitaux, et la Bible associe souvent le cœur et les reins aux émotions. Satan nous attaque par les sentiments : « Dieu ne m'aime pas, je ne suis pas assez bon. » Nos sentiments changent d'un jour à l'autre, mais la justice reçue par la foi en Jésus-Christ ne change pas. C'est notre meilleure défense contre la dépression spirituelle.
Pourquoi la prière accompagne-t-elle l'armure de Dieu ?
Pour le prédicateur, revêtir l'armure ne suffit pas : le soldat doit rester en lien avec celui qui dirige. La prière, en tout temps et par l'Esprit, garde le chrétien dépendant de Dieu. Elle doit être constante, intense et désintéressée, et elle se fait aussi pour tous les saints, car une brèche chez l'un affaiblit tous les autres.